Le Cantique de la mer : Vayevarekh David et Az Yachir
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Après les Halleluya, le siddour apporte quatre passages qui nous mènent de la bénédiction du roi David jusqu’au bord de la mer : Vayevarekh David, Ata Hou, Vayocha, et le Cantique de la mer, suivi de ses versets de clôture sur la royauté d’Hachem. Je raconte où l’on se lève et où l’on donne la tsedaka, selon l’Admour Hazaken ; comment dire le Cantique, avec kavana et avec joie ; pourquoi la Torah écrit « il chantera » au futur, ce que les Sages lisent comme une allusion à la Résurrection ; et pourquoi le Cantique finit par la royauté des temps à venir. Puis le sens de chaque passage, un enseignement de l’Admour Hazaken sur « la terre sèche au milieu de la mer », le texte verset par verset, les mots clés, et trois notions de grammaire nouvelles : אָז avec le futur, le ־מוֹ poétique, et la lecture attentive des lettres dures et douces.
Où nous en sommes dans le siddour
Dans la leçon 14, nous avons achevé le livre des Tehilim avec les cinq Halleluya et quatre versets de « Baroukh ». Maintenant, aux pages 163 à 165 de notre siddour, Tehilat Hachem, viennent quatre passages de quatre livres différents. D’abord la bénédiction du roi David devant toute l’assemblée, וַיְבָרֶךְ דָּוִיד (Divré Hayamim I 29:10-13). Puis la bénédiction des Léviim à l’époque d’Ezra et de Né’hémie, וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבוֹדֶךָ et אַתָּה הוּא (Né’hémie 9:5-11), qui raconte l’histoire depuis Avraham jusqu’à l’ouverture de la mer. Puis les deux versets qui concluent le récit de la mer, וַיּוֹשַׁע (Chemot 14:30-31), et le Cantique de la mer lui-même, אָז יָשִׁיר (Chemot 15:1-18).
Après le Cantique, le siddour imprime son dernier verset deux fois, puis le même verset dans l’araméen d’Onkelos, puis le verset כִּי בָא סוּס פַּרְעֹה (Chemot 15:19), et trois versets des Prophètes sur la royauté d’Hachem : Tehilim 22:29, Ovadia 1:21 et Zekharia 14:9. J’ai suivi tout cela sur la page imprimée, mot à mot, et je l’ai comparé avec l’Online Siddur de Chabad.org et avec le texte du Tanakh.
Pourquoi ces passages, et pourquoi ici, juste avant Yichtaba’h ? L’Admour Hazaken (Choul’han Aroukh HaRav 51:1) écrit que l’on ajoute, avant la bénédiction Yichtaba’h, Vayevarekh David jusqu’à מְהַלְלִים לְשֵׁם תִּפְאַרְתֶּךָ, puis Vayivarekhou, et le Cantique de la mer, « parce que toutes ces quinze expressions de louange disposées dans la bénédiction Yichtaba’h, les Sages les ont tirées du Cantique de la mer et de ces versets de Vayevarekh David ». La note du traducteur renvoie à la Mekhilta, paracha Bechala’h, Parachat HaChira (cité d’après la note). Nous compterons ces quinze louanges quand nous arriverons à Yichtaba’h.
David a dit sa bénédiction un jour de joie. Le verset juste avant dit : « Le peuple se réjouit de ses dons, car c’est d’un cœur entier qu’ils avaient donné à Hachem, et le roi David aussi se réjouit d’une grande joie » (Divré Hayamim I 29:9). Gardez ce verset en tête ; nous y reviendrons avec la tsedaka.
לְפִי שֶׁכָּל אוֹתָם ט״ו לְשׁוֹנוֹת שֶׁל שֶׁבַח הַסְּדוּרוֹת דְּבִרְכוֹת יִשְׁתַּבַּח דְּרָשׁוּם חֲכָמִים מִתּוֹךְ שִׁירַת הַיָּם וּמִתּוֹךְ אוֹתָן פְּסוּקִים שֶׁל ״וַיְבָרֶךְ דָּוִיד״וַיִּשְׂמְחוּ הָעָם עַל הִתְנַדְּבָם כִּי בְּלֵב שָׁלֵם הִתְנַדְּבוּ… וְגַם דָּוִיד הַמֶּלֶךְ שָׂמַח שִׂמְחָה גְדוֹלָה
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahu Touger) · hébreu et anglais cités, avec les notes du traducteur · chabad.org/…/aid/3285916
Mekhilta, Parachat HaChira · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Debout
L’Admour Hazaken écrit (51:11) : « On a pris l’habitude de se tenir debout pour Vayevarekh David jusqu’à תִּפְאַרְתֶּךָ. Et certains ajoutent de rester debout jusqu’à ce qu’ils disent אַתָּה הוּא ה׳ הָאֱלֹהִים, dont les initiales forment אֶהְיֶה, et ensuite ils s’assoient. » Regardez les quatre mots dans le siddour : le א de אַתָּה, le ה de הוּא, puis la première lettre du Nom d’Hachem, un youd, et le ה de הָאֱלֹהִים.
Dans le même paragraphe, il ajoute un détail : quand on arrive à וְעַתָּה אֱלֹהֵינוּ מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ, « on ne s’incline pas » à cet endroit. Le traducteur explique pourquoi il faut le dire : « bien que ce passage ne parle pas de s’incliner, on s’incline en disant la même expression (Modim ana’hnou la’h, “nous Te rendons grâce”) quand elle apparaît dans la Chemoné Esré » (traduit de l’anglais).
Une chose que j’ai remarquée dans le verset lui-même (c’est mon observation, pas une source pour la coutume) : les mots que nous disons, וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבוֹדֶךָ, sont la fin d’un verset où les Léviim appellent le peuple : קוּמוּ בָּרְכוּ, « Levez-vous, bénissez Hachem votre D.ieu d’un monde à l’autre » (Né’hémie 9:5).
Et le Cantique de la mer ? L’Admour Hazaken ne parle pas de se tenir debout pour lui. Le Kitsour Choul’han Aroukh (14:4), que j’ai ouvert, en parle : « Et de même, depuis Vayevarekh David jusqu’à אַתָּה הוּא ה׳ הָאֱלֹהִים, on le dit debout. Et de même la Chira, on la dit debout, avec kavana et avec joie. » La note du traducteur sur les mots de l’Admour Hazaken dit : « l’usage courant est de rester debout depuis Vayevarekh David jusqu’à ce qu’on ait répondu à Barekhou. (Le Dérekh Ha’Haïm et le Kitsour Choul’han Aroukh, cités dans le Ketsot HaChoul’han 18:4, écrivent qu’on doit se tenir debout en disant le Cantique de la mer.) » (traduit de l’anglais). Le Dérekh Ha’Haïm et le Ketsot HaChoul’han, je ne les ai pas ouverts. Pour ce qu’il faut faire dans votre propre minyan, demandez à votre rav.
וְנָהֲגוּ לַעֲמֹד לְ״וַיְבָרֶךְ דָּוִיד״ עַד ״תִּפְאַרְתֶּךָ״ … וְיֵשׁ מוֹסִיפִין לַעֲמֹד עַד שֶׁאוֹמְרִים ״אַתָּה הוּא ה׳ הָאֱלֹהִים״ … רָאשֵׁי תֵּבוֹת ״אֶהְיֶה״, וְאַחַר כָּךְ יוֹשְׁבִיןאֵין לִשְׁחוֹת וּלְהִשְׁתַּחֲווֹת שָׁםוְכֵן מִן וַיְבָרֵךְ דָוִיד עַד אַתָּה הוּא ה׳ הָאֱלֹהִים, יֹאמַר בַּעֲמִידָה. וְכֵן הַשִּׁירָה יֹאמַר בַּעֲמִידָה בְּכַוָּנָה וּבְשִׂמְחָה
Kitsour Choul’han Aroukh 14:4 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Kitzur_Shulchan_Arukh.14.4
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Dérekh Ha’Haïm ; Ketsot HaChoul’han 18:4 · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
La tsedaka à « veata mochel bakol »
Dans le même paragraphe (51:11), l’Admour Hazaken écrit : « Et quand on dit וְאַתָּה מוֹשֵׁל בַּכֹּל, “et Toi, Tu règnes sur tout”, on donne la tsedaka, debout. » Le verset continue : « et dans Ta main sont la force et la puissance, et dans Ta main il est de grandir et de fortifier tout ». Tout ce que j’ai vient de Sa main ; à ce moment-là, j’en donne une part.
La note du traducteur explique d’où cela vient et ce que c’est. « Au chapitre 92:10, l’Admour Hazaken cite Bava Batra 10a » (traduit de l’anglais) : il est bon de donner la tsedaka avant la prière, d’après le verset « je contemplerai Ta face בְּצֶדֶק, dans la justice ». Le Pri Megadim (Michbetsot Zahav 92:30), au nom de l’AriZal, relie ce don à la tsedaka donnée à Vayevarekh David. Mais la note continue : puisque l’Admour Hazaken parle des deux à deux endroits séparés, « cette distinction indique qu’il doit y avoir deux dons séparés : l’un avant la prière (au tout début de l’office du matin, pas juste avant la Chemoné Esré) et l’autre en disant l’expression VeAta Mochel BaKol. Voir les Iguerot Kodech du Rabbi, vol. 19, p. 71 » (traduit de l’anglais). J’ai lu cela dans la note ; le chapitre 92, le Pri Megadim et la lettre du Rabbi, je ne les ai pas ouverts.
Pensez au verset vu plus haut : le jour où David a dit ces mots, le peuple venait de donner « d’un cœur entier », et ils se réjouissaient. Une pièce dans la boîte de tsedaka à וְאַתָּה מוֹשֵׁל בַּכֹּל nous fait entrer dans ce jour-là. (Le Chabbat et le Yom Tov, quand on ne manipule pas d’argent, demandez à votre rav ce qu’il faut faire.)
וּכְשֶׁאוֹמְרִים ״וְאַתָּה מוֹשֵׁל בַּכֹּל״ – נוֹתְנִים צְדָקָה … מְעֻמָּד
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Choul’han Aroukh HaRav 92:10 ; Bava Batra 10a ; Pri Megadim, Michbetsot Zahav 92:30 ; Iguerot Kodech du Rabbi, vol. 19, p. 71 · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté

Chaque jour, avec kavana et avec joie
Le Zohar (paracha Bechala’h) appelle le Cantique de la mer « le chant de la Reine au Saint, béni soit-Il », et enseigne : « Toute personne qui dit ce chant chaque jour, et y met sa kavana, mérite de le dire dans le temps à venir. Car il contient le monde qui est passé, et il contient le monde à venir, et il contient les liens de la foi, et il contient les jours du roi Machia’h. » Je l’ai lu en araméen sur Sefaria ; la traduction est de moi. Le Kaf Ha’Haïm (51:40) ouvre ses mots sur le Cantique ainsi : « Le Cantique de la mer doit être dit avec une grande kavana », et cite ce Zohar.
Le Kitsour Choul’han Aroukh, nous l’avons vu, dit de le réciter « avec kavana et avec joie ». La Michna Beroura (51:17) va plus loin : « Et qu’il dise le Cantique de la mer avec joie, et qu’il se représente comme si, ce jour même, il avait traversé la mer ; et celui qui le dit avec joie, ses fautes lui sont pardonnées. » Le Kaf Ha’Haïm (51:41) rapporte la même chose au nom du Midrach (cité d’après lui), et ajoute ce que veut dire ici la joie : « avec une grande joie, avec soin pour les mots et pour les té’amim, et en pensant comme si lui-même sortait d’Égypte et traversait la mer, et que le Saint, béni soit-Il, le sauvait ».
Le Cantique n’est donc pas une histoire qui concerne d’autres. Chaque matin, je sors de ma propre Égypte, la mer s’ouvre devant moi, et je chante.
כָּל בַּר נָשׁ דְּאָמַר שִׁירָתָא דָּא בְּכָל יוֹמָא, וּמְכַוֵּון בָּהּ, זָכֵי לְמֵימְרָא לְזִמְנָא דְּאָתֵידְּהָא אִית בָּהּ עָלְמָא דְּעָבַר, וְאִית בָּהּ עָלְמָא דְּאָתֵי, וְאִית בָּהּ קִשְׁרֵי מְהֵימָנוּתָא, וְאִית בָּהּ יוֹמֵי דְּמַלְכָּא מְשִׁיחָאויאמר שירת הים בשמחה וידמה בדעתו כאלו באותו היום עבר בים והאומר בשמחה מוחלין לו עונותיושמי שאומר אותה בכל יום בשמחה רבה ובדקדוק התיבות ובטעמים ומכוין כאילו הוא בעצמו יוצא ממצרים ועובר הים והקב״ה מצילו מוחלין לו עונותיו
Kitsour Choul’han Aroukh 14:4 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Kitzur_Shulchan_Arukh.14.4
Michna Beroura 51:17 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.51.17
Kaf Ha’Haïm, Ora’h ’Haïm 51:40-41 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kaf_HaChayim_on_Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.51.40
le Midrach cité par le Kaf Ha’Haïm · cité d’après le Kaf Ha’Haïm ; non consulté
« Az yachir » : il chantera
Le Cantique commence par un mot étrange. L’histoire s’est passée, et pourtant la Torah écrit יָשִׁיר, « il chantera », au futur, et non שָׁר, « il chanta ». Rachi donne deux réponses. Le sens simple : « Alors, quand il vit le miracle, il lui vint au cœur de chanter un chant… ici aussi, יָשִׁיר : son cœur lui dit de chanter, et ainsi fit-il. » La forme du futur parle de la pensée qui est venue d’abord : « cela nous apprend que le youd est dit pour la pensée ».
« Mais son midrach, nos Maîtres ont dit : d’ici, il y a une allusion à la Résurrection des morts dans la Torah. » C’est la Guemara de Sanhédrin 91b : « On a enseigné : Rabbi Méïr a dit : D’où apprend-on la Résurrection des morts de la Torah ? Car il est dit : Alors Moché et les enfants d’Israël chanteront… Il n’est pas dit “chanta”, mais “chantera” : d’ici, la Résurrection des morts dans la Torah. » La Guemara apprend la même chose de אָז יִבְנֶה יְהוֹשֻׁעַ, « alors Yehochoua bâtira » (Yehochoua 8:30).
Quelques lignes plus loin, la même page dit : « Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit : Quiconque dit un chant dans ce monde mérite de le dire dans le Monde à venir », d’après le verset אַשְׁרֵי יוֹשְׁבֵי בֵיתֶךָ עוֹד יְהַלְלוּךָ סֶּלָה, le premier verset d’Achré (leçon 13). Le chant que je chante ce matin est le début d’un chant qui sera chanté encore. Voir §G62 pour la grammaire de אָז avec le futur.
אָז כְּשֶׁרָאָה הַנֵּס עָלָה בְלִבּוֹ שֶׁיָּשִׁיר שִׁירָהלִמְּדָנוּ שֶׁהַיּוֹ״ד עַל שֵׁם הַמַּחֲשָׁבָה נֶאֶמְרָהאֲבָל מִדְרָשׁוֹ אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ ז״ל: מִכָּאן רֶמֶז לִתְחִיַּת הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָהתַּנְיָא, אָמַר רַבִּי מֵאִיר: מִנַּיִין לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה״שָׁר״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״יָשִׁיר״ – מִכָּאן לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה
כׇּל הָאוֹמֵר שִׁירָה בְּעוֹלָם הַזֶּה זוֹכֶה וְאוֹמְרָהּ לָעוֹלָם הַבָּא
Talmud, Sanhédrin 91b · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Sanhedrin.91b
Comment ont-ils chanté ?
La Guemara de Sota 30b raconte : « Ce jour-là, Rabbi Akiva expliqua : Quand Israël remonta de la mer, ils eurent à cœur de dire un chant. » Comment l’ont-ils chanté ? Rabbi Akiva : « comme un adulte qui fait réciter le Hallel, et ils répondent après lui les têtes de chapitre » : Moché disait אָשִׁירָה לַה׳ et ils répondaient אָשִׁירָה לַה׳ après chaque ligne. Rabbi Éliézer, fils de Rabbi Yossé HaGuelili : « comme un enfant qui fait réciter le Hallel, et ils répondent après lui tout ce qu’il dit ». Rabbi Ne’hémia : comme celui qui conduit le Chema à la synagogue, « qui commence d’abord, et ils répondent après lui », de sorte qu’ils ont tous chanté ensemble.
Et Rabbi Yossé HaGuelili : quand ils remontèrent de la mer, même les plus petits chantèrent. Un bébé était couché sur les genoux de sa mère, et un nourrisson au sein de sa mère ; « quand ils virent la Chekhina, le bébé leva le cou, le nourrisson lâcha le sein, et ils dirent : זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ, voici mon D.ieu et je Le glorifierai ». La Guemara cite le verset : מִפִּי עוֹלְלִים וְיֹנְקִים יִסַּדְתָּ עֹז, « de la bouche des petits enfants et des nourrissons, Tu as fondé la force » (Tehilim 8:3).
בְּשָׁעָה שֶׁעָלוּ יִשְׂרָאֵל מִן הַיָּם, נָתְנוּ עֵינֵיהֶם לוֹמַר שִׁירָהוְכֵיצַד אָמְרוּ שִׁירָה — כְּגָדוֹל הַמַּקְרֶא אֶת הַלֵּל, וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו רָאשֵׁי פְרָקִיםכְּקָטָן הַמַּקְרֶא אֶת הַלֵּל, וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיו כׇּל מָה שֶׁהוּא אוֹמֵרכְּסוֹפֵר הַפּוֹרֵס עַל שְׁמַע בְּבֵית הַכְּנֶסֶת, שֶׁהוּא פּוֹתֵחַ תְּחִילָּה וְהֵן עוֹנִין אַחֲרָיוכֵּיוָן שֶׁרָאוּ אֶת הַשְּׁכִינָה, עוֹלָל הִגְבִּיהַּ צַוָּארוֹ, וְתִינוֹק שָׁמַט דַּד מִפִּיו, וְאָמְרוּ ״זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ״
Le dernier verset deux fois, en araméen, et « Ki va sous »
Dans la leçon 14, nous avons vu que nous disons כֹּל הַנְּשָׁמָה deux fois parce qu’il conclut les Pessouké deZimra. L’Admour Hazaken continue au même endroit (51:10) : « et de même le verset ה׳ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד, car c’est la fin du Cantique. Et certains ajoutent le verset כִּי בָא סוּס פַּרְעֹה, car lui aussi fait partie du Cantique. » Le traducteur note : « d’après les enseignements de l’AriZal, nous récitons aussi ce verset dans sa paraphrase araméenne » (traduit de l’anglais). La Michna Beroura (51:17) dit la même chose : « Et au nom de l’AriZal, ils ont écrit qu’il faut dire aussi le Targoum de ce verset », deux fois en hébreu et une fois en araméen, « et qu’il faut dire le verset כִּי בָא סוּס פַּרְעֹה, car ce passage aussi est l’essentiel du Cantique ».
Notre siddour imprime donc יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד deux fois, puis les mots d’Onkelos : יְיָ מַלְכוּתֵהּ קָאֵם לְעָלַם וּלְעָלְמֵי עָלְמַיָּא, « Hachem, Sa royauté demeure à jamais et pour l’éternité des éternités ». Onkelos change le futur, « régnera », en présent, « demeure ». Les mots araméens sont de vieux amis : ־ֵהּ « son, sa » (§G41) et ־ָא « le, la » (§G40).
Puis כִּי בָא סוּס פַּרְעֹה (15:19), qui regarde en arrière sur toute l’histoire. Rachi : « Quand le cheval de Pharaon vint », c’est-à-dire au moment où il entra dans la mer, les eaux revinrent, tandis que « les enfants d’Israël marchèrent à sec au milieu de la mer ».
וְכֵן פָּסוּק ״ה׳ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד״ … שֶׁהוּא סוֹף הַשִּׁירָה … וְיֵשׁ מוֹסִיפִין פָּסוּק ״כִּי בָא סוּס פַּרְעֹה וְגו׳״ … שֶׁגַּם הוּא מֵהַשִּׁירָהובשם האר״י כתבו שיש לומר ג״כ תרגום פסוק זהושיש לומר פסוק כי בא סוס פרעה שגם פרשה זו מעיקר שירהכי בא סוס פרעה. כַּאֲשֶׁר בָּא
Michna Beroura 51:17 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.51.17
Targoum Onkelos sur Chemot 15:18 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Onkelos_Exodus.15.18
Rachi sur Chemot 14:31 et 15 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Rashi_on_Exodus.15
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Az yachir Moché » (Chemot 15) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524187
Le chant de la Délivrance
Le Cantique se termine par la royauté d’Hachem, et le siddour termine tout le passage de la même façon : « Car la royauté est à Hachem, et Il règne sur les nations » (Tehilim 22:29) ; « Des sauveurs monteront sur le mont Sion pour juger la montagne d’Essav, et la royauté sera à Hachem » (Ovadia 1:21) ; « Hachem sera Roi sur toute la terre ; ce jour-là Hachem sera Un et Son Nom Un » (Zekharia 14:9).
Le commentaire de Chabad.org sur ה׳ יִמְלֹךְ rapporte de Torat Chmouel : « C’est la première fois que la notion de la royauté de D.ieu est mentionnée dans l’Écriture » (traduit de l’anglais). Et pourquoi le futur ? « Ce verset emploie le futur, parce que ce degré de révélation ne sera une réalité constante et manifeste qu’à l’Avenir ultime » (traduit de l’anglais). Sur Zekharia 14:9, il dit : « À l’Avenir ultime, toute l’existence acceptera Sa royauté et se soumettra humblement à Lui (Yahel Or) » (traduit de l’anglais).
Rachi le dit aussi, sur le verset juste avant : le Beth Hamikdach est précieux, « car le monde a été créé d’une seule main », « et le Mikdach de deux mains. Et quand sera-t-il bâti de deux mains ? Au temps où “Hachem régnera à jamais”, dans le temps à venir, quand toute la royauté sera à Lui ». Et le Zohar que nous avons vu : ce Cantique contient « les jours du roi Machia’h ». Le Cantique de la mer est le chant de la première délivrance, et il chante déjà la dernière.
חָבִיב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, שֶׁהָעוֹלָם נִבְרָא בְּיָד אַחַתוּמִקְדָּשׁ בִּשְׁתֵּי יָדַיִם, וְאֵימָתַי יִבָּנֶה בִּשְׁתֵּי יָדַיִם? בִּזְמַן שֶׁ״ה׳ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד״ – לֶעָתִיד לָבֹא שֶׁכָּל הַמְּלוּכָה שֶׁלּוֹ
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Az yachir Moché » (Chemot 15) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524187
Rachi sur Chemot 14:31 et 15 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Rashi_on_Exodus.15
Torat Chmouel ; Yahel Or · cité d’après le commentaire du siddour de Chabad.org ; non consulté
Vayevarekh David : tout est à Toi
David bénit « aux yeux de toute l’assemblée », et ses premiers mots sont une bénédiction qui deviendra le modèle de nos berakhot : בָּרוּךְ אַתָּה ה׳. Le commentaire de Chabad.org rapporte du Likouté Torah (cité d’après lui) que les initiales de וַיְבָרֶךְ דָּוִיד אֶת ה׳ forment ודאי : « les initiales des mots de cette expression forment le mot ודאי, qui signifie la vérité certaine » (traduit de l’anglais).
Puis cinq mots de louange : הַגְּדֻלָּה, la grandeur, הַגְּבוּרָה, la puissance, הַתִּפְאֶרֶת, la splendeur, הַנֵּצַח, la victoire, הַהוֹד, la gloire. Le commentaire rapporte la lecture de nos Sages : « “la grandeur” désigne la Création ; “la puissance”, la sortie d’Égypte ; “la splendeur”, le don de la Torah ; “la victoire”, Jérusalem ; et “la gloire”, le Temple » (traduit de l’anglais). כִּי כֹל בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ, « car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre » est à Toi.
« La richesse et l’honneur viennent de devant Toi, et Toi, Tu règnes sur tout » : c’est le moment de la tsedaka. Et la fin : וְעַתָּה אֱלֹהֵינוּ מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ, « et maintenant, notre D.ieu, nous Te rendons grâce ». Le commentaire : « “Toi” désigne l’Essence de D.ieu. C’est pourquoi le verset parle de “reconnaissance”, car il n’y a pas de louange qui convienne à Son Essence » (traduit de l’anglais).
לְךָ יְיָ הַגְּדֻלָּה, וְהַגְּבוּרָה, וְהַתִּפְאֶרֶת, וְהַנֵּצַח, וְהַהוֹד, כִּי כֹל בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ, לְךָ יְיָ הַמַּמְלָכָה וְהַמִּתְנַשֵּׂא לְכֹל לְרֹאשׁ:וְעַתָּה אֱלֹהֵינוּ, מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ, וּמְהַלְלִים לְשֵׁם תִּפְאַרְתֶּךָ:
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Likouté Torah ; la lecture des Sages sur les cinq louanges · cité d’après le commentaire du siddour de Chabad.org ; non consulté
Ata Hou : d’Avraham à la mer
La bénédiction des Léviim (Né’hémie 9) commence par la Création, אַתָּה הוּא ה׳ לְבַדֶּךָ, « Tu es Hachem, Toi seul » : Tu as fait les cieux, la terre et les mers, et וְאַתָּה מְחַיֶּה אֶת כֻּלָּם, « Tu les fais tous vivre ». Puis l’histoire : Tu as choisi Avram, Tu l’as fait sortir d’Our Kasdim, et Tu as fait de son nom Avraham.
« Et Tu as trouvé son cœur fidèle devant Toi. » Le commentaire de Chabad.org : « c’est la simplicité sincère d’Avraham, sa confiance et sa foi, qui ont amené D.ieu à se lier à Avraham et à ses descendants (Kesser Chem Tov) » (traduit de l’anglais). Et : « “un cœur fidèle” désigne un cœur qui n’a qu’un seul but, unifié » (traduit de l’anglais).
D’Avraham, l’histoire va droit en Égypte et à la mer : Tu as vu l’affliction de nos pères, Tu as entendu leur cri à la mer des Joncs, Tu as fendu la mer devant eux, « et ils passèrent au milieu de la mer à sec ». Ces mots, בְתוֹךְ הַיָּם בַּיַּבָּשָׁה, sont le sujet de l’éclairage ’hassidique de cette leçon.
אַתָּה הוּא יְיָ לְבַדֶּךָוּמָצָאתָ אֶת לְבָבוֹ נֶאֱמָן לְפָנֶיךָוְהַיָּם בָּקַעְתָּ לִפְנֵיהֶם וַיַּעַבְרוּ בְתוֹךְ הַיָּם בַּיַּבָּשָׁה
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Vekharot imo habrit » (Né’hémie 9:8-11) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524180
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Kesser Chem Tov · cité d’après le commentaire du siddour de Chabad.org ; non consulté
Vayocha : ils virent, ils craignirent, ils crurent
« Israël vit la grande main qu’Hachem avait déployée en Égypte ; et le peuple craignit Hachem, et ils crurent en Hachem et en Moché Son serviteur. » Rachi sur « la grande main » : « la grande puissance qu’avait déployée la main du Saint, béni soit-Il ».
Le commentaire de Chabad.org (Or HaTorah, cité d’après lui) lit le verset par étapes : וַיַּרְא, « vit », et וַיִּירְאוּ, « craignirent », se ressemblent : « la crainte et la vue emploient les mêmes lettres racines » (traduit de l’anglais). Voir a amené la crainte. « De cette conscience, le peuple s’est élevé à un degré supérieur, la emouna, la foi » (traduit de l’anglais). Alors seulement, אָז, vint le Cantique.
וַיַּרְא יִשְׂרָאֵל אֶת הַיָּד הַגְּדֹלָה אֲשֶׁר עָשָׂה יְיָ בְּמִצְרַיִם, וַיִּירְאוּ הָעָם אֶת יְיָ, וַיַּאֲמִינוּ בַּייָ וּבְמֹשֶׁה עַבְדּוֹ:אֶת הַגְּבוּרָה הַגְּדוֹלָה שֶׁעָשְׂתָה יָדוֹ שֶׁל הַקָּבָּ״ה
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Rachi sur Chemot 14:31 et 15 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Rashi_on_Exodus.15
Or HaTorah · cité d’après le commentaire du siddour de Chabad.org ; non consulté
« Voici mon D.ieu »
« Moché et les enfants d’Israël » ont chanté ensemble. Le commentaire de Chabad.org explique qu’à la mer, l’extérieur du peuple s’est uni à son intérieur, « et ils purent chanter ensemble avec Moché » (traduit de l’anglais).
עָזִּי וְזִמְרָת יָהּ, « ma force et mon chant, c’est Ka ». Rachi explique les voyelles inhabituelles : « עָזִּי est comme עֻזִּי, et וְזִמְרָת est comme וְזִמְרָתִי », c’est-à-dire « ma force » et « mon chant » (§G63).
זֶה אֵלִי, « voici mon D.ieu ». Rachi : « Dans Sa gloire Il se révéla à eux, et ils Le montraient du doigt ; une servante à la mer vit ce que les prophètes n’ont pas vu » (Mekhilta). Le commentaire : « l’expression “voici mon D.ieu” indique que la Divinité était si manifeste à l’ouverture de la mer que les Juifs pouvaient la montrer du doigt et dire : “c’est cela” » (traduit de l’anglais). Et sur וְאַנְוֵהוּ, « je Le glorifierai » : le mot « peut être lu au-delà de son sens littéral et divisé en אני והוא, “moi et Lui” » (traduit de l’anglais ; d’après le maamar BeChaa ChéHikdimou 5672, cité d’après le commentaire).
עָזִּי וְזִמְרָת יָהּ וַיְהִי לִי לִישׁוּעָה, זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ, אֱלֹהֵי אָבִי וַאֲרֹמְמֶנְהוּ:עָזִּי כְּמוֹ עֻזִּי, וְזִמְרָת כְּמוֹ וְזִמְרָתִיבִּכְבוֹדוֹ נִגְלָה עֲלֵיהֶם וְהָיוּ מַרְאִין אוֹתוֹ בְּאֶצְבַּע, רָאֲתָה שִׁפְחָה עַל הַיָּם מַה שֶּׁלֹּא רָאוּ נְבִיאִים
Rachi sur Chemot 14:31 et 15 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Rashi_on_Exodus.15
Mekhilta (dans Rachi) ; BeChaa ChéHikdimou 5672 · cité d’après le commentaire du siddour de Chabad.org ; non consulté
Ta droite, et « Qui est comme Toi »
« Ta droite, Hachem, est glorieuse en force ; Ta droite, Hachem, brise l’ennemi. » Pourquoi « Ta droite » deux fois ? Rachi (Mekhilta) : « quand Israël fait la volonté du Makom, la gauche devient la droite ». Le commentaire de Chabad.org (Or HaTorah, cité d’après lui) explique qu’à la mer, le caché est devenu révélé, « et de ce fait, tout était l’expression de Sa droite, Sa miséricorde et Sa bonté » (traduit de l’anglais).
מִי כָמֹכָה בָּאֵלִם, « Qui est comme Toi parmi les puissants » : Rachi, בָּאֵלִם veut dire « parmi les forts ». נוֹרָא תְהִלֹּת, « redoutable en louanges » : Rachi, « ils craignent de dire Tes louanges, de peur qu’elles ne soient en deçà », comme dit le verset לְךָ דֻמִיָּה תְהִלָּה, « pour Toi, le silence est louange ». Remarquez les deux מִי כָ de ce verset ; l’Admour Hazaken nous dit comment lire chacun (§G64).
Le Cantique raconte la fin des Égyptiens avec douceur : « Tu as étendu Ta droite, la terre les a engloutis. » Rachi apprend de ces mots qu’ils ont mérité une sépulture, « en récompense de ce qu’ils avaient dit : “Hachem est le juste” » (Chemot 9:27).
יְמִינְךָ יְיָ נֶאְדָּרִי בַּכֹּחַ, יְמִינְךָ יְיָ תִּרְעַץ אוֹיֵב:כְּשֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין אֶת רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם הַשְּׂמֹאל נַעֲשֵׂית יָמִיןמִי כָמֹכָה בָּאֵלִם יְיָ, מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר בַּקֹּדֶשׁ, נוֹרָא תְהִלֹּת, עֹשֵׂה פֶלֶא:נורא תהלת. יָרְאוּי מִלְּהַגִּיד תְּהִלּוֹתֶיךָ פֶן יִמְעֲטוּמִכָּאן שֶׁזָּכוּ לִקְבוּרָה בִּשְׂכַר שֶׁאָמְרוּ ה׳ הַצַּדִּיק
Rachi sur Chemot 14:31 et 15 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Rashi_on_Exodus.15
Or HaTorah ; Mekhilta (dans Rachi) · cité d’après le commentaire du siddour de Chabad.org ; non consulté
« Fais-les entrer et plante-les »
עַם זוּ קָנִיתָ, « ce peuple que Tu as acquis ». Rachi : « Tu les as chéris plus que les autres nations, comme un objet acheté à grand prix, qui est cher à l’homme. »
תְּבִיאֵמוֹ וְתִטָּעֵמוֹ, « Tu les feras entrer et Tu les planteras sur la montagne de Ton héritage ». Rachi : « Moché prophétisa qu’il n’entrerait pas dans le pays ; c’est pourquoi il n’est pas dit תְּבִיאֵנוּ, “fais-nous entrer” ». La terminaison ־מוֹ veut dire « les » (§G63).
מָכוֹן לְשִׁבְתְּךָ, « le lieu que Tu as fait pour Ta résidence ». Rachi : « le Mikdach d’en bas est placé face au Trône d’en haut ». Et le commentaire de Chabad.org : « au moment de l’ouverture de la mer, D.ieu avait préparé le cadre de la révélation qui se manifesterait dans le Beth Hamikdach » (traduit de l’anglais).
תְּבִיאֵמוֹ וְתִטָּעֵמוֹ בְּהַר נַחֲלָתְךָ, מָכוֹן לְשִׁבְתְּךָ פָּעַלְתָּ יְיָ, מִקְּדָשׁ, אֲדֹנָי, כּוֹנְנוּ יָדֶיךָ:קנית. חִבַּבְתָּ מִשְּׁאָר אֻמּוֹת, כְּחֵפֶץ הַקָּנוּי בְּדָמִים יְקָרִים שֶׁחָבִיב עַל הָאָדָםנִתְנַבֵּא מֹשֶׁה שֶׁלֹּא יִכָּנֵס לָאָרֶץ לְכָךְ לֹא נֶאֱמַר ״תְּבִיאֵנוּ״מכון לשבתך. מִקְדָּשׁ שֶׁל מַטָּה מְכֻוָּן כְּנֶגֶד כִּסֵּא שֶׁל מַעְלָה
Rachi sur Chemot 14:31 et 15 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Rashi_on_Exodus.15

« À sec, au milieu de la mer »
Dans Ata Hou, nous disons : וַיַּעַבְרוּ בְתוֹךְ הַיָּם בַּיַּבָּשָׁה, « ils passèrent au milieu de la mer à sec » (Né’hémie 9:11). S’ils étaient au milieu de la mer, comment était-ce la terre sèche ? Et si c’était la terre sèche, pourquoi dire « au milieu de la mer » ? Sur ces mots, le commentaire de Chabad.org imprime dans ses notes un passage de l’Admour Hazaken tiré du Torah Or (Bechala’h, 64b). Je l’ai lu dans cet hébreu ; je n’ai pas ouvert le volume lui-même. La traduction est de moi.
Et voici, au moment de l’ouverture de la mer, il y eut une révélation de Son Être et de Son Essence mêmes, qui sont au-dessus de l’ordre des mondes ; et par cela, la mer et la terre sèche sont vraiment égales, et de la mer fut faite la terre sèche : du caché, le révélé.
Et c’est cela : « Il a changé la mer en terre sèche ; ils ont traversé le fleuve à pied », et « ils passèrent au milieu de la mer à sec », précisément : car le caché est devenu révélé, par la révélation de Son Essence, pour laquelle le caché et le révélé sont vraiment égaux.
Et c’est cela : « là, nous nous réjouirons en Lui » : vraiment en Son Être et en Son Essence mêmes. Et c’est le degré de la joie de la mitsva.
— L’Admour Hazaken, Torah Or, Bechala’h, 64b (ma traduction, d’après l’hébreu imprimé par Chabad.org) ; les versets : Tehilim 66:6 et Né’hémie 9:11
Tehilim 66:6 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Psalms.66.6
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Vekharot imo habrit » (Né’hémie 9:8-11) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524180
Ce qu’ajoute le commentaire, et ce que j’en retiens
La mer et la terre sèche. Le commentaire anglais de Chabad.org explique les deux mots : « dans la terminologie de la Kabbale, la “terre sèche” et la “mer” sont des images de alma de’itgalia, “les mondes révélés”, les domaines de l’existence qui peuvent être perçus, et de alma de’itkassia, “les mondes cachés”, des domaines trop élevés pour être perçus » (traduit de l’anglais). Et : « au moment de l’ouverture de la mer, les Juifs passèrent par la mer, c’est-à-dire qu’ils furent exposés à ces niveaux sublimes de lumière divine. Pourtant, ils avancèrent “à sec” : ils purent apprécier consciemment ces révélations (Torah Or) » (traduit de l’anglais).
La royauté, pour la première fois. Sur ה׳ יִמְלֹךְ, le commentaire imprime un passage de Torat Chmouel (5633, vol. 2, p. 515), que j’ai lu dans cet hébreu et que je traduis : « La première fois que la royauté est mentionnée dans la Torah, c’est à l’ouverture de la mer, comme il est écrit : Hachem régnera à jamais. Et c’est pourquoi nous disons : Ta royauté, Tes enfants l’ont vue, quand Tu as fendu la mer devant Moché. » Et : « la mer est le niveau du caché… et elle fut révélée pour être comme la terre, c’est-à-dire sur le mode du révélé ». Nous dirons מַלְכוּתְךָ רָאוּ בָנֶיךָ chaque soir à Arvit.
De très haut. Sur עַד יַעֲבֹר עַמְּךָ, le commentaire imprime du Likouté Torah (Balak, 74a) : « et à l’ouverture de la mer, la révélation venait de très, très haut, au-dessus du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, et par cela Il changea la mer en terre sèche, de sorte que le monde caché vint dans le révélé, vraiment ». (Lu dans l’hébreu imprimé par Chabad.org ; ma traduction.)
À partir d’ici, mes propres pensées. La joie de la mitsva. L’Admour Hazaken termine par la joie : « là, nous nous réjouirons en Lui… c’est le degré de la joie de la mitsva ». C’est la joie que demandent la Michna Beroura et le Kaf Ha’Haïm quand nous disons le Cantique : se représenter qu’aujourd’hui j’ai traversé la mer. Une mitsva est une petite ouverture de la mer. Ce qui était caché, la volonté d’Hachem, devient quelque chose que je peux tenir dans ma main, une pièce, les téfilines, une parole de Torah : la terre sèche au milieu de la mer.
Quand vous le dites. À וַיַּעַבְרוּ בְתוֹךְ הַיָּם בַּיַּבָּשָׁה, ralentissez. Puis, quelques lignes plus loin, le Cantique commence : אָז יָשִׁיר. D’abord la mer devient terre sèche ; ensuite vient le chant.
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Az yachir Moché » (Chemot 15) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524187
Torah Or, Bechala’h, p. 64b (סד,ב) · le passage hébreu tel qu’imprimé dans les notes de l’Online Siddur with Commentary de Chabad.org (Né’hémie 9:11) ; le volume lui-même non consulté ; traduit par moi · chabad.org/…/1524180
Torat Chmouel 5633, vol. 2, p. 515 (תקטו) · le passage hébreu tel qu’imprimé dans les notes de l’Online Siddur with Commentary de Chabad.org (Chemot 15:18) ; le volume lui-même non consulté ; traduit par moi · chabad.org/…/1524187
Likouté Torah, Balak, p. 74a (עד,א) · le passage hébreu tel qu’imprimé dans les notes de l’Online Siddur with Commentary de Chabad.org (Chemot 15:16) ; le volume lui-même non consulté ; traduit par moi · chabad.org/…/1524187
Michna Beroura 51:17 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.51.17
Kaf Ha’Haïm, Ora’h ’Haïm 51:40-41 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kaf_HaChayim_on_Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.51.40
Comment le texte est imprimé ici
Les quatre passages et les versets de conclusion sont imprimés en entier, verset par verset, avec ma propre traduction et la référence de chaque verset. J’ai pris l’hébreu dans l’Online Siddur de Chabad.org et j’ai vérifié chaque mot sur notre siddour imprimé, Tehilat Hachem, pages 163 à 165 ; là où les deux diffèrent, j’imprime l’orthographe du siddour imprimé et je l’indique sous le texte. Chaque verset a aussi été comparé, lettre par lettre, avec le texte du Tanakh, et la ligne araméenne avec le Targoum Onkelos. Dans un Séfer Torah, le Cantique s’écrit dans une disposition particulière ; notre siddour l’imprime en texte continu, et ici il est imprimé verset par verset.
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Baroukh Hachem léolam » (Vayevarekh David, Ata Hou) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524173
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Vekharot imo habrit » (Né’hémie 9:8-11) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524180
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Vayocha Hachem » (Chemot 14:30-31) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524182
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Az yachir Moché » (Chemot 15) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524187
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Targoum Onkelos sur Chemot 15:18 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Onkelos_Exodus.15.18
1. Vayevarekh David (Divré Hayamim I 29:10-13)
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| וַיְבָרֶךְ דָּוִיד אֶת יְיָ לְעֵינֵי כָּל הַקָּהָל, וַיֹּאמֶר דָּוִיד, בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אָבִינוּ, מֵעוֹלָם וְעַד עוֹלָם: | David bénit Hachem aux yeux de toute l’assemblée, et David dit : Béni sois-Tu, Hachem, D.ieu d’Israël notre père, d’un monde à l’autre. (Divré Hayamim I 29:10) |
| לְךָ יְיָ הַגְּדֻלָּה, וְהַגְּבוּרָה, וְהַתִּפְאֶרֶת, וְהַנֵּצַח, וְהַהוֹד, כִּי כֹל בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ, לְךָ יְיָ הַמַּמְלָכָה וְהַמִּתְנַשֵּׂא לְכֹל לְרֹאשׁ: | À Toi, Hachem, la grandeur, la puissance, la splendeur, la victoire et la gloire, car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre est à Toi ; à Toi, Hachem, la royauté, et Tu T’élèves comme Chef au-dessus de tout. (Divré Hayamim I 29:11) |
| וְהָעֹשֶׁר וְהַכָּבוֹד מִלְּפָנֶיךָ, וְאַתָּה מוֹשֵׁל בַּכֹּל, וּבְיָדְךָ, כֹּחַ וּגְבוּרָה, וּבְיָדְךָ, לְגַדֵּל וּלְחַזֵּק לַכֹּל: | La richesse et l’honneur viennent de devant Toi, et Toi, Tu règnes sur tout ; dans Ta main sont la force et la puissance, et dans Ta main il est de grandir et de fortifier tout. (Divré Hayamim I 29:12) |
| וְעַתָּה אֱלֹהֵינוּ, מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ, וּמְהַלְלִים לְשֵׁם תִּפְאַרְתֶּךָ: | Et maintenant, notre D.ieu, nous Te rendons grâce et nous louons Ton Nom glorieux. (Divré Hayamim I 29:13) |
Verset 13 : à מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ, on ne s’incline pas (Choul’han Aroukh HaRav 51:11). Verset 12 : à וְאַתָּה מוֹשֵׁל בַּכֹּל, la tsedaka, debout.
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 163-165 · la page imprimée, vérifiée pour l’ordre et pour chaque mot
2. Vayivarekhou et Ata Hou (Né’hémie 9:5-11)
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבוֹדֶךָ, וּמְרוֹמַם עַל כָּל בְּרָכָה וּתְהִלָּה: | Et qu’ils bénissent Ton Nom glorieux, élevé au-dessus de toute bénédiction et de toute louange. (Né’hémie 9:5) |
| אַתָּה הוּא יְיָ לְבַדֶּךָ, אַתָּה עָשִׂיתָ אֶת הַשָּׁמַיִם, שְׁמֵי הַשָּׁמַיִם, וְכָל צְבָאָם, הָאָרֶץ וְכָל אֲשֶׁר עָלֶיהָ, הַיַּמִּים וְכָל אֲשֶׁר בָּהֶם, וְאַתָּה מְחַיֶּה אֶת כֻּלָּם, וּצְבָא הַשָּׁמַיִם לְךָ מִשְׁתַּחֲוִים: | Tu es Hachem, Toi seul. Tu as fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée, la terre et tout ce qui s’y trouve, les mers et tout ce qu’elles contiennent, et Tu les fais tous vivre ; et l’armée des cieux se prosterne devant Toi. (Né’hémie 9:6) |
| אַתָּה הוּא יְיָ הָאֱלֹהִים, אֲשֶׁר בָּחַרְתָּ בְּאַבְרָם, וְהוֹצֵאתוֹ מֵאוּר כַּשְׂדִּים, וְשַׂמְתָּ שְׁמוֹ אַבְרָהָם: | Tu es Hachem, D.ieu, qui as choisi Avram, l’as fait sortir d’Our Kasdim, et as fait de son nom Avraham. (Né’hémie 9:7) |
| וּמָצָאתָ אֶת לְבָבוֹ נֶאֱמָן לְפָנֶיךָ, וְכָרוֹת עִמּוֹ הַבְּרִית, לָתֵת אֶת אֶרֶץ הַכְּנַעֲנִי הַחִתִּי הָאֱמֹרִי וְהַפְּרִזִּי וְהַיְבוּסִי וְהַגִּרְגָּשִׁי לָתֵת לְזַרְעוֹ, וַתָּקֶם אֶת דְּבָרֶיךָ כִּי צַדִּיק אָתָּה: | Et Tu as trouvé son cœur fidèle devant Toi, et Tu as conclu avec lui l’alliance, pour donner le pays du Kenaani, du ’Hiti, de l’Emori, du Perizi, du Yevoussi et du Guirgachi, pour le donner à sa descendance ; et Tu as accompli Tes paroles, car Tu es juste. (Né’hémie 9:8) |
| וַתֵּרֶא אֶת עֳנִי אֲבוֹתֵינוּ בְּמִצְרָיִם, וְאֶת זַעֲקָתָם שָׁמַעְתָּ עַל יַם סוּף: | Tu as vu l’affliction de nos pères en Égypte, et Tu as entendu leur cri à la mer des Joncs. (Né’hémie 9:9) |
| וַתִּתֵּן אֹתֹת וּמֹפְתִים בְּפַרְעֹה וּבְכָל עֲבָדָיו וּבְכָל עַם אַרְצוֹ, כִּי יָדַעְתָּ כִּי הֵזִידוּ עֲלֵיהֶם, וַתַּעַשׂ לְךָ שֵׁם כְּהַיּוֹם הַזֶּה: | Tu as donné des signes et des prodiges contre Pharaon, contre tous ses serviteurs et contre tout le peuple de son pays, car Tu savais qu’ils avaient agi avec méchanceté contre eux ; et Tu T’es fait un Nom, comme en ce jour. (Né’hémie 9:10) |
| וְהַיָּם בָּקַעְתָּ לִפְנֵיהֶם וַיַּעַבְרוּ בְתוֹךְ הַיָּם בַּיַּבָּשָׁה, וְאֶת רֹדְפֵיהֶם הִשְׁלַכְתָּ בִמְצוֹלֹת, כְּמוֹ אֶבֶן בְּמַיִם עַזִּים: | Tu as fendu la mer devant eux, et ils passèrent au milieu de la mer à sec ; et leurs poursuivants, Tu les as jetés dans les profondeurs, comme une pierre dans des eaux puissantes. (Né’hémie 9:11) |
Né’hémie 9:5 : le siddour commence au milieu du verset, à וִיבָרְכוּ, et écrit כְּבוֹדֶךָ avec un vav, là où Né’hémie écrit כְּבֹדֶךָ. Né’hémie 9:6 : dans le Tanakh, le mot avant עָשִׂיתָ s’écrit את et se lit אַתָּה (§G55) ; le siddour imprime ce que nous lisons. Né’hémie 9:9 : notre siddour écrit אֲבוֹתֵינוּ avec un vav, là où Né’hémie et Chabad.org écrivent אֲבֹתֵינוּ. Ce ne sont que des lettres-voyelles ; les mots se lisent de la même façon.
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, « Vekharot imo habrit » (Né’hémie 9:8-11) · texte hébreu, et le commentaire Siddur Illuminated by Chassidus (traduit par Eliyahu Touger, édité par Sholom Ber Wineberg, Sichos in English) ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/1524180
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 163-165 · la page imprimée, vérifiée pour l’ordre et pour chaque mot
3. Vayocha (Chemot 14:30-31)
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| וַיּוֹשַׁע יְיָ בַּיּוֹם הַהוּא אֶת יִשְׂרָאֵל מִיַּד מִצְרָיִם, וַיַּרְא יִשְׂרָאֵל אֶת מִצְרַיִם מֵת עַל שְׂפַת הַיָּם: | En ce jour, Hachem sauva Israël de la main de l’Égypte, et Israël vit l’Égypte morte sur le rivage de la mer. (Chemot 14:30) |
| וַיַּרְא יִשְׂרָאֵל אֶת הַיָּד הַגְּדֹלָה אֲשֶׁר עָשָׂה יְיָ בְּמִצְרַיִם, וַיִּירְאוּ הָעָם אֶת יְיָ, וַיַּאֲמִינוּ בַּייָ וּבְמֹשֶׁה עַבְדּוֹ: | Israël vit la grande main qu’Hachem avait déployée contre l’Égypte, et le peuple craignit Hachem, et ils crurent en Hachem et en Moché Son serviteur. (Chemot 14:31) |
וַיַּרְא, « il vit », et וַיִּירְאוּ, « ils craignirent » : deux racines différentes qui se ressemblent, ר־א־ה et י־ר־א. Les deux sont des formes du « vav qui renverse » (§G32) : une forme du futur avec וַ devant raconte le passé.
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 163-165 · la page imprimée, vérifiée pour l’ordre et pour chaque mot
4. Az yachir (Chemot 15:1-10)
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| אָז יָשִׁיר מֹשֶׁה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשִּׁירָה הַזֹּאת לַייָ וַיֹּאמְרוּ לֵאמֹר, אָשִׁירָה לַייָ כִּי גָאֹה גָּאָה, סוּס וְרֹכְבוֹ רָמָה בַיָּם: | Alors Moché et les enfants d’Israël chanteront ce chant à Hachem, et ils dirent : Je chanterai pour Hachem, car Il est souverainement élevé ; le cheval et son cavalier, Il les a jetés dans la mer. (Chemot 15:1) |
| עָזִּי וְזִמְרָת יָהּ וַיְהִי לִי לִישׁוּעָה, זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ, אֱלֹהֵי אָבִי וַאֲרֹמְמֶנְהוּ: | Ma force et mon chant, c’est Ka, et Il a été mon salut. Voici mon D.ieu et je Le glorifierai, le D.ieu de mon père et je L’exalterai. (Chemot 15:2) |
| יְיָ אִישׁ מִלְחָמָה, יְיָ שְׁמוֹ: | Hachem est un Maître de la guerre ; Hachem est Son Nom. (Chemot 15:3) |
| מַרְכְּבוֹת פַּרְעֹה וְחֵילוֹ יָרָה בַיָּם, וּמִבְחַר שָׁלִישָׁיו טֻבְּעוּ בְיַם סוּף: | Les chars de Pharaon et son armée, Il les a lancés dans la mer, et l’élite de ses officiers a sombré dans la mer des Joncs. (Chemot 15:4) |
| תְּהֹמֹת יְכַסְיֻמוּ, יָרְדוּ בִמְצוֹלֹת כְּמוֹ אָבֶן: | Les abîmes les ont couverts ; ils sont descendus dans les profondeurs comme une pierre. (Chemot 15:5) |
| יְמִינְךָ יְיָ נֶאְדָּרִי בַּכֹּחַ, יְמִינְךָ יְיָ תִּרְעַץ אוֹיֵב: | Ta droite, Hachem, est glorieuse en force ; Ta droite, Hachem, brise l’ennemi. (Chemot 15:6) |
| וּבְרֹב גְּאוֹנְךָ תַּהֲרֹס קָמֶיךָ, תְּשַׁלַּח חֲרֹנְךָ יֹאכְלֵמוֹ כַּקַּשׁ: | Dans la grandeur de Ta majesté, Tu renverses ceux qui se dressent contre Toi ; Tu envoies Ta colère, elle les consume comme la paille. (Chemot 15:7) |
| וּבְרוּחַ אַפֶּיךָ נֶעֶרְמוּ מַיִם, נִצְּבוּ כְמוֹ נֵד נֹזְלִים, קָפְאוּ תְהֹמֹת בְּלֶב יָם: | Au souffle de Tes narines, les eaux se sont amoncelées ; les flots se sont dressés comme une muraille ; les abîmes se sont figés au cœur de la mer. (Chemot 15:8) |
| אָמַר אוֹיֵב, אֶרְדֹּף אַשִּׂיג אֲחַלֵּק שָׁלָל, תִּמְלָאֵמוֹ נַפְשִׁי, אָרִיק חַרְבִּי, תּוֹרִישֵׁמוֹ יָדִי: | L’ennemi disait : Je poursuivrai, j’atteindrai, je partagerai le butin ; mon désir sera assouvi d’eux ; je tirerai mon épée, ma main les anéantira. (Chemot 15:9) |
| נָשַׁפְתָּ בְרוּחֲךָ כִּסָּמוֹ יָם, צָלֲלוּ כַּעוֹפֶרֶת בְּמַיִם אַדִּירִים: | Tu as soufflé de Ton vent, la mer les a couverts ; ils ont sombré comme le plomb dans des eaux puissantes. (Chemot 15:10) |
אָז יָשִׁיר, « alors… chanteront » : un futur après אָז (§G62). Verset 4 : notre siddour écrit מַרְכְּבוֹת et שָׁלִישָׁיו en orthographe pleine, là où la Torah et Chabad.org écrivent מַרְכְּבֹת et שָׁלִשָׁיו. Verset 5 : יְכַסְיֻמוּ, « les ont couverts », avec la terminaison poétique ־מוּ (§G63). Verset 10 : faire une pause entre בְּמַיִם et אַדִּירִים (Michna Beroura 51:17).
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 163-165 · la page imprimée, vérifiée pour l’ordre et pour chaque mot
Az yachir (Chemot 15:11-17)
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| מִי כָמֹכָה בָּאֵלִם יְיָ, מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר בַּקֹּדֶשׁ, נוֹרָא תְהִלֹּת, עֹשֵׂה פֶלֶא: | Qui est comme Toi parmi les puissants, Hachem ? Qui est comme Toi, glorieux en sainteté, redoutable en louanges, faisant des prodiges ? (Chemot 15:11) |
| נָטִיתָ יְמִינְךָ, תִּבְלָעֵמוֹ אָרֶץ: | Tu as étendu Ta droite, la terre les a engloutis. (Chemot 15:12) |
| נָחִיתָ בְחַסְדְּךָ עַם זוּ גָּאָלְתָּ, נֵהַלְתָּ בְעָזְּךָ אֶל נְוֵה קָדְשֶׁךָ: | Dans Ta bonté, Tu as conduit ce peuple que Tu as délivré ; Tu l’as guidé par Ta force vers Ta sainte demeure. (Chemot 15:13) |
| שָׁמְעוּ עַמִּים יִרְגָּזוּן, חִיל אָחַז יֹשְׁבֵי פְּלָשֶׁת: | Les peuples ont entendu, ils ont tremblé ; l’effroi a saisi les habitants de Pelechet. (Chemot 15:14) |
| אָז נִבְהֲלוּ אַלּוּפֵי אֱדוֹם, אֵילֵי מוֹאָב יֹאחֲזֵמוֹ רָעַד, נָמֹגוּ כֹּל יֹשְׁבֵי כְנָעַן: | Alors les chefs d’Édom ont été épouvantés ; les puissants de Moav, le tremblement les a saisis ; tous les habitants de Kenaan ont défailli. (Chemot 15:15) |
| תִּפֹּל עֲלֵיהֶם אֵימָתָה וָפַחַד, בִּגְדֹל זְרוֹעֲךָ יִדְּמוּ כָּאָבֶן, עַד יַעֲבֹר עַמְּךָ יְיָ, עַד יַעֲבֹר עַם זוּ קָנִיתָ: | La crainte et l’effroi tombent sur eux ; par la grandeur de Ton bras, ils restent immobiles comme la pierre ; jusqu’à ce que Ton peuple passe, Hachem, jusqu’à ce que passe ce peuple que Tu as acquis. (Chemot 15:16) |
| תְּבִיאֵמוֹ וְתִטָּעֵמוֹ בְּהַר נַחֲלָתְךָ, מָכוֹן לְשִׁבְתְּךָ פָּעַלְתָּ יְיָ, מִקְּדָשׁ, אֲדֹנָי, כּוֹנְנוּ יָדֶיךָ: | Tu les feras entrer et Tu les planteras sur la montagne de Ton héritage, le lieu que Tu as fait pour Ta résidence, Hachem ; le Sanctuaire, mon Maître, que Tes mains ont établi. (Chemot 15:17) |
Verset 11 : מִי כָמֹכָה avec un ’khaf doux, puis מִי כָּמֹכָה avec un kaf dur ; verset 16 : יִדְּמוּ כָּאָבֶן, dur ; verset 13 : עַם זוּ גָּאָלְתָּ, avec un daguech dans le guimel (§G64). Verset 17 : notre siddour écrit תְּבִיאֵמוֹ avec un youd, là où la Torah et Chabad.org écrivent תְּבִאֵמוֹ (§G63).
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
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5. Hachem yimlokh, et les versets de conclusion
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד: | Hachem régnera à jamais. (Chemot 15:18) |
| יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד: | Hachem régnera à jamais. (Chemot 15:18, de nouveau) |
| יְיָ מַלְכוּתֵהּ קָאֵם לְעָלַם וּלְעָלְמֵי עָלְמַיָּא: | Hachem, Sa royauté demeure à jamais et pour l’éternité des éternités. (Araméen, Onkelos) (Targoum Onkelos, 15:18) |
| כִּי בָא סוּס פַּרְעֹה בְּרִכְבּוֹ וּבְפָרָשָׁיו בַּיָּם וַיָּשֶׁב יְיָ עֲלֵהֶם אֶת מֵי הַיָּם, וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל הָלְכוּ בַיַּבָּשָׁה בְּתוֹךְ הַיָּם: | Car lorsque le cheval de Pharaon entra, avec ses chars et ses cavaliers, dans la mer, Hachem ramena sur eux les eaux de la mer ; et les enfants d’Israël marchèrent à sec au milieu de la mer. (Chemot 15:19) |
| כִּי לַייָ הַמְּלוּכָה וּמוֹשֵׁל בַּגּוֹיִם: | Car la royauté est à Hachem, et Il règne sur les nations. (Tehilim 22:29) |
| וְעָלוּ מוֹשִׁיעִים בְּהַר צִיּוֹן לִשְׁפֹּט אֶת הַר עֵשָׂו, וְהָיְתָה לַייָ הַמְּלוּכָה: | Des sauveurs monteront sur le mont Tsion pour juger la montagne d’Essav, et la royauté sera à Hachem. (Ovadia 1:21) |
| וְהָיָה יְיָ לְמֶלֶךְ עַל כָּל הָאָרֶץ, בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה יְיָ אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד: | Hachem sera Roi sur toute la terre ; ce jour-là, Hachem sera Un et Son Nom Un. (Zekharia 14:9) |
Le dernier verset du Cantique se dit deux fois, puis dans l’araméen d’Onkelos (Choul’han Aroukh HaRav 51:10 et la note du traducteur ; Michna Beroura 51:17). Tehilim 22:29 : le siddour écrit וּמוֹשֵׁל avec un vav, là où les Tehilim écrivent וּמֹשֵׁל. Ovadia 1:21 : le siddour écrit מוֹשִׁיעִים, là où Ovadia écrit מוֹשִׁעִים, sans le second youd.
Divré Hayamim I 29:10-13 ; Né’hémie 9:5-11 ; Chemot 14:30-15:19 ; Tehilim 22:29 ; Ovadia 1:21 ; Zekharia 14:9 · texte hébreu via Sefaria, comparé lettre par lettre · sefaria.org/I_Chronicles.29.10-13
Targoum Onkelos sur Chemot 15:18 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Onkelos_Exodus.15.18
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Vayevarekh David : tout est à Toi
Cinq noms de louange avec « la », un participe qui gouverne, et un hif’il qui rend grâce.
לְךָ יְיָ הַגְּדֻלָּה, וְהַגְּבוּרָה, וְהַתִּפְאֶרֶת, וְהַנֵּצַח, וְהַהוֹד, כִּי כֹל בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ, לְךָ יְיָ הַמַּמְלָכָה וְהַמִּתְנַשֵּׂא לְכֹל לְרֹאשׁ:וְהָעֹשֶׁר וְהַכָּבוֹד מִלְּפָנֶיךָ, וְאַתָּה מוֹשֵׁל בַּכֹּל, וּבְיָדְךָ, כֹּחַ וּגְבוּרָה, וּבְיָדְךָ, לְגַדֵּל וּלְחַזֵּק לַכֹּל:וְעַתָּה אֱלֹהֵינוּ, מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ, וּמְהַלְלִים לְשֵׁם תִּפְאַרְתֶּךָ:
| הַגְּדֻלָּה | = | ◌ה | + | גְּדֻלָּ | + | הַ |
| haguedoula la grandeur | féminin ־ָה | grand | le, la, les |
| וְהַתִּפְאֶרֶת | = | ◌ת | + | פְאֶרֶ | + | תִּ | + | הַ | + | וְ |
| vehatiféret et la splendeur | féminin ־ֶת | beauté, gloire | nom avec ת devant | le, la, les | et |
| וְהַמִּתְנַשֵּׂא | = | נַשֵּׂא | + | מִּתְ | + | הַ | + | וְ |
| vehamitnassé et Celui qui S’élève | élever | présent du hitpa’el : מִתְ | le, la, les | et |
| מוֹשֵׁל | = | מוֹשֵׁל |
| mochèl gouverne | gouverner |
| מוֹדִים | = | ◌ים | + | וֹדִ | + | מ |
| modim nous rendons grâce | pluriel ־ִים | remercier, reconnaître | présent du hif’il |
Ata Hou : de la Création à la mer
Un souhait au futur, « Toi seul », deux participes, ce que fait Hachem et ce qui se fait devant Lui, un cœur fidèle, et la terre sèche.
אַתָּה הוּא יְיָ לְבַדֶּךָ, אַתָּה עָשִׂיתָ אֶת הַשָּׁמַיִם, שְׁמֵי הַשָּׁמַיִם, וְכָל צְבָאָם, הָאָרֶץ וְכָל אֲשֶׁר עָלֶיהָ, הַיַּמִּים וְכָל אֲשֶׁר בָּהֶם, וְאַתָּה מְחַיֶּה אֶת כֻּלָּם, וּצְבָא הַשָּׁמַיִם לְךָ מִשְׁתַּחֲוִים:וּמָצָאתָ אֶת לְבָבוֹ נֶאֱמָן לְפָנֶיךָ, וְכָרוֹת עִמּוֹ הַבְּרִית, לָתֵת אֶת אֶרֶץ הַכְּנַעֲנִי הַחִתִּי הָאֱמֹרִי וְהַפְּרִזִּי וְהַיְבוּסִי וְהַגִּרְגָּשִׁי לָתֵת לְזַרְעוֹ, וַתָּקֶם אֶת דְּבָרֶיךָ כִּי צַדִּיק אָתָּה:וְהַיָּם בָּקַעְתָּ לִפְנֵיהֶם וַיַּעַבְרוּ בְתוֹךְ הַיָּם בַּיַּבָּשָׁה, וְאֶת רֹדְפֵיהֶם הִשְׁלַכְתָּ בִמְצוֹלֹת, כְּמוֹ אֶבֶן בְּמַיִם עַזִּים:
| וִיבָרְכוּ | = | ◌וּ | + | בָרְכ | + | י | + | וִ |
| vivarekhou et qu’ils bénissent | ils | bénir | il, ils (futur) | et |
| לְבַדֶּךָ | = | ◌ךָ | + | בַדֶּ | + | לְ |
| levadékha Toi seul | Toi | seul | par |
| מְחַיֶּה | = | חַיֶּה | + | מְ |
| me’hayé fait vivre | vivre | présent du pi’el |
| מִשְׁתַּחֲוִים | = | ◌ים | + | שְׁתַּחֲוִ | + | מִ |
| michta’havim se prosternent | pluriel ־ִים | se prosterner | présent du hitpa’el |
| נֶאֱמָן | = | אֱמָן | + | נֶ |
| néémane fidèle | être ferme, croire | nif’al (passif) |
| בַּיַּבָּשָׁה | = | ◌ה | + | יַּבָּשָׁ | + | בַּ |
| bayabacha à sec | féminin ־ָה | sec | sur la |
Vayocha : ils virent, craignirent, crurent
Quatre verbes avec le vav qui renverse racontent l’histoire dans l’ordre.
וַיּוֹשַׁע יְיָ בַּיּוֹם הַהוּא אֶת יִשְׂרָאֵל מִיַּד מִצְרָיִם, וַיַּרְא יִשְׂרָאֵל אֶת מִצְרַיִם מֵת עַל שְׂפַת הַיָּם:וַיַּרְא יִשְׂרָאֵל אֶת הַיָּד הַגְּדֹלָה אֲשֶׁר עָשָׂה יְיָ בְּמִצְרַיִם, וַיִּירְאוּ הָעָם אֶת יְיָ, וַיַּאֲמִינוּ בַּייָ וּבְמֹשֶׁה עַבְדּוֹ:
| וַיּוֹשַׁע | = | וֹשַׁע | + | יּ | + | וַ |
| vayocha et Il sauva | sauver | il, ils (futur) | vav qui renverse |
| וַיִּירְאוּ | = | ◌וּ | + | ירְא | + | יִּ | + | וַ |
| vayirou et ils craignirent | ils | craindre | il, ils (futur) | vav qui renverse |
| וַיַּאֲמִינוּ | = | ◌וּ | + | אֲמִינ | + | יַּ | + | וַ |
| vayaaminou et ils crurent | ils | croire | il, ils (futur) | vav qui renverse |
Az Yachir : la langue du cantique
Un futur qui raconte le passé, un « je veux », des formes courtes et longues de « mon » et de « Le », et un youd en plus.
אָז יָשִׁיר מֹשֶׁה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשִּׁירָה הַזֹּאת לַייָ וַיֹּאמְרוּ לֵאמֹר, אָשִׁירָה לַייָ כִּי גָאֹה גָּאָה, סוּס וְרֹכְבוֹ רָמָה בַיָּם:עָזִּי וְזִמְרָת יָהּ וַיְהִי לִי לִישׁוּעָה, זֶה אֵלִי וְאַנְוֵהוּ, אֱלֹהֵי אָבִי וַאֲרֹמְמֶנְהוּ:יְמִינְךָ יְיָ נֶאְדָּרִי בַּכֹּחַ, יְמִינְךָ יְיָ תִּרְעַץ אוֹיֵב:
| יָשִׁיר | = | שִׁיר | + | יָ |
| yachir chantera | chanter | il, ils (futur) |
| אָשִׁירָה | = | ◌ה | + | שִׁירָ | + | אָ |
| achira je veux chanter | je veux ־ָה | chanter | je (futur) |
| וְזִמְרָת | = | ◌ת | + | זִמְרָ | + | וְ |
| vezimrat et mon chant | (mon) ־ָת, forme courte | chant | et |
| וְאַנְוֵהוּ | = | ◌הוּ | + | נְוֵ | + | אַ | + | וְ |
| véanvéhou et je Le glorifierai | Le | demeure ; beauté | je (futur) | et |
| וַאֲרֹמְמֶנְהוּ | = | ◌נְהוּ | + | רֹמְמֶ | + | אֲ | + | וַ |
| vaaromemenhou et je L’exalterai | Le (forme longue ־ֶנְהוּ) | haut | je (futur) | et |
| יְכַסְיֻמוּ | = | ◌מוּ | + | כַסְיֻ | + | יְ |
| yekhassyoumou les couvrirent | eux (poétique ־מוּ) | couvrir | il, ils (futur) |
| נֶאְדָּרִי | = | ◌י | + | אְדָּרִ | + | נֶ |
| nédari glorieuse | youd en plus | puissant, glorieux | nif’al (passif) |
« Eux », dans la langue du cantique
La vantardise de l’ennemi et la prophétie de Moché, toutes deux avec le ־מוֹ poétique.
אָמַר אוֹיֵב, אֶרְדֹּף אַשִּׂיג אֲחַלֵּק שָׁלָל, תִּמְלָאֵמוֹ נַפְשִׁי, אָרִיק חַרְבִּי, תּוֹרִישֵׁמוֹ יָדִי:נָחִיתָ בְחַסְדְּךָ עַם זוּ גָּאָלְתָּ, נֵהַלְתָּ בְעָזְּךָ אֶל נְוֵה קָדְשֶׁךָ:תְּבִיאֵמוֹ וְתִטָּעֵמוֹ בְּהַר נַחֲלָתְךָ, מָכוֹן לְשִׁבְתְּךָ פָּעַלְתָּ יְיָ, מִקְּדָשׁ, אֲדֹנָי, כּוֹנְנוּ יָדֶיךָ:
| תִּמְלָאֵמוֹ | = | ◌מוֹ | + | מְלָאֵ | + | תִּ |
| timlaémo se rassasiera d’eux | eux (poétique ־מוֹ) | remplir | elle (futur) |
| גָּאָלְתָּ | = | ◌תָּ | + | גָּאָלְ |
| gaalta Tu as racheté | tu (passé) | racheter |
| תְּבִיאֵמוֹ | = | ◌מוֹ | + | בִיאֵ | + | תְּ |
| teviémo Tu les amèneras | eux (poétique ־מוֹ) | venir ; amener | Tu (futur) |
| וְתִטָּעֵמוֹ | = | ◌מוֹ | + | טָּעֵ | + | תִ | + | וְ |
| vetitaémo et Tu les planteras | eux (poétique ־מוֹ) | planter | Tu (futur) | et |
Hachem régnera
Le futur, l’araméen d’Onkelos, et la royauté chez les Prophètes.
יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד:יְיָ מַלְכוּתֵהּ קָאֵם לְעָלַם וּלְעָלְמֵי עָלְמַיָּא:וְעָלוּ מוֹשִׁיעִים בְּהַר צִיּוֹן לִשְׁפֹּט אֶת הַר עֵשָׂו, וְהָיְתָה לַייָ הַמְּלוּכָה:
| יִמְלֹךְ | = | מְלֹךְ | + | יִ |
| yimlokh régnera | régner | il, ils (futur) |
| מַלְכוּתֵהּ | = | ◌הּ | + | ◌וּתֵ | + | מַלְכ |
| malkhoutèh Sa royauté | Sa (araméen ־ֵהּ) | ־וּת, -auté | régner |
| קָאֵם | = | קָאֵם |
| kaèm subsiste | se tenir |
| הַמְּלוּכָה | = | ◌ה | + | מְּלוּכָ | + | הַ |
| hamelou’ha la royauté | féminin ־ָה | régner | le, la, les |
| מוֹשִׁיעִים | = | ◌ים | + | וֹשִׁיעִ | + | מ |
| mochi’im sauveurs | pluriel ־ִים | sauver | présent du hif’il |
- Leçon 1 §G2 · Les lettres cachées de la racine : le youd, le vav et le hé peuvent changer de forme ou tomber ; un daguech peut marquer une lettre fondue
- Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
- Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
- Leçon 3 §G16 · Le présent du hif’il : ma- … -i- : le présent du hif’il a ma- (mé-) en tête et un youd avant la dernière lettre de la racine : matir, malbich, hamékhin, hama’avir ; il signifie « fait … »
- Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
- Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
- Leçon 4 §G21 · Le nif’al : quand l’action est subie par le sujet : le nif’al est le passif du verbe simple : passé et présent en ni-/nè- (nivro, nè’èmon) ; futur avec un daguech dans la première lettre de la racine (yissossém, yipossé’a’h)
- Leçon 4 §G22 · Le hitpa’el : agir sur soi-même : le hitpa’el ajoute hit- (hiss-) devant et redouble la lettre médiane de la racine, comme le pi’el ; il signifie agir sur soi ou pour soi : lehiskayém, « se maintenir en existence »
- Leçon 6 §G30 · « Qu’Il te bénisse » : le futur comme souhait, avec terminaisons de complément : le futur (§G20) dit aussi « que… » : yevorèkhekho qu’Il te bénisse ; une terminaison après un verbe au futur désigne le complément : -kho te, -èm les
- Leçon 6 §G32 · Le vav qui renverse : vaydabèr, « et Il parla » : va- devant une forme du futur la change en passé : vaydabèr et Il parla ; ve- devant une forme du passé peut la changer en futur : vessomou et ils placeront
- Leçon 8 §G39 · L’araméen, la sœur de l’hébreu : la langue du Kaddich : le Kaddich est en araméen, la langue parlée des Juifs à l’époque de la Guemara ; la plupart de ses mots ont un jumeau hébreu : yehé = yehi « que soit », chemé = chemo « Son Nom », di = achèr « que », beri’h = boroukh « béni »
- Leçon 8 §G41 · « Son », « votre » et « leur » en araméen : ־ֵהּ, ־כוֹן, ־הוֹן : le « Son » araméen est ־ֵהּ (-é), avec un point dans le hé : chemé Son Nom, mal’houssé Sa royauté ; « votre » (pluriel) est ־כוֹן (-khone), « leur » est ־הוֹן (-hone)
- Leçon 10 §G48 · Les racines qui finissent par un hé (עֹשֶׂה, פּוֹדֶה, הָיָה) : quand une racine finit par ה, le participe finit en -è (עֹשֶׂה ossé, פּוֹדֶה podé), le passé « il » finit en -o (הָיָה hoyo), et devant une terminaison le ה tombe (מַעֲשֶׂה → מַעֲשֵׂי)
- Leçon 11 §G50 · « Que je », « que nous » : la terminaison ־ָה sur le futur : un ־ָה (-o) ajouté à un futur « je » ou « nous » en fait un souhait ou une résolution : אֲבָרְכָה, « que je bénisse » ; וּנְרוֹמְמָה, « et exaltons » ; sur un impératif il ajoute de la chaleur : שׁוּבָה, « reviens, je T’en prie »
- Leçon 11 §G51 · « Le » sur un verbe : ־ֵהוּ et ־ֶנּוּ : « le » attaché à un verbe est le plus souvent ־ֵהוּ (-éhou) : אֲשַׂגְּבֵהוּ, « Je l’élèverai » ; après un futur il peut aussi être ־ֶנּוּ (-ènou) : יַצִּילֶנּוּ, « Il le sauvera »
- Leçon 12 §G55 · Écrit d’une façon, lu d’une autre : ketiv et keri : à quelques endroits du Tanakh, le mot tel qu’il est écrit (ketiv) diffère du mot tel qu’il est lu (keri) ; le siddour imprime la lecture avec ses voyelles, et note parfois la forme écrite en petits caractères ; nous disons toujours le keri
Le Cantique commence par deux mots, אָז יָשִׁיר. Le premier, אָז (az), veut dire « alors ». יָשִׁיר (yachir) est une forme du futur : le youd devant veut dire « il » (§G20), et la racine est שׁ־י־ר, « chanter », une racine à lettre médiane faible comme les racines creuses du §G44. Mot à mot : « alors il chantera ». Mais Moché a chanté sur-le-champ, au bord de la mer. Pourquoi le futur ?
Le sens simple de Rachi. Rachi écrit : « אָז כְּשֶׁרָאָה הַנֵּס עָלָה בְלִבּוֹ שֶׁיָּשִׁיר שִׁירָה », « alors, quand il vit le miracle, il lui monta au cœur de chanter un cantique ». Il cite d’autres versets qui s’ouvrent de la même façon, אָז יְדַבֵּר יְהוֹשֻׁעַ (Yehochoua 10:12) et אָז יִבְנֶה שְׁלֹמֹה (Rois I 11:7), et conclut : « לִמְּדָנוּ שֶׁהַיּוֹ״ד עַל שֵׁם הַמַּחֲשָׁבָה נֶאֶמְרָה », « cela nous apprend que le youd est dit au titre de la pensée ». La lettre du futur dit ce qu’il y avait dans le cœur de Moché un instant avant de chanter.
La lecture des Sages. La Guemara (Sanhédrin 91b) lit la même lettre autrement : « ״שָׁר״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״יָשִׁיר״ – מִכָּאן לִתְחִיַּית הַמֵּתִים מִן הַתּוֹרָה », « il n’est pas dit “chanta” mais “chantera” : de là, la Résurrection des morts à partir de la Torah ». Rachi la rapporte aussi, comme le midrach du verset. Les deux lectures tiennent à une seule lettre, le youd du futur.
Comparez un vrai passé. Plus loin dans le même Cantique, nous lisons אָז נִבְהֲלוּ אַלּוּפֵי אֱדוֹם, « alors les chefs d’Edom furent effrayés » (15:15). נִבְהֲלוּ n’a pas de lettre du futur devant : c’est un passé au nif’al, « ils furent effrayés » (§G21). Le Cantique montre donc les deux : אָז avec un passé, et אָז avec un futur. C’est le futur que les Sages expliquent.
Ne le confondez pas avec le vav qui renverse. וַיּוֹשַׁע et וַיַּרְא, juste avant le Cantique, sont aussi des formes du futur qui racontent le passé, mais là, la raison est le וַ devant (§G32). Dans אָז יָשִׁיר il n’y a pas de וַ : le futur est voulu, et les commentateurs expliquent pourquoi.
| אָז יָשִׁיר | az yachir | alors il chantera | Chemot 15:1, futur |
| אָז יְדַבֵּר | az yedabèr | alors il parlera | Yehochoua 10:12, chez Rachi |
| אָז יִבְנֶה | az yivné | alors il bâtira | Rois I 11:7, chez Rachi |
| אָז נִבְהֲלוּ | az nivhalou | alors ils furent effrayés | Chemot 15:15, passé |
| יִמְלֹךְ | yimlokh | Il régnera | 15:18, futur |
En hébreu courant, « eux » sur un verbe se dit ־ֵם ou ־ָם (§G34). Le Cantique de la mer est une poésie, et la poésie garde des formes plus anciennes et plus longues.
־מוֹ, « eux ». Neuf fois dans le Cantique, « eux » se dit ־מוֹ, et une fois ־מוּ. Les voici : יְכַסְיֻמוּ, « les couvrirent » (15:5) ; יֹאכְלֵמוֹ, « les dévora » (15:7) ; תִּמְלָאֵמוֹ נַפְשִׁי, « mon désir se rassasiera d’eux » (15:9) ; תּוֹרִישֵׁמוֹ יָדִי, « ma main les chassera » (15:9) ; כִּסָּמוֹ יָם, « la mer les couvrit » (15:10) ; תִּבְלָעֵמוֹ אָרֶץ, « la terre les engloutit » (15:12) ; יֹאחֲזֵמוֹ רָעַד, « le tremblement les saisit » (15:15) ; et תְּבִיאֵמוֹ וְתִטָּעֵמוֹ, « amène-les et plante-les » (15:17). Rachi explique la terminaison chaque fois par la forme ordinaire : sur יְכַסְיֻמוּ il dit « כְּמוֹ יְכַסּוּם, וְהַיּוֹ״ד הָאֶמְצָעִית יְתֵרָה בוֹ », « comme יְכַסּוּם, et le youd du milieu y est en plus » ; sur תִּמְלָאֵמוֹ il dit « תִּתְמַּלֵא מֵהֶם », « se remplira d’eux ».
« Eux », pas « nous ». Sur תְּבִיאֵמוֹ, Rachi écrit : « נִתְנַבֵּא מֹשֶׁה שֶׁלֹּא יִכָּנֵס לָאָרֶץ לְכָךְ לֹא נֶאֱמַר ״תְּבִיאֵנוּ״ », « Moché prophétisa qu’il n’entrerait pas dans le Pays ; c’est pourquoi il n’est pas dit “amène-nous” ». Entre ־ֵמוֹ, « eux », et ־ֵנוּ, « nous » (§G12), il n’y a qu’une lettre, et Rachi y lit une prophétie.
Formes courtes. עָזִּי וְזִמְרָת יָהּ : Rachi dit « עָזִּי כְּמוֹ עֻזִּי, וְזִמְרָת כְּמוֹ וְזִמְרָתִי », « עָזִּי comme עֻזִּי (ma force), et וְזִמְרָת comme וְזִמְרָתִי (et mon chant) ». Le « mon » du premier mot vaut aussi pour le second.
Un youd en plus. יְמִינְךָ יְיָ נֶאְדָּרִי בַּכֹּחַ : sur נֶאְדָּרִי, Rachi écrit « הַיּוֹ״ד יְתֵרָה », « le youd est en plus ». Ce n’est pas « mon » : le mot veut dire « glorieuse », une forme nif’al de א־ד־ר (§G21).
Lui. וְאַנְוֵהוּ et וַאֲרֹמְמֶנְהוּ finissent par « Le » (§G51) ; le second a la forme poétique plus longue ־ֶנְהוּ.
| תְּבִיאֵמוֹ | teviémo | Tu les amèneras | 15:17 |
| וְתִטָּעֵמוֹ | vetitaémo | et Tu les planteras | 15:17 |
| כִּסָּמוֹ | kissamo | les couvrit | 15:10 |
| יְכַסְיֻמוּ | yekhassyoumou | les couvrirent | 15:5, chez Rachi : יְכַסּוּם |
| וְזִמְרָת | vezimrat | et mon chant | 15:2, forme courte |
| נֶאְדָּרִי | nédari | glorieuse | 15:6, youd en plus |
Nous avons appris au §G19 que les lettres ב et כ et פ, et aussi ת, peuvent être dures, avec un daguech, ou douces, sans daguech (ג et ד suivent la même règle à l’écrit), et qu’après un mot lié finissant par une voyelle, la lettre devient en général douce. Dans le Cantique, la règle et les exceptions sont côte à côte, et l’Admour Hazaken les énumère dans son Choul’han Aroukh (51:12).
La liste. Il écrit que dans מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר le כ a un daguech ; mais dans מִי כָמֹכָה בָּאֵלִים, et de même dans מִי כָמוֹךָ de Tehilim 35:10, le כ est doux ; dans יִדְּמוּ כָּאָבֶן le כ a un daguech ; dans עַם זוּ גָּאַלְתָּ le ג a un daguech ; שֶׁכָּךְ הוּא בַּמְּסוֹרוֹת, « car c’est ainsi dans la Massora ». Le Michna Beroura (51:17) donne la même liste.
Le principe. Il ajoute qu’en tout mot il faut lire comme l’a la Massora, « וְלֹא יְרַפֶּה הֶחָזָק וְלֹא יְחַזֵּק הָרָפֶה », « sans rendre doux ce qui est dur, ni dur ce qui est doux ».
Donc, dans le siddour. Regardez 15:11 : מִי כָמֹכָה בָּאֵלִם יְיָ, avec un כ doux (’hamokha), puis מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר בַּקֹּדֶשׁ, avec un כ dur (kamokha). En 15:16, יִדְּמוּ כָּאָבֶן, et en 15:13, עַם זוּ גָּאָלְתָּ, la lettre est dure bien que le mot d’avant finisse par une voyelle. Notre siddour imprime chacun de ces points.
כָמֹכָה. Le mot lui-même est כָּמוֹךָ, « comme Toi » (כְּמוֹ, « comme », avec ־ךָ, « Toi »), écrit dans le Cantique avec un ה à la fin.
| מִי כָמֹכָה בָּאֵלִם | mi ’hamokha baélim | qui est comme Toi parmi les puissants | 15:11, כ doux |
| מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר | mi kamokha nédar | qui est comme Toi, glorieux | 15:11, כ dur |
| יִדְּמוּ כָּאָבֶן | yidemou kaéven | ils resteront muets comme la pierre | 15:16, כ dur |
| עַם זוּ גָּאָלְתָּ | am zou gaalta | le peuple que Tu as racheté | 15:13, ג dur |
Petits mots dans le Cantique
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| אָז | az | alors | — | אָז יָשִׁיר (15:1), avec un futur ; אָז נִבְהֲלוּ (15:15), avec un passé (§G62). |
| מִי | mi | qui ? | — | מִי כָמֹכָה בָּאֵלִם יְיָ (15:11), deux fois dans un verset (§G64). |
| כְּמוֹ, כְּ | kemo, ke | comme | — | יָרְדוּ בִמְצוֹלֹת כְּמוֹ אָבֶן (15:5) ; נִצְּבוּ כְמוֹ נֵד (15:8) ; raccourci en כַּ dans כַּקַּשׁ et כַּעוֹפֶרֶת. |
| זֶה, זוּ | zé, zou | ce, celui-ci ; que (poétique) | — | זֶה אֵלִי, « voici mon D.ieu » (15:2) ; עַם זוּ גָּאָלְתָּ, « le peuple que Tu as racheté » (15:13). |
| עַד | ad | jusqu’à ce que | — | עַד יַעֲבֹר עַמְּךָ יְיָ, dit deux fois (15:16). |
| כִּי | ki | car ; quand | — | כִּי גָאֹה גָּאָה (15:1) ; כִּי בָא סוּס פַּרְעֹה (15:19) ; כִּי לַייָ הַמְּלוּכָה (Tehilim 22:29). |
| יָם yam · mer Né’hémie 9:6, 9:9, 9:11 ; Chemot 14:30 ; 15:1, 15:4, 15:8, 15:10, 15:19 | שִׁירָה chira · cantique, chant אֶת הַשִּׁירָה הַזֹּאת (15:1) ; אָשִׁירָה et יָשִׁיר ; et dans Ychtaba’h, שִׁיר וּשְׁבָחָה |
| יָמִין yamine · droite יְמִינְךָ deux fois en 15:6, et encore en 15:12 | יְשׁוּעָה yechou’a · salut וַיּוֹשַׁע (14:30) ; לִישׁוּעָה (15:2) ; מוֹשִׁיעִים (Ovadia 1:21) |
| מֶלֶךְ, מְלוּכָה mélekh, meloukha · roi, royauté הַמַּמְלָכָה (Divré Hayamim I 29:11) ; יִמְלֹךְ (15:18) ; הַמְּלוּכָה (Tehilim 22:29, Ovadia 1:21) ; לְמֶלֶךְ (Zekharia 14:9) | מוֹשֵׁל mochèl · gouverne, souverain וְאַתָּה מוֹשֵׁל בַּכֹּל (Divré Hayamim I 29:12) ; וּמוֹשֵׁל בַּגּוֹיִם (Tehilim 22:29) |
- Quels quatre passages viennent après Baroukh Hachem léolam dans cette leçon, et de quel livre chacun est-il tiré ?
- Jusqu’où l’Admour Hazaken dit-il de se tenir debout à Vayevarekh David (51:11) ? Qu’épellent les premières lettres de אַתָּה הוּא ה׳ הָאֱלֹהִים ?
- D’où vient la coutume de se tenir debout pour le Cantique de la mer lui-même ? Se trouve-t-elle dans le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken ?
- Que fait-on aux mots וְאַתָּה מוֹשֵׁל בַּכֹּל, selon l’Admour Hazaken (51:11) ? Pourquoi la note du traducteur parle-t-elle de deux dons séparés ?
- Comment faut-il dire le Cantique, selon le Michna Beroura (51:17) ? Que promet le Zohar à celui qui le dit chaque jour avec kavana ?
- Pourquoi la Torah écrit-elle יָשִׁיר et non שָׁר ? Donnez le sens simple de Rachi et la lecture de la Guemara (Sanhédrin 91b). → voir §G62
- Comment Israël chanta-t-il le Cantique au bord de la mer, selon Rabbi Akiva, Rabbi Eliézer fils de Rabbi Yossé HaGuelili, et Rabbi Né’hémia (Sota 30b) ?
- Pourquoi disons-nous ה׳ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד deux fois, puis en araméen, puis כִּי בָא סוּס פַּרְעֹה (51:10, Michna Beroura 51:17) ?
- Qu’ont en commun les trois versets de la fin (Tehilim 22:29, Ovadia 1:21, Zekharia 14:9) ? Pourquoi le Cantique est-il appelé le chant de la Délivrance ?
- Dans Vayocha, quelles trois étapes le commentaire trouve-t-il dans וַיַּרְא, dans וַיִּירְאוּ et dans וַיַּאֲמִינוּ ?
- « Ils passèrent au milieu de la mer à sec. » Comment l’Admour Hazaken explique-t-il ces mots dans le Torah Or (Bechala’h 64b), et qu’est-ce que cela veut dire pour nous ?
- Trouvez quatre mots du Cantique qui finissent par le ־מוֹ poétique, « eux ». Pourquoi, dit Rachi, est-il écrit תְּבִיאֵמוֹ et non תְּבִיאֵנוּ ? → voir §G63
- En 15:11, quel מִי כָמֹכָה a un כ doux et lequel un כ dur ? Quels deux autres mots l’Admour Hazaken nous dit-il de lire avec un daguech (51:12) ? → voir §G64
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