L’âme de tout être vivant : Nichmat kol ’haï
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Le Chabbat et le Yom Tov, après le Cantique de la mer, nous disons Nichmat kol ’haï : « l’âme de tout être vivant bénira Ton Nom ». Je raconte pourquoi il se trouve ici ; comment la Guemara l’appelle « birkat hachir », la bénédiction du chant, au Séder ; où ses mots « si notre bouche était pleine de chant comme la mer » apparaissent dans la Guemara, comme action de grâce pour la pluie ; et ce qu’enseigne l’Admour Hazaken sur l’inclinaison, sur la mélodie, et sur celui qui l’a oublié. Puis le sens de chaque paragraphe, un enseignement de l’Admour Hazaken dans le Tanya sur « tous mes os diront », le texte complet jusqu’au début de Chokhen Ad, les mots clés, et trois notions de grammaire nouvelles : « Tu … nous » en ־תָּנוּ, le « si » de אִלּוּ avec ses comparaisons, et le futur avec כָּל.
Où nous en sommes dans le siddour
Dans la leçon 15, nous avons chanté le Cantique de la mer et ses versets de conclusion. En semaine, Yichtaba’h vient juste après. Le Chabbat et le Yom Tov, notre siddour, Tehilat Hachem, place entre les deux une longue prière, imprimée en grandes lettres aux pages 165 à 168 : נִשְׁמַת כָּל חַי, « l’âme de tout être vivant bénira Ton Nom ». Cette leçon la parcourt jusqu’aux mots הַמֶּלֶךְ הַיּוֹשֵׁב עַל כִּסֵּא רָם וְנִשָּׂא. Chokhen Ad et Yichtaba’h seront la leçon 17.
L’Admour Hazaken écrit (Choul’han Aroukh HaRav 281:2) : « On a l’usage d’ajouter beaucoup de chants de Chabbat », puis : « et on dit Nichmat… après le Cantique de la mer… et on le conclut par Yichtaba’h ».
Pourquoi justement après le Cantique de la mer ? Le Tour (Ora’h ’Haïm 281) en donne la raison : « Après la Chira, on ajoute Nichmat, qui contient quelque chose de la sortie d’Égypte ; c’est pourquoi on l’a placé à côté de la Chira, et on conclut par Yichtaba’h. » L’Aroukh HaChoul’han (281:5) dit de même : dans Nichmat « sont mentionnés les miracles de la sortie d’Égypte ». Regardez le siddour : מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, « d’Égypte Tu nous as rachetés ». Le Cantique raconte le miracle ; Nichmat en rend grâce.
וְנוֹהֲגִים לְהַרְבּוֹת בִּזְמִירוֹת שֶׁל שַׁבָּתוְאוֹמְרִים ״נִשְׁמַת״ … אַחַר שִׁירַת הַיָּם … וּמְסַיְּמִין בּוֹ ״יִשְׁתַּבַּח״ואחר השירה מוסיפין נשמת שיש בו מענין יציאת מצרים לכך סמכוהו אצל השירה וחותמין בישתבחואחר שירת הים מוסיפין 'נשמת' שהוזכרו בה נסי יציאת מצרים, ולכן אומרים זה בשבת ויום טוב.
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 281 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahu Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3447070
Tour, Ora’h ’Haïm 281 et 480 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Tur,_Orach_Chayim.281
Aroukh HaChoul’han, Ora’h ’Haïm 281:5, 281:8 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Arukh_HaShulchan,_Orach_Chaim.281
« Birkat hachir », la bénédiction du chant
Nichmat apparaît d’abord dans la Haggada de la Guemara. La Michna (Pessa’him 117b) décrit la quatrième coupe du Séder : « Sur la quatrième, il termine le Hallel, et il dit sur elle birkat hachir », la bénédiction du chant. La Guemara (118a) demande : « Qu’est-ce que birkat hachir ? Rav Yehouda dit : יְהַלְלוּךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ, “Ils Te loueront, Hachem notre D.ieu”. Et Rabbi Yo’hanan dit : נִשְׁמַת כָּל חַי. »
Le Rachbam explique Rabbi Yo’hanan : « aussi Nichmat », c’est-à-dire que lui aussi est la birkat hachir de la Michna. Les Tossafot ajoutent pourquoi le nom lui convient si bien : Nichmat est appelé birkat hachir « parce que le Chabbat on le dit après les Pessouké deZimra », après les chants. Les Tossafot rapportent aussi que Rabbénou ’Haïm Kohen ne concluait pas du tout par יְהַלְלוּךָ, mais seulement par Nichmat.
Et en pratique ? Le Tour (Ora’h ’Haïm 480) rapporte les deux opinions et la décision du Rachbam : « puisque la halakha n’a été dite ni comme l’un ni comme l’autre, nous faisons comme les deux ». Ainsi le Choul’han Aroukh (480:1) écrit qu’au Séder, après le Hallel et Yehaleloukha, on dit « Nichmat kol ’haï et Yichtaba’h ». La Haggada de l’Admour Hazaken contient aussi Nichmat, comme le note le traducteur (281, note 11). Je dis donc les mêmes mots à deux tables : à la table du Séder, et chaque Chabbat matin.
Le traducteur note aussi (281, note 7) : « Cette prière est mentionnée dans le Talmud (Pessa’him 118a) et dans la suite du passage du Zohar cité plus haut, vol. II, p. 138a » (traduit de l’anglais). J’ai lu la note ; cette page du Zohar, je ne l’ai pas ouverte.
רְבִיעִי גּוֹמֵר עָלָיו אֶת הַלֵּל, וְאוֹמֵר עָלָיו בִּרְכַּת הַשִּׁירמַאי ״בִּרְכַּת הַשִּׁיר״? רַב יְהוּדָה אָמַר: ״יְהַלְלוּךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״נִשְׁמַת כָּל חַי״ור' יוחנן אמר נשמת כל חי - אף נשמת דהיינו ברכת השיר דמתני'וקורא נשמת כל חי ברכת השיר לפי שבשבתות אומרים אותו אחר פסוקי דזמרהורבינו חיים כהן לא היה חותם ביהללוך כי אם בנשמת לבדוורשב"ם כתב כיון דלא אתמר הלכתא לא כמר ולא כמר עבדינן כתרווייהונשמת כל חי וישתבח
Rachbam sur Pessa’him 118a · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Rashbam_on_Pesachim.118a
Tossafot sur Pessa’him 118a · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Tosafot_on_Pesachim.118a
Tour, Ora’h ’Haïm 281 et 480 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Tur,_Orach_Chayim.281
Choul’han Aroukh, Ora’h ’Haïm 281:1 (avec le Rema) et 480:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.281
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 281 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahu Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3447070
Zohar II, 138a · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Qui l’a composé ? « Ilou finou »
On demande qui a écrit Nichmat. J’ai cherché dans les sources que j’ai ouvertes pour cette leçon, et aucune ne nomme d’auteur. Je ne répéterai donc pas d’histoires à ce sujet. Voici ce que dit la Guemara.
C’est Rabbi Yo’hanan qui nomme נִשְׁמַת כָּל חַי comme birkat hachir (Pessa’him 118a). Et une partie de ces mots mêmes lui était connue comme une action de grâce pour la pluie. La Guemara (Berakhot 59b) rapporte : « À partir de quand bénit-on sur la pluie ? » et la réponse est une image : « à partir du moment où le fiancé sort à la rencontre de la fiancée ». Que dit-on ? « Rav Yehouda dit : מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ עַל כָּל טִפָּה וְטִפָּה שֶׁהוֹרַדְתָּ לָנוּ, nous Te rendons grâce pour chaque goutte que Tu as fait descendre pour nous. » « Et Rabbi Yo’hanan la conclut ainsi : אִילּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם, si notre bouche était pleine de chant comme la mer, etc., nous ne suffirions pas à Te rendre grâce, Hachem notre D.ieu, jusqu’à תִּשְׁתַּחֲוֶה », et la bénédiction : « Béni sois-Tu, Hachem, grand dans les actions de grâce ».
La Guemara de Taanit 6b le rapporte encore, avec un peu plus du texte : « et notre langue d’allégresse comme le grondement de ses vagues », « jusqu’à אַל יַעְזְבוּנוּ רַחֲמֶיךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ וְלֹא עֲזָבוּנוּ ». Comparez avec notre siddour : עַד הֵנָּה עֲזָרוּנוּ רַחֲמֶיךָ, וְלֹא עֲזָבוּנוּ חֲסָדֶיךָ, וְאַל תִּטְּשֵׁנוּ. Les mots sont proches, mais pas identiques. (Remarquez aussi : Rav Yehouda et Rabbi Yo’hanan, les deux mêmes Sages qu’en Pessa’him 118a.)
Ainsi, les premières gouttes de pluie et l’ouverture de la mer sont remerciées avec les mêmes mots. Les deux sont de l’eau ; les deux sont la vie qui nous est donnée d’en haut. Et les deux fois, la réponse est la même : si ma bouche était aussi pleine de chant que la mer est pleine d’eau, ce ne serait pas encore assez.
מֵאֵימָתַי מְבָרְכִין עַל הַגְּשָׁמִים — מִשֶּׁיֵּצֵא חָתָן לִקְרַאת כַּלָּה״מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ עַל כׇּל טִפָּה וְטִפָּה שֶׁהוֹרַדְתָּ לָנוּ״
וְרַבִּי יוֹחָנָן מְסַיֵּים בַּהּ הָכִי: ״אִילּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם וְכוּ׳ אֵין אֲנַחְנוּ מַסְפִּיקִין לְהוֹדוֹת לְךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ״, עַד ״תִּשְׁתַּחֲוֶה״״בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ רוֹב הַהוֹדָאוֹת״
וְרַבִּי יוֹחָנָן מְסַיֵּים בַּהּ הָכִי: ״אִילּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם וּלְשׁוֹנֵנוּ רִנָּה כַּהֲמוֹן גַּלָּיו כּוּ׳״, עַד ״אַל יַעְזְבוּנוּ רַחֲמֶיךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ וְלֹא עֲזָבוּנוּ, בָּרוּךְ רוֹב הַהוֹדָאוֹת״
Talmud, Berakhot 59b · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.59b
Talmud, Taanit 6b · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Taanit.6b
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot

« C’est à Toi seul que nous rendons grâce » : on ne s’incline pas
Au milieu de Nichmat viennent les mots לְךָ לְבַדְּךָ אֲנַחְנוּ מוֹדִים, « c’est à Toi seul que nous rendons grâce ». Dans la Amida, à מוֹדִים, nous nous inclinons. Ici ? L’Admour Hazaken (281:5) : « Quand on arrive, dans Nichmat, à “et à Toi nous rendons grâce”, on ne s’incline pas là comme à Modim… car on ne s’incline qu’aux endroits où les Sages l’ont dit. » La note du traducteur cite les mots de l’Admour Hazaken au chapitre 113 (cité d’après la note), qui comptent « C’est à Toi seul que nous rendons grâce » parmi ces expressions : « car l’expression hodaa n’implique pas du tout de s’incliner, mais une reconnaissance et une louange » (traduit de l’anglais).
Le Choul’han Aroukh (281:1) dit la même chose, et le Beth Yossef le rapporte de Rabbénou Yona (cité d’après lui) : « il n’est pas convenable de s’incliner à “et à Toi seul nous rendons grâce” ». L’Aroukh HaChoul’han (281:8) le répète. Les livres citent les mots sous des formes un peu différentes : וּלְךָ אֲנַחְנוּ מוֹדִים (l’Admour Hazaken, le Choul’han Aroukh), וּלְךָ לְבַדְּךָ (Beth Yossef), לְךָ לְבַדְּךָ (Aroukh HaChoul’han) ; notre siddour imprime לְךָ לְבַדְּךָ אֲנַחְנוּ מוֹדִים.
J’aime la leçon qu’il y a là. Remercier, ce n’est pas toujours se courber. Ici, le merci se dit debout, bien droit, avec la bouche, la langue et le cœur, comme le décrivent les lignes suivantes.
כְּשֶׁמַּגִּיעַ בְּ״נִשְׁמַת״ לְ״וּלְךָ אֲנַחְנוּ מוֹדִים״ – לֹא יִשְׁחֶה שָׁם כְּמוֹ בְּ״מוֹדִים״ … שֶׁאֵין לִשְׁחוֹת אֶלָּא בִּמְקוֹמוֹת שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִיםאין לשחות בולך אנחנו מודים שאין לשחות אלא במקומות שאמרו חכמיםוכתב ה"ר יונה בס"פ אין עומדין שאין נכון לשחות בולך לבדך אנחנו מודיםואין לשחות בנשמת בעת שאומר 'לך לבדך אנחנו מודים'
Choul’han Aroukh HaRav 113:3 · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Choul’han Aroukh, Ora’h ’Haïm 281:1 (avec le Rema) et 480:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.281
Beth Yossef, Ora’h ’Haïm 281 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Beit_Yosef,_Orach_Chayim.281
Rabbénou Yona · cité d’après le Beth Yossef ; non consulté
Aroukh HaChoul’han, Ora’h ’Haïm 281:5, 281:8 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Arukh_HaShulchan,_Orach_Chaim.281
Avec une mélodie agréable, et est-ce une obligation ?
L’Admour Hazaken continue (281:3) : « Il faut prolonger et rendre agréable la mélodie des chants de Chabbat… pour l’honneur du jour. » Nichmat n’est pas une course. Le Chabbat, on a le temps.
Nichmat est-il une obligation ? L’Admour Hazaken (281:2) écrit des chants ajoutés le Chabbat : « et de toute façon, tout cela n’est pas une obligation mais un choix… et s’il le veut, il ne le dit pas du tout ». Le Rema (281:1) écrit : « et pour toute chose, si on ne l’a pas dite, on ne revient pas la dire », et la Michna Beroura explique : « c’est-à-dire toute chose que l’on ajoute pour Chabbat, et même Nichmat ».
Mais pour Nichmat, il y a un autre avis. La note du traducteur (281, note 11) rapporte le Chaar HaKollel (cité d’après la note) : « il soutient que, puisque l’Admour Hazaken a inclus Nichmat dans la Haggada de Pessa’h, ce passage fait partie intégrante de la bénédiction finale des Pessouké deZimra le Chabbat et les fêtes. Par conséquent, si on l’a omis, on doit revenir le dire » (traduit de l’anglais). Et : « le Badé HaChoul’han 83:3 soutient cependant qu’une fois qu’on a prononcé le Nom de D.ieu dans la bénédiction Yichtaba’h, on ne doit pas revenir dire Nichmat » (traduit de l’anglais). Si cela vous arrive, demandez à votre rav.
וְיֵשׁ לְהַאֲרִיךְ וּלְהַנְעִים בְּנִגּוּן הַזְּמִירוֹת שֶׁל שַׁבָּת … בִּשְׁבִיל כְּבוֹד הַיּוֹםוּמִכָּל מָקוֹם, אֵין כָּל זֶה חוֹבָה אֶלָּא רְשׁוּת … וְאִם רָצָה אֵינוֹ אוֹמֵר כְּלָלובכל דבר אם לא אמרו אין מחזירין אותוהיינו כל דבר שמוסיפין בשביל שבת ואפילו נשמת
Choul’han Aroukh, Ora’h ’Haïm 281:1 (avec le Rema) et 480:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.281
Michna Beroura 281:2 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.281.2
Chaar HaKollel 20 ; Badé HaChoul’han 83:3 · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
« L’âme de tout être vivant »
Nichmat reprend le dernier verset du livre des Tehilim, כֹּל הַנְּשָׁמָה תְּהַלֵּל יָהּ (leçon 14), et en fait une prière entière : נִשְׁמַת כָּל חַי תְּבָרֵךְ, « l’âme de tout être vivant bénira », וְרוּחַ כָּל בָּשָׂר, « et l’esprit de toute chair ». L’âme et la chair ensemble.
מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם אַתָּה אֵל, « d’un monde à l’autre, Tu es D.ieu ». « At Our Rebbes’ Seder Table » (Sichos in English) explique ces mots au nom de l’Admour Hazaken : des mondes cachés et spirituels jusqu’aux mondes ouverts et révélés, « Il est la seule force (l’Admour Hazaken) » (traduit de l’anglais). Sa note en donne la source : Siddour Im Dach, 193b (cité d’après la note).
Puis une liste de ce que fait un roi pour son peuple : גּוֹאֵל, il rachète ; מוֹשִׁיעַ, il sauve ; פּוֹדֶה, il libère ; מַצִּיל, il délivre ; מְפַרְנֵס, il nourrit ; עוֹנֶה, il répond ; מְרַחֵם, il a pitié. Et la fin : אֵין לָנוּ מֶלֶךְ אֶלָּא אָתָּה, « nous n’avons de roi que Toi ».
נִשְׁמַת כָּל חַי תְּבָרֵךְ אֶת שִׁמְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ,מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם אַתָּה אֵל,
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
« At Our Rebbes’ Seder Table » (Sichos in English), Hallel, les commentaires sur Nichmat (Chabad.org) · commentaires anglais cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/2879107
Siddour Im Dach, 193b · cité d’après les notes de « At Our Rebbes’ Seder Table » ; non consulté
Il ne dort pas ; Il fait parler les muets
Le deuxième paragraphe est tissé de versets des Tehilim. וַיְיָ הִנֵּה לֹא יָנוּם וְלֹא יִישָׁן vient de הִנֵּה לֹא יָנוּם וְלֹא יִישָׁן שׁוֹמֵר יִשְׂרָאֵל (Tehilim 121:4). וְהַמַּתִּיר אֲסוּרִים, c’est מַתִּיר אֲסוּרִים (146:7). וְהַזּוֹקֵף כְּפוּפִים, c’est זֹקֵף כְּפוּפִים (146:8), et וְהַסּוֹמֵךְ נוֹפְלִים rappelle סוֹמֵךְ… לְכָל הַנֹּפְלִים (145:14), le verset d’Achré. J’ai comparé les lettres avec le Tanakh : en dehors du וְ et du הַ ajoutés devant, une orthographe diffère : le siddour écrit זוֹקֵף avec un vav, là où les Tehilim écrivent זֹקֵף.
Sur « Il ne sommeille ni ne dort », le même commentaire, toujours au nom de l’Admour Hazaken, compare le temps de l’exil au sommeil, où l’on voit moins de divinité ; mais en vérité, Il « ne sommeille pas » : « bien que nous ne le percevions pas, Son intention, au temps de l’exil, est d’amener à la révélation Ses énergies les plus profondes » (traduit de l’anglais ; Siddour Im Dach 193d, cité d’après la note).
Sur וְהַמֵּשִׂיחַ אִלְמִים, « Il fait parler les muets », il rapporte la question des « Sages de la Kabbale » : pourquoi Moché avait-il « la bouche lourde » (Chemot 4:10) ? « ils expliquent que la compréhension de Moché était si profonde qu’elle ne pouvait trouver aucune expression adéquate dans ce monde matériel » (traduit de l’anglais). Et ainsi : « Il donne même aux énergies trop élevées et trop raffinées pour s’exprimer dans notre monde le pouvoir de se manifester » (traduit de l’anglais ; Siddour Im Dach 194a, cité d’après la note). Ce qui est trop profond pour les mots, Hachem lui donne des mots.
וַיְיָ הִנֵּה לֹא יָנוּם וְלֹא יִישָׁן,וְהַמֵּשִׂיחַ אִלְמִים, וְהַמַּתִּיר אֲסוּרִים,וְהַסּוֹמֵךְ נוֹפְלִים, וְהַזּוֹקֵף כְּפוּפִים:
Tehilim 35:10, 103:1, 121:4, 145:14, 146:7-8 ; Devarim 10:17 ; Béréchit 14:19 ; Yecha’ya 40:25 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.35.10
« At Our Rebbes’ Seder Table » (Sichos in English), Hallel, les commentaires sur Nichmat (Chabad.org) · commentaires anglais cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/2879107
Siddour Im Dach, 193d, 194a · cité d’après les notes de « At Our Rebbes’ Seder Table » ; non consulté
« Si notre bouche était pleine de chant comme la mer »
Six images, une pour chaque partie de nous. La bouche pleine de chant comme la mer ; la langue comme le grondement de ses vagues ; les lèvres comme le vaste ciel ; les yeux comme le soleil et la lune ; les mains déployées comme des aigles ; les pieds légers comme des biches. Et même alors : אֵין אָנוּ מַסְפִּיקִים, « nous ne suffirions pas » à Te remercier pour un seul des mille milliers de milliers de bienfaits que Tu as faits avec nous et avec nos pères.
La mer vient en premier. Nous venons d’en sortir, dans le Cantique de la mer. Je me suis tenu sur le rivage et j’ai chanté ; maintenant je vois que toute l’eau de la mer ne serait pas assez de chant.
La grammaire du « si » (אִלּוּ, §G66) est la grammaire de ce qui n’est pas. Ma bouche n’est pas aussi grande que la mer. Mais je dis ce que je peux, avec la bouche que j’ai. C’est la réponse du paragraphe suivant.
אִלּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם,אֵין אָנוּ מַסְפִּיקִים לְהוֹדוֹת לְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ,
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot

D’Égypte Tu nous as rachetés ; c’est pourquoi les membres
Voici les miracles d’Égypte dont parlent le Tour et l’Aroukh HaChoul’han : מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, « d’Égypte Tu nous as rachetés », puis toute l’histoire de notre peuple en sept verbes, qui finissent tous par ־תָּנוּ, « Tu… nous » (§G65) : Tu nous as rachetés, libérés, nourris, entretenus, sauvés, fait échapper, relevés.
Puis עַל כֵּן, « c’est pourquoi ». Puisque ma bouche ne peut pas être la mer, je donne ce que j’ai : « les membres que Tu as répartis en nous, l’esprit et l’âme que Tu as insufflés dans nos narines, la langue que Tu as placée dans notre bouche », הֵן הֵם, « eux, eux-mêmes » rendront grâce, béniront, loueront. Le même corps qui était trop petit pour le chant devient maintenant le chant.
מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, יְיָ אֱלֹהֵינוּ,עַל כֵּן, אֵבָרִים שֶׁפִּלַּגְתָּ בָּנוּ,הֵן הֵם: יוֹדוּ וִיבָרְכוּ וִישַׁבְּחוּ וִיפָאֲרוּ,
Tour, Ora’h ’Haïm 281 et 480 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Tur,_Orach_Chayim.281
Aroukh HaChoul’han, Ora’h ’Haïm 281:5, 281:8 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Arukh_HaShulchan,_Orach_Chaim.281
Toute bouche, tout genou, tout cœur
כִּי כָל פֶּה לְךָ יוֹדֶה, « car toute bouche Te rendra grâce », et ainsi de suite : la langue, l’œil, le genou, la stature dressée, les cœurs et l’intérieur. Chacun a son propre verbe au futur (§G67).
Le commentaire de la Haggada explique le genou et la prosternation (Likouté Torah, Souccot 82b, cité d’après la note) : « “plier le genou” implique une reconnaissance de la puissance de D.ieu. Mais en pliant le genou, les yeux de la personne continuent de regarder devant elle et son dos reste droit, c’est-à-dire qu’elle garde sa propre manière de penser et sa fierté personnelle » (traduit de l’anglais). Mais se prosterner « implique de s’abandonner à une expérience accablante qui englobe totalement son être » (traduit de l’anglais). Et sur les cœurs (Likouté Torah, Vaet’hanan 8b, cité d’après la note) : « quand le cœur d’une personne est pénétré de la crainte de D.ieu, sa joie brille vers l’intérieur. Au lieu d’une célébration exubérante, la personne rayonne d’une joie intérieure » (traduit de l’anglais).
Puis le verset : כָּל עַצְמוֹתַי תֹּאמַרְנָה יְיָ מִי כָמוֹךָ, « tous mes os diront : Hachem, qui est comme Toi ? » (Tehilim 35:10). L’Admour Hazaken nous dit (Choul’han Aroukh HaRav 51:12) que dans מִי כָמוֹךָ, le כ est doux, sans daguech (§G64). Ce verset est le sujet de l’éclairage ’hassidique ci-dessous.
Puis trois questions sans réponse : מִי יִדְמֶה לָּךְ, וּמִי יִשְׁוֶה לָּךְ, וּמִי יַעֲרָךְ לָךְ, « qui peut Te ressembler, qui peut T’égaler, qui peut T’être comparé ? » J’ai remarqué que deux de ces verbes se trouvent ensemble en Yecha’ya 40:25, וְאֶל מִי תְדַמְּיוּנִי וְאֶשְׁוֶה ; c’est ma propre observation. Puis les mots de la Torah, הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא (Devarim 10:17 ; le siddour les écrit en orthographe pleine), et de Malki-Tsédek, אֵל עֶלְיוֹן קֹנֵה שָׁמַיִם וָאָרֶץ (Béréchit 14:19). Et cela se termine avec David : בָּרְכִי נַפְשִׁי אֶת יְיָ, וְכָל קְרָבַי אֶת שֵׁם קָדְשׁוֹ (Tehilim 103:1).
וְכָל בֶּרֶךְ, לְךָ תִכְרַע:וְכָל קוֹמָה, לְפָנֶיךָ תִשְׁתַּחֲוֶה:״כָּל עַצְמוֹתַי תֹּאמַרְנָה ה׳ מִי כָמוֹךָ״ – הַכ״ף רְפוּיָה
« At Our Rebbes’ Seder Table » (Sichos in English), Hallel, les commentaires sur Nichmat (Chabad.org) · commentaires anglais cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/2879107
Likouté Torah, Souccot 82b ; Vaet’hanan 8b · cité d’après les notes de « At Our Rebbes’ Seder Table » ; non consulté
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51:12 (Chabad.org) · hébreu cité · chabad.org/…/3285916
Tehilim 35:10, 103:1, 121:4, 145:14, 146:7-8 ; Devarim 10:17 ; Béréchit 14:19 ; Yecha’ya 40:25 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.35.10
D.ieu, le Grand, le Puissant, le Redoutable, le Roi
Les dernières lignes prennent les mots de Devarim 10:17 un par un et donnent à chacun sa propre phrase : הָאֵל בְּתַעֲצֻמוֹת עֻזֶּךָ, « D.ieu, dans la puissance de Ta force » ; הַגָּדוֹל בִּכְבוֹד שְׁמֶךָ, « grand par la gloire de Ton Nom » ; הַגִּבּוֹר לָנֶצַח, « puissant à jamais » ; וְהַנּוֹרָא בְּנוֹרְאוֹתֶיךָ, « et redoutable par Tes œuvres redoutables ». Puis הַמֶּלֶךְ, « le Roi », « qui siège sur un trône haut et élevé ».
Dans notre siddour, le premier mot de הָאֵל בְּתַעֲצֻמוֹת et le premier mot de הַמֶּלֶךְ sont imprimés en plus grandes lettres, chacun au début d’une nouvelle ligne (page 168). Juste après commence שׁוֹכֵן עַד, et ce sera la leçon 17.
הָאֵל בְּתַעֲצֻמוֹת עֻזֶּךָ,הַמֶּלֶךְ הַיּוֹשֵׁב עַל כִּסֵּא רָם וְנִשָּׂא:
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Tehilim 35:10, 103:1, 121:4, 145:14, 146:7-8 ; Devarim 10:17 ; Béréchit 14:19 ; Yecha’ya 40:25 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.35.10
« Tous mes os diront »
Au milieu de Nichmat, nous citons le roi David : כָּל עַצְמוֹתַי תֹּאמַרְנָה יְיָ מִי כָמוֹךָ, « tous mes os diront : Hachem, qui est comme Toi ? » (Tehilim 35:10). Les os ne parlent pas. Qu’est-ce que cela veut dire ?
L’Admour Hazaken explique ce verset dans le Tanya, au chapitre 37. Il vient d’enseigner que lorsqu’un Juif accomplit une mitsva avec son corps, la force de son âme animale, qui vient de la nourriture qu’il a mangée, est élevée dans la sainteté. Puis il pose la question des mitsvot qui ne sont que des paroles : l’étude de la Torah, le Chema, la prière. Voici son hébreu, tel que l’imprime Chabad.org, et ma traduction :
וְכָל מַה שֶּׁמְּדַבֵּר בְּכֹחַ גָּדוֹל יוֹתֵר – הוּא מַכְנִיס וּמַלְבִּישׁ יוֹתֵר כֹּחוֹת מִנֶּפֶשׁ הַחִיּוּנִית בְּדִיבּוּרִים אֵלּוּ. וְזֶהוּ שֶׁאָמַר הַכָּתוּב: “כָּל עַצְמוֹתַי תֹּאמַרְנָה וְגוֹ’”.
Et aussi dans les mitsvot de l’étude de la Torah, de la lecture du Chema, de la prière et autres semblables,
bien qu’elles ne soient pas une action vraiment physique, qui est sous la domination de la kelipat noga,
il est néanmoins établi pour nous que « la pensée n’équivaut pas à la parole », et l’on ne s’acquitte de son devoir que lorsqu’on fait sortir [les mots] de ses lèvres ;
et il est établi pour nous que « le mouvement des lèvres est une action » ;
car l’âme divine ne peut prononcer avec les lèvres, la bouche, la langue et les dents physiques que par l’intermédiaire de l’âme vitale, animale, qui est revêtue dans les membres mêmes du corps ;
et plus on parle avec force, plus on fait entrer et on revêt de forces de l’âme vitale dans ces paroles.
Et c’est ce que dit le verset : « Tous mes os diront, etc. »
Et c’est ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Si elle est disposée dans les 248 membres, elle est conservée ; sinon, elle n’est pas conservée » ;
car l’oubli vient de la kelipa du corps et de l’âme vitale, animale, qui sont de la kelipat noga, laquelle est parfois incluse dans la sainteté,
c’est-à-dire lorsqu’on use leur force et qu’on fait entrer toute leur force dans la sainteté de la Torah ou de la prière.
— L’Admour Hazaken, Tanya, Likouté Amarim, ch. 37 (ma traduction, d’après l’hébreu imprimé par Chabad.org) ; le verset : Tehilim 35:10 ; les Sages : Berakhot 20b, Bava Metsia 90b, Erouvin 54a, selon les notes
Tehilim 35:10, 103:1, 121:4, 145:14, 146:7-8 ; Devarim 10:17 ; Béréchit 14:19 ; Yecha’ya 40:25 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.35.10
Ce qu’ajoutent les commentaires, et ce que j’en retiens
La même source, depuis la table du Séder. « At Our Rebbes’ Seder Table » explique כָּל עַצְמוֹתַי dans Nichmat ainsi : « La Torah est vérité spirituelle. La responsabilité de l’homme est de l’intégrer dans le cadre de ce monde. Ce travail commence par sa propre personne physique. En investissant son énergie dans l’étude de la Torah et dans la prière, il renverse le penchant matériel de son âme vitale et transfère sa force dans le domaine de la sainteté » (traduit de l’anglais). Sa note en donne la source : Tanya, ch. 37. Le commentaire ’hassidique sur Nichmat lui-même nous renvoie donc à ce chapitre.
« Avec tous ses os ». Les « Lessons in Tanya » de Rabbi Yossef Wineberg expliquent : « cela veut dire que les paroles de Torah et de prière doivent être dites “avec tous ses os”, afin que la plus grande part possible de l’énergie du corps soit employée à accomplir les mitsvot » (traduit de l’anglais).
L’élève qui chuchotait. La parole des Sages que rapporte l’Admour Hazaken se trouve en Erouvin 54a. Berouria trouva un élève qui étudiait en chuchotant : « בְּרוּרְיָה אַשְׁכַּחְתֵּיהּ לְהַהוּא תַּלְמִידָא דַּהֲוָה קָא גָרֵיס בִּלְחִישָׁה ». Elle lui dit que le verset dit עֲרוּכָה בַכֹּל וּשְׁמוּרָה, « disposée en tout et gardée » : « אִם עֲרוּכָה בִּרְמַ״ח אֵבָרִים שֶׁלְּךָ — מִשְׁתַּמֶּרֶת, וְאִם לָאו — אֵינָהּ מִשְׁתַּמֶּרֶת », « si elle est disposée dans tes 248 membres, elle est conservée ; sinon, elle n’est pas conservée ». Et une baraïta là-même : « תַּלְמִיד אֶחָד הָיָה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁהָיָה שׁוֹנֶה בְּלַחַשׁ, לְאַחַר שָׁלֹשׁ שָׁנִים שָׁכַח תַּלְמוּדוֹ », un élève de Rabbi Eliézer étudiait en chuchotant, et après trois ans, il oublia son étude.
À partir d’ici, mes propres pensées. Nichmat fait ce qu’il dit. Regardez l’ordre de la prière. D’abord : si notre bouche était aussi pleine de chant que la mer, ce ne serait pas assez. Puis עַל כֵּן, « c’est pourquoi » : les membres, le souffle, la langue que Tu nous as donnés, eux-mêmes rendront grâce. Puis toute bouche, langue, œil, genou, stature, cœur et reins, et à la fin les os, la partie la plus dure et la plus cachée du corps. Et deux lignes plus loin vient הָאֵל בְּתַעֲצֻמוֹת עֻזֶּךָ. J’ai remarqué que עַצְמוֹתַי, « mes os », et תַּעֲצֻמוֹת, « puissance », viennent tous deux de la racine ע־צ־ם ; c’est ma propre observation. Quand mes os disent les mots, ma force devient la Sienne.
Quand vous le dites. Le Chabbat matin, dites Nichmat avec vos lèvres, pas seulement avec vos yeux, et avec une mélodie agréable, comme le demande l’Admour Hazaken (281:3). Sans crier : avec tout le corps derrière les mots. À quel volume prier à la synagogue, c’est une question pour votre rav.
Tanya, Likouté Amarim, ch. 37 (Chabad.org, « Lessons in Tanya », expliqué par Rav Yossef Wineberg) · texte hébreu, traduit par moi ; une phrase anglaise de l’explication citée · chabad.org/…/7916
Talmud, Erouvin 53b-54a · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Eruvin.54a
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 281 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahu Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3447070
Comment le texte est imprimé ici
Nichmat est imprimé ici en entier, de נִשְׁמַת כָּל חַי jusqu’à הַמֶּלֶךְ הַיּוֹשֵׁב עַל כִּסֵּא רָם וְנִשָּׂא, avec ma propre traduction. J’ai pris l’hébreu dans « Nishmat Kol Chai: Text with Translation » de Chabad.org et j’ai vérifié chaque mot sur notre siddour imprimé, Tehilat Hachem, pages 165 à 168 ; là où les deux diffèrent, j’imprime la forme du siddour imprimé et je l’indique sous le texte. Les six paragraphes sont ceux du siddour ; les retours à la ligne à l’intérieur sont de moi, pour faciliter l’étude. Les versets cités dans Nichmat ont été comparés, lettre par lettre, avec le texte du Tanakh.
Chabad.org : « Nishmat Kol Chai: Text with Translation » · texte hébreu seulement ; sa traduction anglaise n’est pas utilisée · chabad.org/…/7424775
Tehilim 35:10, 103:1, 121:4, 145:14, 146:7-8 ; Devarim 10:17 ; Béréchit 14:19 ; Yecha’ya 40:25 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.35.10
1. Nichmat kol ’haï
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| נִשְׁמַת כָּל חַי תְּבָרֵךְ אֶת שִׁמְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ, | L’âme de tout être vivant bénira Ton Nom, Hachem notre D.ieu, |
| וְרוּחַ כָּל בָּשָׂר תְּפָאֵר וּתְרוֹמֵם זִכְרְךָ מַלְכֵּנוּ תָּמִיד: | et l’esprit de toute chair glorifiera et exaltera Ton souvenir, notre Roi, toujours. |
| מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם אַתָּה אֵל, | D’un monde à l’autre, Tu es D.ieu, |
| וּמִבַּלְעָדֶיךָ אֵין לָנוּ מֶלֶךְ גּוֹאֵל וּמוֹשִׁיעַ, | et en dehors de Toi, nous n’avons pas de roi qui rachète et qui sauve, |
| פּוֹדֶה וּמַצִּיל וּמְפַרְנֵס וְעוֹנֶה וּמְרַחֵם בְּכָל עֵת צָרָה וְצוּקָה, | qui libère et délivre, qui nourrit et répond, et qui a pitié en tout temps de détresse et d’angoisse ; |
| אֵין לָנוּ מֶלֶךְ אֶלָּא אָתָּה: | nous n’avons de roi que Toi. |
Ligne 5 : les sept verbes d’un roi, tous des participes (§G15) : גּוֹאֵל, מוֹשִׁיעַ, פּוֹדֶה, מַצִּיל, מְפַרְנֵס, עוֹנֶה, מְרַחֵם. Notre siddour écrit גּוֹאֵל avec un ’holam ; le texte en ligne a le vav sans son point.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
2. Elohé harichonim
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| אֱלֹהֵי הָרִאשׁוֹנִים וְהָאַחֲרוֹנִים, | D.ieu des premiers et des derniers, |
| אֱלוֹהַּ כָּל בְּרִיוֹת, אֲדוֹן כָּל תּוֹלָדוֹת, | D.ieu de toutes les créatures, Maître de toutes les générations, |
| הַמְּהֻלָּל בְּרוֹב הַתִּשְׁבָּחוֹת, | loué par une multitude de louanges, |
| הַמְּנַהֵג עוֹלָמוֹ בְּחֶסֶד וּבְרִיּוֹתָיו בְּרַחֲמִים, | qui conduit Son monde avec bonté et Ses créatures avec miséricorde. |
| וַיְיָ הִנֵּה לֹא יָנוּם וְלֹא יִישָׁן, | Et Hachem, voici, ne sommeille pas et ne dort pas ; |
| הַמְעוֹרֵר יְשֵׁנִים, וְהַמֵּקִיץ נִרְדָּמִים, | Il réveille ceux qui dorment et tire de leur torpeur ceux qui sont assoupis, |
| וְהַמֵּשִׂיחַ אִלְמִים, וְהַמַּתִּיר אֲסוּרִים, | Il fait parler les muets et délie les prisonniers, |
| וְהַסּוֹמֵךְ נוֹפְלִים, וְהַזּוֹקֵף כְּפוּפִים: | Il soutient ceux qui tombent et redresse ceux qui sont courbés. |
וַיְיָ : notre siddour imprime le Nom avec un chva sous le premier youd, comme partout ; le texte en ligne l’écrit sans le chva. De même הַמְעוֹרֵר avec un ’holam dans notre siddour. La ligne 5 est Tehilim 121:4, la ligne 7 contient וְהַמַּתִּיר אֲסוּרִים (Tehilim 146:7 : מַתִּיר אֲסוּרִים), et la ligne 8 contient וְהַזּוֹקֵף כְּפוּפִים (146:8, où les Tehilim écrivent זֹקֵף, sans vav) et rappelle 145:14.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Tehilim 35:10, 103:1, 121:4, 145:14, 146:7-8 ; Devarim 10:17 ; Béréchit 14:19 ; Yecha’ya 40:25 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.35.10
3. Ilou finou
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| לְךָ לְבַדְּךָ אֲנַחְנוּ מוֹדִים. | C’est à Toi seul que nous rendons grâce. |
| אִלּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם, | Si notre bouche était pleine de chant comme la mer, |
| וּלְשׁוֹנֵנוּ רִנָּה כַּהֲמוֹן גַּלָּיו, | et notre langue d’allégresse comme le grondement de ses vagues, |
| וְשִׂפְתוֹתֵינוּ שֶׁבַח כְּמֶרְחֲבֵי רָקִיעַ, | et nos lèvres de louange comme les vastes étendues du ciel, |
| וְעֵינֵינוּ מְאִירוֹת כַּשֶּׁמֶשׁ וְכַיָּרֵחַ, | et nos yeux brillants comme le soleil et la lune, |
| וְיָדֵינוּ פְרוּשׂוֹת כְּנִשְׁרֵי שָׁמָיִם, | et nos mains déployées comme les aigles du ciel, |
| וְרַגְלֵינוּ קַלּוֹת כָּאַיָּלוֹת. | et nos pieds légers comme les biches, |
| אֵין אָנוּ מַסְפִּיקִים לְהוֹדוֹת לְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, | nous ne suffirions pas à Te rendre grâce, Hachem notre D.ieu et D.ieu de nos pères, |
| וּלְבָרֵךְ אֶת שְׁמֶךָ עַל אַחַת מֵאֶלֶף אַלְפֵי אֲלָפִים, וְרִבֵּי רְבָבוֹת פְּעָמִים, | ni à bénir Ton Nom, pour une seule des mille milliers de milliers, et des myriades de myriades de fois, |
| הַטּוֹבוֹת נִסִּים וְנִפְלָאוֹת שֶׁעָשִׂיתָ עִמָּנוּ וְעִם אֲבוֹתֵינוּ מִלְּפָנִים: | des bienfaits, miracles et prodiges que Tu as faits avec nous et avec nos pères autrefois. |
Ligne 1 : on ne s’incline pas ici (Choul’han Aroukh HaRav 281:5). Ligne 9 : notre siddour lit מֵאֶלֶף, avec un segol, là où le texte en ligne a מֵאָלֶף. Lignes 2 à 7 : chaque comparaison commence par כְּ ou כַּ, « comme » (§G66).
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
4. Mimitsraïm guealtanou
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, יְיָ אֱלֹהֵינוּ, | D’Égypte Tu nous as rachetés, Hachem notre D.ieu ; |
| מִבֵּית עֲבָדִים פְּדִיתָנוּ, בְּרָעָב זַנְתָּנוּ, וּבְשָׂבָע כִּלְכַּלְתָּנוּ, | de la maison des esclaves Tu nous as libérés ; dans la famine Tu nous as nourris, et dans l’abondance Tu nous as entretenus ; |
| מֵחֶרֶב הִצַּלְתָּנוּ, וּמִדֶּבֶר מִלַּטְתָּנוּ, | de l’épée Tu nous as sauvés, et de la peste Tu nous as fait échapper ; |
| וּמֵחֳלָיִם רָעִים וְנֶאֱמָנִים דִּלִּיתָנוּ. | et de maladies mauvaises et tenaces Tu nous as relevés. |
| עַד הֵנָּה עֲזָרוּנוּ רַחֲמֶיךָ, וְלֹא עֲזָבוּנוּ חֲסָדֶיךָ, | Jusqu’ici Tes miséricordes nous ont aidés, et Tes bontés ne nous ont pas quittés ; |
| וְאַל תִּטְּשֵׁנוּ יְיָ אֱלֹהֵינוּ לָנֶצַח: | ne nous délaisse pas, Hachem notre D.ieu, à jamais. |
| עַל כֵּן, אֵבָרִים שֶׁפִּלַּגְתָּ בָּנוּ, | C’est pourquoi les membres que Tu as répartis en nous, |
| וְרוּחַ וּנְשָׁמָה שֶׁנָּפַחְתָּ בְּאַפֵּינוּ, | et l’esprit et l’âme que Tu as insufflés dans nos narines, |
| וְלָשׁוֹן אֲשֶׁר שַׂמְתָּ בְּפִינוּ. | et la langue que Tu as placée dans notre bouche : |
| הֵן הֵם: יוֹדוּ וִיבָרְכוּ וִישַׁבְּחוּ וִיפָאֲרוּ, | eux, eux-mêmes, rendront grâce, béniront, loueront et glorifieront, |
| וִירוֹמְמוּ וְיַעֲרִיצוּ, וְיַקְדִּישׁוּ וְיַמְלִיכוּ אֶת שִׁמְךָ מַלְכֵּנוּ: | exalteront et révéreront, sanctifieront et proclameront Roi Ton Nom, notre Roi. |
Lignes 1 à 4 : sept verbes en ־תָּנוּ, « Tu … nous » (§G65). Là où le texte en ligne montre deux-points après certains de ces mots (une erreur d’affichage pour la voyelle וּ), notre siddour imprime le mot normalement et continue la phrase ; je le suis.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
5. Ki khol pé
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| כִּי כָל פֶּה, לְךָ יוֹדֶה: | Car toute bouche Te rendra grâce, |
| וְכָל לָשׁוֹן לְךָ תִשָּׁבַע: | et toute langue Te prêtera serment, |
| וְכָל עַיִן לְךָ תְצַפֶּה: | et tout œil se tournera vers Toi, |
| וְכָל בֶּרֶךְ, לְךָ תִכְרַע: | et tout genou fléchira devant Toi, |
| וְכָל קוֹמָה, לְפָנֶיךָ תִשְׁתַּחֲוֶה: | et toute stature se prosternera devant Toi ; |
| וְכָל הַלְּבָבוֹת יִירָאוּךָ: | et tous les cœurs Te craindront, |
| וְכָל קֶרֶב וּכְלָיוֹת יְזַמְּרוּ לִשְׁמֶךָ: | et tout l’intérieur et les reins chanteront Ton Nom, |
| כַּדָּבָר שֶׁכָּתוּב, כָּל עַצְמוֹתַי תֹּאמַרְנָה: יְיָ מִי כָמוֹךָ: | comme il est écrit : « Tous mes os diront : Hachem, qui est comme Toi, |
| מַצִּיל עָנִי מֵחָזָק מִמֶּנּוּ, וְעָנִי וְאֶבְיוֹן מִגֹּזְלוֹ: | qui sauves le pauvre de plus fort que lui, le pauvre et l’indigent de celui qui le dépouille » (Tehilim 35:10). |
| מִי יִדְמֶה לָּךְ, וּמִי יִשְׁוֶה לָּךְ, וּמִי יַעֲרָךְ לָךְ, | Qui peut Te ressembler, qui peut T’égaler, qui peut T’être comparé, |
| הָאֵל הַגָּדוֹל, הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא, אֵל עֶלְיוֹן קֹנֵה שָׁמַיִם וָאָרֶץ: | D.ieu grand, puissant et redoutable, D.ieu très-haut, Maître du ciel et de la terre ? |
| נְהַלֶּלְךָ, וּנְשַׁבֵּחֲךָ, וּנְפָאֶרְךָ, וּנְבָרֵךְ אֶת שֵׁם קָדְשֶׁךָ, | Nous Te louerons, nous Te célébrerons, nous Te glorifierons, et nous bénirons Ton saint Nom, |
| כָּאָמוּר: לְדָוִד בָּרְכִי נַפְשִׁי אֶת יְיָ, וְכָל קְרָבַי אֶת שֵׁם קָדְשׁוֹ: | comme il est dit : « De David. Mon âme, bénis Hachem, et que tout mon être bénisse Son saint Nom » (Tehilim 103:1). |
Les lignes 8 et 9 sont Tehilim 35:10, avec les mêmes lettres que dans les Tehilim ; dans מִי כָמוֹךָ, le כ est doux (Choul’han Aroukh HaRav 51:12 ; §G64). Ligne 11 : Devarim 10:17 écrit הַגָּדֹל הַגִּבֹּר, sans vav ; notre siddour écrit הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר. La ligne 13 est Tehilim 103:1.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Tehilim 35:10, 103:1, 121:4, 145:14, 146:7-8 ; Devarim 10:17 ; Béréchit 14:19 ; Yecha’ya 40:25 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.35.10
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51:12 (Chabad.org) · hébreu cité · chabad.org/…/3285916
6. Haël betaatsoumot
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| הָאֵל בְּתַעֲצֻמוֹת עֻזֶּךָ, | D.ieu, dans la puissance de Ta force, |
| הַגָּדוֹל בִּכְבוֹד שְׁמֶךָ, | grand par la gloire de Ton Nom, |
| הַגִּבּוֹר לָנֶצַח, וְהַנּוֹרָא בְּנוֹרְאוֹתֶיךָ: | puissant à jamais, et redoutable par Tes œuvres redoutables ; |
| הַמֶּלֶךְ הַיּוֹשֵׁב עַל כִּסֵּא רָם וְנִשָּׂא: | le Roi qui siège sur un trône haut et élevé. |
Dans notre siddour (p. 168), הָאֵל et הַמֶּלֶךְ commencent chacun une nouvelle ligne en grandes lettres. Juste après commence שׁוֹכֵן עַד : la leçon 17.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 165-168 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
L’âme et l’esprit bénissent
Une chaîne, deux futurs au féminin, « Ton » et « en dehors de Toi ».
נִשְׁמַת כָּל חַי תְּבָרֵךְ אֶת שִׁמְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ,וְרוּחַ כָּל בָּשָׂר תְּפָאֵר וּתְרוֹמֵם זִכְרְךָ מַלְכֵּנוּ תָּמִיד:וּמִבַּלְעָדֶיךָ אֵין לָנוּ מֶלֶךְ גּוֹאֵל וּמוֹשִׁיעַ,
| נִשְׁמַת | = | ◌ת | + | נִשְׁמַ |
| nichmat l’âme de | de (chaîne ־ַת) | souffle ; âme |
| תְּבָרֵךְ | = | בָרֵךְ | + | תְּ |
| tevarekh bénira | bénir | elle (futur) |
| וּתְרוֹמֵם | = | רוֹמֵם | + | תְ | + | וּ |
| outeromem et exaltera | haut | elle (futur) | et |
| זִכְרְךָ | = | ◌ךָ | + | זִכְרְ |
| zikhrekha Ton souvenir | Toi, Te | se souvenir |
| וּמִבַּלְעָדֶיךָ | = | ◌יךָ | + | בַּלְעָדֶ | + | מִ | + | וּ |
| oumibaladékha et en dehors de Toi | Toi (־ֶיךָ) | sans | de | et |
Il ne dort pas
Un pou’al, deux futurs, et les participes de ce que fait Hachem.
הַמְּהֻלָּל בְּרוֹב הַתִּשְׁבָּחוֹת,וַיְיָ הִנֵּה לֹא יָנוּם וְלֹא יִישָׁן,וְהַמֵּשִׂיחַ אִלְמִים, וְהַמַּתִּיר אֲסוּרִים,וְהַסּוֹמֵךְ נוֹפְלִים, וְהַזּוֹקֵף כְּפוּפִים:
| הַמְּהֻלָּל | = | הֻלָּל | + | מְּ | + | הַ |
| hamehoulal qui est loué | louer | présent du pou’al | le, la, les |
| יָנוּם | = | נוּם | + | יָ |
| yanoum sommeille | sommeiller | il, ils (futur) |
| יִישָׁן | = | ישָׁן | + | יִ |
| yichane dort | dormir | il, ils (futur) |
| וְהַמֵּשִׂיחַ | = | שִׂיחַ | + | מֵּ | + | הַ | + | וְ |
| vehamessia’h et Il fait parler | parler, raconter | présent du hif’il | le, la, les | et |
| וְהַזּוֹקֵף | = | זּוֹקֵף | + | הַ | + | וְ |
| vehazokef et Il redresse | redresser | le, la, les | et |
Ilou finou
« Notre bouche », « comme le », un participe passif, et « nous ne suffisons pas ».
אִלּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם,וְיָדֵינוּ פְרוּשׂוֹת כְּנִשְׁרֵי שָׁמָיִם,וְרַגְלֵינוּ קַלּוֹת כָּאַיָּלוֹת.אֵין אָנוּ מַסְפִּיקִים לְהוֹדוֹת לְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ,
| פִינוּ | = | ◌נוּ | + | פִי |
| finou notre bouche | nous | bouche |
| כַּיָּם | = | יָּם | + | כַּ |
| kayam comme la mer | mer | comme (le, la) |
| פְרוּשׂוֹת | = | ◌וֹת | + | פְרוּשׂ |
| feroussot déployées | pluriel ־וֹת | déployer |
| כָּאַיָּלוֹת | = | ◌וֹת | + | אַיָּל | + | כָּ |
| kaayalot comme les biches | pluriel ־וֹת | cerf, biche | comme (le, la) |
| מַסְפִּיקִים | = | ◌ים | + | סְפִּיקִ | + | מַ |
| maspikim suffisants | pluriel ־ִים | suffire | présent du hif’il |
Tu nous as rachetés
« Tu … nous », une demande avec אַל, « que Tu as répartis », et le hif’il de la royauté.
מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, יְיָ אֱלֹהֵינוּ,מִבֵּית עֲבָדִים פְּדִיתָנוּ, בְּרָעָב זַנְתָּנוּ, וּבְשָׂבָע כִּלְכַּלְתָּנוּ,וְאַל תִּטְּשֵׁנוּ יְיָ אֱלֹהֵינוּ לָנֶצַח:עַל כֵּן, אֵבָרִים שֶׁפִּלַּגְתָּ בָּנוּ,
| גְּאַלְתָּנוּ | = | ◌נוּ | + | ◌תָּ | + | גְּאַלְ |
| guealtanou Tu nous as rachetés | nous | Tu (passé) | racheter |
| זַנְתָּנוּ | = | ◌נוּ | + | ◌תָּ | + | זַנְ |
| zantanou Tu nous as nourris | nous | Tu (passé) | nourrir |
| דִּלִּיתָנוּ | = | ◌נוּ | + | ◌תָ | + | דִּלִּי |
| dilitanou Tu nous as relevés | nous | Tu (passé) | tirer vers le haut |
| תִּטְּשֵׁנוּ | = | ◌נוּ | + | טְּשֵׁ | + | תִּ |
| tit’chénou nous délaisse | nous | délaisser | Tu (futur) |
| שֶׁפִּלַּגְתָּ | = | ◌תָּ | + | פִּלַּגְ | + | שֶׁ |
| chépilagta que Tu as répartis | Tu (passé) | partager | que |
| וְיַמְלִיכוּ | = | ◌וּ | + | מְלִיכ | + | יַ | + | וְ |
| veyamlikhou et proclameront Roi | ils | régner | il, ils (futur) | et |
Toute bouche, et tous mes os
Des futurs avec כָּל, au masculin et au féminin, au singulier et au pluriel, et « nous Te louerons ».
וְכָל לָשׁוֹן לְךָ תִשָּׁבַע:וְכָל קוֹמָה, לְפָנֶיךָ תִשְׁתַּחֲוֶה:כַּדָּבָר שֶׁכָּתוּב, כָּל עַצְמוֹתַי תֹּאמַרְנָה: יְיָ מִי כָמוֹךָ:נְהַלֶּלְךָ, וּנְשַׁבֵּחֲךָ, וּנְפָאֶרְךָ, וּנְבָרֵךְ אֶת שֵׁם קָדְשֶׁךָ,
| תִשָּׁבַע | = | שָּׁבַע | + | תִ |
| tichava prêtera serment | jurer | elle (futur) |
| תִשְׁתַּחֲוֶה | = | ◌ה | + | שְׁתַּחֲוֶ | + | תִ |
| tichta’havé se prosternera | terminaison ־ֶה | se prosterner | elle (futur) |
| יִירָאוּךָ | = | ◌ךָ | + | ◌וּ | + | ירָא | + | יִ |
| yiraoukha Te craindront | Toi, Te | ils | craindre | il, ils (futur) |
| עַצְמוֹתַי | = | ◌י | + | ◌וֹתַ | + | עַצְמ |
| atsmotaï mes os | mon, ma, mes | pluriel ־וֹת | os ; essence ; force |
| תֹּאמַרְנָה | = | ◌נָה | + | אמַרְ | + | תֹּ |
| tomarna diront | elles ־נָה | dire | elles (futur) |
| נְהַלֶּלְךָ | = | ◌ךָ | + | הַלֶּלְ | + | נְ |
| nehalelkha nous Te louerons | Toi, Te | louer | nous (futur) |
Le Roi, haut et élevé
Un nom avec ת devant, et un nif’al avec un נ caché.
הָאֵל בְּתַעֲצֻמוֹת עֻזֶּךָ,הַמֶּלֶךְ הַיּוֹשֵׁב עַל כִּסֵּא רָם וְנִשָּׂא:
| בְּתַעֲצֻמוֹת | = | ◌וֹת | + | עֲצֻמ | + | תַ | + | בְּ |
| betaatsoumot dans la puissance de | pluriel ־וֹת | force | nom avec ת devant | dans, avec |
| וְנִשָּׂא | = | שָּׂא | + | נִ | + | וְ |
| venissa et élevé | élever | nif’al (passif) | et |
- Leçon 1 §G2 · Les lettres cachées de la racine : le youd, le vav et le hé peuvent changer de forme ou tomber ; un daguech peut marquer une lettre fondue
- Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
- Leçon 1 §G5 · Les noms : masculin, féminin, pluriel : féminin -a, qui devient -at/-ot devant une terminaison ; pluriels -im et -ot ; les voyelles s’abrègent quand le mot s’allonge
- Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
- Leçon 1 §G8 · Présent et passé : qui parle : le présent (participe) varie en genre et en nombre ; le passé ajoute des terminaisons de personne : -ti je, -to tu, -nou nous
- Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
- Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 2 §G13 · Le participe passif : boroukh : le schème kotouv (kamats, puis ou avant la dernière lettre) signifie « -é » : boroukh béni
- Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
- Leçon 3 §G16 · Le présent du hif’il : ma- … -i- : le présent du hif’il a ma- (mé-) en tête et un youd avant la dernière lettre de la racine : matir, malbich, hamékhin, hama’avir ; il signifie « fait … »
- Leçon 3 §G17 · Des mots qui servent de noms : « les aveugles », « Celui qui » : un adjectif ou un participe peut s’employer seul comme nom ; avec ha- devant, un participe signifie « Celui qui … »
- Leçon 3 §G18 · « Me » et « mon » : -ni et -i : sur un verbe, -ni signifie « me » (assani, « m’a fait ») ; sur un nom, -i signifie « mon » (tsorki) ; sur un nom pluriel ou duel, -aï (éinaï, éinoï à la pause)
- Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
- Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
- Leçon 4 §G21 · Le nif’al : quand l’action est subie par le sujet : le nif’al est le passif du verbe simple : passé et présent en ni-/nè- (nivro, nè’èmon) ; futur avec un daguech dans la première lettre de la racine (yissossém, yipossé’a’h)
- Leçon 4 §G22 · Le hitpa’el : agir sur soi-même : le hitpa’el ajoute hit- (hiss-) devant et redouble la lettre médiane de la racine, comme le pi’el ; il signifie agir sur soi ou pour soi : lehiskayém, « se maintenir en existence »
- Leçon 5 §G28 · Les noms avec un מ devant : beaucoup de noms se forment en plaçant un מ (ma-, mi-) devant la racine : ma’assè une action (ע־שׂ־ה, faire), mitsva un ordre (צ־ו־ה), mitsad un pas (צ־ע־ד)
- Leçon 6 §G30 · « Qu’Il te bénisse » : le futur comme souhait, avec terminaisons de complément : le futur (§G20) dit aussi « que… » : yevorèkhekho qu’Il te bénisse ; une terminaison après un verbe au futur désigne le complément : -kho te, -èm les
- Leçon 6 §G31 · Ordres et demandes : l’impératif, et נָא : l’impératif est le futur sans sa lettre de tête : tedabèr → dabèr parle ! ; une forme qui nomme l’action peut aussi ordonner (omor) ; נָא fait une demande : vehaarèv no, rends doux, s’il Te plaît
- Leçon 9 §G44 · Les racines creuses : quand la lettre du milieu est un vav (אוֹר, מֵאִיר, טוּבוֹ) : dans les racines comme א־ו־ר (lumière) et ט־ו־ב (bon), le ו du milieu est une voyelle, pas une vraie lettre : or lumière, mé’ir éclaire (hif’il, §G16), mo’or un luminaire (מ devant, §G28), tov bon, touvo Sa bonté
- Leçon 10 §G47 · Le pou’al : le passif du pi’el (מְהֻלָּל, מְשֻׁבָּח, מְפֹאָר) : le pou’al est le passif du pi’el (§G11) : un ou (koubouts) sous la première lettre de la racine et un daguech dans celle du milieu ; son présent a מְ devant : mehoulol loué, mechoubo’h célébré ; devant א, le ou devient o : mefo’or glorifié
- Leçon 10 §G48 · Les racines qui finissent par un hé (עֹשֶׂה, פּוֹדֶה, הָיָה) : quand une racine finit par ה, le participe finit en -è (עֹשֶׂה ossé, פּוֹדֶה podé), le passé « il » finit en -o (הָיָה hoyo), et devant une terminaison le ה tombe (מַעֲשֶׂה → מַעֲשֵׂי)
- Leçon 14 §G60 · כֹּל et כָּל : un mot, deux graphies : seul, « tout » s’écrit כֹּל avec un ’holam ; lié au mot suivant, c’est כָּל, avec un kamats katan, qui se lit toujours kol ; après un mot lié qui finit par une voyelle, le כ est doux : כָל (’hol)
- Leçon 14 §G61 · Une racine, deux modèles : נְשָׁמָה et נְשִׁימָה : l’hébreu verse une même racine dans des modèles de voyelles différents pour faire des noms différents : נ־שׁ־ם donne נְשָׁמָה, « âme », et נְשִׁימָה, « souffle, respiration » ; ה־ל־ל donne הַלֵּל, « louange », et, avec un ת devant, תְּהִלָּה
- Leçon 15 §G64 · Lire avec soin : מִי כָמֹכָה et מִי כָּמֹכָה : le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken (51:12) indique où le Cantique a une lettre dure ou douce : le premier מִי כָמֹכָה a un כ doux, le second מִי כָּמֹכָה un כ dur, et כָּאָבֶן et גָּאָלְתָּ sont durs, comme les a la Massora
Au §G8, nous avons appris la terminaison du passé ־תָּ, « tu as fait » (dite à Hachem : « Tu as fait »), comme dans גָּאַלְתָּ, « Tu as racheté ». Au §G12, nous avons appris que ־נוּ sur un verbe peut vouloir dire « nous » sujet ou « nous » objet. Nichmat réunit les deux.
La forme. Passé « Tu » + ־נוּ, « nous » : la terminaison devient ־תָּנוּ, « Tu nous … ». גָּאַלְתָּ + נוּ → גְּאַלְתָּנוּ, « Tu nous as rachetés ». La première voyelle devient brève (un chva) parce que l’accent passe à la fin.
Sept d’un seul souffle. מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, « d’Égypte Tu nous as rachetés » ; מִבֵּית עֲבָדִים פְּדִיתָנוּ, « de la maison des esclaves Tu nous as libérés » ; בְּרָעָב זַנְתָּנוּ, « dans la famine Tu nous as nourris » ; וּבְשָׂבָע כִּלְכַּלְתָּנוּ, « dans l’abondance Tu nous as entretenus » ; מֵחֶרֶב הִצַּלְתָּנוּ, « de l’épée Tu nous as sauvés » ; וּמִדֶּבֶר מִלַּטְתָּנוּ, « de la peste Tu nous as délivrés » ; דִּלִּיתָנוּ, « Tu nous as relevés » de la maladie. Chaque verbe finit de la même façon, et chaque expression commence par ce dont nous avons été sauvés.
De vieux amis à l’intérieur. פְּדִיתָנוּ (פ־ד־ה) et דִּלִּיתָנוּ (ד־ל־ה) viennent de racines finissant par ה ; devant la terminaison, le ה devient un י (§G48). זַנְתָּנוּ vient de ז־ו־ן, une racine creuse : le ו du milieu disparaît (§G44). כִּלְכַּלְתָּנוּ a une paire de lettres redoublée, כ־ל־כ־ל, « entretenir ». הִצַּלְתָּנוּ est un hif’il (§G7) : le ה devant, et le נ de נ־צ־ל caché dans le daguech du צ (§G2). מִלַּטְתָּנוּ et דִּלִּיתָנוּ sont des pi’el, avec la lettre du milieu redoublée (§G11).
Ailleurs. Au Séder, nous disons les mêmes mots, puisque Nichmat se dit aussi dans la Haggada (Choul’han Aroukh, Ora’h ’Haïm 480:1). Guettez ־תָּנוּ partout où le siddour remercie Hachem pour ce qu’Il a fait pour nous.
| גְּאַלְתָּנוּ | guealtanou | Tu nous as rachetés | ג־א־ל, passé + ־נוּ |
| פְּדִיתָנוּ | peditanou | Tu nous as libérés | פ־ד־ה : le ה devient י (§G48) |
| זַנְתָּנוּ | zantanou | Tu nous as nourris | ז־ו־ן, racine creuse (§G44) |
| הִצַּלְתָּנוּ | hitsaltanou | Tu nous as sauvés | hif’il de נ־צ־ל (§G7, §G2) |
Au §G54, nous avons vu לוּלֵי, « n’eût été », une condition sur quelque chose qui ne s’est pas produit. אִלּוּ est son partenaire : « si » sur quelque chose qui n’est pas, et ne peut pas être.
La forme de la phrase. אִלּוּ, puis six images, puis la réponse : אֵין אָנוּ מַסְפִּיקִים לְהוֹדוֹת לְךָ, « nous ne suffirions pas à Te rendre grâce ». La réponse n’a pas besoin d’un mot pour « alors » ; elle commence simplement par אֵין, « ne … pas ». L’hébreu n’a pas de forme verbale spéciale pour le conditionnel : le sens vient de אִלּוּ.
Pas de verbe « être ». Chaque image est une phrase sans « est » ni « était » (§G6) : פִינוּ מָלֵא שִׁירָה, « notre bouche (serait) pleine de chant » ; וְרַגְלֵינוּ קַלּוֹת, « nos pieds (seraient) légers ». Le mot qui décrit s’accorde avec son nom : מָלֵא avec פֶּה (masculin singulier) ; מְאִירוֹת, פְרוּשׂוֹת, קַלּוֹת avec עֵינַיִם, יָדַיִם, רַגְלַיִם, qui sont féminins pluriels (§G5, §G14).
כְּ et כַּ, « comme ». כַּיָּם, « comme la mer » : כְּ + הַ, « la », fusionnent en כַּ, comme בְּ + הַ donnent בַּ (§G9). De même כַּשֶּׁמֶשׁ וְכַיָּרֵחַ, « comme le soleil et la lune », et כָּאַיָּלוֹת, « comme les biches » (avec un kamats devant le א). Mais כְּמֶרְחֲבֵי רָקִיעַ, « comme les étendues du ciel », et כְּנִשְׁרֵי שָׁמָיִם, « comme les aigles du ciel », gardent כְּ : chacun est le premier mot d’une chaîne de construction (§G10), et le premier mot d’une chaîne ne prend jamais « le ». Attention à כַּהֲמוֹן גַּלָּיו, « comme le grondement de ses vagues » : c’est aussi une chaîne, et son כַּ n’est pas « le ». Le כְּ prend un patah seulement parce que le ה sous lequel il se trouve porte un ’hataf patah (ֲ), comme dans כַּאֲשֶׁר.
Dans la Guemara. Les mêmes mots, אִילּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם, sont l’action de grâce de Rabbi Yo’hanan pour la pluie (Berakhot 59b ; Taanit 6b).
| אִלּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם | ilou finou malé chira kayam | si notre bouche était pleine de chant comme la mer | אִלּוּ + une phrase sans verbe |
| כְּנִשְׁרֵי שָׁמָיִם | kenichré chamayim | comme les aigles du ciel | כְּ + chaîne de construction (§G10) |
| כָּאַיָּלוֹת | kaayalot | comme les biches | כְּ + הַ = כָּ |
| אֵין אָנוּ מַסְפִּיקִים | ein anou maspikim | nous ne suffirions pas | la réponse |
Au §G20, nous avons appris le futur : une lettre devant dit qui fera l’action. Nichmat les emploie toutes dans un seul passage, et le choix de la lettre enseigne quelque chose.
« Ils » : huit verbes. אֵבָרִים … וְרוּחַ וּנְשָׁמָה … וְלָשׁוֹן, « les membres, l’esprit et l’âme, et la langue » : הֵן הֵם, « eux-mêmes », יוֹדוּ וִיבָרְכוּ וִישַׁבְּחוּ וִיפָאֲרוּ וִירוֹמְמוּ וְיַעֲרִיצוּ וְיַקְדִּישׁוּ וְיַמְלִיכוּ, « rendront grâce, béniront, loueront, glorifieront, exalteront, révéreront, sanctifieront et proclameront Roi » Ton Nom. Chacun a י devant et ־וּ à la fin, « ils ». Plusieurs schèmes se suivent : hif’il יוֹדוּ, יַעֲרִיצוּ, יַקְדִּישׁוּ, יַמְלִיכוּ (§G7) ; pi’el יְבָרְכוּ, יְשַׁבְּחוּ, יְפָאֲרוּ (§G11) ; et יְרוֹמְמוּ, de ר־ו־ם avec la dernière lettre redoublée.
כָּל avec un seul nom : « il » ou « elle ». כִּי כָל פֶּה לְךָ יוֹדֶה, « car toute bouche Te rendra grâce » : כָּל + un nom au singulier prend un verbe au singulier (§G60). פֶּה est masculin, donc le verbe commence par י. Mais לָשׁוֹן, עַיִן, בֶּרֶךְ et קוֹמָה sont féminins, donc leurs verbes commencent par ת, la lettre de « elle » : כָּל לָשׁוֹן תִשָּׁבַע, « toute langue jurera » ; כָּל עַיִן תְצַפֶּה, « tout œil regardera » ; כָּל בֶּרֶךְ תִכְרַע, « tout genou fléchira » ; כָּל קוֹמָה תִשְׁתַּחֲוֶה, « toute stature droite se prosternera ». Le ת ici n’est pas « tu » ; c’est « elle ». Puis deux pluriels de nouveau : הַלְּבָבוֹת יִירָאוּךָ, « les cœurs Te craindront » (avec ־ךָ, « Te »), et קֶרֶב וּכְלָיוֹת יְזַמְּרוּ, « les entrailles chanteront ».
Les schèmes de la liste. תִשָּׁבַע est un nif’al (§G21), avec le נ caché dans le daguech ; תִשְׁתַּחֲוֶה est un hitpa’el, où le ת et le שׁ changent de place (§G22).
« Nous … Te ». נְהַלֶּלְךָ וּנְשַׁבֵּחֲךָ וּנְפָאֶרְךָ וּנְבָרֵךְ : נְ devant veut dire « nous », et ־ךָ à la fin « Te » : « nous Te louerons, nous Te célébrerons, nous Te glorifierons, et nous bénirons » Ton saint Nom. Les racines sont celles de הַלְלוּיָהּ (§G59), de שֶׁבַח et de תִּפְאֶרֶת.
| כָּל פֶּה לְךָ יוֹדֶה | kol pé lekha yodé | toute bouche Te rendra grâce | masculin : י |
| וְכָל לָשׁוֹן לְךָ תִשָּׁבַע | vekhol lachone lekha tichava | et toute langue Te jurera | féminin : ת, nif’al |
| וְכָל קוֹמָה לְפָנֶיךָ תִשְׁתַּחֲוֶה | vekhol koma lefanékha tichta’havé | et toute stature se prosternera devant Toi | féminin : ת, hitpa’el |
| נְהַלֶּלְךָ | nehalelekha | nous Te louerons | נְ « nous » + ־ךָ « Te » |
Petits mots dans Nichmat
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| אִלּוּ | ilou | si (ce n’est pas le cas) | — | אִלּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם ; la réponse : אֵין אָנוּ מַסְפִּיקִים (§G66). |
| אֵין | ein | il n’y a pas ; ne… pas | — | Au par. 1 : וּמִבַּלְעָדֶיךָ אֵין לָנוּ מֶלֶךְ. Au par. 3 : אֵין אָנוּ מַסְפִּיקִים. |
| לְבַדְּךָ | levadekha | Toi seul | ב־ד־ד | לְךָ לְבַדְּךָ אֲנַחְנוּ מוֹדִים ; dans la leçon 15, לְבַדֶּךָ. |
| עַד הֵנָּה | ad héna | jusqu’ici | — | עַד הֵנָּה עֲזָרוּנוּ רַחֲמֶיךָ. |
| עַל כֵּן | al kèn | c’est pourquoi | — | עַל כֵּן, אֵבָרִים שֶׁפִּלַּגְתָּ בָּנוּ. |
| כָּל | kol | tout, chaque | — | Au par. 5 : כִּי כָל פֶּה, לְךָ יוֹדֶה, puis וְכָל הַלְּבָבוֹת, puis כָּל עַצְמוֹתַי (§G60, §G67). |
| נְשָׁמָה nechama · âme נִשְׁמַת כָּל חַי (par. 1) ; וְרוּחַ וּנְשָׁמָה שֶׁנָּפַחְתָּ בְּאַפֵּינוּ (par. 4) ; chaque matin, אֱלֹהַי נְשָׁמָה | פֶּה pé · bouche אִלּוּ פִינוּ (par. 3) ; בְּפִינוּ (par. 4) ; כָל פֶּה (par. 5) |
| שֵׁם chem · nom תְּבָרֵךְ אֶת שִׁמְךָ (par. 1) ; אֶת שִׁמְךָ מַלְכֵּנוּ (par. 4) ; לִשְׁמֶךָ (par. 5) ; שֵׁם קָדְשֶׁךָ (par. 5) ; בִּכְבוֹד שְׁמֶךָ (par. 6) | מֶלֶךְ mélekh · roi אֵין לָנוּ מֶלֶךְ אֶלָּא אָתָּה (par. 1) ; מַלְכֵּנוּ (par. 1, 4) ; וְיַמְלִיכוּ (par. 4) ; הַמֶּלֶךְ הַיּוֹשֵׁב (par. 6) |
| הוֹדָאָה hodaa · action de grâce מוֹדִים (par. 3) ; לְהוֹדוֹת לְךָ (par. 3) ; יוֹדוּ (par. 4) ; לְךָ יוֹדֶה (par. 5) | רַחֲמִים ra’hamim · miséricorde וּמְרַחֵם (par. 1) ; בְּרַחֲמִים (par. 2) ; עֲזָרוּנוּ רַחֲמֶיךָ (par. 4) |
- Où se trouve Nichmat dans la prière du Chabbat matin, et pourquoi est-il placé juste après le Cantique de la mer (Tour 281 ; Aroukh HaChoul’han 281:5) ?
- Qu’est-ce que « birkat hachir » dans la Michna (Pessa’him 117b) ? Quelles sont les deux opinions de la Guemara (118a), et que faisons-nous au Séder (Tour et Choul’han Aroukh 480) ?
- Pourquoi, selon les Tossafot, Nichmat est-il appelé birkat hachir ?
- Où, dans la Guemara, les mots אִילּוּ פִינוּ מָלֵא שִׁירָה כַּיָּם apparaissent-ils en dehors de Pessa’h, et à quelle occasion (Berakhot 59b ; Taanit 6b) ? Que disent les sources que j’ai ouvertes sur l’auteur de Nichmat ?
- S’incline-t-on à לְךָ לְבַדְּךָ אֲנַחְנוּ מוֹדִים ? Pourquoi pas (Choul’han Aroukh HaRav 281:5 et la note du traducteur) ?
- Que dit l’Admour Hazaken sur la mélodie des chants de Chabbat (281:3) ? Si l’on a oublié Nichmat, quels avis la note rapporte-t-elle, et à qui faut-il demander ?
- Nommez les six parties du corps dans le passage « ilou finou », et à quoi chacune est comparée.
- Quels versets des Tehilim sont tissés dans le paragraphe אֱלֹהֵי הָרִאשׁוֹנִים ? Comment le commentaire de la Haggada explique-t-il « Il fait parler les muets » ?
- Quelle est la différence entre plier le genou et se prosterner, selon le commentaire de la Haggada (d’après le Likouté Torah, cité d’après la note) ?
- Comment l’Admour Hazaken explique-t-il כָּל עַצְמוֹתַי תֹּאמַרְנָה dans le Tanya, ch. 37 ? Quel rapport avec les paroles de Berouria en Erouvin 54a ?
- Trouvez sept verbes du paragraphe מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ qui finissent par ־תָּנוּ. Que veut dire cette terminaison ? → voir §G65
- Pourquoi la prière dit-elle אִלּוּ, et où vient la réponse ? Le כַּ de כַּיָּם et celui de כַּהֲמוֹן sont-ils les mêmes ? → voir §G66
- Pourquoi est-il dit כָל פֶּה יוֹדֶה avec un י mais כָל לָשׁוֹן תִשָּׁבַע avec un ת ? Pourquoi תֹּאמַרְנָה avec ־נָה ? → voir §G67
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