Béni soit Celui qui a parlé
Cette leçon se lit sur www.tebeka.com. L’impression est réservée aux utilisateurs connectés. © Rav Haim Tebeka.
Chaque matin, avant les psaumes des Pessouké deZimra, nous nous levons, prenons en main les deux tsitsit de devant, et disons Baroukh Chéomar. C’est la porte des louanges. Dans cette leçon je raconte d’où vient cette bénédiction : des Hommes de la Grande Assemblée, et, comme l’écrit l’Admour Hazaken, d’une lettre tombée du ciel ; pourquoi elle a exactement quatre-vingt-sept mots, « l’or fin » ; et comment nous la disons, debout, les tsitsit à la main, avec une pause avant mechoubo’h. Puis je compte avec vous, honnêtement, combien de fois nous disons « Boroukh », et j’explique chacun avec le commentaire de notre siddour, le Likouté Torah et le Peirouch HaMilot : Hachem qui a parlé, qui a pitié, qui paie, qui vit, qui rachète. Comme toujours, chaque mot est décomposé. La grammaire nouvelle (§G47 à §G49) est le pou’al, les racines qui finissent par ה, et la famille de la racine ב־ר־ך. La façon pratique de la dire est une question pour votre rav.
La porte des louanges
Chaque matin, avant le Chema et la Amida, nous disons les Pessouké deZimra, les « versets de chant » : des psaumes et des versets de louange. Leur racine est dans la Guemara. Rabbi Yossé a dit (Chabbat 118b) : « Que ma part soit parmi ceux qui terminent le Hallel chaque jour », et la Guemara explique qu’il parlait des psaumes de louange « dans les Pessouké deZimra ». Rabbi Simlaï a enseigné (Berakhot 32a) : « Que l’homme dispose toujours d’abord la louange du Saint, béni soit-Il, et ensuite qu’il prie. » Il l’apprend de Moché Rabbénou, qui a commencé sa grande prière par une louange. Et la Guemara (Berakhot 4b) promet que celui qui dit Tehila leDavid trois fois chaque jour est assuré du Monde à venir.
L’Admour Hazaken rassemble tout cela au début du chapitre 51 de son Choul’han Aroukh. Nos Sages ont institué ces louanges « afin de disposer d’abord la louange de l’Omniprésent, et ensuite de prier », et ils ont institué une bénédiction avant elles, Baroukh Chéomar, et une bénédiction après elles, Yichtaba’h. Le Tour (51) dit la même chose. Baroukh Chéomar est donc la porte des Pessouké deZimra.
Dans le siddour ’Habad, Hodou vient avant Baroukh Chéomar ; les traducteurs du Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken font remarquer que c’est le Noussa’h Ari tel que l’Admour Hazaken l’a établi. Et sur les autres psaumes ajoutés, l’Admour Hazaken écrit : « Dans ces pays, on a l’usage de les dire après Baroukh Chéomar, afin qu’une bénédiction ait été dite avant et après chacun d’eux » (traduit de l’anglais). Depuis le moment où nous commençons Baroukh Chéomar jusqu’à la fin de la Amida, nous n’interrompons pas par la parole (51:4). Ce qui compte exactement comme une interruption, et ce que l’on peut répondre, est une question pour votre rav.
יְהֵא חֶלְקִי מִגּוֹמְרֵי הַלֵּל בְּכׇל יוֹםבִּפְסוּקֵי דְזִמְרָאלְעוֹלָם יְסַדֵּר אָדָם שִׁבְחוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּלכְּדֵי לְסַדֵּר שִׁבְחוֹ שֶׁל מָקוֹם בָּרוּךְ הוּא תְּחִלָּה וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל
Talmud, Berakhot 32a · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.32a
Talmud, Berakhot 4b · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.4b
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51 (Sichos in English, sur Chabad.org) · texte hébreu cité ; anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase · chabad.org/…/aid/3285916
Tour, Ora’h ’Haïm 51 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Tur,_Orach_Chaim.51
Choul’han Aroukh, Ora’h ’Haïm 51:1-4 · texte hébreu via Sefaria ; paraphrase · sefaria.org/Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.51
Une lettre tombée du ciel
D’où vient Baroukh Chéomar ? L’Admour Hazaken écrit (51:2) : « Il faut dire Baroukh Chéomar avec une mélodie et avec douceur, car c’est un chant beau et agréable. Les Hommes de la Grande Assemblée l’ont institué à partir d’une lettre tombée du ciel, sur laquelle ils l’ont trouvé écrit. » Les Hommes de la Grande Assemblée sont les cent vingt Sages, parmi lesquels des prophètes, qui ont guidé le peuple au début du second Temple.
L’Admour Hazaken l’écrit comme une halakha, sans nommer sa source. Le Taz (51:1) la donne : il écrit qu’il est écrit dans Tola’at Yaakov, au nom du Or Zaroua, que « cette louange a été instituée par les Hommes de la Grande Assemblée à partir d’un billet tombé du ciel ». La Michna Beroura (51:1) le rapporte aussi. Je n’ai pas ouvert moi-même Tola’at Yaakov ni le Or Zaroua ; je les cite d’après le Taz. Chabad.org écrit, dans un article du Rav Yehouda Shurpin : « Selon la tradition, la prière Baroukh Chéomar a été instituée par les Hommes de la Grande Assemblée à partir d’un billet tombé du ciel » (traduit de l’anglais), et note que beaucoup trouvent des expressions de Baroukh Chéomar déjà citées dans le Talmud.
Ce n’est donc pas une histoire que je raconterais à la légère. Elle est écrite dans le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken. Un chant descendu du ciel est le chant par lequel nous commençons à louer.
יֵשׁ לוֹמַר "בָּרוּךְ שֶׁאָמַר" בְּנִגּוּן וּבִנְעִימָה, כִּי הוּא שִׁיר נָאֶה וְנֶחְמָדוְתִקְּנוּהוּ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה עַל יְדֵי אִגֶּרֶת שֶׁנָּפְלָה מִן הַשָּׁמַיִם וּמְצָאוּהוּ כָּתוּב בּוֹכתוב בתולעת יעקב בשם א"ז שבח זה תקנוהו אנשי כנסת הגדולה ע"פ פיתקא דנפל מן שמיא
Tourei Zahav (Taz), Ora’h ’Haïm 51:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Taz_on_Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.51.1
Tola’at Yaakov, au nom du Or Zaroua · cité d’après le Taz (51:1) ; non consulté
Michna Beroura 51:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.51.1
Rav Yehouda Shurpin, « Why Hold Tzitzit for Baruch She’amar? », Chabad.org · anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase, avec les sources qu’il donne · chabad.org/…/aid/3383977
Quatre-vingt-sept mots d’or fin
L’Admour Hazaken continue : « et elle a 87 mots, et son signe est “sa tête est d’or fin” ». Le verset vient du Chir HaChirim (5:11) : רֹאשׁוֹ כֶּתֶם פָּז. Dans le mot פָּז, « or fin », la lettre פ vaut 80 et la lettre ז vaut 7 : ensemble, 87 (§G45). Le Tour (51) rapporte déjà ce nombre, d’après le Sefer Heikhalot (tel qu’il le cite), avec le même verset. La Michna Beroura explique le signe : « sa tête » est la tête de la prière, une bénédiction de 87 mots, « c’est pourquoi il ne faut ni retrancher ni ajouter aux 87 mots ». L’article du Rav Shurpin ajoute un deuxième verset avec le même mot, des Tehilim (21:4) : « Tu poses sur sa tête une couronne d’or fin », עֲטֶרֶת פָּז.
J’ai compté. Dans le siddour ’Habad, de בָּרוּךְ שֶׁאָמַר à בַּתִּשְׁבָּחוֹת, il y a exactement 87 mots. (Les traducteurs de l’Admour Hazaken notent que le compte de 87 correspond à la version ashkénaze, et que la version séfarade a plusieurs mots de plus. Notre texte ’Habad a bien les 87.) Chaque mot de cette bénédiction est une pépite d’or, et c’est pourquoi, dans la partie Texte de cette leçon, je les ai tous vérifiés, mot par mot, sur le siddour ’Habad.
וְיֵשׁ בָּהּ פ"ז תֵּבוֹתרֹאשׁוֹ כֶּתֶם פָּזוכתב בספר היכלות שיש בו פ"ז תיבותר"ל ראש התפלה הוא ברכה של פ"ז תיבות ע"כ אין לגרוע ולא להוסיף על פ"ז תיבותעֲטֶרֶת פָּז
Chir HaChirim 5:11 · texte hébreu via Sefaria ; cité en partie · sefaria.org/Song_of_Songs.5.11
Tour, Ora’h ’Haïm 51 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Tur,_Orach_Chaim.51
Sefer Heikhalot · cité d’après le Tour (51) ; non consulté
Michna Beroura 51:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.51.1
Rav Yehouda Shurpin, « Why Hold Tzitzit for Baruch She’amar? », Chabad.org · anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase, avec les sources qu’il donne · chabad.org/…/aid/3383977
Tehilim 21:4 · texte hébreu via Sefaria ; cité en partie · sefaria.org/Psalms.21.4
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, Baruch Sheamar · texte du Siddour Tehilat Hachem ; vérifié mot par mot le 3 novembre 2026 · chabad.org/torah-texts/1524143

Debout, les tsitsit à la main, et une pause avant « mechoubo’h »
Debout. L’Admour Hazaken écrit (51:2) : « et on a accepté de le dire debout, même quand on prie seul ».
Les tsitsit. Il écrit aussi : « et il tiendra les deux tsitsit du talith qui sont devant lui pendant qu’il dit Baroukh Chéomar ». Le Sefer HaMinhaguim, le livre des coutumes ’Habad, le décrit : pendant Baroukh Chéomar, « on tient les deux tsitsit de devant dans la main gauche. À la fin de la bénédiction, on les passe sur les yeux et on les embrasse » (traduit de l’anglais). La Michna Beroura (51:1) écrit aussi : « et après avoir fini Baroukh Chéomar, il les embrasse ».
Deux mots comme le Arizal les disait. L’Admour Hazaken écrit que selon l’enseignement intérieur on dit בְּפֶה עַמּוֹ, befè amo, « et non בְּפִי עַמּוֹ », et בַּתִּשְׁבָּחוֹת avec un ’hirik sous le ת. Le siddour ’Habad imprime les deux ainsi.
Une pause. Le Sefer HaMinhaguim enseigne aussi que vers la fin on fait une pause entre מֶלֶךְ et מְשֻׁבָּח, « parce que le premier mot appartient à la phrase précédente » (traduit de l’anglais) : yo’hid, ’héi ho’olomim mèlèkh — pause — mechoubo’h oumefo’or. Le siddour ’Habad le montre par un point après מֶלֶךְ. Nous verrons le sens de cet ordre dans le sens profond.
La façon de faire tout cela en pratique, par exemple avec ou sans talith, est une question pour votre rav.
וְקִבְּלוּ לְאָמְרוֹ מְעֻמָּד אֲפִלּוּ בְּיָחִידוְיֶאֱחֹז בְּב' צִיצִית שֶׁבַּטַּלִּית שֶׁהֵן כְּנֶגֶד פָּנָיוולאחר גמר ב"ש ינשקםבְּפֶה עַמּוֹ" וְלֹא "בְּפִי עַמּוֹ
Sefer HaMinhaguim (’Habad), Pessouké DeZimra (Kehot, trad. Uri Kaploun, sur Chabad.org) · anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/aid/4153519
Michna Beroura 51:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.51.1
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, Baruch Sheamar · texte du Siddour Tehilat Hachem ; vérifié mot par mot le 3 novembre 2026 · chabad.org/torah-texts/1524143
Le Chabbat matin
Cette série porte sur la prière du Chabbat, et Baroukh Chéomar se dit aussi le Chabbat matin, avec les mêmes mots. La page de Chabad.org sur l’office du Chabbat matin explique qu’il suit le schéma des prières de semaine, avec des hymnes et des psaumes ajoutés en l’honneur du Chabbat. L’Admour Hazaken nous indique un changement dans cette partie de la prière : Mizmor leTodah, le psaume du sacrifice de reconnaissance, ne se dit pas le Chabbat et les fêtes, « parce que le sacrifice de Toda n’était pas apporté ces jours-là » (traduit de l’anglais).
Le siddour de Chabad.org imprime Baroukh Chéomar une seule fois, parmi les Versets de louange ; je n’y ai pas trouvé d’impression séparée pour le Chabbat. Le texte de cette leçon est cette page, vérifiée mot par mot. Le Chabbat, nous disons les mêmes 87 mots, avec plus de temps, je l’espère, et plus de chant.
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51 (Sichos in English, sur Chabad.org) · texte hébreu cité ; anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase · chabad.org/…/aid/3285916
Chabad.org : Online Siddur with Commentary, Baruch Sheamar · texte du Siddour Tehilat Hachem ; vérifié mot par mot le 3 novembre 2026 · chabad.org/torah-texts/1524143
Treize fois « Boroukh » : un compte honnête
Comptez avec moi. Dans le siddour ’Habad, le mot בָּרוּךְ revient treize fois dans cette bénédiction : onze fois dans la première partie, de בָּרוּךְ שֶׁאָמַר à בָּרוּךְ שְׁמוֹ, et deux fois avec le Nom d’Hachem, au début et à la fin de la deuxième partie. Le tableau ci-dessous les donne toutes les treize, dans l’ordre de notre siddour.
Vous entendrez peut-être d’autres nombres, alors soyons précis. L’article du Rav Shurpin sur Chabad.org dit que dans la première partie nous disons Baroukh dix fois, « sans compter quand il est dit comme une louange ajoutée en mentionnant D.ieu, comme Baroukh hou » (traduit de l’anglais), et relie les dix aux dix paroles de la Création, aux Dix Commandements et aux dix sefirot (d’après les Responsa Zikhron Yehouda, tel qu’il les cite). Les mots de la page en donnent onze ; on arrive à dix en laissant de côté בָּרוּךְ הוּא, comme l’explique l’article. בָּרוּךְ שְׁמוֹ est-il aussi une telle louange ajoutée ? L’article ne le dit pas, et je laisse la question ouverte. Le même article donne le compte complet de treize, comme moi, la valeur de אֶחָד, « un » : la lettre א vaut 1, la lettre ח vaut 8 et la lettre ד vaut 4, ensemble 13 (§G45).
Le commentaire de notre siddour, d’après le siddour du Arizal, compte une échelle de douze : les onze de la première partie et le premier בָּרוּךְ אַתָּה. Dix, onze, douze, treize : tous comptent les mêmes mots ; ils diffèrent seulement par ceux qu’ils comptent.
Rav Yehouda Shurpin, « Why Hold Tzitzit for Baruch She’amar? », Chabad.org · anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase, avec les sources qu’il donne · chabad.org/…/aid/3383977
Responsa Zikhron Yehouda 1:9 ; Ohel Tsaddikim 15 · cité d’après l’article du Rav Shurpin ; non consulté
Peirouch HaMilot (l’Admour haEmtsaï), p. 59d-60a, 62c-63a, 69b · cité d’après une note hébraïque du commentaire ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles
Les treize, un par un
| Hébreu | Translittération | Sens |
|---|---|---|
| בָּרוּךְ שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם | Boroukh chéomar vehoyo ha’olom | 1. Béni soit Celui qui a parlé, et le monde fut |
| בָּרוּךְ הוּא | Boroukh hou | 2. Béni soit-Il (Boroukh hou) |
| בָּרוּךְ אוֹמֵר וְעֹשֶׂה | Boroukh omèr veossé | 3. Béni soit Celui qui dit et fait |
| בָּרוּךְ גּוֹזֵר וּמְקַיֵּם | Boroukh gozèr oumekayèm | 4. Béni soit Celui qui décrète et accomplit |
| בָּרוּךְ עֹשֶׂה בְרֵאשִׁית | Boroukh ossé verèchiss | 5. Béni soit Celui qui fait la Création |
| בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ | Boroukh mera’hèm al ho’orèts | 6. Béni soit Celui qui a pitié de la terre |
| בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הַבְּרִיּוֹת | Boroukh mera’hèm al haberiyoss | 7. Béni soit Celui qui a pitié des créatures |
| בָּרוּךְ מְשַׁלֵּם שָׂכָר טוֹב לִירֵאָיו | Boroukh mechalèm sokhor tov lirè’ov | 8. Béni soit Celui qui paie une bonne récompense à ceux qui Le craignent |
| בָּרוּךְ חַי לָעַד וְקַיָּם לָנֶצַח | Boroukh ’haï lo’ad vekayom lonètsa’h | 9. Béni soit Celui qui vit à jamais et subsiste éternellement |
| בָּרוּךְ פּוֹדֶה וּמַצִּיל | Boroukh podé oumatsil | 10. Béni soit Celui qui rachète et sauve |
| בָּרוּךְ שְׁמוֹ | Boroukh chemo | 11. Béni soit Son Nom (Boroukh chemo) |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם | Boroukh Ato Ado-noï, Èlo-kéinou Mèlè’h ha’olom | 12. Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi du monde (avec le Nom d’Hachem) |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, מֶלֶךְ מְהֻלָּל בַּתִּשְׁבָּחוֹת | Boroukh Ato Ado-noï, Mèlè’h mehoulol batichbo’hoss | 13. Béni sois-Tu, Hachem, Roi loué par les louanges (avec le Nom d’Hachem) |
Les numéros 1 à 11 forment la première partie ; 12 et 13 ouvrent et ferment la deuxième partie, avec le Nom d’Hachem. Le numéro 2, בָּרוּךְ הוּא, est celui que l’article du Rav Shurpin laisse de côté pour arriver à dix.
Rav Yehouda Shurpin, « Why Hold Tzitzit for Baruch She’amar? », Chabad.org · anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase, avec les sources qu’il donne · chabad.org/…/aid/3383977
« Qui a parlé », « qui dit et fait », « qui fait la Création »
1. בָּרוּךְ שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם. La Michna (Avot 5:1) dit : « Par dix paroles le monde a été créé. » Mais le premier mot de la Torah, בְּרֵאשִׁית, n’a pas de « et Il dit ». La Guemara (Roch Hachana 32a) répond : « “Béréchit” est aussi une parole. » Le commentaire de notre siddour, d’après le Likouté Torah, s’appuie sur cela. שֶׁאָמַר, « qui a parlé », au passé, veut dire une seule parole : « la parole de Béréchit, avec sagesse Il a créé ». Dans cette première parole tout était contenu à la fois, comme un éclair de compréhension contient toutes les idées qui seront expliquées ensuite ; le commentaire l’appelle « la création au niveau de la pensée » (traduit de l’anglais). Une note hébraïque rapporte le Rabbi (Torat Mena’hem), citant le Pri Ets ’Haïm : les premières lettres de שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם forment שָׁוֶה, « égal » : à ce premier niveau, tous les mondes sont un.
2. בָּרוּךְ הוּא. Ici nous parlons d’Hachem à la troisième personne, « Lui ». Le commentaire explique que dans une bénédiction avec « Toi » nous nous adressons à un niveau de divinité que nous pouvons, d’une certaine façon, percevoir ; avec « Lui », « la troisième personne désigne un niveau de divinité insondable ; nous savons qu’Il existe, mais la nature de Son Être dépasse nos capacités de compréhension » (traduit de l’anglais).
3. בָּרוּךְ אוֹמֵר וְעֹשֶׂה. Maintenant le présent : Il dit et fait. Le Likouté Torah continue : après la première parole, le monde a été détaillé « par neuf paroles, que la lumière soit, qu’il y ait un firmament, etc., et c’est qui dit et fait ».
4. בָּרוּךְ גּוֹזֵר וּמְקַיֵּם. Dans le sens simple : ce qu’Il décrète, Il l’accomplit.
5. בָּרוּךְ עֹשֶׂה בְרֵאשִׁית. Et le Likouté Torah termine : « qui fait Béréchit », car Béréchit aussi, « avec sagesse », est une parole descendue pour faire quelque chose à partir de rien. Dans le siddour ’Habad, ces phrases viennent dans cet ordre, omèr veossé et gozèr oumekayèm avant ossé verèchiss.
בַּעֲשָׂרָה מַאֲמָרוֹת נִבְרָא הָעוֹלָם״בְּרֵאשִׁית״ נָמֵי מַאֲמָר הוּא
שאמר משמע ע״י מאמר א׳, הוא מאמר דבראשית בחוכמתא בראונפרטו ע״י ט׳ מאמרות יהי אור יהי רקיע כו׳ וזהו אומר ועושה
Talmud, Roch Hachana 32a · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Rosh_Hashanah.32a
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Baruch Sheamar · commentaire sur בָּרוּךְ שֶׁאָמַר et בָּרוּךְ הוּא ; anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase · chabad.org/torah-texts/1524143
Likouté Torah, Drouchim leRoch Hachana, p. 55b · cité d’après une note hébraïque du commentaire ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles
le Rabbi, Torat Mena’hem, vol. 18 (5717, vol. 1), p. 25, citant le Pri Ets ’Haïm, Chaar HaZemirot, ch. 4 · cité d’après le commentaire ; paraphrase
Miséricorde, récompense, vie, rédemption, et Son Nom
6. בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ. Le commentaire remarque qu’on ne peut dire que de quelqu’un de plus élevé qu’il a pitié de quelqu’un de plus bas ; entre égaux, il n’y a pas de « pitié ». Hachem est au-delà de toute comparaison avec Ses créatures. Comment alors se rapporte-t-Il à cette terre si basse ? Par Sa miséricorde (Likouté Torah ; Peirouch HaMilot). Et « la terre », dit le Siddour im Dakh, c’est aussi Malkhout, l’attribut de la royauté par lequel le monde est fait.
7. בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הַבְּרִיּוֹת. D’abord la terre, puis les créatures qui y vivent.
8. בָּרוּךְ מְשַׁלֵּם שָׂכָר טוֹב לִירֵאָיו. Il paie une bonne récompense à ceux qui Le craignent. Un lien que je propose : la même Michna qui parle des dix paroles (Avot 5:1) finit par le but, « et pour donner une bonne récompense aux tsaddikim », וְלִתֵּן שָׂכָר טוֹב לַצַּדִּיקִים : les mêmes mots que notre bénédiction.
9. בָּרוּךְ חַי לָעַד וְקַיָּם לָנֶצַח. Hachem Lui-même est au-dessus du temps ; « vivant à jamais » décrit la lumière qui vient de Lui, au-dessus du temps mais qui brille en lui et lui donne l’éternité (Peirouch HaMilot).
10. בָּרוּךְ פּוֹדֶה וּמַצִּיל. Le Siddour im Dakh explique : Il rachète les étincelles de sainteté cachées dans le monde, et Il aide chacun dans la lutte qui est en lui, comme l’ont dit les Sages (Soukka 52b) : « Si le Saint, béni soit-Il, ne l’aidait pas, l’homme ne pourrait pas vaincre le yétser hara. » Il rachète une fois, et Il sauve encore et encore.
11. בָּרוּךְ שְׁמוֹ. Et la première partie se termine : béni soit Son Nom. La deuxième partie commence, avec בָּרוּךְ אַתָּה, « Toi ».
וְלִתֵּן שָׂכָר טוֹב לַצַּדִּיקִיםוְאִלְמָלֵא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שֶׁעוֹזֵר לוֹ — אֵינוֹ יָכוֹל לוֹ
Pirké Avot 5:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Pirkei_Avot.5.1
Talmud, Soukka 52b · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Sukkah.52b
La deuxième partie : « loué par la bouche de Son peuple »
12. בָּרוּךְ אַתָּה. Maintenant nous nous tournons vers Hachem en disant « Toi », et nous disons comment Il est loué : par la bouche de Son peuple, par la langue de Ses fidèles et de Ses serviteurs, et par les chants de David, les Tehilim que nous allons dire. Le commentaire explique הַמְהֻלָּל, « loué », par la même racine qu’une lampe qui brille : notre louange fait briller Sa lumière (Siddour im Dakh).
Puis nous promettons : נְהַלֶּלְךָ, « nous Te louerons », בִּשְׁבָחוֹת וּבִזְמִרוֹת, par des louanges et par des chants. Le commentaire les distingue : les louanges font descendre la bénédiction d’En haut, comme louer une personne fait sortir ses forces cachées ; les chants nous élèvent, au-dessus de nous-mêmes (Peirouch HaMilot). Et וְנַזְכִּיר שִׁמְךָ : « nous mentionnerons Ton Nom », et aussi, dit le commentaire, nous Lui rappellerons, pour ainsi dire, notre existence ici-bas (Peirouch HaMilot).
13. בָּרוּךְ אַתָּה … מֶלֶךְ מְהֻלָּל בַּתִּשְׁבָּחוֹת. Le Roi loué par les louanges : la bénédiction se ferme sur le mot qui est tout le sujet des Pessouké deZimra.
Une échelle du plus haut au plus bas
Pourquoi tant de Baroukh ? Le commentaire commence par une question. Les Pessouké deZimra sont notre effort d’en bas, et ils doivent éveiller une réponse d’En haut. Mais nous commençons notre prière à un niveau bas. D’où vient la force ? De Baroukh Chéomar, dont le but est « de faire descendre des énergies célestes vivantes pour inspirer le peuple juif et donner à sa louange de D.ieu le pouvoir de susciter un éveil d’En haut. Puisque les Juifs commencent leurs prières à un échelon spirituel bas, une lumière extrêmement élevée doit descendre pour les inspirer » (Peirouch HaMilot ; traduit de l’anglais).
Chaque Baroukh est donc une marche. « Dans le siddour du Ari zal », écrit le commentaire, « chaque phrase se rapporte à un échelon spirituel différent » (traduit de l’anglais). Une note hébraïque donne l’échelle complète, du premier Baroukh tout en haut du monde d’Atsilout jusqu’au premier בָּרוּךְ אַתָּה dans le monde de Beria. Et elle ajoute un point frappant : à chaque marche, « Baroukh » est le Kéter, la couronne, le point le plus élevé de ce niveau. Pourquoi le plus élevé ? « Et c’est la règle : plus une chose est haute, plus elle peut s’abaisser bas » (Peirouch HaMilot). Pour atteindre celui qui se tient en bas de l’échelle, la lumière doit venir de tout en haut.
הנה מבואר בסידור האריז״ל כוונת הפרטי׳ מב״ש עד ברוך שמוכי ברוך בכל פרט הוא בחי׳ הכתר שבו דוקאוזהו הכלל דכל הגבוה גבוה יותר יוכל להשפיל א״ע למטה מטה ביותר
Peirouch HaMilot (l’Admour haEmtsaï), p. 59d-60a, 62c-63a, 69b · cité d’après une note hébraïque du commentaire ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles
Pourquoi nous tenons les tsitsit
L’article du Rav Shurpin sur Chabad.org rassemble plusieurs raisons de tenir les deux tsitsit de devant, chacune avec sa source. Je les rapporte telles qu’il les cite.
Le Arizal (Chaar HaKavanot). La prière est une échelle à travers quatre mondes, et les Pessouké deZimra, à partir de Baroukh Chéomar, appartiennent au monde de Yetsira. Les deux tsitsit de devant correspondent aussi à Yetsira : nous joignons donc à nos paroles un acte, et nous les tenons.
Dix nœuds. Chaque tsitsit a cinq nœuds ; les deux ensemble en font dix, comme les dix Baroukh de la première partie selon le compte de l’article (Responsa Zikhron Yehouda).
Quatre-vingt-sept. La Torah appelle les tsitsit גְּדִלִים, « des fils tressés » (Devarim 22:12). La lettre ג vaut 3, ד vaut 4, ל vaut 30, י vaut 10 et ם vaut 40 : ensemble 87, comme les 87 mots (Sefer Mat’amim ; §G45).
Treize et vingt-six. Chaque tsitsit a huit fils et cinq nœuds, 13, comme les treize Baroukh ; les deux ensemble font 26, la valeur du Nom de quatre lettres d’Hachem (Otsar Kol Minhagué Yechouroun).
גְּדִלִים תַּעֲשֶׂה־לָּךְ
Chaar HaKavanot, Inyan Tefilat HaCha’har 1 ; Responsa Zikhron Yehouda 1:9 ; Sefer Mat’amim (Ha’Hadach), Tefila 7 ; Otsar Kol Minhagué Yechouroun · cité d’après l’article du Rav Shurpin ; non consulté
Devarim 22:12 · texte hébreu via Sefaria ; cité en partie · sefaria.org/Deuteronomy.22.12
Béni, et source de bénédiction : la vigne, le bassin et le tonneau
Comment pouvons-nous bénir Hachem ? Il est la source de toute bénédiction. Le commentaire de notre siddour répond par le mot lui-même. בָּרוּךְ a deux sens, dit l’Admour haEmtsaï dans le Peirouch HaMilot. Dans le premier, il est passif : celui qui reçoit la bénédiction de sa source, comme dans « et le roi Chlomo sera béni ». Dans le second, il est actif : celui qui fait descendre la bénédiction vers d’autres. Ce second sens vient du mot du cultivateur dans la Michna (Kilayim 7:1), הַמַּבְרִיךְ אֶת הַגֶּפֶן, « celui qui enfonce la vigne dans la terre » (§G49). Le commentaire explique :
« Cependant, le terme ברוך, “béni”, partage une racine avec le verbe lehavrikh (להבריך), qui désigne la technique agricole consistant à enfouir dans la terre une branche basse de la vigne, dans l’espoir qu’elle prenne racine et produise finalement une vigne nouvelle.
Les nouvelles racines étendent et élargissent ainsi la vitalité de la vigne. Dans ce sens, celui qui est béni devient une source d’influence. » (traduit de l’anglais)
— Chabad.org, Online Siddur with Commentary, sur בָּרוּךְ הוּא (Peirouch HaMilot)
Peirouch HaMilot (l’Admour haEmtsaï), p. 59d-60a, 62c-63a, 69b · cité d’après une note hébraïque du commentaire ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles
Michna, Kilayim 7:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishnah_Kilayim.7.1
Melakhim I 2:45 · texte hébreu via Sefaria ; cité en partie · sefaria.org/I_Kings.2.45
Ce qu’ajoute la note hébraïque, et ce que j’en retiens
« Les deux sont vrais. » On pourrait penser que les deux sens sont opposés : recevoir et donner. La note hébraïque dit : « les deux explications sont vraies, et ce ne sont pas du tout deux contraires ; au contraire, l’une dépend de l’autre ». Plus on est béni, plus on peut bénir.
Le bassin et l’élève. La note donne d’autres exemples. Celui qui creuse à partir d’une source et fait jaillir l’eau dans un bassin (בְּרֵכָה, les mêmes lettres). Et un élève : « plus il est béni lui-même, plus il peut donner à celui qui reçoit de lui ».
Le tonneau qui déborde. Et mon préféré : un tonneau plein, « plus il se remplit, plus des gouttes s’en écoulent en bas, à sa base ». Un tonneau rempli seulement à sa mesure ne donne rien ; ce qui déborde est ce qui atteint les autres. Ainsi, quand la lumière d’un maître dépasse ce qu’il peut contenir, elle se déverse, et il dit quelque chose de nouveau.
À partir d’ici, mes propres pensées. La branche descend d’abord. Le sarment doit se courber et entrer dans la terre avant de prendre racine et de devenir une nouvelle vigne. C’est encore la règle de l’échelle : plus c’est haut, plus cela peut descendre bas.
Que le Chabbat remplisse le tonneau. Le Chabbat matin, nous avons le temps. Disons Baroukh Chéomar lentement, avec une mélodie, comme le demande l’Admour Hazaken. Laissons le tonneau se remplir jusqu’à ce qu’il déborde, dans nos familles et dans toute la semaine.
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51 (Sichos in English, sur Chabad.org) · texte hébreu cité ; anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase · chabad.org/…/aid/3285916
« Unique, Vie des mondes, Roi » — et une pause
Vers la fin nous disons יָחִיד, חֵי הָעוֹלָמִים מֶלֶךְ, puis nous faisons une pause avant מְשֻׁבָּח. Le commentaire, d’après le Torah Or, explique ces mots. יָחִיד et אֶחָד veulent tous deux dire « un ». Mais אֶחָד est une unité qui relie beaucoup de choses, comme dans le Chema, où l’unité d’Hachem remplit les cieux, la terre et les quatre directions (leçon 7). יָחִיד est Son unité telle qu’Il est par Lui-même, avant toute création.
Yichtaba’h, à la fin des Pessouké deZimra, emploie les mêmes mots dans un autre ordre : מֶלֶךְ יָחִיד חֵי הָעוֹלָמִים. Pourquoi ? Au début, Baroukh Chéomar dit qu’Hachem est יָחִיד, et que la vie qu’Il donne aux mondes vient par Sa royauté, מֶלֶךְ, un niveau extérieur. Après toutes les louanges, Yichtaba’h peut dire davantage : le יָחִיד lui-même est à l’intérieur de la royauté, et par elle Son unité singulière se révèle dans tous les mondes (Torah Or, Torat Mena’hem). C’est pourquoi la pause compte : dans Baroukh Chéomar, מֶלֶךְ ferme la phrase « Unique, Vie des mondes, Roi ».
יָחִיד, חֵי הָעוֹלָמִים מֶלֶךְ. מְשֻׁבָּח וּמְפֹאָר עֲדֵי עַד שְׁמוֹ הַגָּדוֹל.
Sefer HaMinhaguim (’Habad), Pessouké DeZimra (Kehot, trad. Uri Kaploun, sur Chabad.org) · anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/aid/4153519

Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51 (Sichos in English, sur Chabad.org) · texte hébreu cité ; anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase · chabad.org/…/aid/3285916
Sefer HaMinhaguim (’Habad), Pessouké DeZimra (Kehot, trad. Uri Kaploun, sur Chabad.org) · anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/aid/4153519
Baroukh Chéomar, ligne par ligne
| Hébreu | Translittération | Sens |
|---|---|---|
| בָּרוּךְ שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם, בָּרוּךְ הוּא, | Boroukh chéomar vehoyo ha’olom, boroukh hou, | Béni soit Celui qui a parlé, et le monde fut ; béni soit-Il. |
| בָּרוּךְ אוֹמֵר וְעֹשֶׂה, | Boroukh omèr veossé, | Béni soit Celui qui dit et fait ; |
| בָּרוּךְ גּוֹזֵר וּמְקַיֵּם, | Boroukh gozèr oumekayèm, | Béni soit Celui qui décrète et accomplit ; |
| בָּרוּךְ עֹשֶׂה בְרֵאשִׁית, | Boroukh ossé verèchiss, | Béni soit Celui qui fait la Création ; |
| בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ, | Boroukh mera’hèm al ho’orèts, | Béni soit Celui qui a pitié de la terre ; |
| בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הַבְּרִיּוֹת, | Boroukh mera’hèm al haberiyoss, | Béni soit Celui qui a pitié des créatures ; |
| בָּרוּךְ מְשַׁלֵּם שָׂכָר טוֹב לִירֵאָיו, | Boroukh mechalèm sokhor tov lirè’ov, | Béni soit Celui qui paie une bonne récompense à ceux qui Le craignent ; |
| בָּרוּךְ חַי לָעַד וְקַיָּם לָנֶצַח, | Boroukh ’haï lo’ad vekayom lonètsa’h, | Béni soit Celui qui vit à jamais et subsiste éternellement ; |
| בָּרוּךְ פּוֹדֶה וּמַצִּיל, בָּרוּךְ שְׁמוֹ. | Boroukh podé oumatsil, boroukh chemo. | Béni soit Celui qui rachète et sauve ; béni soit Son Nom. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, | Boroukh Ato Ado-noï, Èlo-kéinou Mèlè’h ha’olom, | Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, |
| הָאֵל, אָב הָרַחֲמָן, הַמְהֻלָּל בְּפֶה עַמּוֹ, | ha’Kél, ov hara’hamone, hamehoulol befè amo, | le D.ieu, le Père miséricordieux, loué par la bouche de Son peuple, |
| מְשֻׁבָּח וּמְפֹאָר בִּלְשׁוֹן חֲסִידָיו וַעֲבָדָיו, | mechoubo’h oumefo’or bilchone ’hassidov va’avodov, | célébré et glorifié par la langue de Ses fidèles et de Ses serviteurs, |
| וּבְשִׁירֵי דָוִד עַבְדֶּךָ. | ouvechiré Dovid avdekho. | et par les chants de David, Ton serviteur. |
| נְהַלֶּלְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ, בִּשְׁבָחוֹת וּבִזְמִרוֹת, | Nehalèlkho Ado-noï Èlo-kéinou, bichvo’hoss ouvizmiross, | Nous Te louerons, Hachem notre D.ieu, par des louanges et par des chants ; |
| נְגַדֶּלְךָ וּנְשַׁבֵּחֲךָ וּנְפָאֶרְךָ, וְנַמְלִיכְךָ וְנַזְכִּיר שִׁמְךָ מַלְכֵּנוּ אֱלֹהֵינוּ. | neguadèlkho ounechabé’hakho ounefo’èrkho, venamlikhkho venazkir chimkho, malkénou Èlo-kéinou. | nous Te magnifierons, Te célébrerons et Te glorifierons ; nous Te proclamerons Roi et mentionnerons Ton Nom, notre Roi, notre D.ieu. |
| יָחִיד, חֵי הָעוֹלָמִים | Yo’hid, ’héi ha’olomim | Unique, Vie des mondes, |
| מֶלֶךְ. מְשֻׁבָּח וּמְפֹאָר עֲדֵי עַד שְׁמוֹ הַגָּדוֹל. | Mèlè’h. Mechoubo’h oumefo’or adé ad chemo hagodol. | Roi. Célébré et glorifié à tout jamais est Son grand Nom. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, מֶלֶךְ מְהֻלָּל בַּתִּשְׁבָּחוֹת׃ | Boroukh Ato Ado-noï, Mèlè’h mehoulol batichbo’hoss. | Béni sois-Tu, Hachem, Roi loué par les louanges. |
J’ai vérifié chaque mot sur le siddour de Chabad.org (Siddour Tehilat Hachem), et je les ai comptés : 87, de בָּרוּךְ שֶׁאָמַר à בַּתִּשְׁבָּחוֹת. Points de notre noussa’h à remarquer : l’ordre des premiers Baroukh ; אָב הָרַחֲמָן, « le Père miséricordieux » ; בְּפֶה avec un ségol ; la pause après מֶלֶךְ ; et בַּתִּשְׁבָּחוֹת avec un ’hirik. Les siddourim d’autres noussa’him diffèrent sur certains de ces points ; je suis le siddour ’Habad. Les traductions et translittérations sont les miennes.
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51 (Sichos in English, sur Chabad.org) · texte hébreu cité ; anglais cité (traduit de l’anglais) et en paraphrase · chabad.org/…/aid/3285916
Sefer HaMinhaguim (’Habad), Pessouké DeZimra (Kehot, trad. Uri Kaploun, sur Chabad.org) · anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/aid/4153519
« Béni soit Celui qui a parlé »
Remarquez le changement de temps : שֶׁאָמַר, « qui a parlé », au passé, puis אוֹמֵר וְעֹשֶׂה, « qui dit et fait », au présent (§G8, §G15).
בָּרוּךְ שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם, בָּרוּךְ הוּא,בָּרוּךְ אוֹמֵר וְעֹשֶׂה,בָּרוּךְ גּוֹזֵר וּמְקַיֵּם,
| שֶׁאָמַר | = | אָמַר | + | שֶׁ |
| chéomar qui a parlé | dire | que, qui |
| וְהָיָה | = | הָיָה | + | וְ |
| vehoyo et il fut | être | et |
| הָעוֹלָם | = | עוֹלָם | + | הָ |
| ha’olom le monde | monde | le, la, les |
| הוּא | = | הוּא |
| hou Il, Lui | il |
| אוֹמֵר | = | אוֹמֵר |
| omèr dit | dire |
| וְעֹשֶׂה | = | עֹשֶׂה | + | וְ |
| veossé et fait | faire | et |
| גּוֹזֵר | = | גּוֹזֵר |
| gozèr décrète | décréter |
| וּמְקַיֵּם | = | קַיֵּם | + | מְ | + | וּ |
| oumekayèm et accomplit | se tenir, durer | présent du pi’el | et |
Miséricorde, récompense, vie et rédemption
Les mots déjà expliqués, comme le mot בָּרוּךְ (§G13, §G49), le mot עַל et le mot חַי, ne sont pas répétés. Trouvez deux mots de la racine creuse ק־ו־ם (§G44).
בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ,בָּרוּךְ מְרַחֵם עַל הַבְּרִיּוֹת,בָּרוּךְ מְשַׁלֵּם שָׂכָר טוֹב לִירֵאָיו,בָּרוּךְ חַי לָעַד וְקַיָּם לָנֶצַח,בָּרוּךְ פּוֹדֶה וּמַצִּיל, בָּרוּךְ שְׁמוֹ.
| מְרַחֵם | = | רַחֵם | + | מְ |
| mera’hèm a pitié | miséricorde | présent du pi’el |
| הַבְּרִיּוֹת | = | ◌וֹת | + | בְּרִיּ | + | הַ |
| haberiyoss les créatures | pluriel (f.) | créer | le, la, les |
| מְשַׁלֵּם | = | שַׁלֵּם | + | מְ |
| mechalèm paie | compléter, payer | présent du pi’el |
| לִירֵאָיו | = | ◌יו | + | ירֵאָ | + | לִ |
| lirè’ov à ceux qui Le craignent | Ses (pluriel) | craindre | à, pour |
| לָעַד | = | עַד | + | לָ |
| lo’ad à jamais | toujours | à, pour |
| וְקַיָּם | = | קַיָּם | + | וְ |
| vekayom et subsiste | se tenir, durer | et |
| לָנֶצַח | = | נֶצַח | + | לָ |
| lonètsa’h éternellement | éternité | à, pour |
| פּוֹדֶה | = | פּוֹדֶה |
| podé rachète | racheter |
| וּמַצִּיל | = | צִּיל | + | מַ | + | וּ |
| oumatsil et sauve | sauver | présent du hif’il | et |
| שְׁמוֹ | = | ◌וֹ | + | שְׁמ |
| chemo Son Nom | Son, Sa | nom |
« Loué par la bouche de Son peuple »
Trois mots au pou’al (§G47) : הַמְהֻלָּל, « loué » ; מְשֻׁבָּח, « célébré » ; et וּמְפֹאָר, « glorifié ».
הָאֵל, אָב הָרַחֲמָן, הַמְהֻלָּל בְּפֶה עַמּוֹ,מְשֻׁבָּח וּמְפֹאָר בִּלְשׁוֹן חֲסִידָיו וַעֲבָדָיו,וּבְשִׁירֵי דָוִד עַבְדֶּךָ.
| הָרַחֲמָן | = | ◌ן | + | רַחֲמָ | + | הָ |
| hara’hamone le miséricordieux | -on : celui qui est | miséricorde | le, la, les |
| הַמְהֻלָּל | = | הֻלָּל | + | מְ | + | הַ |
| hamehoulol loué | louer | présent du pou’al | le, la, les |
| בְּפֶה | = | פֶה | + | בְּ |
| befè par la bouche de | bouche | dans, par |
| עַמּוֹ | = | ◌וֹ | + | עַמּ |
| amo Son peuple | Son, Sa | peuple |
| מְשֻׁבָּח | = | שֻׁבָּח | + | מְ |
| mechoubo’h célébré | célébrer | présent du pou’al |
| וּמְפֹאָר | = | פֹאָר | + | מְ | + | וּ |
| oumefo’or et glorifié | gloire | présent du pou’al | et |
| בִּלְשׁוֹן | = | לְשׁוֹן | + | בִּ |
| bilchone par la langue de | langue | dans, par |
| חֲסִידָיו | = | ◌יו | + | חֲסִידָ |
| ’hassidov Ses fidèles | Ses (pluriel) | bonté, piété |
| וּבְשִׁירֵי | = | ◌י | + | שִׁירֵ | + | בְ | + | וּ |
| ouvechiré et par les chants de | pluriel, « de » | chant | dans, par | et |
| עַבְדֶּךָ | = | ◌ךָ | + | עַבְדֶּ |
| avdekho Ton serviteur | Toi, Ton, Ta | servir |
« Nous Te louerons »
Six verbes avec נ, « nous », et quatre d’entre eux finissent par ־ךָ, « Toi » (§G20, §G30).
נְהַלֶּלְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ, בִּשְׁבָחוֹת וּבִזְמִרוֹת,נְגַדֶּלְךָ וּנְשַׁבֵּחֲךָ וּנְפָאֶרְךָ, וְנַמְלִיכְךָ וְנַזְכִּיר שִׁמְךָ מַלְכֵּנוּ אֱלֹהֵינוּ.יָחִיד, חֵי הָעוֹלָמִיםמֶלֶךְ. מְשֻׁבָּח וּמְפֹאָר עֲדֵי עַד שְׁמוֹ הַגָּדוֹל.בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, מֶלֶךְ מְהֻלָּל בַּתִּשְׁבָּחוֹת׃
| נְהַלֶּלְךָ | = | ◌ךָ | + | הַלֶּלְ | + | נְ |
| nehalèlkho nous Te louerons | Toi, Ton, Ta | louer | nous (futur) |
| בִּשְׁבָחוֹת | = | ◌וֹת | + | שְׁבָח | + | בִּ |
| bichvo’hoss par des louanges | pluriel (f.) | louange | dans, par |
| וּבִזְמִרוֹת | = | ◌וֹת | + | זְמִר | + | בִ | + | וּ |
| ouvizmiross et par des chants | pluriel (f.) | chanter | dans, par | et |
| נְגַדֶּלְךָ | = | ◌ךָ | + | גַדֶּלְ | + | נְ |
| neguadèlkho nous Te magnifierons | Toi, Ton, Ta | grand | nous (futur) |
| וּנְשַׁבֵּחֲךָ | = | ◌ךָ | + | שַׁבֵּחֲ | + | נְ | + | וּ |
| ounechabé’hakho et Te célébrerons | Toi, Ton, Ta | célébrer | nous (futur) | et |
| וּנְפָאֶרְךָ | = | ◌ךָ | + | פָאֶרְ | + | נְ | + | וּ |
| ounefo’èrkho et Te glorifierons | Toi, Ton, Ta | gloire | nous (futur) | et |
| וְנַמְלִיכְךָ | = | ◌ךָ | + | מְלִיכְ | + | נַ | + | וְ |
| venamlikhkho et Te proclamerons Roi | Toi, Ton, Ta | roi | nous (futur du hif’il) | et |
| וְנַזְכִּיר | = | זְכִּיר | + | נַ | + | וְ |
| venazkir et mentionnerons | se souvenir | nous (futur du hif’il) | et |
| יָחִיד | = | יָחִיד |
| yo’hid unique | un |
| חֵי | = | חֵי |
| ’héi Vie de | vie |
| עֲדֵי | = | עֲדֵי |
| adé à tout (jamais) | jusqu’à, toujours |
| בַּתִּשְׁבָּחוֹת | = | ◌וֹת | + | שְׁבָּח | + | תִּ | + | בַּ |
| batichbo’hoss par les louanges | pluriel (f.) | louange | nom en ת | par les |
- Leçon 1 §G1 · La racine et le mot en trois parties : la plupart des mots reposent sur une racine de trois lettres ; un mot = préfixe + radical + terminaison
- Leçon 1 §G2 · Les lettres cachées de la racine : le youd, le vav et le hé peuvent changer de forme ou tomber ; un daguech peut marquer une lettre fondue
- Leçon 1 §G3 · Les préfixes d’une lettre : ve- et, be- dans/avec, le- à, mi- de, ché- que : écrits collés au mot suivant
- Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
- Leçon 1 §G5 · Les noms : masculin, féminin, pluriel : féminin -a, qui devient -at/-ot devant une terminaison ; pluriels -im et -ot ; les voyelles s’abrègent quand le mot s’allonge
- Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
- Leçon 1 §G8 · Présent et passé : qui parle : le présent (participe) varie en genre et en nombre ; le passé ajoute des terminaisons de personne : -ti je, -to tu, -nou nous
- Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
- Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 2 §G13 · Le participe passif : boroukh : le schème kotouv (kamats, puis ou avant la dernière lettre) signifie « -é » : boroukh béni
- Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
- Leçon 3 §G16 · Le présent du hif’il : ma- … -i- : le présent du hif’il a ma- (mé-) en tête et un youd avant la dernière lettre de la racine : matir, malbich, hamékhin, hama’avir ; il signifie « fait … »
- Leçon 3 §G17 · Des mots qui servent de noms : « les aveugles », « Celui qui » : un adjectif ou un participe peut s’employer seul comme nom ; avec ha- devant, un participe signifie « Celui qui … »
- Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
- Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
- Leçon 5 §G28 · Les noms avec un מ devant : beaucoup de noms se forment en plaçant un מ (ma-, mi-) devant la racine : ma’assè une action (ע־שׂ־ה, faire), mitsva un ordre (צ־ו־ה), mitsad un pas (צ־ע־ד)
- Leçon 6 §G30 · « Qu’Il te bénisse » : le futur comme souhait, avec terminaisons de complément : le futur (§G20) dit aussi « que… » : yevorèkhekho qu’Il te bénisse ; une terminaison après un verbe au futur désigne le complément : -kho te, -èm les
- Leçon 9 §G44 · Les racines creuses : quand la lettre du milieu est un vav (אוֹר, מֵאִיר, טוּבוֹ) : dans les racines comme א־ו־ר (lumière) et ט־ו־ב (bon), le ו du milieu est une voyelle, pas une vraie lettre : or lumière, mé’ir éclaire (hif’il, §G16), mo’or un luminaire (מ devant, §G28), tov bon, touvo Sa bonté
- Leçon 9 §G45 · Des lettres qui comptent : la guématria : chaque lettre hébraïque a un nombre : א–ט 1–9, י–צ 10–90, ק–ת 100–400 ; la valeur d’un mot est la somme de ses lettres : אוֹר = 207 = רָז (Zohar, cité) ; אֶת הָאוֹר = 613 = בַּתּוֹרָה (Baal HaTourim)
Dans la leçon 2, nous avons rencontré le pi’el, le schème avec la lettre du milieu redoublée (§G11) : מְקַדֵּשׁ, « sanctifie », מְחַדֵּשׁ, « renouvelle ». Dans la leçon 4, nous avons vu que le verbe simple a son propre passif, le nif’al (§G21). Le pi’el a aussi un passif, et Baroukh Chéomar en est plein : le pou’al.
Comment le reconnaître. Le pou’al garde le daguech du pi’el dans la lettre du milieu, mais met un ou sous la première : un koubouts (ֻ). Au présent, il a מְ devant, comme le pi’el. Comparez :
- pi’el מְהַלֵּל (mehalèl), « loue » → pou’al מְהֻלָּל (mehoulol), « est loué ».
- pi’el מְשַׁבֵּחַ (mechabéa’h), « célèbre » → pou’al מְשֻׁבָּח (mechoubo’h), « est célébré ».
Le présent du pi’el a donc a … é (מְ-ַ-ֵּ), et le présent du pou’al a ou … o (מְ-ֻ-ָּ). Un schème de voyelles dit « fait », l’autre dit « subit ».
Quand la lettre du milieu ne peut pas prendre de daguech. Dans מְפֹאָר (mefo’or), « glorifié », la racine est פ־א־ר, et la lettre du milieu est un א. Un א ne prend jamais de daguech. Le pou’al compense alors en allongeant la voyelle d’avant : le ou devient o, un ’holam (ֹ). C’est le même genre de changement caché que nous avons vu avec les lettres faibles (§G2).
Dans notre bénédiction. הַמְהֻלָּל בְּפֶה עַמּוֹ, « qui est loué par la bouche de Son peuple » ; מְשֻׁבָּח וּמְפֹאָר, « célébré et glorifié », deux fois ; et les derniers mots, מֶלֶךְ מְהֻלָּל בַּתִּשְׁבָּחוֹת, « le Roi loué par les louanges ». Notre bénédiction dit d’abord qu’Hachem est loué, puis, dans les verbes en נ, nous disons que nous Le louerons (§G20) : נְהַלֶּלְךָ, « nous Te louerons », est le pi’el de la même racine.
| מְהֻלָּל | mehoulol | loué | pou’al de ה־ל־ל |
| מְשֻׁבָּח | mechoubo’h | célébré | pou’al de שׁ־ב־ח |
| מְפֹאָר | mefo’or | glorifié | pou’al de פ־א־ר : le א ne prend pas de daguech, ou → o |
| נְהַלֶּלְךָ | nehalèlkho | nous Te louerons | pi’el, même racine (§G11, §G20) |
Dans la leçon 1, nous avons appris que certaines lettres de la racine sont faibles, et qu’un hé final peut tomber (§G2) : חַי, « vivant », vient de ח־י־ה. Dans la leçon 9, nous avons rencontré נִרְאֶה, de ר־א־ה (§G46). Baroukh Chéomar contient tout un groupe de ces racines, et il vaut la peine d’apprendre comment elles se comportent, car elles font partie des verbes les plus fréquents du siddour.
Le participe finit en -è. Un participe normal du verbe simple a o puis é : גּוֹזֵר (gozèr), « décrète », אוֹמֵר (omèr), « dit » (§G15). Quand la troisième lettre de la racine est un ה, le é devient è (un ségol), et le ה reste à la fin, muet :
- ע־שׂ־ה, « faire » : עֹשֶׂה (ossé), « fait » : בָּרוּךְ אוֹמֵר וְעֹשֶׂה et בָּרוּךְ עֹשֶׂה בְרֵאשִׁית.
- פ־ד־ה, « racheter » : פּוֹדֶה (podé), « rachète » : בָּרוּךְ פּוֹדֶה וּמַצִּיל.
Le passé « il » finit en -o. Au passé, « il a fait » a deux kamats et le ה à la fin : הָיָה (hoyo), « il fut, il advint », de ה־י־ה : שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם, « qui a parlé, et le monde fut ». Comparez אָמַר (omar), « il a dit », d’une racine forte : là, la dernière lettre est un ר, sans voyelle après.
Devant une terminaison, le ה tombe. Quand on ajoute quelque chose après la racine, le ה disparaît (§G2). De מַעֲשֶׂה (ma’assé), « un acte » (§G28), vient מַעֲשֶׂיךָ (ma’assékho), « Tes actes », et la forme de chaîne מַעֲשֵׂה (ma’assé), « l’œuvre de », comme dans מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית (leçon 9). La même racine ה־י־ה donne יְהִי (yehi), « que soit », le mot des neuf paroles, sans aucun ה à la fin.
Quand un mot finit par ־ֶה ou ־ָה et que vous ne trouvez pas de troisième lettre de racine, essayez donc un ה.
| עֹשֶׂה | ossé | fait | participe de ע־שׂ־ה |
| פּוֹדֶה | podé | rachète | participe de פ־ד־ה |
| וְהָיָה | vehoyo | et il fut | passé de ה־י־ה |
| יְהִי | yehi | que soit | le ה est tombé |
Dans la leçon 1, nous avons appris qu’une racine porte une idée de base, et que chaque schème l’habille différemment (§G1, §G7). La racine du mot qui ouvre chaque bénédiction, ב־ר־ך, en est un bon exemple, et cette leçon en a besoin, car Baroukh Chéomar dit בָּרוּךְ treize fois.
La famille.
- בָּרוּךְ (boroukh), « béni » : le participe passif (§G13). Il désigne aussi celui qui reçoit la bénédiction, comme dans וְהַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה בָּרוּךְ, « et le roi Chlomo sera béni » (Melakhim I 2:45).
- בְּרָכָה (berokho), « une bénédiction » : un nom féminin (§G5) ; pluriel בְּרָכוֹת (berokhoss).
- נְבָרֵךְ (nevorékh), « nous bénirons » : le futur du pi’el avec נ (§G11, §G20). Au pi’el, la lettre du milieu devrait être redoublée, mais le ר ne prend pas de daguech ; la voyelle d’avant s’allonge donc (comme au §G47).
- הַמַּבְרִיךְ (hamavrikh), le hif’il (§G7, §G16) : dans la Michna (Kilayim 7:1), הַמַּבְרִיךְ אֶת הַגֶּפֶן בָּאָרֶץ, « celui qui enfonce la vigne dans la terre » : le cultivateur courbe un sarment de vigne, le couvre de terre, et il prend racine et devient une nouvelle vigne.
Deux sens, une racine. Le commentaire de notre siddour (Peirouch HaMilot) s’appuie sur cela. בָּרוּךְ peut vouloir dire que quelqu’un reçoit la bénédiction de sa source. Et, d’après lehavrikh, il peut vouloir dire qu’il devient une source qui fait descendre la bénédiction vers d’autres, comme le sarment qui prend racine dans un nouvel endroit. Le commentaire dit que les deux sens sont vrais, et qu’ils dépendent l’un de l’autre : plus on est béni, plus on peut bénir. Nous le verrons dans l’éclairage ’hassidique de cette leçon.
Trouver la racine est la compétence clé de ce cours (§G1). Quand on connaît ב־ר־ך, toute une famille de mots s’ouvre.
| בָּרוּךְ | boroukh | béni | participe passif (§G13) |
| בְּרָכָה | berokho | une bénédiction | nom féminin (§G5) |
| נְבָרֵךְ | nevorékh | nous bénirons | futur du pi’el (§G11, §G20) |
| הַמַּבְרִיךְ | hamavrikh | celui qui enfonce un sarment dans la terre | hif’il (§G16) |
Petits mots dans Baroukh Chéomar
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| עַל | al | sur | — | מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ, « a pitié de la terre ». |
| אָב | ov | père | — | אָב הָרַחֲמָן, « le Père miséricordieux » ; aussi אָבִינוּ, « notre Père ». |
| פֶּה | pè | bouche | — | Dans une chaîne d’habitude פִּי ; notre noussa’h dit בְּפֶה עַמּוֹ (§G10). |
| שֵׁם | chém | nom | שׁ־ם | שְׁמוֹ, « Son Nom » ; שִׁמְךָ, « Ton Nom » (§G4). |
| עַד | ad | jusqu’à, à jamais | — | לָעַד, « à jamais » ; עֲדֵי עַד, « à tout jamais ». |
| שָׂכָר | sokhor | récompense | שׂ־כ־ר | שָׂכָר טוֹב, « une bonne récompense » (Avot 5:1). |
| בָּרוּךְ boroukh · béni chaque bénédiction, et treize fois ici | מְהֻלָּל mehoulol · loué Baroukh Chéomar, Achré (Tehilim 145:3), le Hallel |
| מְשֻׁבָּח וּמְפֹאָר mechoubo’h oumefo’or · célébré et glorifié Baroukh Chéomar, Yichtaba’h et le Kaddich (leçon 8) | מְרַחֵם mera’hèm · a pitié Baroukh Chéomar, deux fois : sur la terre et sur les créatures |
| עֹשֶׂה ossé · fait Ossé chalom, à la fin du Kaddich et de la Amida | שְׁמוֹ chemo · Son Nom Boroukh chemo ici, et Boroukh chém kevod mal’khouto (leçon 7) ; avec « Ton », chimkho |
- Selon l’Admour Hazaken (Choul’han Aroukh HaRav 51:2), qui a institué Baroukh Chéomar, et comment leur est-il parvenu ?
- Pourquoi Baroukh Chéomar est-il appelé la bénédiction d’ouverture des Pessouké deZimra ? Qu’enseignent les Sages (Berakhot 32a) sur la louange d’Hachem avant nos demandes ?
- Combien de mots y a-t-il dans Baroukh Chéomar ? Quel verset en est le signe, et comment les lettres de פָּז donnent-elles le nombre ? → voir Leçon 9 §G45
- Comment disons-nous Baroukh Chéomar : assis ou debout ? Que tenons-nous, dans quelle main, et qu’en faisons-nous à la fin ?
- Où le Sefer HaMinhaguim nous dit-il de faire une pause vers la fin de Baroukh Chéomar, et pourquoi ?
- Comptez le mot בָּרוּךְ dans le noussa’h ’Habad. Combien de fois dans la première partie, et combien en tout ? Pourquoi quelqu’un dirait-il « dix » ? → voir Leçon 2 §G13, §G49
- Pourquoi la bénédiction dit-elle שֶׁאָמַר au passé, puis אוֹמֵר וְעֹשֶׂה au présent ? Utilisez la Guemara dans Roch Hachana 32a. → voir Leçon 1 §G8, Leçon 3 §G15
- Quelle est la différence, selon le commentaire, entre parler à Hachem en disant « Tu » et parler de Lui en disant « Il » (בָּרוּךְ הוּא) ?
- Donnez les deux sens du mot בָּרוּךְ dans le Peirouch HaMilot. Qu’est-ce que la vigne courbée dans la terre nous enseigne ? → voir §G49
- Trouvez trois mots au pou’al dans la deuxième partie. En quoi diffèrent-ils de נְהַלֶּלְךָ ? Pourquoi est-ce מְפֹאָר avec un o et non un ou ? → voir §G47, Leçon 2 §G11
- Trouvez quatre mots de racines qui finissent par ה. Que devient le ה dans chacun ? → voir §G48
- Quels sont les deux points de prononciation que donne l’Admour Hazaken pour Baroukh Chéomar selon l’enseignement intérieur ? → voir Leçon 2 §G10
- Quelle est la différence entre יָחִיד et אֶחָד ? Pourquoi Yichtaba’h place-t-il le mot מֶלֶךְ en premier ?
- Donnez deux raisons, d’après l’article de Chabad.org, de tenir les tsitsit pendant Baroukh Chéomar.
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