Le secret de la lumière cachée
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Le premier jour de la Création, avant le soleil et la lune, Hachem fit une lumière. Avec elle, disent les Sages, on pouvait voir d’une extrémité du monde à l’autre. Puis Hachem la cacha. Dans ma feuille sur la paracha Vayéra, j’ai parlé de cette lumière cachée, l’Or HaGanouz, et beaucoup d’entre vous m’ont demandé d’aller plus loin. Dans cette leçon je raconte donc où est allée la lumière : dans le Chabbat, dans la Torah, et dans les jours de Machia’h. Je montre où elle brille dans notre prière, du talith le matin à la flamme de la Havdala ; et j’apporte ce qu’enseignent le Baal Chem Tov, l’Admour Hazaken et le Rabbi sur une lumière si forte qu’elle ressemble à l’obscurité, et sur notre travail qui consiste à changer l’obscurité en lumière. Puis, comme toujours, chaque mot est décomposé. La grammaire nouvelle (§G44 à §G46) est la racine creuse, les lettres qui comptent, et un mot qui peut se lire de deux façons. La façon pratique de faire la Havdala est une question pour votre rav.
La lumière du premier jour
La Torah commence par la lumière. « Elokim dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. Elokim vit la lumière, qu’elle était bonne, et Elokim sépara la lumière et l’obscurité » (Béréchit 1:3-4). Le soleil et la lune n’ont été faits qu’au quatrième jour. Quelle était donc cette lumière ?
La Guemara dans ’Haguiga (12a) répond par les mots de Rabbi Elazar : avec la lumière que le Saint, béni soit-Il, a créée le premier jour, un homme pouvait voir d’une extrémité du monde à l’autre. Quand Hachem a regardé la génération du Déluge et la génération de la Dispersion et a vu que leurs actes étaient corrompus, Il s’est levé et la leur a cachée. Pour qui l’a-t-Il cachée ? Pour les justes dans le temps à venir, comme il est dit « Elokim vit la lumière, qu’elle était bonne », et « bon » ne désigne qu’un tsaddik.
La Guemara rapporte aussi l’avis des Sages, selon lequel il s’agit des luminaires eux-mêmes, créés le premier jour et suspendus dans le ciel le quatrième. Je suis, dans cette leçon, l’enseignement de Rabbi Elazar, celui sur lequel bâtissent Rachi, le Midrach et la ’Hassidout : une première lumière, plus grande que le soleil, qui a été cachée.
וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת הָאוֹר כִּי טוֹבאוֹר שֶׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּיוֹם רִאשׁוֹן, אָדָם צוֹפֶה בּוֹ מִסּוֹף הָעוֹלָם וְעַד סוֹפוֹ.כֵּיוָן שֶׁנִּסְתַּכֵּל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּדוֹר הַמַּבּוּל וּבְדוֹר הַפְּלַגָּה וְרָאָה שֶׁמַּעֲשֵׂיהֶם מְקוּלְקָלִים — עָמַד וּגְנָזוֹ מֵהֶןוּלְמִי גְּנָזוֹ — לַצַּדִּיקִים לֶעָתִיד לָבֹאוְאֵין ״טוֹב״ אֶלָּא צַדִּיק
Talmud, ’Haguiga 12a · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Chagigah.12a
« Il vit que les méchants n’en étaient pas dignes »
Rachi rapporte cet enseignement sur les mots « qu’elle était bonne » (Béréchit 1:4) : Hachem vit que les méchants n’étaient pas dignes de s’en servir, et Il la mit à part pour les justes dans le temps à venir. C’est pourquoi le verset dit « et Elokim sépara » : Il sépara la lumière elle-même, et la mit de côté.
Le Midrach (Béréchit Rabba 3:6) pose la question que pose chaque enfant : « Et où est-elle ? » Et répond : « Elle a été cachée, et elle est préparée pour les justes dans le temps à venir. » Le Midrach ajoute un verset de Yecha’ya (30:26) : en ce jour, la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus grande, comme la lumière des sept jours.
Dans ma feuille sur la paracha Vayéra, j’ai parlé de cette lumière, et je veux m’y arrêter ici, parce que ce n’est pas seulement une histoire du passé. Elle est cachée, pas perdue. Et notre siddour, nous le verrons, en parle chaque matin.
רָאָהוּ שֶׁאֵינוֹ כְדַאי לְהִשְׁתַּמֵשׁ בּוֹ רְשָׁעִים, וְהִבְדִּילוֹ לַצַּדִּיקִים לֶעָתִיד לָבֹאוְהֵיכָן הִיא, נִגְנְזָה, וְהִיא מְתֻקֶּנֶת לַצַּדִּיקִים לֶעָתִיד לָבוֹא
Béréchit Rabba 3:6 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Bereishit_Rabbah.3.6
Yecha’ya 30:26 · texte hébreu via Sefaria ; paraphrase · sefaria.org/Isaiah.30.26
Cachée, mais elle a d’abord brillé pour Chabbat
Un autre Midrach (Béréchit Rabba 11:2) raconte quand la lumière a été cachée. Quand le soleil s’est couché à la fin du premier vendredi, le Saint, béni soit-Il, voulut cacher la lumière, « et Il fit honneur au Chabbat ». C’est, dit le Midrach, le sens de « Elokim bénit le septième jour » : Il le bénit par la lumière. Cette lumière a donc servi trente-six heures : les douze heures du vendredi, les douze heures de la nuit de Chabbat, et les douze heures du jour de Chabbat.
Quand Chabbat s’est terminé et que l’obscurité a commencé à venir, Adam a eu peur. Le Midrach cite le verset des Tehilim (139:11) : « Certes, l’obscurité me couvrira. » Qu’a fait Hachem ? Il lui prépara deux pierres ; Adam les frappa l’une contre l’autre, le feu en sortit, et il fit une bénédiction dessus. Laquelle ? « Boré meoré ho’èch », qui crée les lumières du feu.
D’autres Sages pensent que la lumière a été cachée dès le quatrième jour, ou même à la fin du premier jour ; le Rabbi rapporte ces avis dans sa si’ha, en note. Mais le Midrach des trente-six heures nous dit quelque chose de précieux : la lumière du premier jour appartient, d’une façon particulière, au Chabbat. Comme je l’écrivais dans ma feuille de Vayéra : chaque Chabbat est un avant-goût de cette lumière.
בִּקֵּשׁ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִגְנֹז אֶת הָאוֹרָה, וְחָלַק כָּבוֹד לַשַּׁבָּתבֵּרְכוֹ בְּאוֹרָהל"ו שָׁעוֹת שִׁמְשָׁה אוֹתָהּ הָאוֹרָהזִמֵּן לוֹ שְׁנֵי רְעָפִים וְהֵקִישָׁן זֶה לָזֶה וְיָצָא מֵהֶן אוֹר וּבֵרַךְ עָלֶיהָמַה בֵּרַךְ עָלֶיהָ, בּוֹרֵא מְאוֹרֵי הָאֵשׁ
le Rabbi, Likouté Si’hot, vol. 10, p. 7 et suiv. (Sim’hat Torah 5726), « Bereishis: A Mission of Light », Chabad.org · original hébreu cité ; traduction anglaise citée (traduit de l’anglais) et en paraphrase · chabad.org/…/aid/4561342
La Havdala : le premier feu, chaque semaine
C’est pourquoi nous bénissons sur le feu à la sortie de Chabbat. La Guemara (Pessa’him 54a) dit : « On ne bénit sur le feu qu’à la sortie de Chabbat, puisque c’est le début de sa création. » Et là aussi : Adam apporta deux pierres, les frotta l’une contre l’autre, et le feu en sortit.
L’Admour Hazaken écrit dans son Choul’han Aroukh (298:1) que cette bénédiction a été instituée « en souvenir de la création du feu à la sortie de Chabbat ». Et il ajoute une deuxième raison : le feu était interdit tout le Chabbat et il est de nouveau permis, si bien que « c’est comme s’il venait d’être créé à nouveau ».
Le Midrach (Béréchit Rabba 3:6) apprend des premiers versets de la Torah qu’on ne bénit pas sur la bougie avant d’avoir profité de sa lumière : d’abord « Il vit la lumière », puis « Il sépara ». Le Kitsour Baal HaTourim ajoute un nombre : וַיַּבְדֵּל, « Il sépara », vaut 52, comme le nombre de Havdalot que nous faisons dans une année, à la fin de chaque Chabbat (§G45).
Ainsi, à la Havdala, nous levons la bougie tressée et disons « Boré meoré ho’èch ». Puis, dans la bénédiction suivante, nous louons Hachem « qui sépare le saint et le profane, la lumière et l’obscurité ». La page de Havdala de Chabad.org écrit que chacun regarde la flamme et profite de la lumière, et qu’il est d’usage de lever le bout des doigts pour que la lueur de la flamme tombe dessus. La façon pratique de faire la Havdala est une question pour votre rav.
אֵין מְבָרְכִין עַל הָאוּר אֶלָּא בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת, הוֹאִיל וּתְחִילַּת בְּרִיָּיתוֹ הוּאלְזֵכֶר שֶׁנִּבְרָא הָאוּר בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּתהֲרֵי זֶה כְּאִלּוּ נִבְרָא עַתָּה מֵחָדָשׁמִנַּיִן שֶׁאֵין מְבָרְכִין עַל הַנֵּר עַד שֶׁיֵּאוֹתוּ לְאוֹרוֹכמנין ויבדל מבדילין בשנה במוצאי שבתותהַמַּבְדִּיל בֵּין קֹדֶשׁ לְחוֹל בֵּין אוֹר לְחֹשֶׁךְ
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 298:1 (Sichos in English) · texte hébreu cité ; anglais en paraphrase · chabad.org/…/aid/3447090
Béréchit Rabba 3:6 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Bereishit_Rabbah.3.6
Kitsour Baal HaTourim sur Béréchit 1:4 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kitzur_Baal_HaTurim_on_Genesis.1.4
Chabad.org : Havdalah Blessings and Instructions · texte hébreu de la bénédiction ; vérifié lettre par lettre le 3 novembre 2026 ; instructions anglaises en paraphrase · chabad.org/…/aid/253217

Où a-t-elle été cachée ? Dans la Torah
Cachée, oui, mais où ? Le Rabbi écrit dans une si’ha (Likouté Si’hot, vol. 10) : « Où la lumière a-t-elle été mise en réserve ? Nos Sages enseignent que D.ieu l’a mise en réserve dans la Torah. Ainsi, même cachée, elle agit continuellement sur toute la création » (traduit de l’anglais). En note, le Rabbi donne la source de cet enseignement, le Zohar (le Midrach sur Ruth dans le Zohar ’Hadach, et le Zohar lui-même), et il écrit que le Déguel Ma’hané Éphraïm le rapporte au nom du Baal Chem Tov, et le Kéter Chem Tov au nom du Maguid de Mézritch, citant le Baal Chem Tov.
J’ai ouvert le Déguel. Rabbi Moché ’Haïm Éphraïm de Soudilkov, le petit-fils du Baal Chem Tov, écrit : j’ai entendu de mon grand-père, « où cette lumière a-t-elle été cachée ? Et il dit qu’Hachem l’a cachée dans la Torah, et c’est pourquoi les tsaddikim de chaque génération se servent de cette lumière, c’est-à-dire par la Torah. » Puis il raconte une histoire. Le Baal Chem Tov écrivit un jour à son beau-frère, Rabbi Guerchon de Kitov, qui vivait en Terre sainte, qu’il l’avait vu un certain Chabbat hors de la Terre, et lui demanda ce qu’il y faisait. Rabbi Guerchon lui répondit que ce Chabbat-là, un homme riche à l’étranger avait fait une brit mila et l’avait fait venir pour être le mohel. Comment le Baal Chem Tov pouvait-il voir si loin ? « Tout cela était par cette lumière qui est cachée dans la Torah. » Et le Déguel ajoute : le Baal Chem Tov expliquait que אֶת הָאוֹר, « la lumière », a la valeur de בַּתּוֹרָה, « dans la Torah ».
Le Kitsour Baal HaTourim apporte le même nombre d’une autre manière : אֶת הָאוֹר vaut 613, le nombre des mitsvot. Rabbi Simlaï enseigne dans la Guemara (Makot 23b) que six cent treize mitsvot ont été dites à Moché (§G45). La lumière du premier jour est à l’intérieur de la Torah et de ses mitsvot, et elle nous attend.
ואיפה ״נגנז האור״, שמשם הוא פועל בבריאה? – אמרו חכמינו ז״ל שהקב״ה גנזו בתורההיכן נגנז האור ההיא ואמר שהש"י גנזו בתורה ולכן משתמשין צדיקים בכל דור ודור באור ההוא היינו ע"י התורהוהכל היה ע"י אותו אור שנגנז בתורהאת האור בגימטריא בתורה ועולה מנין תרי"גשֵׁשׁ מֵאוֹת וּשְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה מִצְוֹת נֶאֶמְרוּ לוֹ לְמֹשֶׁה
Zohar ’Hadach, Midrach Ruth, p. 85a ; Zohar I, 264a ; II, 149a · cité d’après le Rabbi, Likouté Si’hot, vol. 10 ; non consulté
Kéter Chem Tov, au début · cité d’après le Rabbi, Likouté Si’hot, vol. 10 ; non consulté
Déguel Ma’hané Éphraïm, paracha Béréchit · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Degel_Machaneh_Ephraim,_Bereshit
Kitsour Baal HaTourim sur Béréchit 1:4 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kitzur_Baal_HaTurim_on_Genesis.1.4
Talmud, Makot 23b · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Makkot.23b

Où la lumière cachée brille dans notre prière
J’ai parcouru le siddour ’Habad à la recherche de cette lumière, et je l’ai trouvée à six endroits. Vous les trouverez tous dans la partie Texte de cette leçon.
1. Ma Yakar, quand nous mettons le talith : « dans Ta lumière nous voyons la lumière ». 2. Yotsèr Or, la première bénédiction avant le Chema : « qui forme la lumière et crée l’obscurité ». 3. Hamé’ir Laarèts : « et dans Sa bonté Il renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création » ; le commentaire dit que cette bonté est la lumière du premier jour. 4. La fin de la bénédiction, « qui fait les grandes lumières », et ses derniers mots, « qui crée les luminaires ». 5. Le vendredi soir, dans la Kabbalat Chabbat, le psaume « Hachem règne » (Tehilim 97) : « la lumière est semée pour le tsaddik ». 6. La Havdala : « qui crée les lumières du feu ».
La bénédiction du matin nous dit que la lumière renouvelle le monde chaque jour, le Chabbat nous apporte la lumière des trente-six heures, et la Havdala nous envoie dans la semaine avec une flamme dans les mains.
Chabad.org : Yotzeir Or / Hameir Laaretz / Lakeil Baruch · texte du Siddour Tehilat Hachem ; vérifié lettre par lettre le 3 novembre 2026 · chabad.org/torah-texts/1529893
Chabad.org : Tehillim 97 · texte des Tehilim de Chabad.org, sans les signes de cantillation ; vérifié lettre par lettre le 3 novembre 2026 · chabad.org/…/aid/16318
Chabad.org : Havdalah Blessings and Instructions · texte hébreu de la bénédiction ; vérifié lettre par lettre le 3 novembre 2026 ; instructions anglaises en paraphrase · chabad.org/…/aid/253217
Pourquoi la lumière est venue en premier
Le Rabbi pose une question simple dans cette si’ha. La lumière n’a pas de valeur en elle-même ; elle est là pour que d’autres voient. Pourquoi alors a-t-elle été créée le premier jour, avant qu’existe quoi que ce soit qui puisse s’en servir ? Et pourquoi a-t-elle été cachée aussitôt ?
Sa réponse : un bâtisseur sage décide d’abord à quoi servira le bâtiment, et ensuite seulement il commence à construire. Ainsi Hachem. « La lumière est le but même et la finalité que D.ieu a fixés en préparation à la création des mondes » (traduit de l’anglais). Les premiers mots, « Que la lumière soit », peuvent se lire « Que ce soit lumière » : tout ce qui sera créé ensuite, le monde entier avec tout ce qu’il contient, est destiné à devenir lumière. Dans l’hébreu du Rabbi : tout cela sera transformé, et ce sera lumière.
כל זה יהפך ויהי אור
Lumière et secret : אוֹר et רָז
Le Rabbi rapporte le Zohar (tel qu’il le cite) : אוֹר, la lumière, a la même valeur que רָז, le secret : tous deux font 207 (§G45). Pourquoi ? Pensez à une personne au travail. Pendant qu’elle s’occupe des détails, son but est caché à l’intérieur ; il guide chaque pas, mais personne ne le voit avant que le travail soit fini. Ainsi la lumière, le but de la Création, est un secret, caché à l’intérieur du monde, jusqu’à ce que le travail de six mille ans soit achevé.
Et le Rabbi fait une remarque fine sur le mot « mise en réserve » : « le terme “mise en réserve” implique qu’elle est présente et continue d’exister à l’endroit où elle a été mise en réserve » (traduit de l’anglais). Un rayon d’elle est dans chaque chose créée. C’est pourquoi, après chaque jour, la Torah dit « Elokim vit que c’était bon » : le « bon », c’est la lumière, cachée à l’intérieur de chaque jour.
ש״אור״ בגימטריא ״רז״
Zohar III, 28b ; Tikouné Zohar 19 · cité d’après le Rabbi, Likouté Si’hot, vol. 10 ; non consulté
Révélée par la Torah et les mitsvot, et avec Machia’h
Comment la lumière cachée sort-elle ? Le Rabbi répond : « La révélation de cette lumière dans le Futur ultime dépend de notre service divin, l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, dans le temps présent » (traduit de l’anglais). Puisqu’elles amènent le monde à son but, la lumière est mise en réserve en elles ; et puisque les mitsvot viennent de l’étude, « il s’ensuit que la Torah est le lieu principal où la lumière est mise en réserve ». En note, le Rabbi ajoute : une personne peut se tromper elle-même et appeler l’obscurité lumière ; la lumière que je choisis comme but doit être une lumière que la Torah appelle lumière.
Et puis la promesse. Par la lumière de la Torah et des mitsvot dans notre temps, la lumière du premier jour sera révélée, et avec la venue de Machia’h les mots de Yecha’ya (60:19) s’accompliront : le soleil ne sera plus notre lumière le jour, car Hachem sera pour nous une lumière éternelle.
Le Rabbi termine par une directive pour chaque matin. Quand une personne se réveille, elle est comme une nouvelle création, comme le premier jour. Avant toute chose, elle doit fixer son but : « Que la lumière soit. » Et il dit clairement qu’il ne suffit pas de s’éloigner de l’obscurité. « Que la lumière soit » est le but : « qu’une personne affine son coin du monde jusqu’à ce qu’il soit transformé en lumière » (traduit de l’anglais).
התגלות ה״אור״ הזה לע״ל הוא ע״י העבודה של עכשיונמצא שעיקר גניזתו של ה״אור״ הוא בתורה
Yecha’ya 60:19 · texte hébreu via Sefaria ; paraphrase · sefaria.org/Isaiah.60.19
« Et dans Sa bonté Il renouvelle »
Ouvrons maintenant le siddour à Hamé’ir Laarèts : « et dans Sa bonté Il renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création. » Qu’est-ce que « Sa bonté » ? Le commentaire de notre siddour répond d’après l’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek : « la “bonté” de D.ieu désigne la lumière créée le premier jour de la Création. » La lumière est cachée, « pourtant, même cachée pour nous, c’est par sa force que D.ieu renouvelle la création. Il en découle que chaque jour, le renouvellement de la création nous donne une lueur du Futur ultime » (traduit de l’anglais).
Dans une note hébraïque, le commentaire rapporte le Rabbi (Torat Mena’hem, vol. 28, p. 67), qui cite le Ramaz, Rabbi Moché Zacouto : c’est ce que nous disons, « et dans Sa bonté Il renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création » ; טוּבוֹ, Sa bonté, est la lumière « qu’elle était bonne », la lumière créée le premier jour, qui est attirée chaque jour, constamment.
Et le commentaire va encore plus loin : « Nos Rabbins demandent : “Où a-t-Il caché cette lumière ?” et répondent : “Dans la Torah.” On peut en déduire que par l’étude de la Torah, on attire une plus grande mesure de lumière dans le renouvellement de la création » (traduit de l’anglais). Chaque matin, quand je dis ces mots, la lumière du premier jour renouvelle le monde autour de moi, et mon étude y ajoute.
וּבְטוּבוֹ מְחַדֵּשׁ בְּכָל יוֹם תָּמִיד מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית.ופירש הרמ״ז שזהו מה שאנו אומרים ובטובו מחדש בכל יום תמיד מעשה בראשית , והיינו, שטובו קאי על האור כי טוב , שזהו האור שנברא ביום הראשון, שאור זה נמשך בכל יום תמיד
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Hameir Laaretz · commentaire sur וּבְטוּבוֹ ; anglais cité (traduit de l’anglais) ; Or HaTorah cité d’après le commentaire · chabad.org/torah-texts/1529895
le Rabbi, Torat Mena’hem, vol. 28 (5720), Chemini, p. 67, citant le Ramaz · cité d’après une note hébraïque du commentaire ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles
« Qui forme la lumière et crée l’obscurité »
La première bénédiction avant le Chema loue Hachem pour la lumière et pour l’obscurité. Le Midrach (Béréchit Rabba 3:6) cite déjà ces mots de Yecha’ya (45:7) quand il parle de la première lumière. Le siddour change un mot du verset : Yecha’ya dit « et crée le mal », et la bénédiction dit « et crée toute chose » (§G44).
Le commentaire de notre siddour explique « l’obscurité » de deux façons. D’abord, il y a une obscurité qui est trop de lumière : « L’“obscurité”, au contraire, désigne la lumière telle qu’elle brille, libre des voiles et des contractions. Une telle lumière est “aveuglante”, c’est une lumière “obscure”, c’est-à-dire beaucoup trop élevée pour être perçue par des êtres créés et limités » (traduit de l’anglais). Ensuite, l’obscurité est une création à part entière, avec un but : « la mission de l’homme n’est pas seulement de chasser l’obscurité par la lumière, mais de l’affronter, de travailler avec elle, et finalement de la transformer en bien » (traduit de l’anglais).
Le Rabbi dit la même chose dans la si’ha : l’obscurité n’a pas été créée seulement pour que nous puissions choisir. Elle a été créée pour un but propre : être transformée en lumière.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, עוֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא אֶת הַכֹּל׃
Yecha’ya 45:7 · texte hébreu via Sefaria ; comparé · sefaria.org/Isaiah.45.7
Béréchit Rabba 3:6 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Bereishit_Rabbah.3.6
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Yotzeir Or · commentaire sur יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/torah-texts/1529893
le Rabbi, Likouté Si’hot, vol. 10, p. 7 et suiv. (Sim’hat Torah 5726), « Bereishis: A Mission of Light », Chabad.org · original hébreu cité ; traduction anglaise citée (traduit de l’anglais) et en paraphrase · chabad.org/…/aid/4561342
Une lumière si forte qu’elle ressemble à l’obscurité
Dans ma feuille sur Vayéra, j’ai écrit que la lumière cachée n’est pas loin de nous. Elle est cachée dans un endroit étrange : à l’intérieur des choses qui semblent sombres. Mettons côte à côte les pièces de cette leçon. La lumière du premier jour était trop grande pour le monde ; le commentaire sur Yotsèr Or appelle une telle lumière « aveuglante », une lumière « obscure », trop haute pour que des êtres créés la voient. Quand une lumière est trop forte pour mes yeux, que vois-je ? L’obscurité.
C’est exactement ce qu’écrit l’Admour Hazaken dans l’Iguéret HaKodech (lettre 11), à des ’hassidim dans un temps d’épreuve. Ce que nous appelons mal est, en vérité, une bonté trop grande pour que nous la saisissions :
« En vérité, cependant, “aucun mal ne descend d’en haut”, et tout est bien, mais cela n’est pas perçu [comme tel] à cause de l’immensité et de l’abondance de sa bonté, à un niveau que l’homme ne peut concevoir. » (traduit de l’anglais)
— Tanya, Iguéret HaKodech, lettre 11 (Lessons in Tanya, Kehot)
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Yotzeir Or · commentaire sur וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/torah-texts/1529893
Talmud, Taanit 21a · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Taanit.21a
Des liens que je propose
Ce sont mes propres pensées, tirées de ma feuille sur Vayéra et de nombreux matins passés avec le siddour.
Gam zou letova. La Guemara (Taanit 21a) raconte l’histoire de Na’houm Ich Gam Zou, qui disait de tout ce qui lui arrivait « cela aussi est pour le bien », גַּם זוֹ לְטוֹבָה. Il ne disait pas « c’est mal, mais je l’accepte ». Il disait que c’est bien, טוֹבָה, le mot de « qu’elle était bonne ». Il regardait l’obscurité et croyait que la lumière était à l’intérieur.
Révéler, et transformer. Il y a deux tâches. L’une est de découvrir la lumière qui est déjà là, cachée dans la Torah et dans chaque jour de la Création. L’autre est de prendre l’obscurité elle-même et de la changer en lumière, comme l’enseignent le Rabbi et le commentaire sur Yotsèr Or. La première ressemble à ouvrir une fenêtre ; la seconde, à allumer un feu.
Une lumière que nous faisons. À la fin de Chabbat, quand la lumière des trente-six heures s’en va, Hachem ne donne pas à Adam un nouveau soleil. Il lui donne deux pierres et le laisse faire le feu lui-même. Chaque Havdala nous dit la même chose : dans la semaine sombre qui vient, la lumière viendra par ce que nous faisons.
613 semences. אֶת הָאוֹר vaut 613, et la lumière est « semée pour le tsaddik ». J’aime penser à chaque mitsva comme à une semence de cette lumière. Nous ne la voyons pas pousser, comme nous ne voyons pas une graine sous la terre, mais le commentaire sur זוֹרֵעַ צְדָקוֹת promet qu’elle germe.
Un bien qui se voit. L’Admour Hazaken dit que le bien est caché parce qu’il est trop grand. Ma prière, et je la dis de tout mon cœur, est donc qu’Hachem nous montre le bien d’une façon que nos yeux puissent voir, טוֹב הַנִּרְאֶה וְהַנִּגְלֶה, un bien vu et révélé. Alors « dans Ta lumière nous verrons la lumière » ne se dira plus seulement de l’avenir.
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 298:1 (Sichos in English) · texte hébreu cité ; anglais en paraphrase · chabad.org/…/aid/3447090
Kitsour Baal HaTourim sur Béréchit 1:4 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kitzur_Baal_HaTurim_on_Genesis.1.4
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Lakeil Baruch · commentaire sur זוֹרֵעַ צְדָקוֹת ; anglais en paraphrase · chabad.org/torah-texts/1536037
« Dans Ta lumière nous voyons la lumière » : le talith
Avant les bénédictions du matin, quand nous mettons le talith, nous disons des versets des Tehilim (36:8-11) qui commencent par « Combien précieuse est Ta bonté » et contiennent « Car auprès de Toi est la source de la vie ; dans Ta lumière nous voyons la lumière ». Une note hébraïque du commentaire, tirée de l’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek, les relie aux tsitsit : c’est ce que nous disons en mettant les tsitsit, « à l’ombre de Tes ailes ils s’abritent ».
Le commentaire explique pourquoi nous avons besoin d’une ombre et d’un vêtement : « Parce que la bonté de D.ieu est vraiment illimitée, elle ne peut pas se révéler directement et demande de l’“ombre” et des “vêtements”. Cela ne vaut toutefois que pour le temps présent, où le monde n’est pas prêt pour la révélation de Sa lumière. À l’ère de Machia’h, au contraire, le monde sera affiné » (traduit de l’anglais).
Le talith est donc un vêtement pour une lumière que nous ne pouvons pas encore regarder. Enveloppés en lui, nous disons « dans Ta lumière nous voyons la lumière » : un jour nous verrons Sa lumière sans aucun vêtement (§G46).
כִּי עִמְּךָ מְקוֹר חַיִּים, בְּאוֹרְךָ נִרְאֶה אוֹר:וזהו שאומרים בלבישת ציצית בצל כנפיך יחסיון
Tehilim 36:10 (Tehilim de Chabad.org) · comparé ; le siddour imprime le verset sans ses traits d’union · chabad.org/…/aid/16257
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Ma Yakar Chasdecha · commentaire sur Ma Yakar ; anglais cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/torah-texts/2349865
Or HaTorah, Bamidbar vol. 2, Chela’h, p. 589 · cité d’après une note hébraïque du commentaire ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles

Des semences et de grandes lumières
À la fin de la bénédiction Yotsèr Or vient une liste de louanges : « Il sème la justice, fait germer les délivrances, crée les guérisons ». Le commentaire explique la semence : « Comme une graine est semée dans la terre, les mitsvot sont “semées” dans notre monde physique, ce qui leur permet de pousser et de germer » (traduit de l’anglais).
Puis la bénédiction cite les Tehilim (136:7) : « Qui fait les grandes lumières, car Sa bonté est éternelle », et conclut « Béni sois-Tu, Hachem, qui crée les luminaires. » Aujourd’hui la lune est petite et le soleil est grand. Mais le commentaire, d’après l’Or HaTorah, dit : « La bénédiction “qui crée les luminaires” fait allusion au Futur ultime, quand ce processus de diminution et de contraction sera inversé et que le soleil et la lune brilleront tous deux comme de grands luminaires » (traduit de l’anglais). C’est la promesse de Yecha’ya que nous avons vue dans le Midrach : la lumière de la lune comme la lumière du soleil.
Et le vendredi soir nous disons le psaume « Hachem règne » (Tehilim 97) : « La lumière est semée pour le tsaddik, et pour les cœurs droits, la joie. » La lumière n’est pas seulement mise en réserve ; elle est semée. Une graine dans la terre semble n’être rien, et c’est le commencement de tout.
זוֹרֵעַ צְדָקוֹת, מַצְמִיחַ יְשׁוּעוֹת, בּוֹרֵא רְפוּאוֹת,כָּאָמוּר, לְעֹשֵׂה אוֹרִים גְּדֹלִים, כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ׃בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת׃אוֹר זָרֻעַ לַצַּדִּיק וּלְיִשְׁרֵי־לֵב שִׂמְחָה:
Tehilim 136:7 · texte hébreu via Sefaria ; comparé · sefaria.org/Psalms.136.7
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Lakeil Baruch · commentaire sur זוֹרֵעַ צְדָקוֹת et sur יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת ; anglais cité (traduit de l’anglais) ; Or HaTorah cité d’après le commentaire · chabad.org/torah-texts/1536037
Yecha’ya 30:26 · texte hébreu via Sefaria ; paraphrase · sefaria.org/Isaiah.30.26
Chabad.org : Tehillim 97 · texte des Tehilim de Chabad.org, sans les signes de cantillation ; vérifié lettre par lettre le 3 novembre 2026 · chabad.org/…/aid/16318

Tehilim 36:10 (Tehilim de Chabad.org) · comparé ; le siddour imprime le verset sans ses traits d’union · chabad.org/…/aid/16257
Yecha’ya 45:7 · texte hébreu via Sefaria ; comparé · sefaria.org/Isaiah.45.7
Tehilim 136:7 · texte hébreu via Sefaria ; comparé · sefaria.org/Psalms.136.7
Les lignes de lumière, ligne par ligne
| Hébreu | Translittération | Sens |
|---|---|---|
| כִּי עִמְּךָ מְקוֹר חַיִּים, בְּאוֹרְךָ נִרְאֶה אוֹר: | Ki imekho mekor ’hayim, beorekho nirè or. | Car auprès de Toi est la source de la vie ; dans Ta lumière nous voyons la lumière. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, עוֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא אֶת הַכֹּל׃ | Boroukh Ato Ado-noï, Èlo-kéinou Mèlè’h ha’olom, yotsèr or ouvoré ’hochèkh, ossè cholom ouvoré ess hakol. | Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui forme la lumière et crée l’obscurité, qui fait la paix et crée toute chose. |
| הַמֵּאִיר לָאָרֶץ וְלַדָּרִים עָלֶיהָ בְּרַחֲמִים, | Hamé’ir lo’orèts veladorim oléha bera’hamim, | Celui qui, dans Sa miséricorde, éclaire la terre et ceux qui y habitent, |
| וּבְטוּבוֹ מְחַדֵּשׁ בְּכָל יוֹם תָּמִיד מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית. | ouvetouvo me’hadèch bekhol yom tomid ma’assé verèchiss. | et dans Sa bonté renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création. |
| זוֹרֵעַ צְדָקוֹת, מַצְמִיחַ יְשׁוּעוֹת, בּוֹרֵא רְפוּאוֹת, | Zoréa tsedokoss, matsmia’h yechou’oss, boré refou’oss, | Il sème la justice, fait germer les délivrances, crée les guérisons ; |
| נוֹרָא תְהִלּוֹת, אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת, הַמְחַדֵּשׁ בְּטוּבוֹ בְּכָל יוֹם תָּמִיד מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית. | noro sehilloss, adone haniflo’oss, hame’hadèch betouvo bekhol yom tomid ma’assé verèchiss. | redoutable en louanges, Maître des merveilles, qui dans Sa bonté renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création, |
| כָּאָמוּר, לְעֹשֵׂה אוֹרִים גְּדֹלִים, כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ׃ | ko’omour, le’ossé orim guedolim, ki le’olom ’hasdo. | comme il est dit : « À Celui qui fait les grandes lumières, car Sa bonté est éternelle. » |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת׃ | Boroukh Ato Ado-noï, yotsèr hameoross. | Béni sois-Tu, Hachem, qui crée les luminaires. |
| אוֹר זָרֻעַ לַצַּדִּיק וּלְיִשְׁרֵי־לֵב שִׂמְחָה: | Or zorou’a latsaddik oulyichré lév sim’ho. | La lumière est semée pour le tsaddik, et pour les cœurs droits, la joie. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יי אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם בּוֹרֵא מְאוֹרֵי הָאֵשׁ | Boroukh Ato Ado-noï, Èlo-kéinou Mèlè’h ha’olom, boré meoré ho’èch. | Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, qui crée les lumières du feu. |
J’ai vérifié chaque ligne, lettre par lettre, sur le siddour de Chabad.org (Ma Yakar, Yotsèr Or, Hamé’ir Laarèts, Lakéil Baroukh), sur les Tehilim de Chabad.org (chapitre 97) et sur sa page de Havdala. Certains siddourim d’autres noussa’him ajoutent, avant la fin de cette bénédiction, une ligne demandant qu’une lumière nouvelle brille sur Tsion. Le siddour ’Habad ne l’a pas : après « qui fait les grandes lumières », il passe directement à « Béni sois-Tu, Hachem, qui crée les luminaires. » Je suis le siddour.
Chabad.org : Yotzeir Or / Hameir Laaretz / Lakeil Baruch · texte du Siddour Tehilat Hachem ; vérifié lettre par lettre le 3 novembre 2026 · chabad.org/torah-texts/1529893
Chabad.org : Tehillim 97 · texte des Tehilim de Chabad.org, sans les signes de cantillation ; vérifié lettre par lettre le 3 novembre 2026 · chabad.org/…/aid/16318
Chabad.org : Havdalah Blessings and Instructions · texte hébreu de la bénédiction ; vérifié lettre par lettre le 3 novembre 2026 ; instructions anglaises en paraphrase · chabad.org/…/aid/253217
« Dans Ta lumière nous voyons la lumière »
Sept mots, et le mot אוֹר deux fois. Remarquez la terminaison ־ךָ, « Toi, Ta », sur deux d’entre eux (§G4).
כִּי עִמְּךָ מְקוֹר חַיִּים, בְּאוֹרְךָ נִרְאֶה אוֹר:
| עִמְּךָ | = | ◌ךָ | + | עִמְּ |
| imekho avec Toi | toi, ton, ta | avec |
| מְקוֹר | = | קוֹר | + | מְ |
| mekor la source de | source | nom en מ |
| חַיִּים | = | ◌ים | + | חַיִּ |
| ’hayim la vie | pluriel | vie |
| בְּאוֹרְךָ | = | ◌ךָ | + | אוֹרְ | + | בְּ |
| beorekho dans Ta lumière | toi, ton, ta | lumière | dans, en |
| נִרְאֶה | = | רְאֶה | + | נִ |
| nirè nous voyons, nous verrons | voir | nous (futur) |
| אוֹר | = | אוֹר |
| or lumière | lumière |
« Qui forme la lumière et crée l’obscurité »
Après les premiers mots de chaque bénédiction, quatre participes, « Celui qui … » (§G15) : forme, crée, fait, crée.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, עוֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא אֶת הַכֹּל׃
| יוֹצֵר | = | יוֹצֵר |
| yotsèr qui forme | former |
| וּבוֹרֵא | = | בוֹרֵא | + | וּ |
| ouvoré et crée | créer | et |
| חֹשֶׁךְ | = | חֹשֶׁךְ |
| ’hochèkh obscurité | obscurité |
| עוֹשֶׂה | = | עוֹשֶׂה |
| ossè qui fait | faire |
| הַכֹּל | = | כֹּל | + | הַ |
| hakol toute chose | tout | le, la, les |
« Et dans Sa bonté Il renouvelle »
Deux racines creuses se rencontrent ici : א־ו־ר dans הַמֵּאִיר et ט־ו־ב dans וּבְטוּבוֹ (§G44).
הַמֵּאִיר לָאָרֶץ וְלַדָּרִים עָלֶיהָ בְּרַחֲמִים,וּבְטוּבוֹ מְחַדֵּשׁ בְּכָל יוֹם תָּמִיד מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית.
| הַמֵּאִיר | = | אִיר | + | מֵּ | + | הַ |
| hamé’ir Celui qui éclaire | lumière | présent du hif’il | le, la, les |
| לָאָרֶץ | = | אָרֶץ | + | לָ |
| lo’orèts à la terre | terre | à la, pour le |
| וְלַדָּרִים | = | ◌ים | + | דָּרִ | + | לַ | + | וְ |
| veladorim et à ceux qui habitent | pluriel | habiter | à la, pour le | et |
| בְּרַחֲמִים | = | ◌ים | + | רַחֲמִ | + | בְּ |
| bera’hamim dans la miséricorde | pluriel | miséricorde | dans, en |
| וּבְטוּבוֹ | = | ◌וֹ | + | טוּב | + | בְ | + | וּ |
| ouvetouvo et dans Sa bonté | Son, Sa | bonté | dans, en | et |
| מְחַדֵּשׁ | = | חַדֵּשׁ | + | מְ |
| me’hadèch renouvelle | nouveau | présent du pi’el |
| תָּמִיד | = | תָּמִיד |
| tomid constamment | toujours |
| מַעֲשֵׂה | = | עֲשֵׂה | + | מַ |
| ma’assé l’œuvre de | faire | nom en מ |
| בְרֵאשִׁית | = | ◌ית | + | רֵאשִׁ | + | בְ |
| verèchiss la Création, le commencement | nom (f.) | tête | dans, en |
Des semences, des merveilles et de grandes lumières
Les mots déjà expliqués plus haut, comme מְחַדֵּשׁ et בְּטוּבוֹ, ne sont pas répétés. Comptez les mots de la racine א־ו־ר dans ce passage.
זוֹרֵעַ צְדָקוֹת, מַצְמִיחַ יְשׁוּעוֹת, בּוֹרֵא רְפוּאוֹת,נוֹרָא תְהִלּוֹת, אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת, הַמְחַדֵּשׁ בְּטוּבוֹ בְּכָל יוֹם תָּמִיד מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית.כָּאָמוּר, לְעֹשֵׂה אוֹרִים גְּדֹלִים, כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ׃בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת׃
| זוֹרֵעַ | = | זוֹרֵעַ |
| zoréa sème | semer |
| צְדָקוֹת | = | ◌וֹת | + | צְדָק |
| tsedokoss justice | pluriel (f.) | juste |
| מַצְמִיחַ | = | צְמִיחַ | + | מַ |
| matsmia’h fait germer | germer | présent du hif’il |
| יְשׁוּעוֹת | = | ◌וֹת | + | יְשׁוּע |
| yechou’oss délivrances | pluriel (f.) | sauver |
| הַנִּפְלָאוֹת | = | ◌וֹת | + | נִּפְלָא | + | הַ |
| haniflo’oss les merveilles | pluriel (f.) | merveille | le, la, les |
| לְעֹשֵׂה | = | עֹשֵׂה | + | לְ |
| le’ossé à Celui qui fait | faire | à, pour |
| אוֹרִים | = | ◌ים | + | אוֹרִ |
| orim lumières | pluriel | lumière |
| גְּדֹלִים | = | ◌ים | + | גְּדֹלִ |
| guedolim grandes | pluriel | grand |
| חַסְדּוֹ | = | ◌וֹ | + | חַסְדּ |
| ’hasdo Sa bonté | Son, Sa | bonté |
| הַמְּאוֹרוֹת | = | ◌וֹת | + | אוֹר | + | מְּ | + | הַ |
| hameoross les luminaires | pluriel (f.) | lumière | nom en מ | le, la, les |
La lumière semée, et les lumières du feu
Le verset du vendredi soir, et la bénédiction de la Havdala.
אוֹר זָרֻעַ לַצַּדִּיק וּלְיִשְׁרֵי־לֵב שִׂמְחָה:בָּרוּךְ אַתָּה יי אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם בּוֹרֵא מְאוֹרֵי הָאֵשׁ
| זָרֻעַ | = | זָרֻעַ |
| zorou’a semée | semer |
| לַצַּדִּיק | = | צַּדִּיק | + | לַ |
| latsaddik pour le tsaddik | juste | à la, pour le |
| שִׂמְחָה | = | ◌ה | + | שִׂמְחָ |
| sim’ho joie | féminin | joie |
| מְאוֹרֵי | = | ◌י | + | אוֹרֵ | + | מְ |
| meoré les lumières de | pluriel, « de » | lumière | nom en מ |
| הָאֵשׁ | = | אֵשׁ | + | הָ |
| ho’èch le feu | feu | le, la |
- Leçon 1 §G1 · La racine et le mot en trois parties : la plupart des mots reposent sur une racine de trois lettres ; un mot = préfixe + radical + terminaison
- Leçon 1 §G2 · Les lettres cachées de la racine : le youd, le vav et le hé peuvent changer de forme ou tomber ; un daguech peut marquer une lettre fondue
- Leçon 1 §G3 · Les préfixes d’une lettre : ve- et, be- dans/avec, le- à, mi- de, ché- que : écrits collés au mot suivant
- Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
- Leçon 1 §G5 · Les noms : masculin, féminin, pluriel : féminin -a, qui devient -at/-ot devant une terminaison ; pluriels -im et -ot ; les voyelles s’abrègent quand le mot s’allonge
- Leçon 1 §G6 · Les adjectifs, et les phrases sans « est » : l’adjectif suit son nom et s’accorde avec lui ; placé en tête, il forme une phrase sans mot pour « est »
- Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
- Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 2 §G13 · Le participe passif : boroukh : le schème kotouv (kamats, puis ou avant la dernière lettre) signifie « -é » : boroukh béni
- Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
- Leçon 3 §G16 · Le présent du hif’il : ma- … -i- : le présent du hif’il a ma- (mé-) en tête et un youd avant la dernière lettre de la racine : matir, malbich, hamékhin, hama’avir ; il signifie « fait … »
- Leçon 3 §G17 · Des mots qui servent de noms : « les aveugles », « Celui qui » : un adjectif ou un participe peut s’employer seul comme nom ; avec ha- devant, un participe signifie « Celui qui … »
- Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
- Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
- Leçon 4 §G21 · Le nif’al : quand l’action est subie par le sujet : le nif’al est le passif du verbe simple : passé et présent en ni-/nè- (nivro, nè’èmon) ; futur avec un daguech dans la première lettre de la racine (yissossém, yipossé’a’h)
- Leçon 5 §G28 · Les noms avec un מ devant : beaucoup de noms se forment en plaçant un מ (ma-, mi-) devant la racine : ma’assè une action (ע־שׂ־ה, faire), mitsva un ordre (צ־ו־ה), mitsad un pas (צ־ע־ד)
- Leçon 6 §G34 · « Eux » et « nous tous » : les terminaisons de « ils », et כֹּל avec terminaisons : « eux, leur » est -hèm après une préposition (lohèm), -éhèm après un nom pluriel (pérosséhèm), -èm/-om sur un verbe ou un mot court (avorekhèm, koulom) ; כֹּל + terminaison : koulonou nous tous, koulom eux tous
La plupart des racines ont trois lettres fermes (§G1). Certaines ont un ו au milieu, et ce ו est faible : il ne s’entend pas comme une consonne v, mais comme une voyelle, o ou ou, et dans certains schèmes il disparaît tout à fait. Nous en avons rencontré une dans le Kaddich, ר־ו־ם, « haut » (§G42). Cette leçon en est pleine, car la racine de « lumière » en est une : א־ו־ר.
Une racine, beaucoup de lumières.
- אוֹר (or), « lumière » : le ו est la voyelle o. Son pluriel est אוֹרִים (orim), « lumières », dans לְעֹשֵׂה אוֹרִים גְּדֹלִים.
- Avec une terminaison (§G4) : אוֹרְךָ (orekho), « Ta lumière », dans בְּאוֹרְךָ נִרְאֶה אוֹר. Le ו reste, et la terminaison s’ajoute après le ר.
- Le hif’il, « faire », « faire de la lumière » (§G7, §G16) : הַמֵּאִיר (hamé’ir), « Celui qui éclaire ». Ici le ו a disparu, et à sa place on voit le yod du hif’il : mé- devant, -i- avant la dernière lettre. De même הֵאִירוּ (hé’irou), « ils ont illuminé », dans le Psaume 97, que nous disons le vendredi soir.
- Un nom avec un מ devant (§G28) : מָאוֹר (mo’or), « une source de lumière, un luminaire ». Son pluriel est מְאוֹרוֹת (meoross), comme dans יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת, « Créateur des luminaires » ; c’est un nom masculin avec la terminaison plurielle ־וֹת (§G5). Dans une chaîne, « les lumières de », il devient מְאוֹרֵי (meoré) (§G10) : בּוֹרֵא מְאוֹרֵי הָאֵשׁ, « qui crée les lumières du feu », la bénédiction sur la bougie de la Havdala.
Bon et bonté. La racine ט־ו־ב, « bon », est creuse de la même façon. טוֹב (tov), avec o, c’est « bon » ; טוּב (touv), avec ou, c’est « la bonté ». Avec la terminaison « Sa » (§G4), il devient טוּבוֹ (touvo), « Sa bonté » : וּבְטוּבוֹ מְחַדֵּשׁ, « et dans Sa bonté Il renouvelle ». Le commentaire de notre siddour explique que cette « bonté » est la lumière du premier jour, « Et Elokim vit la lumière, qu’elle était bonne ». L’Admour Hazaken emploie le même mot dans l’Iguéret HaKodech 11 : tout est bien, mais cela n’est pas saisi, לְגוֹדְלוֹ וְרַב טוּבוֹ, « à cause de sa grandeur et de l’abondance de sa bonté ».
Quand vous voyez un ’holam ou un chouruk là où vous attendez une lettre de la racine, ou un yod au hif’il là où il devrait y avoir un ו, pensez à une racine creuse.
| אוֹר | or | lumière | racine א־ו־ר |
| אוֹרְךָ | orekho | Ta lumière | terminaison ־ְךָ (§G4) |
| הַמֵּאִיר | hamé’ir | Celui qui éclaire | hif’il : le ו devient un yod |
| הַמְּאוֹרוֹת | hameoross | les luminaires | מ devant (§G28), pluriel ־וֹת |
| מְאוֹרֵי | meoré | les lumières de | forme de chaîne (§G10) |
| טוּבוֹ | touvo | Sa bonté | טוֹב bon → טוּב bonté |
L’hébreu n’a pas de chiffres à part. Les lettres elles-mêmes sont les nombres, et c’est ainsi que nous écrivons la date, la page d’un séfer, le numéro d’une lettre (nous l’avons vu dans la leçon 8, lettre 7605), et que les Sages comptent.
Les valeurs. Les neuf premières lettres sont les unités, les neuf suivantes les dizaines, et les quatre dernières les centaines :
- א 1, ב 2, ג 3, ד 4, ה 5, ו 6, ז 7, ח 8, ט 9
- י 10, כ 20, ל 30, מ 40, נ 50, ס 60, ע 70, פ 80, צ 90
- ק 100, ר 200, ש 300, ת 400
Les formes finales ך ם ן ף ץ comptent comme les lettres ordinaires. Les voyelles ne comptent pas ; seulement les lettres.
Lumière et secret. אוֹר : א 1 + ו 6 + ר 200 = 207. רָז, « un secret » : ר 200 + ז 7 = 207. Le Rabbi le rapporte du Zohar (cité d’après lui) et demande : la lumière est révélation et le secret est caché ; comment peuvent-ils être un ? Et il répond que la lumière est le but du monde, cachée à l’intérieur jusqu’à la fin, comme un but qui reste caché à l’intérieur d’une longue tâche jusqu’à ce qu’elle soit achevée.
La lumière dans la Torah. Le Kitsour Baal HaTourim sur Béréchit 1:4 écrit : « אֶת הָאוֹר en guématria égale בַּתּוֹרָה, et cela fait le nombre 613 » (traduit de l’hébreu). Comptez : א 1 + ת 400 + ה 5 + א 1 + ו 6 + ר 200 = 613, et ב 2 + ת 400 + ו 6 + ר 200 + ה 5 = 613. Le Déguel Ma’hané Éphraïm le rapporte pour montrer que la lumière fut cachée « dans la Torah ». Et 613 est le nombre des mitsvot, comme l’enseigne Rabbi Simlaï (Makot 23b).
Encore une. Le même Baal HaTourim note que וַיַּבְדֵּל, « et Il sépara », fait le nombre de fois où nous faisons la Havdala dans l’année : ו 6 + י 10 + ב 2 + ד 4 + ל 30 = 52. Une guématria n’est jamais une preuve à elle seule ; les Sages l’emploient pour montrer un lien que la Torah enseigne déjà.
| אוֹר | or | lumière | 1 + 6 + 200 = 207 |
| רָז | raz | secret | 200 + 7 = 207 |
| אֶת הָאוֹר | ess ho’or | la lumière | 401 + 212 = 613 |
| בַּתּוֹרָה | baToro | dans la Torah | 2 + 400 + 6 + 200 + 5 = 613 |
| וַיַּבְדֵּל | vayavdèl | et Il sépara | 6 + 10 + 2 + 4 + 30 = 52 |
Dans le verset que nous disons en mettant le talit, כִּי עִמְּךָ מְקוֹר חַיִּים, בְּאוֹרְךָ נִרְאֶה אוֹר, le dernier verbe est נִרְאֶה (nirè), de ר־א־ה, « voir ». Il peut se lire de deux façons, et la grammaire hébraïque montre pourquoi.
« Nous verrons ». Dans la leçon 4, nous avons appris que le futur met une lettre devant la racine, et que נ (ni-) veut dire « nous » (§G20). Ainsi נִרְאֶה = נ + ר־א־ה : « nous verrons ». La racine se termine par un ה, qui se montre comme ־ֶה à la fin (§G2). Le verset veut alors dire : dans Ta lumière nous verrons la lumière. C’est ainsi que le traduit notre siddour, et le mot suivant, אוֹר, est ce que nous voyons.
« Est vu ». Dans la leçon 4, nous avons aussi rencontré le nif’al, le passif du verbe simple, avec ni- devant au passé et au présent (§G21) : נִבְרָא, « fut créé ». De ר־א־ה, le nif’al est נִרְאֶה, « est vu, apparaît », écrit avec exactement les mêmes lettres et les mêmes voyelles. La Torah l’emploie ainsi : וַיֵּרָא, « et Il apparut », en est le futur.
Comment les distinguer. Seule la phrase peut le dire. Dans notre verset, נִרְאֶה est suivi de son complément, אוֹר ; ce doit donc être « nous verrons » : un verbe passif n’a pas de complément. Quand on met un ה devant, הַנִּרְאֶה, c’est le participe avec « le » (§G17) : « ce qui se voit », ce qui est visible. Voilà pourquoi nous prions pour טוֹב הַנִּרְאֶה וְהַנִּגְלֶה, « un bien qui se voit et qui est révélé » : non seulement un bien caché, mais un bien que nos yeux peuvent voir.
| נִרְאֶה | nirè | nous verrons | נ = nous (§G20) |
| נִרְאֶה | nirè | est vu, apparaît | nif’al (§G21) |
| הַנִּרְאֶה | hanirè | ce qui se voit | ה + participe (§G17) |
| וְהַנִּגְלֶה | vehaniglé | et ce qui est révélé | nif’al de ג־ל־ה |
Petits mots dans les lignes de lumière
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| כִּי | ki | car, que, parce que | — | Ouvre une raison : « car auprès de Toi est la source de la vie », « car Sa bonté est éternelle ». |
| עִם | im | avec | ע־מ־ם | Avec une terminaison, le מ est redoublé : עִמְּךָ, « avec Toi » (§G4). |
| יוֹם | yom | jour | י־ו־ם | בְּכָל יוֹם, « chaque jour ». |
| לֵב | lév | cœur | ל־ב־ב | Dans Tehilim 97 : יִשְׁרֵי־לֵב, « les cœurs droits ». |
| טוֹב | tov | bon | ט־ו־ב | « Elokim vit la lumière, qu’elle était bonne » (§G44). |
| רָז | roz | secret | — | Même valeur que אוֹר, 207 (§G45). |
| אוֹר or · lumière Yotsèr Or, Ma Yakar, et la Havdala | בּוֹרֵא boré · qui crée Boré peri haguéfène, Boré meoré ho’èch |
| טוּבוֹ / טוֹב touvo / tov · Sa bonté / bon « ouvetouvo me’hadèch », et Hodou laChem ki tov | חַסְדּוֹ ’hasdo · Sa bonté « ki le’olom ’hasdo », tout au long du Hallel |
| מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית ma’assé verèchiss · l’œuvre de la Création Yotsèr Or, et le Kiddouch du vendredi soir | חֹשֶׁךְ ’hochèkh · obscurité Yotsèr Or, et la Havdala « béne or le’hochèkh » |
- Selon Rabbi Elazar dans ’Haguiga 12a, que pouvait faire un homme avec la lumière du premier jour ? Pourquoi a-t-elle été cachée, et pour qui ?
- Comment Rachi explique-t-il les mots « et Elokim sépara la lumière et l’obscurité » ?
- Selon Béréchit Rabba 11:2, combien d’heures la lumière a-t-elle brillé, et pourquoi ? Que donna Hachem à Adam à la fin de Chabbat ?
- Donnez les deux raisons de l’Admour Hazaken (298:1) pour la bénédiction sur le feu à la sortie de Chabbat.
- Où la lumière a-t-elle été cachée, selon le Baal Chem Tov dans le Déguel Ma’hané Éphraïm ? Quelle histoire le Déguel raconte-t-il pour montrer que les tsaddikim s’en servent ?
- Le Rabbi demande pourquoi la lumière a été créée en premier. Quelle est sa réponse, et quelle directive en tire-t-il pour chaque matin ?
- Selon le Rabbi, qu’est-ce qui fera se révéler la lumière cachée ? Pourquoi la Torah est-elle le lieu principal où elle est mise en réserve ?
- Qu’est-ce que « Sa bonté » dans « ouvetouvo me’hadèch bekhol yom tomid ma’assé verèchiss », selon le commentaire ? Qu’ajoute l’étude de la Torah ?
- Comment l’obscurité peut-elle être une sorte de lumière ? Expliquez avec le commentaire sur Yotsèr Or et avec l’Iguéret HaKodech 11.
- Pourquoi avons-nous besoin d’« ombre » et de « vêtements », selon le commentaire sur Ma Yakar, et qu’est-ce qui changera à l’ère de Machia’h ?
- Quelle ligne, présente dans certains autres siddourim avant la fin de Yotsèr Or, n’est pas dans le siddour ’Habad ?
- Trouvez cinq mots de la racine א־ו־ר dans les lignes de cette leçon. Lesquels ont un מ devant, et lequel est un hif’il ? → voir §G44, Leçon 5 §G28, Leçon 3 §G16
- Calculez la valeur de אוֹר et de רָז. Que trouve le Kitsour Baal HaTourim dans אֶת הָאוֹר, et dans וַיַּבְדֵּל ? → voir §G45
- Dans בְּאוֹרְךָ נִרְאֶה אוֹר, נִרְאֶה veut-il dire « nous verrons » ou « est vu » ? Comment le savez-vous ? Que voudrait dire הַנִּרְאֶה ? → voir §G46, Leçon 4 §G20, Leçon 4 §G21
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