Birkot HaTorah : les bénédictions de la Torah
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Avant d’étudier un seul mot de Torah le matin, le Juif en bénit Hachem, trois fois. Dans cette leçon je raconte d’où viennent ces bénédictions dans la Guemara et pourquoi les Sages les ont prises si au sérieux ; puis nous regardons ce que la ’Hassidout y voit : une bénédiction qui fait descendre la sagesse d’Hachem dans notre étude, une Torah donnée à nouveau chaque jour. Dans la 2e partie nous étudions la première Torah de la journée, la bénédiction des Kohanim et Élou Devarim, et pourquoi nous les disons tout de suite. Comme toujours, chaque mot est décomposé, et la grammaire nouvelle est expliquée à la fin (§G30 à §G34).
Trois bénédictions d’une seule page de Guemara
Avant qu’un Juif n’étudie un seul mot de Torah le matin, il dit les bénédictions de la Torah. Leur source est la Guemara de Berakhot 11b, qui pose une question simple : « Quelle bénédiction dit-on ? » Trois Amoraïm donnent trois réponses.
- Rav Yehouda au nom de Chmouel : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous occuper des paroles de la Torah. »
- Rabbi Yo’hanan conclut par une demande : « Rends agréables, Hachem notre D.ieu, les paroles de Ta Torah dans notre bouche et dans la bouche de Ton peuple… », avec nos enfants, et une bénédiction de conclusion.
- Rav Hamnouna : « Qui nous a choisis parmi tous les peuples et nous a donné Sa Torah. Béni sois-Tu, Hachem, qui donne la Torah. » Et Rav Hamnouna ajoute : « C’est la plus belle des bénédictions. »
Laquelle dit-on ? La Guemara répond en trois mots : הִלְכָּךְ לֵימְרִינְהוּ לְכוּלְּהוּ, « c’est pourquoi, disons-les toutes ». C’est exactement ce que fait notre siddour : Al Divré Torah, Vehaarèv Na et Achèr Ba’har Banou, l’une après l’autre.
מַאי מְבָרֵךְ? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לַעֲסוֹק בְּדִבְרֵי תוֹרָה״.וְרַב הַמְנוּנָא אָמַר: ״אֲשֶׁר בָּחַר בָּנוּ מִכׇּל הָעַמִּים וְנָתַן לָנוּ אֶת תּוֹרָתוֹ. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ נוֹתֵן הַתּוֹרָה״. אָמַר רַב הַמְנוּנָא: זוֹ הִיא מְעוּלָּה שֶׁבַּבְּרָכוֹת.הִלְכָּךְ לֵימְרִינְהוּ לְכוּלְּהוּ.
Une bénédiction que la Torah elle-même demande
La plupart des bénédictions ont été instituées par nos Sages. De celle-ci, la Guemara (Berakhot 21a) demande : « D’où savons-nous, par la Torah elle-même, la bénédiction de la Torah avant [de l’étudier] ? » Et elle répond par un verset du cantique de Moché dans Haazinou (Devarim 32:3) : « Quand j’invoque le Nom d’Hachem, rendez hommage à notre D.ieu. » Avant que les paroles de la Torah ne soient prononcées, on bénit Hachem.
La même page compare la Torah à la nourriture. Comme on bénit avant de manger et après, pourrait-on apprendre l’un de l’autre ? La Guemara trace une ligne entre les deux : la nourriture est pour cette vie, mais la Torah est חַיֵּי עוֹלָם, « la vie éternelle ». Gardez cette image en tête ; nous la retrouverons dans le Tanya.
מִנַּיִן לְבִרְכַּת הַתּוֹרָה לְפָנֶיהָ מִן הַתּוֹרָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי שֵׁם ה׳ אֶקְרָא הָבוּ גֹדֶל לֵאלֹהֵינוּ״.שֶׁכֵּן חַיֵּי עוֹלָם
Devarim 32:3 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.32.3

Pourquoi le pays a-t-il été détruit ?
Le prophète Yirmeyahou a posé une question à laquelle personne ne savait répondre : « Qui est le sage qui comprendra cela … pourquoi le pays a-t-il été détruit ? » (Yirmeyahou 9:11). Le verset suivant donne la réponse d’Hachem Lui-même : « parce qu’ils ont abandonné Ma Torah ».
Mais ils n’avaient pas cessé d’étudier ! La Guemara (Nedarim 81a ; Baba Metsia 85b) explique donc, avec les mots de Rav Yehouda au nom de Rav : שֶׁלֹּא בֵּרְכוּ בַּתּוֹרָה תְּחִילָּה, « parce qu’ils n’ont pas dit d’abord la bénédiction sur la Torah ».
L’Admour Hazaken ouvre les lois de ces bénédictions par cet enseignement même (Choul’han Aroukh HaRav 47:1) : il faut y être « très vigilant », car le pays n’a été dévasté que parce qu’on ne disait pas la bénédiction avant l’étude de la Torah. Rachi, cité par le commentaire de notre siddour, explique pourquoi : « Ils ne considéraient pas la Torah assez importante pour réciter une bénédiction sur elle. C’est pourquoi ils traitaient ses bénédictions avec mépris. Ainsi, bien qu’ils fussent très occupés par l’étude de la Torah, leur étude ne les a pas protégés » (traduit de l’anglais).
C’est pourquoi, conclut l’Admour Hazaken, chacun doit tenir la Torah pour si précieuse, « l’instrument précieux de D.ieu, en lequel Il se délecte chaque jour », qu’« il en récite les bénédictions avec une joie qui dépasse sa joie pour tous les plaisirs du monde » (traduit de l’anglais).
וַיֹּאמֶר … עַל עׇזְבָם אֶת תּוֹרָתִישֶׁלֹּא בֵּרְכוּ בַּתּוֹרָה תְּחִילָּהשֶׁלֹּא חָרְבָה הָאָרֶץ אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁלֹּא בֵּרְכוּ בַּתּוֹרָה תְּחִלָּהחֲשׁוּבָה בְּעֵינָיו לְבָרֵךְ עָלֶיהָ בְּשִׂמְחָה יוֹתֵר מֵעַל כָּל הֲנָאוֹת שֶׁבָּעוֹלָם
Talmud, Nedarim 81a · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Nedarim.81a
Talmud, Baba Metsia 85b · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Bava_Metzia.85b
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 47:1 (trad. anglaise du rav Eliyahou Touger et d’Ouri Kaploun, Sichos in English) · cité (traduit de l’anglais) et en hébreu · chabad.org/…/aid/3285912
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Al Divrei Torah · commentaire sur בָּרוּךְ, citant Rachi ; cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/torah-texts/2349785
Étudier, mais pas pour la Torah elle-même
Que manquait-il exactement ? Les traducteurs du Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken citent, dans leur note sur 47:1, les mots du Ba’h. Les gens étudiaient, écrit-il, « pour leur propre profit matériel, afin de connaître les lois nécessaires à leurs affaires, et aussi pour faire fièrement étalage de leur sagesse. Ils ne cherchaient pas à s’unir à la sainteté et à la spiritualité de la Torah et à s’y attacher, [faisant ainsi] descendre la Présence divine dans ce monde.... Ils ont ainsi provoqué une séparation [dans l’univers] et fait se retirer et remonter la Présence divine de ce monde. » La Torah qu’ils étudiaient « est restée simplement matérielle, sans plus être pénétrée de la sainteté de la Présence divine » (traduit de l’anglais).
La même note ajoute que, selon de nombreux maamarim de ’Hassidout (elle cite le Likouté Torah sur Devarim, p. 29a), les paroles des Sages ne visent « pas seulement les bénédictions de la Torah en elles-mêmes, mais aussi l’effort de chacun dans le service divin de la prière, car la prière crée un lien entre l’individu et la nature intrinsèquement divine de la Torah » (traduit de l’anglais). J’apporte cette référence telle qu’elle y est citée.
De la Guemara à notre siddour
Placez les mots de la Guemara à côté de notre siddour et vous remarquerez ces différences :
- « nous occuper de » ou « au sujet de » ? La formulation de Chmouel dans la Guemara est לַעֲסוֹק בְּדִבְרֵי תוֹרָה. Notre siddour dit עַל דִּבְרֵי תוֹרָה. L’Admour Hazaken écrit dans son Choul’han Aroukh (47:4) que la bénédiction est אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל דִּבְרֵי תוֹרָה, et que la version « de ces pays » est la’assok. Les traducteurs notent : « dans son Siddour, l’Admour Hazaken emploie la version Al Divré Torah, en s’appuyant sur le Ari Zal » (traduit de l’anglais). Le Choul’han Aroukh (Ora’h ’Haïm 47:5) écrit lui aussi עַל דִּבְרֵי תוֹרָה.
- Avec un vav. L’Admour Hazaken tranche (47:5) qu’il est préférable de dire Vehaarèv avec un vav, « et », lié à la première bénédiction ; et que même selon la tradition mystique, où Vehaarèv est une bénédiction à part et où l’on répond Amen entre les deux, « on dit malgré tout Vehaarèv avec un vav ». Les traducteurs ajoutent : « Et c’est ainsi dans le Siddour de l’Admour Hazaken » (traduit de l’anglais).
- Nos enfants, et les leurs. L’Admour Hazaken mentionne ceux qui ajoutent « et les descendants de nos descendants », et écrit : « cet ajout n’est cependant pas nécessaire, car “nos descendants” inclut aussi les petits-enfants » (47:1, traduit de l’anglais).
Et pourquoi la bénédiction parle-t-elle des « paroles de la Torah » ? Une note hébraïque du commentaire du siddour cite le Rabbi précédent (Séfèr HaMaamarim 5704, p. 108, tel que cité) : l’étude de la Torah se fait avant tout par la parole, et c’est pourquoi la bénédiction du matin dit עַל דִּבְרֵי תוֹרָה.
מַאי מְבָרֵךְ? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לַעֲסוֹק בְּדִבְרֵי תוֹרָה״.אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל דִּבְרֵי תוֹרָה
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 47:1, 4, 5 (trad. anglaise du rav Eliyahou Touger et d’Ouri Kaploun, Sichos in English) · cité (traduit de l’anglais), avec les notes 18 et 27 des traducteurs ; 47:4 aussi en hébreu · chabad.org/…/aid/3285912
Choul’han Aroukh, Ora’h ’Haïm 47:5 et 47:9 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.47
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Al Divrei Torah · note hébraïque citant le Séfèr HaMaamarim 5704, p. 108 ; en paraphrase, tel que cité · chabad.org/torah-texts/2349785
Chabad.org, Online Siddur : Al Divrei Torah / Vehaarev Na · texte du Siddour Tehilat Hachem ; vérifié mot à mot les 2 et 3 novembre 2026 · chabad.org/torah-texts/2349785
Une fois par jour, avant toute étude
Quelques lois de l’Admour Hazaken (Choul’han Aroukh HaRav 47) montrent jusqu’où s’étendent ces bénédictions :
- Toute la Torah. La bénédiction est nécessaire pour l’Écriture, pour la Michna, pour le Talmud et pour le Midrach, chacun seul, « car tout est Torah et a été donné à Moché au Sinaï » (47:2, traduit de l’anglais).
- Parler, pas seulement penser. Celui qui ne fait que penser à des paroles de Torah n’a pas besoin de la bénédiction, car וְהִרְהוּר לָאו כְּדִבּוּר הוּא, « la pensée n’équivaut pas à la parole » (47:2). C’est le même point que עַל דִּבְרֵי תוֹרָה : la bénédiction porte sur la Torah que l’on prononce.
- Avant la prière. L’Admour Hazaken examine si la bénédiction qui précède le Chéma, Ahava Rabba, peut couvrir l’étude, et conclut qu’« il faut veiller à réciter les bénédictions de l’étude de la Torah avant l’office » (47:6, traduit de l’anglais). Voilà pourquoi elles se trouvent ici, parmi les bénédictions du matin.
- Une fois pour toute la journée. Certains décisionnaires estiment que, comme les bénédictions du matin, ces bénédictions ont été instituées pour n’être dites qu’une fois par jour, de sorte qu’on ne les répète pas après une sieste ou une interruption ; l’Admour Hazaken écrit : « c’est devenu la coutume établie » (47:7, traduit de l’anglais).
- Les femmes disent elles aussi ces bénédictions (47:10).
Je les apporte pour montrer la place des bénédictions dans la journée, non comme guide pratique. Pour votre pratique, consultez votre rav.
וְהִרְהוּר לָאו כְּדִבּוּר הוּא
« Bénir », c’est faire descendre
Regardez de nouveau les mots de la Guemara : ils n’ont pas dit la bénédiction dans la Torah, בַּתּוֹרָה. Le commentaire du siddour relève que la Guemara ne dit pas עַל הַתּוֹרָה, « sur la Torah », et explique : « les bénédictions ne font pas que remercier D.ieu pour la Torah, elles font descendre la divinité essentielle dans la Torah ». « La pensée ’hassidique, écrit-il, va plus loin et explique que la bénédiction signifie faire descendre la divinité » (traduit de l’anglais).
L’Admour Hazaken le dit dans le Tanya (Kountrass A’haron, essai 5). Il cite les paroles des Sages « car ils n’ont pas dit la bénédiction avant l’étude de la Torah », et l’édition anglaise explique : « Le sens profond en est que les gens de cette époque n’ont pas fait descendre la lumière infinie dans leur étude de la Torah (car ברך, la racine du mot qui signifie “bénédiction” dans la langue sainte, signifie “faire descendre”) » (traduit de l’anglais). Les mots de l’Admour Hazaken lui-même : la séparation du bien et du mal se fait par la descente de la lumière infinie dans la sagesse suprême revêtue dans les lois de la Torah.
D’où vient le sens de « faire descendre » ? Une note hébraïque du siddour cite le maamar du Rabbi (Séfèr HaMaamarim Meloukat, vol. 2, tel que cité) : בְּרָכָה, la bénédiction, est apparentée au vigneron הַמַּבְרִיךְ אֶת הַגֶּפֶן, qui couche un sarment de la vigne dans la terre, pour qu’il prenne racine et tire une vie nouvelle d’en bas. Une bénédiction fait pencher la lumière jusqu’à nous.
שֶׁהוּא עַל־יְדֵי הַמְשָׁכַת אוֹר־אֵין־סוֹף בְּחָכְמָה עִילָּאָה הַמְלוּבֶּשֶׁת בָּהֶן,כִּי בְּרָכָה הִיא מִלְּשׁוֹן הַמְשָׁכָה וּכְמוֹ הַמַּבְרִיךְ אֶת הַגֶּפֶן
Tanya, Kountrass A’haron, essai 5 (Lessons in Tanya, Kehot, sur Chabad.org) · texte hébreu et traduction anglaise ; cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/aid/1054287

La Torah est déjà une avec Hachem. Qu’ajoute la bénédiction ?
Au chapitre 4 du Tanya, l’Admour Hazaken écrit que la Torah, dans sa source, est la volonté et la sagesse de D.ieu, et cite le Zohar : וְאוֹרַיְיתָא וְקוּדְשָׁא־בְּרִיךְ־הוּא כּוּלָּא חַד, « la Torah et D.ieu ne font qu’un ». Les Lessons in Tanya expliquent : « La Torah, étant l’intellect de D.ieu, est donc une avec D.ieu Lui-même, et quand un Juif la comprend et s’unit à elle, il est uni à D.ieu Lui-même » (traduit de l’anglais). Et la Torah est descendue jusqu’à nous comme l’eau : « C’est pourquoi la Torah est comparée à l’eau : de même que l’eau descend d’un lieu élevé vers un lieu bas » (traduit de l’anglais), ainsi la Torah est descendue כָּךְ הַתּוֹרָה יָרְדָה מִמְּקוֹם כְּבוֹדָהּ, de son lieu de gloire, jusqu’aux lois de ce monde.
S’il en est ainsi, pourquoi la Torah a-t-elle besoin d’une bénédiction ? Le commentaire du siddour répond : « la Torah est toujours une avec D.ieu … Pourtant, cette unité n’est pas forcément révélée. Quand l’Essence de D.ieu est attirée dans la Torah, sa nature divine se reflète dans chaque aspect de ses enseignements. » Et comment ? « Par le bitoul, c’est-à-dire quand une personne se consacre à D.ieu d’une manière qui dépasse son moi individuel » (traduit de l’anglais). C’est pourquoi, ajoute le commentaire, la ’Hassidout relie la bénédiction de la Torah à la prière, car dans la prière l’homme dépasse ses propres préoccupations.
וְאוֹרַיְיתָא וְקוּדְשָׁא־בְּרִיךְ־הוּא כּוּלָּא חַדכָּךְ הַתּוֹרָה יָרְדָה מִמְּקוֹם כְּבוֹדָהּ,
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Al Divrei Torah · commentaire sur בָּרוּךְ ; cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/torah-texts/2349785
Une source, ou un bassin ?
Quand on étudie ainsi, poursuit le commentaire, la Torah devient un « élixir de vie », et il cite le Ba’h : « Son âme s’attache à la sainteté et à la spiritualité de l’essence de la Torah, à sa source même » (traduit de l’anglais).
Une note hébraïque du siddour cite une si’ha du Rabbi (Torat Mena’hem, vol. 2, 5711, p. 119–120, tel que cité) avec une image. La Torah étudiée après la bénédiction, lichma, quand on ressent le lien avec Celui qui donne la Torah, est בְּדוּגְמַת מֵי מַעְיָן, מַיִם חַיִּים שֶׁמְּחוּבָּרִים לִמְקוֹרָם, « comme l’eau d’une source, une eau vive reliée à sa source ». La Torah étudiée en oubliant Celui qui la donne est comme l’eau d’un bassin de mikvé : de l’eau, mais pas une eau vive reliée à sa source. Et le Rabbi ajoute que dans l’étude de la ’Hassidout, dont le sujet même est la divinité, le lien avec Celui qui donne la Torah vient de lui-même, comme l’eau de source toujours reliée à sa source.
בְּדוּגְמַת מֵי מַעְיָן, מַיִם חַיִּים שֶׁמְּחוּבָּרִים לִמְקוֹרָם

« Qui nous a choisis … et nous a donné Sa Torah »
Rav Hamnouna a appelé cette bénédiction « la plus belle des bénédictions ». Le commentaire du siddour explique ses premiers mots : « Notre lien avec la Torah n’est pas, pour ainsi dire, un hasard des circonstances. Il n’est pas non plus le fruit de nos capacités intellectuelles innées ou de nos efforts pour atteindre un raffinement spirituel. Il vient uniquement du choix de D.ieu » (traduit de l’anglais). Dans l’hébreu de la si’ha du Rabbi (Torat Mena’hem, vol. 22, p. 144, tel que cité) : שֶׁהַתּוֹרָה נִמְצֵאת אֶצְלֵנוּ לֹא בְּדֶרֶךְ מִקְרֶה, « la Torah est chez nous non par hasard », mais parce qu’Il a choisi, בְּחִירָה, un libre choix.
Et « Sa Torah » : « Quand on étudie la Torah, on doit se rendre compte que c’est “Sa Torah”, c’est-à-dire la sagesse de D.ieu, entièrement au-dessus de la compréhension humaine. » Comment la saisir ? Par le bitoul, qui « lui permet de saisir la Torah que D.ieu Lui-même étudie, pour ainsi dire » (traduit de l’anglais).
שֶׁהַתּוֹרָה נִמְצֵאת אֶצְלֵנוּ לֹא בְּדֶרֶךְ מִקְרֶה
« Qui donne » : la Torah est donnée aujourd’hui
La bénédiction ne se termine pas par « qui a donné la Torah », mais par נוֹתֵן הַתּוֹרָה, « qui donne la Torah », au présent. Le commentaire explique : « à chaque instant, la Torah est attirée de nouveau depuis sa source et sa racine » (traduit de l’anglais). Une note hébraïque cite le Rabbi Maharach (Torat Chmouel 5629, p. 117, tel que cité) : de même qu’il y a une sortie d’Égypte chaque jour, il y a un don de la Torah chaque jour. Et : « Le renouvellement continuel de la Torah découle de ce que la Torah émane de l’Essence de D.ieu. Car Son Essence est au-dessus de toute notion de temps, véritablement hors du temps » (traduit de l’anglais).
On doit donc étudier comme Israël se tenait au Sinaï. La Guemara (Moèd Katan 15a) l’apprend du verset sur « le jour où tu t’es tenu devant Hachem ton D.ieu au ’Horev » : מָה לְהַלָּן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ, « de même que là-bas c’était dans la crainte, la révérence, le tremblement et la sueur », ainsi ici. Une note hébraïque du siddour (une si’ha du Rabbi, telle que citée) relie les deux : puisque la Torah est donnée aujourd’hui, au présent, on doit l’étudier aujourd’hui avec la crainte du Don de la Torah.
מָה לְהַלָּן בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה וּבִרְתֵת וּבְזִיעַ,
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Al Divrei Torah · commentaire, « à chaque instant », cité (traduit de l’anglais) ; note hébraïque (Torat Mena’hem) sur l’étude avec crainte comme au Sinaï, en paraphrase, telle que citée · chabad.org/torah-texts/2349785
Talmud, Moèd Katan 15a · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Moed_Katan.15a
Pas comme la bénédiction sur une mitsva
Avant la plupart des mitsvot, on dit une courte bénédiction, et c’est tout. Pourquoi les bénédictions de la Torah comptent-elles trois bénédictions, une demande et toute une louange ? Le commentaire du siddour répond : « Les bénédictions dites avant les autres mitsvot sont des bénédictions de remerciement … Les bénédictions dites avant l’étude de la Torah ont un but plus large : elles louent et mettent en valeur la nature fondamentale de la Torah elle-même » (traduit de l’anglais).
Les traducteurs du Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken disent de même (47:4, note 19) : « Ces deux bénédictions honorent la Torah elle-même et soulignent notre estime pour son étude » (traduit de l’anglais), et ils relèvent une ressemblance entre ces bénédictions et les bénédictions de jouissance (en citant le Likouté Si’hot, vol. 14, p. 148–149, tel que cité).
La jouissance, comme la nourriture. Nous avons vu que la Guemara compare la Torah à la nourriture, puis l’appelle « vie éternelle ». Et l’Admour Hazaken écrit au chapitre 5 du Tanya que, parce que la Torah est absorbée dans l’intellect de l’homme et ne fait plus qu’un avec lui, « c’est pourquoi elle est appelée le “pain” et la “nourriture” de l’âme ».
לָכֵן נִקְרֵאת בְּשֵׁם "לֶחֶם" וּ"מְזוֹן הַנֶּפֶשׁ".
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 47:4, translators’ note 19 (trad. anglaise du rav Eliyahou Touger et d’Ouri Kaploun, Sichos in English) · cité (traduit de l’anglais) ; Likouté Si’hot 14 tel que cité · chabad.org/…/aid/3285912
Talmud, Berakhot 21a · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.21a
Tanya, Likouté Amarim, ch. 5 (Lessons in Tanya, Kehot, sur Chabad.org) · texte hébreu et traduction anglaise ; cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/aid/7884
« Pour elle-même », לִשְׁמָהּ
La deuxième bénédiction termine sa demande par un seul mot : לִשְׁמָהּ, que nous et nos enfants étudiions la Torah « pour elle-même ». Qu’est-ce que cela veut dire ? L’Admour Hazaken le définit au chapitre 5 du Tanya (cité en hébreu ci-dessous) : « “pour elle-même”, c’est [étudier] dans l’intention d’attacher son âme à D.ieu en comprenant la Torah ».
Et l’Admour Hazaken le relie à la bénédiction dans son Choul’han Aroukh (47:1) : dire les bénédictions avec joie montre que l’on étudie lichma, et l’on méritera ainsi ce que l’on demande dans la bénédiction elle-même, « que nous et nos descendants… », comme dit le prophète : « [les paroles que J’ai mises dans ta bouche] ne quitteront pas ta bouche, ni la bouche de tes descendants » (Yecha’yahou 59:21, traduit de l’anglais).
וְ"לִשְׁמָהּ", הַיְינוּ כְּדֵי לְקַשֵּׁר נַפְשׁוֹ לַה' עַל יְדֵי הַשָּׂגַת הַתּוֹרָה,לֹא יָמוּשׁוּ מִפִּיךָ וּמִפִּי זַרְעֲךָ וּמִפִּי זֶרַע זַרְעֲךָ
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 47:1 (trad. anglaise du rav Eliyahou Touger et d’Ouri Kaploun, Sichos in English) · cité (traduit de l’anglais) · chabad.org/…/aid/3285912
Yecha’yahou 59:21 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.59.21
Un petit Don de la Torah chaque matin
Dans une lettre publique avant Chavouot 5743 (1983), le Rabbi a pris les deux mots נוֹתֵן הַתּוֹרָה et en a tiré une manière de vivre chaque jour. Chavouot revient une fois par an ; mais la bénédiction que nous disons chaque matin parle au présent. Il écrit :
« Les trois jours de préparation et la fête du Don de notre Torah reviennent certes une fois par an, mais il existe chaque jour une version en petit de cette préparation et du Don de la Torah. Comme on le sait, la formulation précise de la conclusion de la bénédiction de la Torah, dite chaque jour dans les bénédictions du matin, et de même quand on monte à la Torah, est Notèn HaTorah, « qui donne la Torah », au présent ; cela signifie que chaque jour la Torah est donnée de nouveau, ce qui implique de soi-même qu’une préparation est aussi nécessaire, et en effet nos Sages ont dit et enseigné : “Chaque jour, qu’ils soient (comme) nouveaux à tes yeux.” »
— Le Rabbi, lettre de Chavouot 5743 (1983), « Preparing to Receive the Torah Today » (traduit de l’anglais, Kehot, sur Chabad.org ; numéros de notes omis)
Des liens que je propose
Ces liens sont les miens ; ce ne sont pas les mots de la lettre du Rabbi.
Doux, comme le miel. Dans וְהַעֲרֶב נָא nous demandons que les paroles de la Torah soient agréables, douces, dans notre bouche. David HaMélè’h le dit dans les Tehilim (119:103) : מַה נִּמְלְצוּ לְחִכִּי אִמְרָתֶךָ מִדְּבַשׁ לְפִי, « Que Tes paroles sont douces à mon palais, plus que le miel à ma bouche. » Si la Torah est donnée de nouveau chaque matin, chaque matin nous pouvons demander de la goûter comme pour la première fois.
Trois bouches. La bénédiction dit « dans notre bouche, et dans la bouche de tout Ton peuple », puis parle de « nos descendants ». Le verset que cite l’Admour Hazaken dit « de ta bouche, de la bouche de tes descendants, et de la bouche des descendants de tes descendants ». La Torah des bénédictions vit dans la bouche, dans la parole, et passe de bouche en bouche à travers les générations.
La préparation fait partie du don. La lettre dit qu’un don quotidien demande une préparation quotidienne. Je vois dans les trois bénédictions elles-mêmes cette préparation : d’abord je dis qu’Hachem me l’a ordonné, puis je demande la douceur, puis je me rappelle qu’Il m’a choisi. Ensuite seulement j’ouvre un livre.
Yecha’yahou 59:21 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.59.21
Les bénédictions de la Torah, ligne par ligne
| Hébreu | Translittération | Sens |
|---|---|---|
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֱלֹהֵֽינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, | Boroukh Ato Ado-noï, Èlo-kéinou Mèlè’h ha’olom, | Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi de l’univers, |
| אֲשֶׁר קִדְּשָֽׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו, וְצִוָּֽנוּ | achèr kideshonou bemitsvossov, vetsivonou | qui nous a sanctifiés par Ses commandements, et nous a ordonné |
| עַל דִּבְרֵי תוֹרָה: | al divré Soro. | au sujet des paroles de la Torah. |
| וְהַעֲרֶב נָא יְיָ אֱלֹהֵֽינוּ אֶת דִּבְרֵי תוֹרָתְךָ בְּפִֽינוּ, | Vehaarèv no Ado-noï Èlo-kéinou ess divré Sorossekho befinou, | Rends agréables, Hachem notre D.ieu, les paroles de Ta Torah dans notre bouche, |
| וּבְפִי כָל עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל, | ouvefi khol amekho béss Yisroël, | et dans la bouche de tout Ton peuple, la maison d’Israël, |
| וְנִהְיֶה אֲנַֽחְנוּ וְצֶאֱצָאֵֽינוּ, וְצֶאֱצָאֵי כָל עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל, | venihyè ana’hnou vetsè’ètso’éinou, vetsè’ètso’é khol amekho béss Yisroël, | et que nous et nos descendants, et les descendants de tout Ton peuple, la maison d’Israël, |
| כֻּלָּֽנוּ יוֹדְעֵי שְׁמֶֽךָ וְלוֹמְדֵי תוֹרָתְךָ לִשְׁמָהּ. | koulonou yodé chemèkho velomdé Sorossekho lichmoh. | tous, connaissions Ton Nom et étudiions Ta Torah pour elle-même. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, הַמְלַמֵּד תּוֹרָה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל: | Boroukh Ato Ado-noï, hamelamèd Toro le’amo Yisroël. | Béni sois-Tu, Hachem, qui enseigne la Torah à Son peuple Israël. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֱלֹהֵֽינוּ מֶֽלֶךְ הָעוֹלָם, | Boroukh Ato Ado-noï, Èlo-kéinou Mèlè’h ha’olom, | Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi de l’univers, |
| אֲשֶׁר בָּֽחַר בָּֽנוּ מִכָּל הָעַמִּים וְנָֽתַן לָֽנוּ אֶת תּוֹרָתוֹ. | achèr bo’har bonou mikol ho’amim venossan lonou ess Torosso. | qui nous a choisis parmi tous les peuples et nous a donné Sa Torah. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, נוֹתֵן הַתּוֹרָה: | Boroukh Ato Ado-noï, nossèn haToro. | Béni sois-Tu, Hachem, qui donne la Torah. |
Remarquez la transcription : après un mot terminé par une voyelle, le ת de תוֹרָה n’a pas de daguech, et nous lisons Soro dans עַל דִּבְרֵי תוֹרָה et Sorossekho dans דִּבְרֵי תוֹרָתְךָ ; après un mot terminé par une consonne, comme dans הַמְלַמֵּד תּוֹרָה, il a un daguech : Toro (§G19). Et le méteg, comme dans בְּפִֽינוּ et כֻּלָּֽנוּ, indique où tombe l’accent (§G29).
Al Divré Torah
La ligne d’ouverture est celle que vous connaissez depuis la leçon 2. Les mots קִדְּשָֽׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו, וְצִוָּֽנוּ sont ceux de toute bénédiction sur une mitsva (§G12). Deux mots sont nouveaux.
אֲשֶׁר קִדְּשָֽׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו, וְצִוָּֽנוּעַל דִּבְרֵי תוֹרָה:
| דִּבְרֵי | = | ◌י | + | דִּבְרֵ |
| divré les paroles de | pluriel, « de » | devar-, parole |
| תוֹרָה | = | ◌ה | + | תוֹרָ |
| Soro Torah | féminin | tor-, enseignement |
Vehaarèv Na
Une demande, pleine de « notre » et de « Ton » : notre bouche, nos descendants, nous tous ; Ta Torah, Ton peuple, Ton Nom.
וְהַעֲרֶב נָא יְיָ אֱלֹהֵֽינוּ אֶת דִּבְרֵי תוֹרָתְךָ בְּפִֽינוּ,וּבְפִי כָל עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל,וְנִהְיֶה אֲנַֽחְנוּ וְצֶאֱצָאֵֽינוּ, וְצֶאֱצָאֵי כָל עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל,כֻּלָּֽנוּ יוֹדְעֵי שְׁמֶֽךָ וְלוֹמְדֵי תוֹרָתְךָ לִשְׁמָהּ.
| וְהַעֲרֶב | = | הַעֲרֶב | + | וְ |
| vehaarèv et rends agréable | impératif du hif’il : rends doux | et |
| נָא | = | נָא |
| no s’il Te plaît | de grâce, maintenant |
| תוֹרָתְךָ | = | ◌ךָ | + | תוֹרָתְ |
| Sorossekho Ta Torah | ta | Torah |
| בְּפִֽינוּ | = | ◌נוּ | + | פִֽי | + | בְּ |
| befinou dans notre bouche | notre | pi-, bouche | dans |
| וּבְפִי | = | פִי | + | בְ | + | וּ |
| ouvefi et dans la bouche de | bouche de | dans | et |
| עַמְּךָ | = | ◌ךָ | + | עַמְּ |
| amekho Ton peuple | ton | am, peuple |
| בֵּית | = | בֵּית |
| béss la maison de | maison de |
| וְנִהְיֶה | = | הְיֶה | + | נִ | + | וְ |
| venihyè et que nous soyons | être | nous (futur) | et |
| אֲנַֽחְנוּ | = | אֲנַֽחְנוּ |
| ana’hnou nous | nous |
| וְצֶאֱצָאֵֽינוּ | = | ◌נוּ | + | צֶאֱצָאֵֽי | + | וְ |
| vetsè’ètso’éinou et nos descendants | nos | descendance (pluriel) | et |
| כֻּלָּֽנוּ | = | ◌נוּ | + | כֻּלָּֽ |
| koulonou nous tous | nous | koul-, tout |
| יוֹדְעֵי | = | ◌י | + | יוֹדְעֵ |
| yodé connaissant | pluriel, « de » | connaissant |
| שְׁמֶֽךָ | = | ◌ךָ | + | שְׁמֶֽ |
| chemèkho Ton Nom | ton | chèm, nom |
| וְלוֹמְדֵי | = | ◌י | + | לוֹמְדֵ | + | וְ |
| velomdé et étudiant | pluriel, « de » | étudiant | et |
| לִשְׁמָהּ | = | ◌הּ | + | שְׁמָ | + | לִ |
| lichmoh pour elle-même | son (à elle) | nom, intention | pour |
| הַמְלַמֵּד | = | מְלַמֵּד | + | הַ |
| hamelamèd qui enseigne | présent du pi’el : enseigne | Celui qui |
| לְעַמּוֹ | = | ◌וֹ | + | עַמּ | + | לְ |
| le’amo à Son peuple | son | peuple | à |
Achèr Ba’har Banou
Deux verbes au passé, « a choisi » et « a donné », et une conclusion au présent, « donne ».
אֲשֶׁר בָּֽחַר בָּֽנוּ מִכָּל הָעַמִּים וְנָֽתַן לָֽנוּ אֶת תּוֹרָתוֹ.בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, נוֹתֵן הַתּוֹרָה:
| בָּֽחַר | = | בָּֽחַר |
| bo’har Il a choisi | a choisi |
| בָּֽנוּ | = | ◌נוּ | + | בָּֽ |
| bonou nous | nous | en, sur |
| מִכָּל | = | כָּל | + | מִ |
| mikol parmi tous | tout | de, parmi |
| הָעַמִּים | = | ◌ים | + | עַמִּ | + | הָ |
| ho’amim les peuples | pluriel | peuple | les |
| וְנָֽתַן | = | נָֽתַן | + | וְ |
| venossan et a donné | a donné | et |
| לָֽנוּ | = | ◌נוּ | + | לָֽ |
| lonou à nous | nous | à |
| תּוֹרָתוֹ | = | ◌וֹ | + | תּוֹרָת |
| Torosso Sa Torah | sa | Torah |
| נוֹתֵן | = | נוֹתֵן |
| nossèn donne | donnant |
| הַתּוֹרָה | = | ◌ה | + | תּוֹרָ | + | הַ |
| haToro la Torah | féminin | Torah | la |
2e partie de cette leçon : la première Torah de la journée
Cette leçon a deux parties. La 1re partie, ce sont les trois bénédictions de la Torah. La 2e partie, qui commence ici, c’est la Torah que l’on étudie juste après elles : les versets de la Birkat Kohanim, la bénédiction des Kohanim, et le passage Élou Devarim. Chaque partie a son histoire, son texte et son étude mot à mot ; la grammaire et la révision, à la fin, couvrent les deux.
Pourquoi étudier tout de suite ?
Une bénédiction sur une mitsva doit être suivie de la mitsva. Certains décisionnaires estiment que pour l’étude de la Torah une interruption ne compte pas, puisque le Juif est tenu d’étudier à tout moment. Mais l’Admour Hazaken écrit (Choul’han Aroukh HaRav 47:7) qu’il convient de tenir compte de ceux qui ne sont pas de cet avis et de ne faire aucune interruption, « comme on le fait pour les autres mitsvot. C’est pourquoi l’usage s’est établi de réciter la bénédiction des Kohanim juste après les bénédictions de l’étude de la Torah » (traduit de l’anglais).
Il ajoute un détail : « Comme [ce passage] est récité comme étude (et non en souvenir de la bénédiction des Kohanim), on peut le dire même avant l’aube, bien que la bénédiction des Kohanim ne se donne pas la nuit » (traduit de l’anglais). Nous le disons comme Torah, non comme la bénédiction même des Kohanim. Le Choul’han Aroukh (Ora’h ’Haïm 47:9) rapporte le même usage : וכן נהגו לומר פרשת ברכת כהנים סמוך לברכת התורה, « et l’usage est de dire le passage de la Birkat Kohanim juste après la bénédiction de la Torah ».
Notre siddour ajoute ensuite Élou Devarim. Voici ce que je remarque, comme observation personnelle : après les bénédictions, nous disons des versets de la Torah écrite, puis des mots de la Michna, puis un enseignement qui se trouve dans la Guemara ; et l’Admour Hazaken écrit (47:2) que la bénédiction couvre aussi bien l’Écriture que la Michna et le Talmud.
לוֹמַר בִּרְכַּת כֹּהֲנִים סָמוּךְ לְבִרְכַּת הַתּוֹרָהוכן נהגו לומר פרשת ברכת כהנים סמוך לברכת התורה
Choul’han Aroukh, Ora’h ’Haïm 47:5 et 47:9 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.47

Birkat Kohanim : la bénédiction et Celui qui bénit
Les versets viennent de Bamidbar 6:22–27. Hachem dit à Moché de dire à Aharon et à ses fils, les Kohanim : « Ainsi vous bénirez les enfants d’Israël. » Au Beth HaMikdach, nous dit la Michna citée en Berakhot 11b, les Kohanim, à l’office du matin, « bénissaient le peuple de trois bénédictions : Émèt Veyatsiv, l’Avoda, et la Birkat Kohanim ».
Le dernier verset dit clairement qui donne vraiment la bénédiction : « Ils mettront Mon Nom sur les enfants d’Israël, וַאֲנִי אֲבָרֲכֵם, et Moi, Je les bénirai. » Les Kohanim disent les mots ; Hachem bénit.
Le commentaire du siddour explique ce qu’elle a d’unique : « La bénédiction des Kohanim est unique en ce qu’elle réunit l’avantage de la prière, qui fait descendre une influence nouvelle d’un niveau au-delà de toute limite et de toute structure, et celui de la bénédiction, qui fait descendre l’influence directement dans ce monde matériel, sans obstacle » (traduit de l’anglais). Dans la note en yiddish qui est derrière ce commentaire (Likouté Si’hot, vol. 39, p. 378), le Rabbi ajoute que c’est pourquoi on dit la Birkat Kohanim chaque jour avant la prière : comme préparation, pour que ce que la prière fait descendre atteigne ce monde sans retard.
וּבֵרְכוּ אֶת הָעָם שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת, ״אֱמֶת וְיַצִּיב״, וַעֲבוֹדָה, וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים.
Talmud, Berakhot 11b · texte de la Guemara via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.11b
Chabad.org, Online Siddur with Commentary (Siddur Illuminated by Chassidus, Sichos in English) : Yevorechechah Hashem · commentaire sur יְבָרֶכְךָ יְיָ, cité (traduit de l’anglais) ; note en yiddish citant le Likouté Si’hot, vol. 39, p. 378, en paraphrase · chabad.org/torah-texts/2349789
Trois, cinq, sept
Comptez les mots des trois bénédictions, tels qu’ils sont dans le siddour :
- יְבָרֶכְךָ יְיָ וְיִשְׁמְרֶֽךָ : trois mots ;
- יָאֵר יְיָ | פָּנָיו אֵלֶֽיךָ, וִיחֻנֶּֽךָּ : cinq mots ;
- יִשָּׂא יְיָ | פָּנָיו אֵלֶֽיךָ, וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם : sept mots.
C’est une observation personnelle, non un enseignement que je cite : la bénédiction grandit en avançant, et elle se termine par שָׁלוֹם, la paix. Remarquez aussi le petit trait vertical après le Nom dans le deuxième et le troisième verset. C’est un pessik, signe d’une courte pause : on s’arrête un instant après le Nom avant de continuer avec פָּנָיו.

Élou Devarim : une Michna et une Guemara tissées ensemble
Le passage commence par la toute première Michna du traité Péa : « Voici les choses qui n’ont pas de mesure fixe : la péa, le coin du champ laissé aux pauvres ; les bikourim, les prémices apportées au Beth HaMikdach ; le réayone, la présentation au Temple aux fêtes ; les actes de bonté ; et l’étude de la Torah. » La Michna poursuit : « Voici les choses dont l’homme mange les fruits dans ce monde, tandis que le capital lui reste pour le monde à venir », et elle énumère honorer son père et sa mère, les actes de bonté, apporter la paix entre un homme et son prochain, « et l’étude de la Torah les égale toutes ».
La seconde liste de notre siddour est plus longue. La Guemara de Chabbat 127a rapporte, au nom de Rabbi Yo’hanan, « six choses dont l’homme mange les fruits dans ce monde » : accueillir les invités, visiter les malades, la concentration dans la prière, se rendre tôt à la maison d’étude, élever ses enfants dans l’étude de la Torah, et juger son prochain favorablement. Le siddour en reprend quatre (accueillir les invités, visiter les malades, se concentrer dans la prière, et se rendre tôt à la maison d’étude, à quoi il ajoute « matin et soir »). Il en contient aussi trois que je n’ai trouvées dans aucun de ces deux textes : aider une fiancée à se marier, accompagner les défunts, et la paix « entre un homme et sa femme ».
De petites différences de formulation aussi : la Michna a פֵּרוֹתֵיהֶן, le siddour פֵּרוֹתֵיהֶם ; la Michna dit que le capital reste « pour lui », לוֹ, ce que le siddour n’a pas ; et là où la Michna, telle qu’imprimée dans mon édition, dit « la paix entre un homme et son prochain », le siddour dit שֶׁבֵּין, comme la Guemara quand elle cite la Michna.
Et la liste se termine là où la matinée a commencé : וְתַלְמוּד תּוֹרָה כְּנֶֽגֶד כֻּלָּם. Que le passage s’ouvre et se ferme sur l’étude de la Torah, c’est mon observation ; que l’étude de la Torah les égale toutes, c’est la Michna qui le dit.
אֵלּוּ דְבָרִים שֶׁאָדָם אוֹכֵל פֵּרוֹתֵיהֶן בָּעוֹלָם הַזֶּה וְהַקֶּרֶן קַיֶּמֶת לוֹ לָעוֹלָם הַבָּא.שִׁשָּׁה דְבָרִים אָדָם אוֹכֵל פֵּירוֹתֵיהֶן בָּעוֹלָם הַזֶּה וְהַקֶּרֶן קַיֶּימֶת לוֹ לָעוֹלָם הַבָּא
Talmud, Chabbat 127a · texte de la Guemara via Sefaria ; comparé · sefaria.org/Shabbat.127a
Chabad.org, Online Siddur : Eilu Devarim · texte du Siddour Tehilat Hachem ; vérifié mot à mot les 2 et 3 novembre 2026 · chabad.org/torah-texts/2349791
Birkat Kohanim, ligne par ligne
| Hébreu | Translittération | Sens |
|---|---|---|
| וַיְדַבֵּר יְיָ אֶל מֹשֶׁה לֵּאמֹר: דַּבֵּר אֶל אַהֲרֹן וְאֶל בָּנָיו לֵאמֹר, | Vaydabèr Ado-noï èl Moché lémor : Dabèr èl Aharone veèl bonov lémor, | Hachem parla à Moché en disant : Parle à Aharon et à ses fils en disant : |
| כֹּה תְבָרֲכוּ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אָמוֹר לָהֶם: | Ko sevorekhou ess bené Yisroël, omor lohèm : | Ainsi vous bénirez les enfants d’Israël ; dites-leur : |
| יְבָרֶכְךָ יְיָ וְיִשְׁמְרֶֽךָ: | Yevorèkhekho Ado-noï veyichmerèkho. | Qu’Hachem te bénisse et te garde. |
| יָאֵר יְיָ | פָּנָיו אֵלֶֽיךָ, וִיחֻנֶּֽךָּ: | Yo’ér Ado-noï ponov élèkho vi’hounèkko. | Qu’Hachem fasse briller Sa face vers toi et t’accorde Sa grâce. |
| יִשָּׂא יְיָ | פָּנָיו אֵלֶֽיךָ, וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם: | Yisso Ado-noï ponov élèkho, veyossém lekho cholom. | Qu’Hachem tourne Sa face vers toi et te donne la paix. |
| וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וַאֲנִי אֲבָרֲכֵם: | Vessomou ess chemi al bené Yisroël, va’ani avorekhèm. | Ils mettront Mon Nom sur les enfants d’Israël, et Moi Je les bénirai. |
Deux petites différences avec le ’Houmach tel que je l’ai vérifié : notre siddour imprime תְבָרֲכוּ et אֲבָרֲכֵם avec un ’hataf patah sous le rèch, là où le texte du ’Houmach a un simple chva. Et dans le siddour, le premier לֵּאמֹר a un daguech dans le lamed, après le mot מֹשֶׁה, comme dans le verset.
Bamidbar 6:22–27 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Numbers.6.22-27
Élou Devarim, ligne par ligne
| Hébreu | Translittération | Sens |
|---|---|---|
| אֵֽלּוּ דְבָרִים שֶׁאֵין לָהֶם שִׁעוּר: | Élou devorim chè’éne lohèm chi’our : | Voici les choses qui n’ont pas de mesure fixe : |
| הַפֵּאָה, וְהַבִּכּוּרִים, | hapéo, vehabikourim, | le coin du champ, les prémices, |
| וְהָרְאָיוֹן, וּגְמִילוּת חֲסָדִים, וְתַלְמוּד תּוֹרָה: | vehoroyone, ouguemilouss ’hassodim, vessalmoud Toro. | la présentation [au Beth HaMikdach aux fêtes], les actes de bonté, et l’étude de la Torah. |
| אֵֽלּוּ דְבָרִים שֶׁאָדָם אוֹכֵל פֵּרוֹתֵיהֶם בָּעוֹלָם הַזֶּה | Élou devorim chè’odom okhèl pérosséhèm bo’olom hazè | Voici les choses dont l’homme mange les fruits dans ce monde |
| וְהַקֶּֽרֶן קַיֶּֽמֶת לָעוֹלָם הַבָּא, וְאֵֽלּוּ הֵן: | vehakèrèn kayèmèss lo’olom habo, ve’élou hène : | tandis que le capital lui reste pour le monde à venir, et les voici : |
| כִּבּוּד אָב וָאֵם, וּגְמִילוּת חֲסָדִים, | kibboud ov vo’ém, ouguemilouss ’hassodim, | honorer son père et sa mère, les actes de bonté, |
| וְהַשְׁכָּמַת בֵּית הַמִּדְרָשׁ שַׁחֲרִית וְעַרְבִית, | vehachkomass béss hamidroch cha’hariss ve’arviss, | se rendre tôt à la maison d’étude, matin et soir, |
| וְהַכְנָסַת אוֹרְחִים, וּבִקּוּר חוֹלִים, וְהַכְנָסַת כַּלָּה, וְהַלְוָיַת הַמֵּת, | veha’hnossass or’him, ouvikour ’holim, veha’hnossass kalo, vehalvoyass haméss, | accueillir les invités, visiter les malades, aider une fiancée à se marier, accompagner les défunts, |
| וְעִיּוּן תְּפִלָּה, וַהֲבָאַת שָׁלוֹם שֶׁבֵּין אָדָם לַחֲבֵרוֹ, | ve’iyoune tefilo, vahavo’ass cholom chèbéne odom la’havéro, | se concentrer dans la prière, apporter la paix entre un homme et son prochain, |
| וּבֵין אִישׁ לְאִשְׁתּוֹ, | ouvéne ich le’ichto, | et entre un homme et sa femme ; |
| וְתַלְמוּד תּוֹרָה כְּנֶֽגֶד כֻּלָּם: | vessalmoud Toro kenèguèd koulom. | et l’étude de la Torah les égale toutes. |
Le méteg dans אֵֽלּוּ et וְהַקֶּֽרֶן indique l’accent : É-lou, ha-KÈ-rèn (§G29).
« Parle à Aharon »
L’introduction : Hachem parle, Moché reçoit l’ordre de parler, les Kohanim apprennent comment bénir.
וַיְדַבֵּר יְיָ אֶל מֹשֶׁה לֵּאמֹר: דַּבֵּר אֶל אַהֲרֹן וְאֶל בָּנָיו לֵאמֹר,כֹּה תְבָרֲכוּ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אָמוֹר לָהֶם:
| וַיְדַבֵּר | = | דַבֵּר | + | יְ | + | וַ |
| vaydabèr et Il parla | pi’el : parler | il (forme du futur) | vav qui renverse |
| לֵּאמֹר | = | אמֹר | + | לֵּ |
| lémor en disant | dire | à |
| דַּבֵּר | = | דַּבֵּר |
| dabèr parle ! | impératif du pi’el |
| בָּנָיו | = | ◌יו | + | בָּנָ |
| bonov ses fils | ses | fils |
| תְבָרֲכוּ | = | ◌וּ | + | בָרֲכ | + | תְ |
| sevorekhou vous bénirez | pluriel | bénir | vous (futur) |
| בְּנֵי | = | ◌י | + | בְּנֵ |
| bené les enfants de | pluriel, « de » | fils |
| אָמוֹר | = | אָמוֹר |
| omor dites | dire : comme ordre |
| לָהֶם | = | ◌הֶם | + | לָ |
| lohèm à eux | eux | à |
Les trois bénédictions, et « Je les bénirai »
Presque chaque verbe ici est un futur employé comme souhait, « qu’Il… », et presque chacun se termine par « te » (§G30).
יְבָרֶכְךָ יְיָ וְיִשְׁמְרֶֽךָ:יָאֵר יְיָ | פָּנָיו אֵלֶֽיךָ, וִיחֻנֶּֽךָּ:יִשָּׂא יְיָ | פָּנָיו אֵלֶֽיךָ, וְיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹם:וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וַאֲנִי אֲבָרֲכֵם:
| יְבָרֶכְךָ | = | ◌ךָ | + | בָרֶכְ | + | יְ |
| yevorèkhekho qu’Il te bénisse | te | bénir | il (futur) |
| וְיִשְׁמְרֶֽךָ | = | ◌ךָ | + | שְׁמְרֶֽ | + | יִ | + | וְ |
| veyichmerèkho et te garde | te | garder | il (futur) | et |
| יָאֵר | = | אֵר | + | יָ |
| yo’ér qu’Il fasse briller | briller | il (futur) |
| פָּנָיו | = | ◌יו | + | פָּנָ |
| ponov Sa face | Sa | face |
| אֵלֶֽיךָ | = | ◌ךָ | + | אֵלֶֽי |
| élèkho vers toi | toi | vers |
| וִיחֻנֶּֽךָּ | = | ◌ךָּ | + | חֻנֶּֽ | + | י | + | וִ |
| vi’hounèkko et t’accorde Sa grâce | te | faire grâce | il (futur) | et |
| יִשָּׂא | = | שָּׂא | + | יִ |
| yisso qu’Il tourne | lever | il (futur) |
| וְיָשֵׂם | = | שֵׂם | + | יָ | + | וְ |
| veyossém et donne | mettre | il (futur) | et |
| לְךָ | = | ◌ךָ | + | לְ |
| lekho à toi | toi | à |
| שָׁלוֹם | = | שָׁלוֹם |
| cholom paix | paix, intégrité |
| וְשָׂמוּ | = | ◌וּ | + | שָׂמ | + | וְ |
| vessomou et ils mettront | ils | ont mis | vav qui renverse |
| שְׁמִי | = | ◌י | + | שְׁמִ |
| chemi Mon Nom | mon | nom |
| וַאֲנִי | = | אֲנִי | + | וַ |
| va’ani et Moi | je, moi | et |
| אֲבָרֲכֵם | = | ◌ם | + | בָרֲכֵ | + | אֲ |
| avorekhèm Je les bénirai | les | bénir | je (futur) |
Élou Devarim
Une liste de mitsvot, presque chacune un nom qui désigne une action (§G33).
אֵֽלּוּ דְבָרִים שֶׁאֵין לָהֶם שִׁעוּר:הַפֵּאָה, וְהַבִּכּוּרִים,וְהָרְאָיוֹן, וּגְמִילוּת חֲסָדִים, וְתַלְמוּד תּוֹרָה:כִּבּוּד אָב וָאֵם, וּגְמִילוּת חֲסָדִים,וְהַשְׁכָּמַת בֵּית הַמִּדְרָשׁ שַׁחֲרִית וְעַרְבִית,וְהַכְנָסַת אוֹרְחִים, וּבִקּוּר חוֹלִים, וְהַכְנָסַת כַּלָּה, וְהַלְוָיַת הַמֵּת,וְעִיּוּן תְּפִלָּה, וַהֲבָאַת שָׁלוֹם שֶׁבֵּין אָדָם לַחֲבֵרוֹ,
| שִׁעוּר | = | שִׁעוּר |
| chi’our mesure | mesure |
| הַפֵּאָה | = | ◌ה | + | פֵּאָ | + | הַ |
| hapéo le coin | féminin | coin, bord | le, la, les |
| וְהַבִּכּוּרִים | = | ◌ים | + | בִּכּוּרִ | + | הַ | + | וְ |
| vehabikourim et les prémices | pluriel | premiers (fruits) | le, la, les | et |
| וְהָרְאָיוֹן | = | רְאָיוֹן | + | הָ | + | וְ |
| vehoroyone et la présentation | se montrer | la | et |
| וּגְמִילוּת | = | ◌וּת | + | גְמִיל | + | וּ |
| ouguemilouss et la pratique de | -ouss : nom | accomplir, rendre | et |
| חֲסָדִים | = | ◌ים | + | חֲסָדִ |
| ’hassodim bontés | pluriel | bonté |
| וְתַלְמוּד | = | תַלְמוּד | + | וְ |
| vessalmoud et l’étude de | étude | et |
| אוֹכֵל | = | אוֹכֵל |
| okhèl mange | mangeant |
| פֵּרוֹתֵיהֶם | = | ◌הֶם | + | פֵּרוֹתֵי |
| pérosséhèm leurs fruits | leurs | fruits |
| וְהַקֶּֽרֶן | = | קֶּֽרֶן | + | הַ | + | וְ |
| vehakèrèn et le capital | capital | le, la, les | et |
| קַיֶּֽמֶת | = | ◌ת | + | קַיֶּֽמֶ |
| kayèmèss subsiste | féminin | durable |
| כִּבּוּד | = | כִּבּוּד |
| kibboud honorer | honorer |
| וְהַשְׁכָּמַת | = | ◌ת | + | הַשְׁכָּמַ | + | וְ |
| vehachkomass et se rendre tôt à | « de » | se lever tôt | et |
| וְהַכְנָסַת | = | ◌ת | + | הַכְנָסַ | + | וְ |
| veha’hnossass et faire entrer | « de » | faire entrer | et |
| אוֹרְחִים | = | ◌ים | + | אוֹרְחִ |
| or’him invités | pluriel | voyageurs |
| וּבִקּוּר | = | בִקּוּר | + | וּ |
| ouvikour et visiter | visiter | et |
| חוֹלִים | = | ◌ים | + | חוֹלִ |
| ’holim les malades | pluriel | malade |
| וְהַלְוָיַת | = | ◌ת | + | הַלְוָיַ | + | וְ |
| vehalvoyass et accompagner | « de » | accompagner | et |
| וְעִיּוּן | = | עִיּוּן | + | וְ |
| ve’iyoune et la concentration | regard attentif | et |
| וַהֲבָאַת | = | ◌ת | + | הֲבָאַ | + | וַ |
| vahavo’ass et apporter | « de » | apporter | et |
| לַחֲבֵרוֹ | = | ◌וֹ | + | חֲבֵר | + | לַ |
| la’havéro à son prochain | son | ami | à |
| כֻּלָּם | = | ◌ם | + | כֻּלָּ |
| koulom eux tous | eux | tout |
- Leçon 1 §G2 · Les lettres cachées de la racine : le youd, le vav et le hé peuvent changer de forme ou tomber ; un daguech peut marquer une lettre fondue
- Leçon 1 §G3 · Les préfixes d’une lettre : ve- et, be- dans/avec, le- à, mi- de, ché- que : écrits collés au mot suivant
- Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
- Leçon 1 §G5 · Les noms : masculin, féminin, pluriel : féminin -a, qui devient -at/-ot devant une terminaison ; pluriels -im et -ot ; les voyelles s’abrègent quand le mot s’allonge
- Leçon 1 §G6 · Les adjectifs, et les phrases sans « est » : l’adjectif suit son nom et s’accorde avec lui ; placé en tête, il forme une phrase sans mot pour « est »
- Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
- Leçon 1 §G8 · Présent et passé : qui parle : le présent (participe) varie en genre et en nombre ; le passé ajoute des terminaisons de personne : -ti je, -to tu, -nou nous
- Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
- Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 2 §G12 · Terminaisons sur les verbes : « nous » complément ou sujet ? : une terminaison sur un verbe désigne le complément ; -onou « nous » (complément) et -nou « nous » (sujet) se distinguent par les voyelles
- Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
- Leçon 3 §G17 · Des mots qui servent de noms : « les aveugles », « Celui qui » : un adjectif ou un participe peut s’employer seul comme nom ; avec ha- devant, un participe signifie « Celui qui … »
- Leçon 3 §G18 · « Me » et « mon » : -ni et -i : sur un verbe, -ni signifie « me » (assani, « m’a fait ») ; sur un nom, -i signifie « mon » (tsorki) ; sur un nom pluriel ou duel, -aï (éinaï, éinoï à la pause)
- Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
- Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
- Leçon 4 §G23 · L’infinitif : « faire » : l’infinitif nomme l’action elle-même et prend en général le- : la’assoss faire, la’amod se tenir, lehav’hin distinguer, lehiskayém survivre
- Leçon 5 §G29 · « De moi » : מִן avec terminaisons : la préposition מִן « de » devient mi-/mé- devant un mot (§G3) et mimé- devant une terminaison : miméni de moi, méhèm d’eux
Dans la leçon 4 nous avons appris le futur : une lettre devant la racine (§G20). La bénédiction des Cohanim est faite presque entièrement de tels verbes, et presque tous commencent par le י de « il ». Mais une bénédiction ne prédit pas ; elle souhaite. L’hébreu n’a pas de mot à part pour « que… » : la même forme du futur dit « Il bénira » et « qu’Il bénisse », et c’est le contexte qui décide. Dans une berakha, une demande ou une bénédiction, lisez le futur comme un souhait.
Une terminaison après le futur. Dans la leçon 2 nous avons vu qu’une terminaison personnelle sur un verbe au passé désigne le complément, « Il nous a ordonné » (§G12). Le futur prend les terminaisons de complément de la même façon :
- יְבָרֵךְ (yevorèkh), « Il bénira », avec ־ךָ, « te », devient יְבָרֶכְךָ (yevorèkhekho), « qu’Il te bénisse » ;
- יִשְׁמֹר (yichmor), « Il gardera », devient וְיִשְׁמְרֶֽךָ (veyichmerèkho), « et qu’Il te garde » ;
- וִיחֻנֶּֽךָּ (vi’hounèkko), « et qu’Il te soit favorable » : la racine est ח־נ־ן, et le noun redoublé se voit dans le daguech ; le khaf final porte lui aussi un point, ce qui est rare dans une lettre finale.
De l’autre côté se tient le dernier verset : וַאֲנִי אֲבָרֲכֵם (va’ani avorekhèm), « et Moi, Je les bénirai ». Le א devant est le « je » du futur (§G20), et la terminaison ־ֵם est « les » (§G34).
Encore des lettres cachées (§G2). Dans יִשָּׂא (yisso), « qu’Il élève », la racine est נ־שׂ־א : le noun est caché dans le daguech du שׂ. Dans יָאֵר (yo’ér), « qu’Il fasse briller », la racine est א־ו־ר, « lumière », et le vav du milieu ne se voit pas. Dans וְיָשֵׂם (veyossém), « et qu’Il place », la racine est שׂ־י־ם, celle de וְשָׂמוּ, « ils placeront », dans le verset suivant.
Le même futur de souhait parle pour nous dans Vehaarev Na : וְנִהְיֶה (venihyè), « et puissions-nous être », avec le נ de « nous » (§G20).
Encore une chose à voir : chaque « te » de la bénédiction est au singulier, ־ךָ, et non au pluriel ־כֶם. Les Cohanim bénissent tout le peuple, et les mots parlent à chacun.
| יְבָרֶכְךָ | yevorèkhekho | qu’Il te bénisse | י + racine ב־ר־ך + ־ךָ |
| וְיִשְׁמְרֶֽךָ | veyichmerèkho | et qu’Il te garde | racine שׁ־מ־ר |
| יִשָּׂא | yisso | qu’Il élève | noun caché dans le daguech (§G2) |
| וְנִהְיֶה | venihyè | et puissions-nous être | נ = nous · Vehaarev Na |
| אֲבָרֲכֵם | avorekhèm | Je les bénirai | א = je, ־ֵם = les |
En hébreu, l’ordre se construit à partir du futur (§G20) : ôtez la lettre de tête de « tu », et ce qui reste est l’impératif. De תְּדַבֵּר (tedabèr), « tu parleras », vient דַּבֵּר (dabèr), « parle ! » : le premier mot qu’Hachem dit à Moché dans la bénédiction des Cohanim, דַּבֵּר אֶל אַהֲרֹן, « parle à Aharon ». La lettre du milieu redoublée montre que c’est un pi’el (§G11), le même schème que וַיְדַבֵּר juste avant (§G32).
Dans le même verset, la Torah dit אָמוֹר לָהֶם (omor lohèm), « dites-leur ». אָמוֹר n’est pas l’impératif ordinaire ; c’est une forme qui nomme l’action elle-même, « dire », sans personne et sans לְ (comparez l’infinitif du §G23, qui prend לְ). Ici elle tient lieu d’ordre.
Les demandes à Hachem. On ne donne pas d’ordre à Hachem ; on demande. La grammaire est le même impératif, adouci par נָא (no), « s’il Te plaît, maintenant » : וְהַעֲרֶב נָא (vehaarèv no), « et rends, s’il Te plaît, agréables ». Le verbe est un hif’il (§G7) de ע־ר־ב, « être doux, agréable » : le hif’il change « être doux » en « rendre doux ». L’impératif du hif’il commence par הַ (ha-) ; dans notre siddour, la voyelle sous le ר est un ségol, parce que le mot est lié à נָא.
Ainsi, dans une petite prière, nous demandons à Hachem non seulement de nous donner la Torah, mais de la rendre douce dans notre bouche, בְּפִֽינוּ.
| דַּבֵּר | dabèr | parle ! | impératif du pi’el |
| אָמוֹר | omor | dites(-leur) | nomme l’action ; employé comme ordre |
| וְהַעֲרֶב נָא | vehaarèv no | et rends agréables, s’il Te plaît | impératif du hif’il + נָא |

La bénédiction des Cohanim s’ouvre sur le mot du récit de la Torah : וַיְדַבֵּר (vaydabèr), « et Il parla ». Regardez bien : יְדַבֵּר, avec le י devant, est un futur, « Il parlera » (§G20). Pourtant le sens est passé. La raison est le vav qui renverse (vav hahipoukh) : un vav avec un pata’h, va-, placé devant une forme du futur, raconte un événement passé. D’ordinaire la lettre suivante prend un daguech, comme dans וַיִּפַּח, « et Il insuffla » (Béréchit 2:7, leçon 5) ; dans וַיְדַבֵּר, le youd a un chva et ne prend donc pas de daguech. On le retrouve dans le verset sur la destruction, dans cette leçon : וַיֹּאמֶר, « et Il dit » (Yirmeyahou 9:12).
Cela marche aussi dans l’autre sens. Une forme du passé avec un simple וְ peut parler de l’avenir, en continuant un ordre : וְשָׂמוּ (vessomou) est construit sur שָׂמוּ, « ils ont placé » (passé, avec -ou, « ils », §G8), mais signifie ici « et ils placeront Mon Nom sur les enfants d’Israël », à la suite de « parle » et « dites » des versets précédents.
Tout va- n’est pas un vav qui renverse. Dans וַאֲנִי (va’ani), « et Moi », le vav prend un pata’h seulement à cause du ’hataf-pata’h sous le א ; אֲנִי n’est pas un verbe. Et après lui vient un futur ordinaire : אֲבָרֲכֵם, « Je les bénirai » (§G30).
Un test rapide en lisant la Torah : un va- avec une forme du futur raconte en général ce qui s’est passé.
| וַיְדַבֵּר | vaydabèr | et Il parla | va- + futur = passé |
| וַיִּפַּח | vayipa’h | et Il insuffla | Béréchit 2:7 · leçon 5 |
| וְשָׂמוּ | vessomou | et ils placeront | ve- + passé = futur |
| וַאֲנִי | va’ani | et Moi | pas un vav qui renverse |
Élou Dévorim est une liste de bonnes actions, et l’hébreu nomme chacune par un nom construit sur un schème verbal (§G7, §G11). Une fois les formes connues, on peut lire toute la liste :
Du pi’el (§G11) : la lettre médiane redoublée reste, avec -i- sous la première lettre et וּ avant la dernière : כִּבּוּד (kibboud), « honorer », de כ־ב־ד ; בִּקּוּר (bikkour), « visiter », de ב־ק־ר ; עִיּוּן (iyoun), « regarder en profondeur », de ע־י־ן, « œil ».
Du hif’il (§G7) : הַ devant et la terminaison ־ָה : הַכְנָסָה (ha’hnosso), « faire entrer », de כ־נ־ס ; הַשְׁכָּמָה (hachkomo), « se lever tôt », de שׁ־כ־ם ; הֲבָאָה (havo’o), « apporter », de ב־ו־א ; הַלְוָיָה (halvoyo), « accompagner », de ל־ו־ה. À l’état construit, ־ָה devient ־ַת (§G10) : הַכְנָסַת אוֹרְחִים (ha’hnossat or’him), « l’accueil des invités ».
Du kal : la forme de נְטִילָה, « prise, ablution », rencontrée dans נְטִילַת יָדַֽיִם (leçon 2). Dans notre liste, גְּמִילוּת (guemilout), « faire, accorder », de ג־מ־ל, a la terminaison de nom ־וּת : גְּמִילוּת חֲסָדִים, « la pratique de la bonté ».
Avec ת devant : תַּלְמוּד (talmoud), « étude », de ל־מ־ד, la racine de הַמְלַמֵּד, « qui enseigne », dans Vehaarev Na. Comme les noms avec un מ devant (§G28), une lettre devant la racine forme un nom.
Ainsi la liste ne dit pas « honorer », « visiter » ; elle nomme les actes eux-mêmes, comme des choses que l’on peut posséder et compter.
| כִּבּוּד | kibboud | le respect | nom du pi’el · כ־ב־ד |
| בִּקּוּר | bikkour | la visite | nom du pi’el · ב־ק־ר |
| הַכְנָסַת | ha’hnossat | l’accueil de | nom du hif’il, état construit |
| גְּמִילוּת | guemilout | pratique, don | terminaison ־וּת |
| תַּלְמוּד | talmoud | étude | ת + ל־מ־ד |
Dans la leçon 1 nous avons appris les terminaisons de « moi, toi, lui, nous » (§G4). Cette leçon est pleine de la terminaison de « eux, leur », ם, sous plusieurs formes :
- après une préposition, ־הֶם : לָהֶם (lohèm), « à eux », dans אָמוֹר לָהֶם, « dites-leur » ; et מֵהֶם, « d’eux », rencontré dans Achèr Yatsar (§G29) ;
- après un nom pluriel, ־ֵיהֶם, avec le -éi- du pluriel (comme au §G18 -aï, « mes ») : פֵּרוֹתֵיהֶם (pérosséhèm), « leurs fruits » ;
- sur un verbe, un ־ֵם court : אֲבָרֲכֵם (avorekhèm), « Je les bénirai » (§G30).
« Tout » avec une terminaison. Le mot כֹּל, « tout », a un lamed redoublé caché (racine כ־ל־ל, §G2). Avec une terminaison, le redoublement apparaît dans un daguech : כֻּלָּֽנוּ (koulonou), « nous tous », dans Vehaarev Na, et כֻּלָּם (koulom), « eux tous », à la dernière ligne d’Élou Dévorim : וְתַלְמוּד תּוֹרָה כְּנֶֽגֶד כֻּלָּם, « et l’étude de la Torah les égale toutes ».
Placez-les à côté des terminaisons de « Sa » et « Ta » dans les mêmes bénédictions, תּוֹרָתוֹ (Torosso), « Sa Torah », et תּוֹרָתְךָ (Torossekho), « Ta Torah » (§G4), et vous pourrez lire chaque terminaison de cette leçon.
| לָהֶם | lohèm | à eux | préposition + ־הֶם |
| פֵּרוֹתֵיהֶם | pérosséhèm | leurs fruits | nom pluriel + ־ֵיהֶם |
| כֻּלָּֽנוּ | koulonou | nous tous | Vehaarev Na |
| כֻּלָּם | koulom | eux tous | Élou Dévorim |
Petits mots des Birkot HaTorah
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| עַל | al | sur, au sujet de | — | « Au sujet des paroles de la Torah » ; « sur les enfants d’Israël ». |
| נָא | no | de grâce | — | Adoucit une demande (§G31). |
| אֶל | èl | vers, à | — | Avec les terminaisons d’un nom au pluriel : אֵלֶֽיךָ (§G18). |
| כֹּה | ko | ainsi | — | « Ainsi vous bénirez. » |
| אֵֽלּוּ / וְאֵֽלּוּ הֵן | élou / vé’élou hén | voici / et les voici | — | « Ces » au pluriel ; הֵן, « elles » (§G34). |
| כְּנֶֽגֶד | kenèguèd | en face de, égal à | נ־ג־ד | כְּ, « comme », + נֶֽגֶד, « en face » (§G3). |
| תּוֹרָה Toro · Torah, enseignement dans les trois bénédictions, et à la fin d’Élou Devarim | עַמְּךָ / עַמּוֹ amekho / ammo · Ton peuple / Son peuple Sim Chalom, et beaucoup de bénédictions |
| שָׁלוֹם cholom · paix la fin de l’Amida et du Kaddich | פָּנָיו / פָּנֶֽיךָ ponov / ponèkho · Sa / Ta face « Yehi ratsone milfanèkha », et l’Amida |
| חֶֽסֶד / חֲסָדִים ’hessèd / ’hassodim · bonté / bontés la première bénédiction de l’Amida | יִשְׂרָאֵל Yisroèl · Israël Chema Yisroèl |
- Berakhot 11b rapporte plusieurs formulations pour la bénédiction de la Torah. Lesquelles, de quels Sages, et que conclut la Guemara ?
- Quel verset la Guemara de Berakhot 21a utilise-t-elle comme source pour la bénédiction avant l’étude ? Et comment le verset de Yirmeyahou explique-t-il la destruction du pays ?
- Pourquoi la première bénédiction dit-elle לַעֲסוֹק, « s’occuper », dans certaines versions, et עַל דִּבְרֵי תוֹרָה dans la nôtre ? Que souligne chaque formulation ?
- Quel rapport entre « bérakha » et un sarment de vigne couché en terre ? Que faisons-nous descendre quand nous bénissons avant d’étudier ?
- Pourquoi la troisième bénédiction dit-elle נוֹתֵן, « qui donne », au présent ? Utilisez le commentaire et le verset de Yechayahou 59:21.
- Selon le Tanya, chapitres 4 et 5, comment le Juif devient-il un avec Hachem par l’étude ?
- Pourquoi disons-nous la Birkat Kohanim et Élou Devarim juste après les bénédictions (Choul’han Aroukh HaRav 47:7) ? Et pourquoi peut-on dire la Birkat Kohanim avant l’aube ?
- Selon le commentaire, quels deux avantages la Birkat Kohanim réunit-elle ?
- Comparez Élou Devarim avec la Michna de Péa et la Guemara de Chabbat 127a. Quels éléments viennent de chacune, et lesquels n’avons-nous trouvés dans aucune ?
- Découpez יְבָרֶכְךָ en ses parties ; puis faites de même pour וִיחֻנֶּֽךָּ et pour אֲבָרֲכֵם. Qui fait quoi à qui, et pourquoi un futur est-il ici un souhait ? → voir §G30, Leçon 4 §G20, §G34
- Trouvez deux impératifs dans le passage qui précède la bénédiction des Kohanim. Qu’ajoute נָא dans וְהַעֲרֶב נָא ? → voir §G31
- Comment le vav change-t-il le temps dans וַיְדַבֵּר et dans וְשָׂמוּ ? Et pourquoi le vav de וַאֲנִי n’est-il pas un vav qui renverse ? → voir §G32
- Trouvez quatre noms dans Élou Devarim qui désignent une action. De quel schéma verbal chacun est-il construit ? → voir §G33, Leçon 2 §G11, Leçon 1 §G7
- Qu’ont en commun לָהֶם et פֵּרוֹתֵיהֶם avec כֻּלָּֽנוּ et avec כֻּלָּם, et en quoi diffèrent-ils ? → voir §G34, Leçon 2 §G12
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