Un vieux puits de pierre avec une poutre de bois, entre des oliviers sur une colline, peint à l’aquarelle sur fond blanc, sans personne
Leçon de Siddour 21

La Amida : Avot, Guevourot et Ata Kadoch

אָבוֹת וּגְבוּרוֹת
Mardi 3 novembre 2026
23 ’Hechvan 5787◆כ״ג חשון תשפ״ז
Siddour Tehilat Hachem (Noussa’h Ari Zal), p. 178-179 · Tehilim 51:17 · Devarim 10:17 · Ne’hémia 9:32 · Michna Berakhot 5:2 · Michna Taanit 1:1 · Pirké Avot 4:1 · Berakhot 4b, 9b, 12a, 26b, 31a, 33a, 33b, 34a · Méguila 17b, 18a · Yoma 69b · Taanit 2a, 3a · Rambam, Hilkhot Tefila 1 · Choul’han Aroukh HaRav 89, 95, 98, 101, 112, 113, 114 · Tanya, chapitre 18 · siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org
Compilé par Rabbi Haim Tebeka
Sources : Siddour Tehilat Hachem · Tanakh · Michna · Talmud Bavli · Rambam · Choul’han Aroukh HaRav · Tanya · Chabad.org (et les ouvrages qu’il cite, tels que cités)

La leçon 20 s’est terminée par גָּאַל יִשְׂרָאֵל. Maintenant, nous nous levons pour la Amida du Chabbat matin. Cette leçon commence par son histoire : qui l’a composée et pourquoi, son plan de louange, demande et remerciement, et comment on s’y tient, s’y incline et y parle. Viennent ensuite le verset qui la précède, אֲדֹנָי שְׂפָתַי תִּפְתָּח, et ses trois premières bénédictions : Avot, les pères ; Guevourot, les actes de puissance, avec la rosée en été et la pluie en hiver ; et Ata Kadoch, « Tu es saint ». La suite de la Amida du Chabbat vient dans les leçons 22 et 23, et la Kedoucha dans la leçon 24.

1Histoire : la Amida et ses trois premières bénédictionsשְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה

Où nous en sommes : la Amida du Chabbat matin

La leçon 20 s’est terminée par גָּאַל יִשְׂרָאֵל, et j’y ai expliqué pourquoi la Amida suit aussitôt, sans rien entre les deux. Maintenant, nous nous levons pour la Amida. Elle a trois noms : Tefila, « la prière », comme l’appelle le Talmud ; Chemoné Esré, « dix-huit », pour ses dix-huit bénédictions en semaine ; et Amida, « se tenir debout ». Le traducteur du Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken note : « (On l’appelle aussi la Amida, qui signifie “se tenir debout”, car ces bénédictions sont récitées debout.) » (traduit de l’anglais).

Cette leçon couvre les pages 178 et 179 de notre siddour : le verset dit avant la Amida, אֲדֹנָי שְׂפָתַי תִּפְתָּח, et les trois premières bénédictions. La première s’appelle Avot, « les pères » ; la deuxième, Guevourot, « les actes de puissance », avec la mention de la rosée ou de la pluie ; et la troisième, Ata Kadoch, « Tu es saint ». Le Chabbat, comme le montre notre siddour, Ata Kadoch est suivie de Yisma’h Moché, la bénédiction du jour, qui fera la leçon 22. Viennent ensuite les trois dernières bénédictions et Elokaï Netsor, la leçon 23. La Kedoucha aura sa propre leçon, la leçon 24, et j’explique à la fin de cette partie pourquoi elle n’est pas imprimée au milieu du texte de cette leçon.

SourceLeçon 20 : Vehaya, Vayomer et Emet Veyatsiv (siddur-lesson-20-emes-vyatziv) · la leçon précédente de ce cours
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 89:1, and the translator’s note on it (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299172
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

Qui l’a composée

Le Talmud (Berakhot 33a) dit : « Les hommes de la Grande Assemblée ont institué pour Israël des bénédictions et des prières, des sanctifications et des havdalot. » Dans Méguila 17b, une baraïta dit que Chimon Hapakouli a disposé les dix-huit bénédictions dans l’ordre devant Rabban Gamliel à Yavné, et Rabbi Yo’hanan y dit (certains disent que c’est aussi une baraïta) : « Cent vingt anciens, parmi lesquels un certain nombre de prophètes, ont institué dix-huit bénédictions dans l’ordre. » S’ils les avaient déjà instituées, qu’a disposé Chimon Hapakouli ? Le Talmud répond (18a) : « on les avait oubliées, et il est revenu les disposer ».

Le Rambam (Hilkhot Tefila 1) explique pourquoi on a fixé des mots. Prier chaque jour est une mitsva de la Torah, mais « le nombre des prières n’est pas de la Torah, et la formulation de cette prière n’est pas de la Torah ». La mitsva est « que l’homme supplie et prie chaque jour, et dise la louange du Saint, béni soit-Il, et ensuite demande les besoins qu’il a, par la requête et la supplication, et ensuite rende louange et remerciement ». Dans l’exil de Babylone, écrit-il, la langue du peuple s’est mêlée d’autres langues, et beaucoup ne savaient plus bien dire leur louange et leurs demandes. « Quand Ezra et son tribunal virent cela, ils se levèrent et instituèrent pour eux dix-huit bénédictions dans l’ordre », « afin qu’elles soient disposées dans la bouche de tous, qu’ils les apprennent, et que la prière de ceux qui bégaient soit une prière complète, comme la prière de ceux qui ont la parole claire ».

אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה תִּקְּנוּ לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל בְּרָכוֹת וּתְפִלּוֹת, קְדוּשּׁוֹת וְהַבְדָּלוֹת
מֵאָה וְעֶשְׂרִים זְקֵנִים, וּבָהֶם כַּמָּה נְבִיאִים, תִּיקְּנוּ שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת עַל הַסֵּדֶר
שְׁכָחוּם, וְחָזַר וְסִדְּרוֹם
וְאֵין מִנְיַן הַתְּפִלּוֹת מִן הַתּוֹרָה. וְאֵין מִשְׁנֶה הַתְּפִלָּה הַזֹּאת מִן הַתּוֹרָה
שֶׁיְּהֵא אָדָם מִתְחַנֵּן וּמִתְפַּלֵּל בְּכָל יוֹם וּמַגִּיד שִׁבְחוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְאַחַר כָּךְ שׁוֹאֵל צְרָכָיו שֶׁהוּא צָרִיךְ לָהֶם בְּבַקָּשָׁה וּבִתְחִנָּה וְאַחַר כָּךְ נוֹתֵן שֶׁבַח וְהוֹדָיָה
וְכֵיוָן שֶׁרָאָה עֶזְרָא וּבֵית דִּינוֹ כָּךְ עָמְדוּ וְתִקְּנוּ לָהֶם שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת עַל הַסֵּדֶר
כְּדֵי שֶׁיִּהְיוּ עֲרוּכוֹת בְּפִי הַכּל וְיִלְמְדוּ אוֹתָן וְתִהְיֶה תְּפִלַּת אֵלּוּ הָעִלְּגִים תְּפִלָּה שְׁלֵמָה כִּתְפִלַּת בַּעֲלֵי הַלָּשׁוֹן הַצֶּחָה
SourceTalmud Bavli, Berakhot 33a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.33a
Talmud Bavli, Méguila 17b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Megillah.17b
Talmud Bavli, Méguila 18a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Megillah.18a
Rambam, Michné Torah, Hilkhot Tefila 1:1-5 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishneh_Torah,_Prayer_and_the_Priestly_Blessing.1

Les pères, et les sacrifices quotidiens

D’où viennent les moments de la prière ? Le Talmud (Berakhot 26b) apporte deux réponses. Rabbi Yossé fils de Rabbi ’Hanina dit : « Les prières, ce sont les pères qui les ont instituées. » Et : « Rabbi Yehochoua ben Lévi dit : les prières, on les a instituées en correspondance avec les sacrifices quotidiens. » Les deux avis y sont discutés.

L’Admour Hazaken (89:1) écrit que les hommes de la Grande Assemblée ont institué trois prières par jour, et : « Ils ont fixé deux de ces offices, l’office du matin et celui de l’après-midi, comme obligatoires, en correspondance avec les deux sacrifices quotidiens obligatoires » (traduit de l’anglais). Le Rambam dit de même : « deux prières chaque jour, en correspondance avec les deux sacrifices quotidiens ». Et la première bénédiction de la Amida porte le nom des pères : Avot.

תְּפִלּוֹת אָבוֹת תִּקְּנוּם. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר: תְּפִלּוֹת כְּנֶגֶד תְּמִידִין תִּקְּנוּם
שְׁתֵּי תְּפִלּוֹת בְּכָל יוֹם כְּנֶגֶד שְׁנֵי תְּמִידִין
SourceTalmud Bavli, Berakhot 26b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.26b
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 89:1, and the translator’s note on it (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299172
Rambam, Michné Torah, Hilkhot Tefila 1:1-5 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishneh_Torah,_Prayer_and_the_Priestly_Blessing.1

Louange, demande, remerciement

Le Talmud (Berakhot 34a) donne le plan de la Amida par une parabole : « Les premières : comme un serviteur qui dispose la louange devant son maître. Celles du milieu : comme un serviteur qui demande une récompense à son maître. Les dernières : comme un serviteur qui a reçu une récompense de son maître, prend congé et s’en va. »

L’Admour Hazaken (112:1) l’explique de la même façon : « Les trois premières [sont placées au début] pour qu’on commence en disant la louange de l’Omniprésent, comme un serviteur qui dit d’abord les louanges de son maître et ensuite lui demande une récompense » (traduit de l’anglais). Et : « Les trois dernières bénédictions sont comme un serviteur qui prend congé de son maître et s’en va [après] avoir reçu sa récompense » (traduit de l’anglais). Les trois premières bénédictions ne sont donc que louange : « En revanche, dans les trois premières et les trois dernières bénédictions, qui disent les louanges [de D.ieu], on ne demande pas ses besoins personnels » (traduit de l’anglais).

En semaine, le milieu compte treize bénédictions de demandes. Le Chabbat, nous ne demandons pas nos besoins, et notre siddour passe directement d’Ata Kadoch à la bénédiction du jour, Yisma’h Moché. La Amida du Chabbat a donc sept bénédictions : les mêmes trois au début et trois à la fin, et une au milieu. Celle du milieu fera la leçon 22.

רִאשׁוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְּסַדֵּר שֶׁבַח לִפְנֵי רַבּוֹ. אֶמְצָעִיּוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְבַקֵּשׁ פְּרָס מֵרַבּוֹ. אַחֲרוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁקִּבֵּל פְּרָס מֵרַבּוֹ, וְנִפְטָר וְהוֹלֵךְ לוֹ
SourceTalmud Bavli, Berakhot 34a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.34a
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 112:1 (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299207
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

« Mon Maître, ouvre mes lèvres »

Avant la première bénédiction, nous disons un verset : אֲדֹנָי שְׂפָתַי תִּפְתָּח וּפִי יַגִּיד תְּהִלָּתֶךָ. C’est Tehilim 51:17, lettre pour lettre. Ne vient-il pas s’interposer entre גָּאַל יִשְׂרָאֵל et la Amida ? Le Talmud (Berakhot 4b) répond : « puisque les Rabbins ont institué de dire “Mon Maître, ouvre mes lèvres”, c’est comme une longue prière ». Il fait partie de la Amida elle-même. Et le Talmud (9b) ajoute où la Amida se termine : « au début il dit “Mon Maître, ouvre mes lèvres”, et à la fin il dit “Que les paroles de ma bouche soient agréées …” » (ce verset sera dans la leçon 23).

Le commentaire de Chabad.org dit de ce verset : « Sa récitation a été instituée avant la Chemoné Esré parce qu’il définit l’approche fondamentale de la prière en général, et de la prière de la Chemoné Esré en particulier » (traduit de l’anglais). J’y reviens dans la partie sur le sens.

כֵּיוָן דְּתַקִּינוּ רַבָּנַן לְמֵימַר ״ה׳ שְׂפָתַי תִּפְתָּח״ — כִּתְפִלָּה אֲרִיכְתָּא דָּמְיָא
בַּתְּחִלָּה הוּא אוֹמֵר: ״ה׳ שְׂפָתַי תִּפְתָּח״, וּלְבַסּוֹף הוּא אוֹמֵר: ״יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְגוֹ׳״
SourceTehilim 51:17 ; Ne’hémia 9:32 ; Devarim 10:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.51.17
Talmud Bavli, Berakhot 4b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.4b
Talmud Bavli, Berakhot 9b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.9b
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hashem Sefatay Tiftach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548790
Leçon 20 : Vehaya, Vayomer et Emet Veyatsiv (siddur-lesson-20-emes-vyatziv) · la leçon précédente de ce cours

Debout, les pieds, les trois pas, et une voix basse

Comment se tenir : l’Admour Hazaken (95:1) écrit qu’« on place ses pieds l’un à côté de l’autre … comme s’il n’y avait qu’une seule jambe, ressemblant ainsi aux anges, dont il est dit : “Leurs jambes sont une jambe droite”, c’est-à-dire que leurs jambes paraissent une seule jambe » (traduit de l’anglais). Et (95:2) : « Une autorité dit que lorsqu’on se lève pour réciter la Chemoné Esré, on fait trois pas en avant, comme quelqu’un qui s’approche d’une tâche qu’il doit accomplir. Il convient de tenir compte de cet avis » (traduit de l’anglais). Son traducteur ajoute : « Tout aussi répandue est la pratique de faire trois pas en arrière avant de faire ces trois pas en avant » (traduit de l’anglais ; Maguen Guiborim, cité d’après la note).

Ce qu’on pense : « En priant, on doit concentrer son cœur sur le sens des mots » (traduit de l’anglais ; 98:1). « On doit se représenter comme si la Présence divine se tenait devant soi » (traduit de l’anglais). L’Admour Hazaken (101:1) demande la kavana dans toutes les bénédictions, et : « S’il ne peut se concentrer dans toutes, il doit se concentrer au moins pendant toute la première bénédiction » (traduit de l’anglais). Avot est la bénédiction où elle compte le plus. Il ajoute qu’« à notre époque, on ne répète pas la Chemoné Esré par manque de concentration, car il est probable qu’on manquera encore de concentration en la répétant » (traduit de l’anglais). Et : « On doit s’habituer à se concentrer au moins pendant la phrase de conclusion » de chaque bénédiction (traduit de l’anglais) ; « [Ces phrases de conclusion] comptent 113 mots, comme la prière de ’Hanna » (traduit de l’anglais).

Comment on parle : le Talmud (Berakhot 31a) l’apprend de la prière de ’Hanna. « “Et ’Hanna parlait sur son cœur” : de là, celui qui prie doit diriger son cœur. “Seules ses lèvres remuaient” : de là, celui qui prie doit articuler les mots de ses lèvres. “Et sa voix ne s’entendait pas” : de là, il est interdit d’élever la voix dans sa prière. » L’Admour Hazaken (101:2) : « On ne doit pas prier dans son cœur seulement. Il faut articuler les mots avec ses lèvres … Il ne doit cependant pas faire entendre sa voix … “Seules ses lèvres remuaient, mais sa voix ne s’entendait pas” » (traduit de l’anglais). Et (101:4) : « Mais s’il a récité cette prière dans son cœur seulement, sans articuler les mots, il n’a pas accompli son obligation » (traduit de l’anglais). Comment faire chacune de ces choses en pratique, demandez à votre rav.

״וְחַנָּה הִיא מְדַבֶּרֶת עַל לִבָּהּ״ — מִכָּאן לַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיְּכַוֵּין לִבּוֹ
״רַק שְׂפָתֶיהָ נָּעוֹת״ — מִכָּאן לַמִּתְפַּלֵּל שֶׁיַּחְתּוֹךְ בִּשְׂפָתָיו. ״וְקוֹלָהּ לֹא יִשָּׁמֵעַ״ — מִכָּאן שֶׁאָסוּר לְהַגְבִּיהַּ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ
SourceChoul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 95:1-2 (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299181
Maguen Guiborim, Elef Hamaguen 96:2 · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 98:1 (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299187
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 101:1, 101:2, 101:4 (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299190
Talmud Bavli, Berakhot 31a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.31a

Où l’on s’incline

Le Talmud (Berakhot 34a) : « Voici les bénédictions où l’on s’incline : à Avot, au début et à la fin ; à la bénédiction de remerciement, au début et à la fin. » L’Admour Hazaken (113:1) écrit que ce « sont les bénédictions où nous nous inclinons : au début et à la fin de la première bénédiction » (traduit de l’anglais) ; la deuxième paire est à Modim, leçon 23. Dans notre texte, c’est בָּרוּךְ אַתָּה au début d’Avot, et de nouveau à מָגֵן אַבְרָהָם.

Comment : le Talmud (12a) : « celui qui prie, quand il s’incline, s’incline à baroukh, et quand il se redresse, se redresse au Nom ». L’Admour Hazaken (113:4) : « Il ne doit pas s’incliner à partir de la taille en gardant la tête droite, mais incliner aussi la tête, comme un jonc » (traduit de l’anglais). (113:6) : « Quand on s’incline, on s’incline vite, d’un seul mouvement. Quand on se redresse, on se redresse posément, d’abord la tête, puis le buste, pour que l’inclinaison ne paraisse pas un fardeau » (traduit de l’anglais). Et, selon la Kabbale, « on plie les genoux en disant Baroukh, et en disant Ata on s’incline jusqu’à ce que toutes ses vertèbres soient tendues » (traduit de l’anglais).

Le commentaire de Chabad.org explique les deux mouvements : « Quand on plie les genoux, la tête et le buste restent encore droits. » « Incliner la tête, en revanche, représente un degré plus complet de soumission » (traduit de l’anglais). Et : « Les dix-huit bénédictions de la Chemoné Esré correspondent aux dix-huit vertèbres de la colonne vertébrale » (traduit de l’anglais). Comment s’incliner en pratique, demandez à votre rav.

אֵלּוּ בְּרָכוֹת שֶׁאָדָם שׁוֹחֶה בָּהֶן: בְּ״אָבוֹת״, תְּחִלָּה וָסוֹף. בַּ״הוֹדָאָה״, תְּחִלָּה וָסוֹף
כְּשֶׁהוּא כּוֹרֵעַ כּוֹרֵעַ בְּבָרוּךְ, וּכְשֶׁהוּא זוֹקֵף — זוֹקֵף בַּשֵּׁם
SourceTalmud Bavli, Berakhot 34a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.34a
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 113:1, 113:4, 113:6 (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299210
Talmud Bavli, Berakhot 12a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.12a
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Magein Avraham » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548792

« Le grand, le puissant et le redoutable » : trois mots, et pas plus

Pourquoi ces trois mots, et pourquoi trois seulement ? Le Talmud (Yoma 69b) : « Pourquoi les a-t-on appelés les hommes de la Grande Assemblée ? Parce qu’ils ont rendu la couronne à sa place d’autrefois. Moché vint et dit : “le D.ieu grand, puissant et redoutable”. Yirmeyahou vint et dit : les nations font la fête dans Son sanctuaire ; où est Son caractère redoutable ? Il n’a pas dit “redoutable”. Daniel vint et dit : les nations asservissent Ses enfants ; où est Sa puissance ? Il n’a pas dit “puissant”. » Puis les hommes de la Grande Assemblée vinrent et dirent : « Au contraire, voici Sa puissance : qu’Il domine Son penchant, qu’Il est patient envers les méchants. Et voici ce qui Le rend redoutable : sans la crainte du Saint, béni soit-Il, comment une seule nation pourrait-elle subsister parmi les nations ? » Et ils redirent les trois.

Un jour, quelqu’un conduisit la prière devant Rabbi ’Hanina et ajouta louange sur louange : « le grand, le puissant, le redoutable, le majestueux, le fort … » Rabbi ’Hanina lui demanda : « As-tu fini toutes les louanges de ton Maître ?! » et lui dit (Berakhot 33b) : « Ces trois que nous disons, si Moché notre maître ne les avait pas dites dans la Torah, et si les hommes de la Grande Assemblée n’étaient pas venus les instituer dans la prière, nous ne pourrions pas les dire. » Il donna une parabole : un roi de chair et de sang qui avait mille milliers de dinars d’or, et qu’on louait pour des pièces d’argent. « N’est-ce pas une honte pour lui ? »

Le verset que Moché a dit est Devarim 10:17. Le commentaire de Chabad.org note : « Il est significatif qu’en Devarim 10:17, la source de ces mots de louange, non seulement les termes hagadol hagibor n’ont pas de vav de liaison, mais ils sont aussi écrits ’haser, en forme courte » (traduit de l’anglais). « Dans la plupart des siddourim, cependant, un vav est inclus dans les trois termes » (traduit de l’anglais). Dans Ne’hémia 9:32, les trois mots sont écrits avec les vav, comme nous les disons.

אֲתָא מֹשֶׁה, אָמַר: ״הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא״. אֲתָא יִרְמְיָה וַאֲמַר: גּוֹיִם מְקַרְקְרִין בְּהֵיכָלוֹ, אַיֵּה נוֹרְאוֹתָיו? לָא אֲמַר ״נוֹרָא״. אֲתָא דָּנִיאֵל אֲמַר: גּוֹיִם מִשְׁתַּעְבְּדִים בְּבָנָיו, אַיֵּה גְּבוּרוֹתָיו? לָא אֲמַר ״גִּבּוֹר״
אַדְּרַבָּה, זוֹ הִיא (גְּבוּרַת) גְּבוּרָתוֹ: שֶׁכּוֹבֵשׁ אֶת יִצְרוֹ — שֶׁנּוֹתֵן אֶרֶךְ אַפַּיִם לָרְשָׁעִים. וְאֵלּוּ הֵן נוֹרְאוֹתָיו — שֶׁאִלְמָלֵא מוֹרָאוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הֵיאַךְ אוּמָּה אַחַת יְכוֹלָה לְהִתְקַיֵּים בֵּין הָאוּמּוֹת
אֲנַן, הָנֵי תְּלָת דְּאָמְרִינַן אִי לָאו דְּאַמְרִינְהוּ מֹשֶׁה רַבֵּנוּ בְּאוֹרָיְיתָא, וַאֲתוֹ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה וְתַקְּנִינְהוּ בִּתְפִלָּה — לָא הֲוֵינַן יְכוֹלִין לְמֵימַר לְהוּ
מָשָׁל לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁהָיוּ לוֹ אֶלֶף אֲלָפִים דִּינְרֵי זָהָב, וְהָיוּ מְקַלְּסִין אוֹתוֹ בְּשֶׁל כֶּסֶף
SourceTalmud Bavli, Yoma 69b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Yoma.69b
Talmud Bavli, Berakhot 33b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.33b
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Magein Avraham » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548792
Tehilim 51:17 ; Ne’hémia 9:32 ; Devarim 10:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.51.17

La pluie et la rosée dans la bénédiction des morts

La Michna (Berakhot 5:2) : « on mentionne la puissance des pluies dans la résurrection des morts », c’est-à-dire dans la deuxième bénédiction. Pourquoi là ? Le Talmud (33a) : « puisqu’elle équivaut à la résurrection des morts, on l’a placée dans la résurrection des morts ». L’Admour Hazaken (114:1) : « [Les Sages] ont placé cette mention dans la bénédiction qui loue D.ieu de ressusciter les morts, parce que les pluies sont considérées comme équivalentes à la résurrection » (traduit de l’anglais). Et pourquoi « la puissance des pluies » ? « Rabbi Yo’hanan dit : parce qu’elles descendent avec puissance » (Taanit 2a).

C’est une mention, une louange, pas encore une demande. Rabbi Yehochoua dit dans la Michna (Taanit 1:1) : « Moi non plus, je n’ai pas dit de demander, mais de mentionner : “Il fait souffler le vent et descendre la pluie” en sa saison. » La demande de la pluie est dans une bénédiction de semaine. Quand on commence et quand on s’arrête, l’Admour Hazaken l’écrit (114:1) : « À l’office de Moussaf de Chemini Atséret, nous commençons à mentionner [le don de] la pluie dans la deuxième bénédiction, et nous ne cessons pas avant l’office de Moussaf du premier jour de Pessa’h » (traduit de l’anglais).

Et la rosée ? Le Talmud (Taanit 3a) : « Pour la rosée et les vents, les Sages n’ont pas obligé à les mentionner ; et si l’on vient à les mentionner, on les mentionne. Quelle en est la raison ? Rabbi ’Hanina dit : parce qu’ils ne sont pas retenus. » L’Admour Hazaken (114:3) : « Les Sages n’ont pas exigé qu’on mentionne la rosée et le vent » (traduit de l’anglais) et « La rosée est une chose toujours recherchée … il y a des endroits où l’on a coutume de la mentionner en été » (traduit de l’anglais), et (114:6) : « Bien que la rosée ne soit jamais retenue, la mentionner est tout de même une louange de D.ieu, comme la mention de la pluie. Car de même que la pluie [apporte] la vie au monde, de même la rosée [apporte] la vie au monde » (traduit de l’anglais). Notre siddour imprime, en petites lettres, בקיץ avant מוֹרִיד הַטָּל et בחורף avant מַשִּׁיב הָרוּחַ וּמוֹרִיד הַגֶּשֶׁם : en été nous disons « Il fait descendre la rosée », en hiver « Il fait souffler le vent et descendre la pluie ». Si l’on doute de ce qu’on a dit, ou si l’on s’est trompé, demandez à votre rav.

מַזְכִּירִין גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּתְחִיַּת הַמֵּתִים
מִתּוֹךְ שֶׁשְּׁקוּלָה כִּתְחִיַּית הַמֵּתִים לְפִיכָךְ קְבָעוּהָ בִּתְחִיַּית הַמֵּתִים
מַאי ״גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים״? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי שֶׁיּוֹרְדִין בִּגְבוּרָה
אַף אֲנִי לֹא אָמַרְתִּי לִשְׁאוֹל, אֶלָּא לְהַזְכִּיר מַשִּׁיב הָרוּחַ וּמוֹרִיד הַגֶּשֶׁם בְּעוֹנָתוֹ
בַּטַּל וּבָרוּחוֹת, לֹא חִיְּיבוּ חֲכָמִים לְהַזְכִּיר. וְאִם בָּא לְהַזְכִּיר — מַזְכִּיר. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: לְפִי שֶׁאֵין נֶעֱצָרִין
SourceMichna Berakhot 5:2 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishnah_Berakhot.5.2
Talmud Bavli, Berakhot 33a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.33a
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 114:1, 114:3, 114:6 (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299211
Talmud Bavli, Taanit 2a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Taanit.2a
Michna Taanit 1:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishnah_Taanit.1.1
Talmud Bavli, Taanit 3a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Taanit.3a
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Des gouttes de rosée du matin sur des brins d’herbe et une feuille, peintes à l’aquarelle sur fond blanc, sans personne
« La rosée est une chose toujours recherchée. » (Choul’han Aroukh HaRav 114:3 ; traduit de l’anglais)

Pourquoi la Kedoucha n’est pas imprimée ici

Entre Guevourot et Ata Kadoch, notre siddour imprime en petites lettres : בחזרת הש”ץ אומרים כאן קדושה, « dans la répétition de l’officiant, on dit ici la Kedoucha », avec une note : קדושה לש”ץ בחזרת התפלה, « la Kedoucha est pour l’officiant, dans la répétition de la prière ». Le Siddour Séfarade a la même instruction : בחזרת הש”ץ אומרים קדושה. Quand nous disons la Amida à voix basse, nous passons de מְחַיֶּה הַמֵּתִים directement à אַתָּה קָדוֹשׁ. Le texte de cette leçon continue donc lui aussi directement, et la Kedoucha sera la leçon 24.

Le commentaire de Chabad.org compare la Kedoucha de la répétition avec celle des bénédictions avant le Chema (leçon 19), et cite le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken, 59:2 (cité d’après le commentaire) : « Cette dernière n’est qu’une description de la louange de D.ieu par les anges, tandis que la Kedoucha de cette bénédiction est une véritable déclaration de louange par le peuple juif » (traduit de l’anglais).

Encore une chose à savoir. Pendant les Dix Jours de Téchouva, la conclusion d’Ata Kadoch change : notre siddour imprime הָאֵל הַקָּדוֹשׁ dans la ligne, puis, en petites lettres pour ces jours-là, הַמֶּלֶךְ הַקָּדוֹשׁ. Si l’on n’est pas sûr de ce qu’on a dit, demandez à votre rav.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, Amida · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Amidah
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hakeil Hakadosh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548798
Choul’han Aroukh HaRav 59:2 · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Leçon 19 : La Kedoucha de Yotser et Ahavat Olam (siddur-lesson-19-kedushah-ahavas-olam) · la leçon précédente de ce cours
2Les pères, la puissance et la sainteté : leur sensאַתָּה קָדוֹשׁ

« Ouvre mes lèvres » : de qui est la prière ?

אֲדֹנָי שְׂפָתַי תִּפְתָּח : nous demandons à Hachem d’ouvrir nos lèvres avant de dire un mot. Le commentaire de Chabad.org : « De plus, le terme “Ta louange” indique qu’il ne récite pas sa propre prière. C’est plutôt la prière de D.ieu qui sort de ses lèvres, pour ainsi dire » (traduit de l’anglais).

Parfois la prière est un travail difficile, mot après mot. Mais : « Il y a cependant des moments où ses prières coulent tout simplement. » « Son esprit n’est pas l’auteur de ses prières. Elles sortent plutôt comme d’elles-mêmes » (traduit de l’anglais). C’est cela, la demande : וּפִי יַגִּיד תְּהִלָּתֶךָ, « et ma bouche dira Ta louange ». La louange est à Lui ; la bouche est à nous.

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hashem Sefatay Tiftach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548790

« Notre D.ieu et le D.ieu de nos pères »

Pourquoi les deux ? Le commentaire de Chabad.org : « Il y a deux approches de la foi en D.ieu … Quand la foi d’une personne repose sur la foi de ses ancêtres, elle ne sera jamais déracinée, parce qu’elle ne dépend pas de sa propre logique … Il y a cependant un désavantage inhérent à cette approche : son observance manquera du feu et de l’initiative qui accompagnent une foi née de sa propre compréhension et de sa propre connaissance … D’un autre côté, il y a une faiblesse inhérente à cette foi, parce que, fondée sur la logique et la raison, elle peut être délogée par la logique et la raison. Nous devons donc employer, et combiner, les deux approches » (traduit de l’anglais). Et pourquoi אֱלֹהֵי אַבְרָהָם אֱלֹהֵי יִצְחָק וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב, avec le mot redit pour chacun ? « Cela implique que, bien qu’Its’hak et Yaakov aient reçu d’Avraham un héritage de foi, ils ne s’en sont pas contentés, mais ont développé leur propre lien personnel avec D.ieu (Kéter Chem Tov) » (traduit de l’anglais).

Chaque père a apporté sa propre voie : « Avraham est identifié à l’amour ; Its’hak, à la crainte ; et Yaakov, à la miséricorde » (traduit de l’anglais). Et les trois mots qui suivent leur correspondent : « “Grand” se rapporte à l’attribut de ’Hessed, incarné par le service d’amour d’Avraham. “Puissant” se rapporte à l’attribut de Guevoura, incarné par le service de crainte d’Its’hak. Et “redoutable” désigne l’attribut de Tiféret, incarné par le service de vérité et de miséricorde de Yaakov » (traduit de l’anglais). Sur le troisième mot, il ajoute : « Cela révèle le caractère redoutable de D.ieu : quel que soit le niveau spirituel d’un Juif, Il se tend vers lui et répand sur lui Ses miséricordes » (traduit de l’anglais).

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Magein Avraham » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548792
Kéter Chem Tov · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté

Des bontés bonnes, le Possesseur de tout, et le bouclier

גּוֹמֵל חֲסָדִים טוֹבִים, « qui accorde des bontés bonnes » : y a-t-il une bonté qui ne soit pas bonne ? Le commentaire : « Tout ce que D.ieu nous accorde est bon. Parfois, cependant, ce bien n’est pas apparent » (traduit de l’anglais). Alors : « Nous demandons que le bien de D.ieu soit accordé de telle manière que nous puissions aisément le reconnaître comme bon » (traduit de l’anglais).

קוֹנֵה הַכֹּל, « qui possède tout » : « Le terme employé dans cette bénédiction, koné, signifie aussi “acquérir” » (traduit de l’anglais). Et : « En disant cela à ce stade de la prière, nous reconnaissons que le monde est une entité qui existe, mais qui existe comme possession de D.ieu, et non comme une chose séparée de Lui » (traduit de l’anglais ; Torah Or et d’autres ouvrages, cités d’après le commentaire).

La bénédiction se termine par un seul père, מָגֵן אַבְרָהָם : « De tous les patriarches, Avraham est seul nommé ici ; seul son nom est mentionné à la conclusion de la bénédiction. Cette distinction vient de ce qu’Avraham inclut tous les autres, car ’Hessed, l’attribut auquel il est identifié, inclut tous les autres attributs » (traduit de l’anglais). Et une autre lecture des deux mêmes mots : l’expression « doit être rendue par “Avraham, le bouclier”, c’est-à-dire que la bonté attirée par Avraham sert de bouclier protecteur pour ceux qui n’en sont pas dignes » (traduit de l’anglais).

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Magein Avraham » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548792
Torah Or ; Torah ’Haïm ; Or HaTorah ; Yahel Or · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté

Une puissance qui retient : la deuxième bénédiction

אַתָּה גִבּוֹר : qu’est-ce que la puissance ? La Michna (Avot 4:1) : « Qui est puissant ? Celui qui domine son penchant. » Le commentaire de Chabad.org la cite : « “Qui est puissant ? Celui qui domine son penchant naturel” » et : « De même, la “puissance” de D.ieu consiste à contrôler et limiter Sa lumière infinie, et à S’abaisser pour revêtir Son énergie dans les choses de ce monde (Dérekh Mitsvotékha) » (traduit de l’anglais). La puissance, c’est donc retenir. « Pour l’illustrer par un exemple : si la pluie (l’une des expressions de la bonté divine mentionnées dans cette bénédiction) tombait en déluge sans être divisée en petites gouttes, elle ne serait pas une source de croissance et de bénédiction, mais mènerait à la destruction » (traduit de l’anglais). Ainsi : « La prière commence par mettre en avant Avraham et l’attribut de bonté. Elle se concentre ensuite sur la puissance nécessaire pour que cette bonté descende sous une forme que les créatures puissent recevoir » (traduit de l’anglais).

מְכַלְכֵּל חַיִּים בְּחֶסֶד : « Le mot מכלכל, “nourrit”, contient les lettres principales du mot כלי, “récipient”. » « De fait, Sa bonté elle-même est la vitalité des mondes, et les multiples récipients l’abaissent au niveau qui convient à chaque monde » (traduit de l’anglais). Et מְחַיֶּה מֵתִים, chaque jour : « Car l’énergie divine revêtue dans la subsistance matérielle que nous recevons peut être décrite, de façon imagée, comme “morte”, puisque tout ce qu’on voit est l’entité physique ; sa source divine n’est pas apparente. Utiliser de telles choses matérielles dans un but spirituel est comparable à la résurrection des morts, car par de telles actions la force de vie divine intérieure est révélée et exprimée (Torah Or) » (traduit de l’anglais).

סוֹמֵךְ נוֹפְלִים וְרוֹפֵא חוֹלִים וּמַתִּיר אֲסוּרִים : « Ces trois termes désignent l’aide que D.ieu offre aux personnes à trois niveaux successifs de descente. » « Celui qui tombe n’a fait que trébucher ; il peut aisément retrouver l’équilibre. En revanche, celui qui est malade a une santé atteinte. » « Le troisième niveau est celui où l’on est lié, emprisonné, par les forces extérieures, pour ainsi dire, et incapable de se libérer par sa propre initiative. Dans tous ces cas, D.ieu apporte la délivrance, permettant aux gens de connaître la libération et l’expression spirituelles » (traduit de l’anglais).

Sur מִי כָמוֹךָ בַּעַל גְּבוּרוֹת : « Cette phrase est une exclamation d’émerveillement » (traduit de l’anglais). Et les derniers mots de cette ligne, מֵמִית וּמְחַיֶּה וּמַצְמִיחַ יְשׁוּעָה, « qui fait mourir et fait vivre et fait germer le salut » : « Car la descente est en vue d’une élévation, pour permettre une plus grande croissance, comme une plante qui devient incomparablement plus grande que la graine dont elle a germé (Siddour im Dakh) » (traduit de l’anglais).

אֵיזֶהוּ גִבּוֹר, הַכּוֹבֵשׁ אֶת יִצְרוֹ
SourcePirkei Avot 4:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Pirkei_Avot.4.1
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Mechaye Hameitim » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548794
Dérekh Mitsvotékha ; Torah Or ; Siddour im Dakh · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Une petite pousse verte sortant d’une graine dans la terre sombre, peinte à l’aquarelle sur fond blanc, sans personne
« Comme une plante qui devient incomparablement plus grande que la graine dont elle a germé. » (traduit de l’anglais)

« Tu es saint, et Ton Nom est saint »

Que veut dire « saint » ? Le commentaire de Chabad.org : « Dans la pensée juive, le terme “saint” signifie “retiré”, sur un plan plus élevé, et donc détaché et lointain » (traduit de l’anglais). Alors pourquoi deux propositions, et non « Toi et Ton Nom êtes saints » ? « La séparation des notions en deux propositions indique que la sainteté essentielle de D.ieu et la sainteté de Son nom représentent deux niveaux différents, car Sa lumière n’est, après tout, que lumière. » « C’est là le but du service divin du peuple juif : attirer Sa sainteté essentielle dans Son nom » (traduit de l’anglais). Comment ? « D’autres sources expliquent que la sainteté essentielle de D.ieu est attirée par l’accomplissement joyeux des mitsvot, parce que “la joie brise les barrières” » (traduit de l’anglais).

Et qui sont les קְדוֹשִׁים, les « saints », qui Le louent chaque jour ? « Selon certaines sources, le terme “saints” désigne les anges. » « D’autres sources, cependant, interprètent “êtres saints” comme désignant les âmes du peuple juif, hors du corps. » « Les âmes, en revanche, se rattachent à la dimension intérieure et divine de l’existence, qui transcende entièrement le temps et l’espace, et sont donc au-dessus de ces limites. Ainsi, leur louange est hors du temps » (traduit de l’anglais).

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hakeil Hakadosh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548798
Éclairage ’hassidique

Ce que les pères nous ont laissé

Un vieil olivier aux racines profondes et tordues, et une jeune pousse qui grandit à côté, peints à l’aquarelle sur fond blanc, sans personne

La première bénédiction dit « le D.ieu de nos pères » et « qui Se souvient des bontés des pères ». Qu’ont à voir les pères avec ma prière aujourd’hui ? L’Admour Hazaken répond dans le Tanya, au chapitre 18. Il y explique comment l’amour et la crainte d’Hachem sont proches de chaque Juif, même de celui qui ne peut les atteindre par la compréhension. Il y a un « amour caché » dans le cœur de tout Israël, et c’est un héritage de nos pères ; la crainte aussi y est incluse.

Pourquoi un héritage ? Parce que les pères étaient le « char » d’Hachem : tout leur être Lui était soumis. Et ainsi, ils ont mérité de transmettre néfech, roua’h et nechama à leurs enfants après eux, pour toujours. C’est pourquoi chaque Juif, même le plus simple, croit en Hachem : la foi est au-dessus de la connaissance et de la compréhension. Et c’est pourquoi, comme le chapitre le poursuit, même les plus légers d’Israël sont prêts à donner leur vie pour la sanctification d’Hachem.

Ainsi, quand nous disons אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, « notre D.ieu » est la foi pour laquelle nous travaillons, et « le D.ieu de nos pères » est la foi dont nous avons hérité (§G84). La bénédiction ne nous laisse pas choisir : elle dit les deux, puis nomme chaque père avec son propre אֱלֹהֵי.

… qui est l’« amour caché » dans le cœur de tout Israël, qui est pour nous un héritage de nos pères … et comment il est pour nous un héritage, et comment la crainte aussi y est incluse …

… car les pères sont le char même, et c’est pourquoi ils ont mérité de transmettre néfech, roua’h et nechama à leurs enfants après eux, pour toujours …

… et c’est pourquoi tout Israël, même les femmes et les gens simples, croient en Hachem ; car la foi est au-dessus de la connaissance et de la compréhension …

… et c’est pourquoi même le plus léger des légers et les pécheurs d’Israël donnent leur vie pour la sanctification d’Hachem …

— L’Admour Hazaken, Tanya, Likouté Amarim, chapitre 18 (ma traduction de l’hébreu, édition Kehot via Sefaria)
SourceTanya, Likouté Amarim, chapitre 18 (Kehot) · texte hébreu via Sefaria ; cité, ma traduction · sefaria.org/Tanya,_Part_I;_Likkutei_Amarim.18
Grammaire : אֱלֹהֵי et ־ֵינוּ → voir §G84
Ce qu’ajoute le commentaire ’Habad, et ce que j’en retiens

Un héritage pour chacun. Le commentaire dit la même chose avec ses propres mots : « Car la particularité des patriarches est qu’ils sont les ancêtres de tout le peuple juif, et qu’à ce titre leurs acquis spirituels sont transmis en héritage à chacun de leurs descendants » (traduit de l’anglais).

À partir d’ici, mes propres pensées. Se servir de ce qu’on nous a donné. L’Admour Hazaken demande la kavana au moins dans cette première bénédiction. Parfois je me tiens là et je ne ressens rien. Alors je me souviens : l’amour est déjà là, caché, un héritage. Je n’ai pas à le créer à partir de rien ; je dois le découvrir. Et Its’hak et Yaakov, qui avaient eux aussi hérité, ont quand même construit leur propre lien. Nous aussi.

Quand vous le dites. Les pieds joints, les yeux baissés, une voix basse. Dites אֱלֹהֵי devant chaque père comme un mot à part, et pensez à ce que chacun vous a laissé : l’amour, la crainte, la vérité. À מָגֵן אַבְרָהָם, souvenez-vous que le bouclier est aussi sur vous.

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Magein Avraham » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548792
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 101:1, 101:2, 101:4 (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299190
3Le texteהַנֻּסָּח

Comment le texte est imprimé ici

Le texte est imprimé ici de אֲדֹנָי שְׂפָתַי jusqu’à la fin d’Ata Kadoch, avec ma propre traduction. J’ai copié l’hébreu du siddour en ligne de Chabad.org et vérifié chaque ligne avec notre siddour, Tehilat Hachem, pages 178 et 179. Les ajouts des Dix Jours de Téchouva, et les mots de l’été et de l’hiver, que notre siddour imprime en petites lettres avec une courte indication, sont imprimés ici entre parenthèses, chacun sur sa propre ligne. J’ai aussi comparé chaque mot avec le Siddour Séfarade (Torat Emet) sur Sefaria ; les différences sont indiquées après chaque paragraphe. Là où notre siddour imprime le Nom, j’écris יְיָ, comme dans toutes ces leçons.

Le verset avant la Amida est vérifié lettre par lettre avec Tehilim 51:17. La Kedoucha de la répétition de l’officiant, que notre siddour imprime entre la deuxième et la troisième bénédiction, n’est pas imprimée ici (voir la partie historique, et la leçon 24).

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hashem Sefatay Tiftach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548790
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Magein Avraham » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548792
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Mechaye Hameitim » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548794
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hakeil Hakadosh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548798
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, Amida · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Amidah
Tehilim 51:17 ; Ne’hémia 9:32 ; Devarim 10:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.51.17

1. Avant la Amida

HébreuSens
אֲדֹנָי, שְׂפָתַי תִּפְתָּח וּפִי יַגִּיד תְּהִלָּתֶךָ:Mon Maître, ouvre mes lèvres, et ma bouche dira Ta louange.

Tehilim 51:17, lettre pour lettre. Il fait partie de la Amida (voir la partie historique). Le Siddour Séfarade n’a aucune différence dans cette ligne.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hashem Sefatay Tiftach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548790
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, Amida · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Amidah
Tehilim 51:17 ; Ne’hémia 9:32 ; Devarim 10:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.51.17

2. Avot

HébreuSens
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ,Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu et le D.ieu de nos pères,
אֱלֹהֵי אַבְרָהָם, אֱלֹהֵי יִצְחָק, וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב,le D.ieu d’Avraham, le D.ieu d’Its’hak, et le D.ieu de Yaakov,
הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא, אֵל עֶלְיוֹן,le D.ieu grand, puissant et redoutable, D.ieu Très-Haut,
גּוֹמֵל חֲסָדִים טוֹבִים, קוֹנֵה הַכֹּל,qui accorde des bontés bonnes, qui possède tout,
וְזוֹכֵר חַסְדֵי אָבוֹת,qui Se souvient des bontés des pères,
וּמֵבִיא גוֹאֵל לִבְנֵי בְנֵיהֶם, לְמַעַן שְׁמוֹ בְּאַהֲבָה:et amène un libérateur aux enfants de leurs enfants, pour Son Nom, avec amour.
(זָכְרֵנוּ לְחַיִּים, מֶלֶךְ חָפֵץ בַּחַיִּים, וְכָתְבֵנוּ בְּסֵפֶר הַחַיִּים, לְמַעַנְךָ אֱלֹהִים חַיִּים:)(Dix Jours de Téchouva : Souviens-Toi de nous pour la vie, Roi qui désires la vie, et inscris-nous dans le livre de la vie, pour Toi, D.ieu vivant.)
מֶלֶךְ עוֹזֵר וּמוֹשִׁיעַ וּמָגֵן.Roi qui aide, qui sauve et qui protège.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, מָגֵן אַבְרָהָם:Béni sois-Tu, Hachem, bouclier d’Avraham.

On s’incline à בָּרוּךְ אַתָּה à la ligne 1, et de nouveau à la ligne 9 (voir la partie historique). Ligne 3 : les trois mots avec l’article et les vav, comme dans Ne’hémia 9:32 (voir la partie historique ; §G85). La ligne 7 ne se dit que pendant les Dix Jours de Téchouva. Différences dans le Siddour Séfarade : à la ligne 4, il lit וְקוֹנֵה, « et qui possède », avec un vav ; à la ligne 7, il imprime וְכָּתְבֵנוּ avec un daguech dans le כ, et indique la ligne par בעשרת ימי תשובה.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Magein Avraham » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548792
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, Amida · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Amidah
Tehilim 51:17 ; Ne’hémia 9:32 ; Devarim 10:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.51.17

3. Guevourot

HébreuSens
אַתָּה גִבּוֹר לְעוֹלָם אֲדֹנָי,Tu es puissant pour toujours, mon Maître ;
מְחַיֶּה מֵתִים אַתָּה, רַב לְהוֹשִׁיעַ.Tu fais revivre les morts, Tu es grand pour sauver.
(מוֹרִיד הַטָּל:)(Été : Il fait descendre la rosée.)
(מַשִּׁיב הָרוּחַ וּמוֹרִיד הַגֶּשֶׁם:)(Hiver : Il fait souffler le vent et descendre la pluie.)
מְכַלְכֵּל חַיִּים בְּחֶסֶד,Il nourrit les vivants avec bonté,
מְחַיֶּה מֵתִים בְּרַחֲמִים רַבִּים,fait revivre les morts avec une grande miséricorde,
סוֹמֵךְ נוֹפְלִים, וְרוֹפֵא חוֹלִים, וּמַתִּיר אֲסוּרִים,soutient ceux qui tombent, guérit les malades et libère les captifs,
וּמְקַיֵּם אֱמוּנָתוֹ לִישֵׁנֵי עָפָר.et tient Sa fidélité envers ceux qui dorment dans la poussière.
מִי כָמוֹךָ בַּעַל גְּבוּרוֹת, וּמִי דּוֹמֶה לָּךְ,Qui est comme Toi, Maître des actes de puissance, et qui Te ressemble,
מֶלֶךְ מֵמִית וּמְחַיֶּה וּמַצְמִיחַ יְשׁוּעָה:Roi qui fait mourir et fait vivre et fait germer le salut ?
(מִי כָמוֹךָ אָב הָרַחֲמָן זוֹכֵר יְצוּרָיו לְחַיִּים בְּרַחֲמִים:)(Dix Jours de Téchouva : Qui est comme Toi, Père miséricordieux, qui Te souviens de Tes créatures pour la vie, avec miséricorde ?)
וְנֶאֱמָן אַתָּה לְהַחֲיוֹת מֵתִים.Et Tu es fidèle pour faire revivre les morts.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, מְחַיֶּה הַמֵּתִים:Béni sois-Tu, Hachem, qui fais revivre les morts.

Ligne 1 : גִבּוֹר sans daguech dans le ג, comme l’imprime notre siddour ; le Siddour Séfarade écrit גִּבּוֹר. La ligne 3 se dit en été, la ligne 4 en hiver (voir la partie historique). La ligne 11 ne se dit que pendant les Dix Jours de Téchouva. Autres différences dans le Siddour Séfarade : aux lignes 2, 6 et 13, il écrit מְחַיֵּה avec un tséré sous le י, pour notre מְחַיֶּה ; à la ligne 9, il écrit דוֹמֶה sans daguech ; à la ligne 11, il lit בְּרַחֲמִים לְחַיִּים, « avec miséricorde, pour la vie », dans l’autre ordre. Après la ligne 13, notre siddour imprime l’indication pour la Kedoucha (voir la partie historique).

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Mechaye Hameitim » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548794
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, Amida · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Amidah
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 114:1, 114:3, 114:6 (Chabad.org ; Kehot) · hébreu et anglais ; cité, et les notes du traducteur · chabad.org/…/3299211

4. Ata Kadoch

HébreuSens
אַתָּה קָדוֹשׁ וְשִׁמְךָ קָדוֹשׁ,Tu es saint et Ton Nom est saint,
וּקְדוֹשִׁים בְּכָל יוֹם יְהַלְלֽוּךָ סֶּֽלָה.et les saints Te louent chaque jour, pour toujours.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, הָאֵל הַקָּדוֹשׁ:Béni sois-Tu, Hachem, le D.ieu saint.
(הַמֶּֽלֶךְ הַקָּדוֹשׁ:)(Dix Jours de Téchouva : le Roi saint.)

La ligne 4 ne se dit que pendant les Dix Jours de Téchouva, à la place des derniers mots de la ligne 3 (voir la partie historique). Différences dans le Siddour Séfarade : après la ligne 2, il ajoute כִּי אֵל מֶלֶךְ גָדוֹל וְקָדוֹשׁ אָתָּה, « car Tu es D.ieu, Roi grand et saint » ; et pour la conclusion, il imprime הָאֵל, avec הַמֶּלֶךְ pour les Dix Jours entre parenthèses avant הַקָּדוֹשׁ, dit une seule fois.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 178-179 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hakeil Hakadosh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548798
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, Amida · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Amidah
4Mot à motמִלָּה בְּמִלָּה
Les mots clés de cette leçon découpés en préfixe, radical avec les lettres de la racine, et terminaison, avec un renvoi à la notion de grammaire qui l’explique. Les mots déjà expliqués dans les leçons précédentes ne sont pas repris.

Avant la Amida, et Avot : « ouvre », « notre », et les participes

Deux futurs comme demande, un nom féminin avec « Ta », « notre » sur un nom pluriel, l’article sur les adjectifs, et une chaîne de participes.

אֲדֹנָי, שְׂפָתַי תִּפְתָּח וּפִי יַגִּיד תְּהִלָּתֶךָ:
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ,
הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא, אֵל עֶלְיוֹן,
גּוֹמֵל חֲסָדִים טוֹבִים, קוֹנֵה הַכֹּל,
וְזוֹכֵר חַסְדֵי אָבוֹת,
וּמֵבִיא גוֹאֵל לִבְנֵי בְנֵיהֶם, לְמַעַן שְׁמוֹ בְּאַהֲבָה:
Code couleur : préfixe / préposition lettres de la racine (choresh) suffixe / terminaisonbleu, cadre tireté = préfixe · bordeaux gras = racine · vert, cadre pointillé = suffixe ; chaque voyelle prend la couleur de sa lettre
שְׂפָתַי= ◌י+שְׂפָתַ
sefataï
mes lèvres
mes (paire) ־ַיlèvre
Racine : שׂ־פ־ה · Une paire (§G14) avec ־ַי, « mes » : « mes deux lèvres ». → voir Leçon 2 §G14, Leçon 1 §G4
תִּפְתָּח= פְתָּח+תִּ
tifta’h
ouvre (Tu ouvriras)
ouvrirTu (futur)
Racine : פ־ת־ח · Un futur avec ת, « Tu » (§G20) ; dit à Hachem, c’est une demande (§G88). → voir Leçon 4 §G20, §G88
יַגִּיד= גִּיד+יַ
yaguid
dira
direil (futur)
Racine : נ־ג־ד · Un futur hif’il (§G7, §G20) ; le נ de la racine est caché dans le daguech du ג (§G2, §G88). → voir Leçon 1 §G7, Leçon 4 §G20, Leçon 1 §G2, §G88
תְּהִלָּתֶךָ= ◌ךָ+◌תֶ+הִלָּ+תְּ
tehilatékha
Ta louange
Toi, Tonféminin ־תlouernom avec ת
Racine : ה־ל־ל · תְּהִלָּה, un nom féminin, avec ־ֶךָ, « Ta » (§G58) ; le daguech du ל tient lieu du deuxième ל de la racine. → voir Leçon 13 §G58, Leçon 1 §G5
אֲבוֹתֵינוּ= ◌ינוּ+◌וֹתֵ+אֲב
avoténou
nos pères
notre, nos (nom pluriel) ־ֵינוּpluriel ־וֹתpère
Racine : א־ב · אָבוֹת, « pères », avec ־ֵינוּ, « nos », la forme de « notre » sur un nom pluriel (§G84). → voir §G84, Leçon 1 §G5
הַגָּדוֹל= גָּדוֹל+הַ
hagadol
le grand
grandle, la, les
Racine : ג־ד־ל · Un adjectif avec הַ, parce que son nom הָאֵל l’a (§G85). → voir §G85, Leçon 2 §G9
וְהַנּוֹרָא= וֹרָא+נּ+הַ+וְ
vehanora
et le redoutable
craindrenif’al (passif)le, la, leset
Racine : י־ר־א · Un nif’al de י־ר־א : « craint, redoutable ». La première lettre de la racine, י, apparaît comme le וֹ après le נ (§G2) ; le troisième adjectif, avec son propre הַ (§G85). → voir Leçon 1 §G2, §G85
גּוֹמֵל= גּוֹמֵל
gomel
qui accorde
accorder
Racine : ג־מ־ל · Un participe kal, ־וֹ־ puis ־ֵ־ (§G15, §G86). → voir Leçon 3 §G15, §G86
קוֹנֵה= קוֹנֵה
koné
qui possède
posséder, acquérir
Racine : ק־נ־ה · Un participe kal d’une racine en ה (§G48), avec ־ֵה devant le mot suivant (§G86). → voir Leçon 10 §G48, §G86
וְזוֹכֵר= זוֹכֵר+וְ
vezokher
et qui Se souvient
se souveniret
Racine : ז־כ־ר · Un autre participe kal, « et Il Se souvient », toujours (§G86). → voir §G86
וּמֵבִיא= בִיא+מֵ+וּ
oumévi
et qui amène
venirparticipe hif’il מet
Racine : ב־ו־א · Un participe hif’il d’une racine creuse (§G44) : מֵ, « faire venir » (§G87). → voir Leçon 9 §G44, §G87
זָכְרֵנוּ= ◌נוּ+זָכְרֵ
zokhrénou
souviens-Toi de nous
nous ־ֵנוּse souvenir
Racine : ז־כ־ר · Un impératif (§G31) avec ־ֵנוּ, « nous » (§G12) ; avec la terminaison, la première voyelle change (§G88). → voir Leçon 6 §G31, Leçon 2 §G12, §G88
וּמוֹשִׁיעַ= שִׁיעַ+מוֹ+וּ
oumochia
et qui sauve
sauverparticipe hif’il מוֹet
Racine : י־שׁ־ע · Un participe hif’il d’une racine qui commence par י, avec le préfixe מוֹ (§G87) ; un pata’h furtif sous le ע (§G19). → voir §G87, Leçon 3 §G19

Guevourot : ce qu’Il fait, toujours

Des participes pi’el et kal, des participes hif’il de racines faibles, et deux infinitifs.

מְחַיֶּה מֵתִים אַתָּה, רַב לְהוֹשִׁיעַ.
(מַשִּׁיב הָרוּחַ וּמוֹרִיד הַגֶּשֶׁם:)
מְכַלְכֵּל חַיִּים בְּחֶסֶד,
סוֹמֵךְ נוֹפְלִים, וְרוֹפֵא חוֹלִים, וּמַתִּיר אֲסוּרִים,
וּמְקַיֵּם אֱמוּנָתוֹ לִישֵׁנֵי עָפָר.
מֶלֶךְ מֵמִית וּמְחַיֶּה וּמַצְמִיחַ יְשׁוּעָה:
גִבּוֹר= גִבּוֹר
guibor
puissant
fort
Racine : ג־ב־ר · Un adjectif sans הַ : « Tu es puissant » (§G6, §G85). Comparez הַגִּבּוֹר, « le puissant », dans la première bénédiction. → voir Leçon 1 §G6, §G85
מְחַיֶּה= חַיֶּה+מְ
me’hayé
qui fait revivre
vivreparticipe מ
Racine : ח־י־ה · Un participe pi’el (§G11, §G86) d’une racine en ה (§G48). → voir Leçon 2 §G11, §G86, Leçon 10 §G48
לְהוֹשִׁיעַ= שִׁיעַ+הוֹ+לְ
lehochia
pour sauver
sauverה du hif’il, הוֹpour, à (infinitif)
Racine : י־שׁ־ע · Un infinitif hif’il (§G23) ; le י caché apparaît comme הוֹ (§G87). → voir Leçon 4 §G23, §G87
מַשִּׁיב= שִּׁיב+מַ
machiv
qui fait souffler
soufflerparticipe hif’il מ
Racine : נ־שׁ־ב · Par sa forme, un participe hif’il avec un נ caché : מַ et un daguech (§G87). → voir §G87
מוֹרִיד= רִיד+מוֹ
morid
qui fait descendre
descendreparticipe hif’il מוֹ
Racine : י־ר־ד · Un participe hif’il d’une racine qui commence par י, avec le préfixe מוֹ, « faire descendre » (§G87). → voir §G87, Leçon 1 §G2
מְכַלְכֵּל= כַלְכֵּל+מְ
mekhalkel
qui nourrit
nourrirparticipe מ
Racine : כ־ל־כ־ל · Un participe avec מְ dans lequel une paire de lettres est redoublée, כַּל־כֵּל (§G86). → voir §G86
סוֹמֵךְ= סוֹמֵךְ
somekh
qui soutient
soutenir
Racine : ס־מ־ך · Un participe kal (§G86) ; son complément נוֹפְלִים, « ceux qui tombent », est aussi un participe. → voir §G86, Leçon 3 §G15
וּמַתִּיר= תִּיר+מַ+וּ
oumatir
et qui libère
délierparticipe hif’il מet
Racine : נ־ת־ר · Un participe hif’il ; le נ de la racine est caché dans le daguech du ת (§G2, §G87). → voir Leçon 1 §G2, §G87
אֲסוּרִים= ◌ים+אֲסוּרִ
assourim
les captifs
pluriel ־ִיםlier
Racine : א־ס־ר · Un participe passif, ־וּ־ (§G13), au pluriel (§G5), employé comme nom (§G86). → voir Leçon 2 §G13, Leçon 1 §G5, §G86
וּמְקַיֵּם= קַיֵּם+מְ+וּ
oumekayem
et qui tient
tenir, maintenirparticipe מet
Racine : ק־ו־ם · Un participe avec מְ où un י redoublé prend la place du ו de la racine (§G44, §G86). → voir Leçon 9 §G44, §G86
לִישֵׁנֵי= ◌י+ישֵׁנֵ+לִ
lichené
à ceux qui dorment dans
pluriel « de » ־ֵיdormirà, pour
Racine : י־שׁ־ן · יְשֵׁנִים, « dormeurs », devant un autre nom : ־ֵי, « de » (§G84) ; avec לְ devant, la voyelle du י se fond, לִי. → voir §G84, Leçon 2 §G10
מֵמִית= מִית+מֵ
memit
qui fait mourir
mourirparticipe hif’il מ
Racine : מ־ו־ת · Un participe hif’il d’une racine creuse : מֵ, « faire mourir » (§G44, §G87). → voir Leçon 9 §G44, §G87
וּמַצְמִיחַ= צְמִיחַ+מַ+וּ
oumatsmia’h
et qui fait germer
germerparticipe hif’il מet
Racine : צ־מ־ח · Le participe hif’il régulier, מַ … ־ִי־ (§G16, §G87), avec un pata’h furtif (§G19). → voir Leçon 3 §G16, §G87, Leçon 3 §G19
לְהַחֲיוֹת= ◌וֹת+חֲי+הַ+לְ
leha’hayot
pour faire revivre
infinitif ־וֹתvivreה du hif’ilpour, à (infinitif)
Racine : ח־י־ה · Un infinitif hif’il d’une racine en ה, avec la terminaison ־וֹת (§G23, §G48, §G87). → voir Leçon 4 §G23, Leçon 10 §G48, §G87

Ata Kadoch : « saint » avec et sans « le »

« Ton Nom », un adjectif pluriel employé comme nom, un futur avec deux terminaisons, et l’article.

אַתָּה קָדוֹשׁ וְשִׁמְךָ קָדוֹשׁ,
וּקְדוֹשִׁים בְּכָל יוֹם יְהַלְלֽוּךָ סֶּֽלָה.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, הָאֵל הַקָּדוֹשׁ:
וְשִׁמְךָ= ◌ךָ+שִׁמְ+וְ
vechimkha
et Ton Nom
Toi, Tonnomet
Racine : שׁ־ם · שֵׁם avec ־ךָ, « Ton » (§G4) ; une phrase sans « est » (§G6) : « et Ton Nom est saint ». → voir Leçon 1 §G4, Leçon 1 §G6
וּקְדוֹשִׁים= ◌ים+קְדוֹשִׁ+וּ
oukedochim
et les saints
pluriel ־ִיםsaintet
Racine : ק־ד־שׁ · L’adjectif קָדוֹשׁ au pluriel (§G5), employé comme nom : « des saints ». → voir Leçon 1 §G5, Leçon 1 §G6
יְהַלְלֽוּךָ= ◌ךָ+◌וּ+הַלְלֽ+יְ
yehaleloukha
Te louent
Toi, Tonils ־וּlouerils (futur)
Racine : ה־ל־ל · Un futur pi’el avec ־וּ, « ils », et ־ךָ, « Te », son complément (§G30, §G88). → voir Leçon 6 §G30, §G88, Leçon 2 §G11
הַקָּדוֹשׁ= קָּדוֹשׁ+הַ
hakadoch
le saint
saintle, la, les
Racine : ק־ד־שׁ · Avec הַ, après הָאֵל : « le D.ieu saint » (§G85). Comparez אַתָּה קָדוֹשׁ, « Tu es saint », sans lui. → voir §G85, Leçon 2 §G9
5Grammaire : ce que vous savez, et ce qui est nouveauדִּקְדּוּק
Les notions déjà expliquées sont rappelées en une ligne, avec l’endroit où elles sont expliquées en détail. Les notions nouvelles de cette leçon sont expliquées ici en profondeur (§G84 à §G88).
Déjà expliqué dans les leçons 1 à 20, et utilisé dans cette leçon
  • Leçon 1 §G2 · Les lettres cachées de la racine : le youd, le vav et le hé peuvent changer de forme ou tomber ; un daguech peut marquer une lettre fondue
  • Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
  • Leçon 1 §G5 · Les noms : masculin, féminin, pluriel : féminin -a, qui devient -at/-ot devant une terminaison ; pluriels -im et -ot ; les voyelles s’abrègent quand le mot s’allonge
  • Leçon 1 §G6 · Les adjectifs, et les phrases sans « est » : l’adjectif suit son nom et s’accorde avec lui ; placé en tête, il forme une phrase sans mot pour « est »
  • Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
  • Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
  • Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
  • Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
  • Leçon 2 §G12 · Terminaisons sur les verbes : « nous » complément ou sujet ? : une terminaison sur un verbe désigne le complément ; -onou « nous » (complément) et -nou « nous » (sujet) se distinguent par les voyelles
  • Leçon 2 §G13 · Le participe passif : boroukh : le schème kotouv (kamats, puis ou avant la dernière lettre) signifie « -é » : boroukh béni
  • Leçon 2 §G14 · Le duel : les paires : ce qui va par paires prend -ayim (-oyim à la pause) : yadayim mains
  • Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
  • Leçon 3 §G16 · Le présent du hif’il : ma- … -i- : le présent du hif’il a ma- (mé-) en tête et un youd avant la dernière lettre de la racine : matir, malbich, hamékhin, hama’avir ; il signifie « fait … »
  • Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
  • Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
  • Leçon 4 §G23 · L’infinitif : « faire » : l’infinitif nomme l’action elle-même et prend en général le- : la’assoss faire, la’amod se tenir, lehav’hin distinguer, lehiskayém survivre
  • Leçon 6 §G30 · « Qu’Il te bénisse » : le futur comme souhait, avec terminaisons de complément : le futur (§G20) dit aussi « que… » : yevorèkhekho qu’Il te bénisse ; une terminaison après un verbe au futur désigne le complément : -kho te, -èm les
  • Leçon 6 §G31 · Ordres et demandes : l’impératif, et נָא : l’impératif est le futur sans sa lettre de tête : tedabèr → dabèr parle ! ; une forme qui nomme l’action peut aussi ordonner (omor) ; נָא fait une demande : vehaarèv no, rends doux, s’il Te plaît
  • Leçon 9 §G44 · Les racines creuses : quand la lettre du milieu est un vav (אוֹר, מֵאִיר, טוּבוֹ) : dans les racines comme א־ו־ר (lumière) et ט־ו־ב (bon), le ו du milieu est une voyelle, pas une vraie lettre : or lumière, mé’ir éclaire (hif’il, §G16), mo’or un luminaire (מ devant, §G28), tov bon, touvo Sa bonté
  • Leçon 10 §G48 · Les racines qui finissent par un hé (עֹשֶׂה, פּוֹדֶה, הָיָה) : quand une racine finit par ה, le participe finit en -è (עֹשֶׂה ossé, פּוֹדֶה podé), le passé « il » finit en -o (הָיָה hoyo), et devant une terminaison le ה tombe (מַעֲשֶׂה → מַעֲשֵׂי)
  • Leçon 13 §G58 · « Ta puissance » et « Tes hauts faits » : les terminaisons sur les noms féminins : un nom féminin en ־ָה change son ה en ת devant une terminaison : גְּבוּרָה → גְּבוּרָתְךָ, « Ta puissance » ; un pluriel féminin en ־וֹת garde son ת et prend les terminaisons du pluriel ־ֶיךָ, ־ָיו : גְּבוּרֹתֶיךָ, « Tes hauts faits », גְּבוּרֹתָיו, « Ses hauts faits »
§G84 Notion de grammaire « Notre D.ieu et le D.ieu de nos pères » : אֱלֹהֵי, et ־ֵינוּ sur les noms au pluriel

Le pluriel devant un autre nom. La première bénédiction de la Amida s’ouvre sur une chaîne de « de » : אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, אֱלֹהֵי אַבְרָהָם, אֱלֹהֵי יִצְחָק, וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב. Le Nom אֱלֹהִים a la forme du pluriel ־ִים (§G5), bien qu’il parle du D.ieu Un. Devant un autre nom, le ־ִים devient ־ֵי : אֱלֹהֵי אַבְרָהָם, « le D.ieu d’Avraham ». C’est l’état construit du §G10, au pluriel. Le même ־ֵי se trouve à deux autres endroits de cette leçon :

  • חַסְדֵי אָבוֹת, « les bontés des pères », de חֲסָדִים (le singulier est חֶסֶד, que nous disons dans גּוֹמֵל חֲסָדִים טוֹבִים et מְכַלְכֵּל חַיִּים בְּחֶסֶד).
  • לִבְנֵי בְנֵיהֶם, « aux enfants de leurs enfants », de בָּנִים ; et לִישֵׁנֵי עָפָר, « à ceux qui dorment dans la poussière », de יְשֵׁנִים, « dormeurs ».

« Notre » sur un nom au pluriel : ־ֵינוּ. Sur un nom au singulier, « notre » est ־ֵנוּ ou ־נוּ (§G12) : מַלְכֵּנוּ, « notre Roi ». Sur un nom au pluriel, un י vient avant : ־ֵינוּ. Ainsi אֱלֹהֵינוּ, « notre D.ieu », et אֲבוֹתֵינוּ, « nos pères », de אָבוֹת. Le même י se trouve dans בְּנֵיהֶם, « leurs enfants », avec ־הֶם, « leur » (§G34).

וְ devant אֱ. Quand « et » vient devant אֱלֹהֵי, le vav prend un tséré et le א ne s’entend pas : וֵאלֹהֵי, qui se lit vÉloké. Le siddour l’écrit ainsi deux fois sur une ligne : וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ et וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב.

Pourquoi « de » trois fois ? On pourrait dire « le D.ieu d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov ». La bénédiction redit אֱלֹהֵי devant chaque nom. Le sens en est donné dans les parties historique et explicative de cette leçon.

אֱלֹהֵינוּÉlokénounotre D.ieunom pluriel + ־ֵינוּ
וֵאלֹהֵיvÉlokéet le D.ieu deוְ → וֵ devant אֱ ; état construit ־ֵי
אֲבוֹתֵינוּavoténounos pèresאָבוֹת + ־ֵינוּ
חַסְדֵי’hasdéles bontés deétat construit pluriel ־ֵי
§G85 Notion de grammaire « Le grand, le puissant » : l’article sur un nom et ses adjectifs, et l’adjectif sans article

L’article sur chaque mot. En hébreu, un adjectif qui décrit un nom avec « le » (§G9) prend lui aussi « le » : הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא, mot à mot « le D.ieu, le grand, le puissant, et le redoutable ». Trois adjectifs, chacun avec son הַ. À la fin de la troisième bénédiction, de même : הָאֵל הַקָּדוֹשׁ, « le D.ieu saint », et pendant les dix jours de Techouva הַמֶּלֶךְ הַקָּדוֹשׁ, « le Roi saint ».

הָ devant א. L’article est הַ avec un daguech dans la lettre suivante (הַגָּדוֹל, הַנּוֹרָא). Le א ne peut pas prendre de daguech ; le patah s’allonge alors en kamats : הָאֵל. De même dans הָרוּחַ, devant ר.

Sans article : « est ». Quand l’adjectif n’a pas de הַ, ce n’est plus une description mais une affirmation (§G6) : אַתָּה קָדוֹשׁ, « Tu es saint », et וְשִׁמְךָ קָדוֹשׁ, « et Ton Nom est saint ». Comparez אַתָּה גִבּוֹר לְעוֹלָם אֲדֹנָי, « Tu es puissant à jamais, mon Maître », au début de la deuxième bénédiction, et הָאֵל הַגִּבּוֹר, « le D.ieu puissant », dans la première.

Un nom et un adjectif sans aucun article. אֵל עֶלְיוֹן, « D.ieu Très-Haut », et חֲסָדִים טוֹבִים, « de bonnes bontés » : aucun des deux mots n’a de הַ, et l’adjectif suit toujours son nom, au même nombre : חֲסָדִים au pluriel, טוֹבִים au pluriel (§G5).

Encore une paire. Dans le corps de la deuxième bénédiction, nous disons מְחַיֶּה מֵתִים, « qui fait revivre les morts », sans article ; ses mots de conclusion disent מְחַיֶּה הַמֵּתִים, avec l’article.

הָאֵל הַגָּדוֹלhaKel hagadolle grand D.ieuarticle sur le nom et l’adjectif
אַתָּה קָדוֹשׁata kadochTu es saintadjectif sans הַ : « est »
חֲסָדִים טוֹבִים’hassadim tovimde bonnes bontéssans article ; tous deux au pluriel
§G86 Notion de grammaire Des titres au présent : participes du kal et du pi’el

Le présent, comme titre. Le participe, « Celui qui fait », a été expliqué au §G15. Dans les deux premières bénédictions de la Amida, presque chaque expression en est un : elle ne dit pas ce qu’Hachem a fait une fois, mais ce qu’Il fait toujours.

Kal : ־וֹ־ puis ־ֵ־. גּוֹמֵל חֲסָדִים טוֹבִים, « qui accorde de bonnes bontés » ; וְזוֹכֵר חַסְדֵי אָבוֹת, « et qui se souvient des bontés des pères » ; סוֹמֵךְ נוֹפְלִים, « qui soutient ceux qui tombent » ; וְרוֹפֵא חוֹלִים, « et qui guérit les malades », où la dernière lettre de la racine, א, est muette. Et קוֹנֵה הַכֹּל, « Possesseur de tout » : la racine ק־נ־ה se termine par ה (§G48), et devant le mot suivant, le ־ֶה de קוֹנֶה devient ־ֵה.

Pi’el : מְ devant, une lettre du milieu redoublée. מְחַיֶּה מֵתִים, « qui fait revivre les morts », de ח־י־ה, avec le daguech dans le י (§G11) et une racine en ה (§G48) ; וּמְקַיֵּם אֱמוּנָתוֹ, « et qui tient Sa fidélité », de ק־ו־ם, avec un י redoublé à la place du ו (comparez קַיֶּמֶת, §G81). Et מְכַלְכֵּל חַיִּים, « qui nourrit les vivants » : ici, c’est une paire de lettres qui est redoublée, כַּל־כֵּל.

Ceux qui reçoivent. Les objets sont souvent eux aussi des participes employés comme noms (§G17) : נוֹפְלִים, « ceux qui tombent », חוֹלִים, « les malades », et le participe passif (§G13) אֲסוּרִים, « les captifs ». Et aussi מֵתִים, « les morts », et חַיִּים, « les vivants ».

Pas de passé ici. Dans les deux premières bénédictions, aucun verbe n’est au passé. Même מֶלֶךְ מֵמִית וּמְחַיֶּה, « un Roi qui fait mourir et fait vivre », est au participe, et les participes hif’il du §G87 continuent la même liste.

גּוֹמֵלgomelqui accordeparticipe kal
קוֹנֵהkonéPossesseur deracine en ה ; ־ֵה devant un nom
מְכַלְכֵּלmekhalkelqui nourritpaire de lettres redoublée, avec מְ
מְחַיֶּהme’hayéqui fait revivreparticipe pi’el, racine en ה
אֲסוּרִיםassourimles captifsparticipe passif, pluriel
§G87 Notion de grammaire Participes hif’il des racines faibles : מֵבִיא, מוֹרִיד, מַתִּיר

Le schème. Le hif’il, « faire faire », a été expliqué au §G7, et son présent, מַ … ־ִי־, au §G16. Dans cette leçon, la forme régulière est מַצְמִיחַ יְשׁוּעָה, « qui fait germer le salut », de צ־מ־ח, avec un patah furtif sous le ח (§G19). Mais la plupart des participes hif’il d’ici viennent de racines à lettre faible, et la lettre faible change la voyelle après le מ :

Racines creuses (§G44) : מֵ. וּמֵבִיא גוֹאֵל, « et qui amène un libérateur », de ב־ו־א, « venir » : « faire venir ». מֶלֶךְ מֵמִית, « un Roi qui fait mourir », de מ־ו־ת, « mourir ». Le ו du milieu a disparu ; le מ prend un tséré.

Racines qui commencent par י (§G2) : מוֹ. מוֹרִיד הַטָּל, « qui fait descendre la rosée », et וּמוֹרִיד הַגֶּשֶׁם, de י־ר־ד, « descendre » : « faire descendre ». מֶלֶךְ עוֹזֵר וּמוֹשִׁיעַ, « un Roi qui aide et qui sauve », de י־שׁ־ע. Le י caché paraît comme וֹ après le מ.

Un נ caché : מַ et un daguech. וּמַתִּיר אֲסוּרִים, « et qui délie les captifs », de נ־ת־ר : le נ est caché dans le daguech du ת (§G2), comme dans יַגִּיד, de נ־ג־ד (§G88). מַשִּׁיב הָרוּחַ a la même allure, מַ avec un daguech et ־ִי־ : par sa forme, un hif’il de נ־שׁ־ב, « souffler », « qui fait souffler le vent ».

L’infinitif. Les mêmes lettres faibles se voient dans deux infinitifs avec לְ (§G23) : רַב לְהוֹשִׁיעַ, « grand pour sauver », avec הוֹ, de י־שׁ־ע, et לְהַחֲיוֹת מֵתִים, « pour faire revivre les morts », un hif’il de ח־י־ה, « faire vivre ». Comparez מְחַיֶּה, le pi’el de la même racine (§G86).

מֵבִיאméviqui amèneracine creuse : מֵ
מוֹרִידmoridqui fait descendreracine en י : מוֹ
מַתִּירmatirqui délieנ caché : מַ + daguech
מַצְמִיחַmatsmia’hqui fait germerparticipe hif’il régulier
§G88 Notion de grammaire Demander : le futur comme demande, « souviens-Toi de nous », et « ils Te louent »

Les premiers mots de la Amida. אֲדֹנָי שְׂפָתַי תִּפְתָּח וּפִי יַגִּיד תְּהִלָּתֶךָ. תִּפְתָּח est un futur (§G20) avec ת, « Tu » : « Tu ouvriras ». Adressé à Hachem, un futur est une demande (§G30) : « ouvre mes lèvres ». שְׂפָתַי, c’est « mes lèvres », une paire (§G14) avec ־ַי, « mes » (§G18).

יַגִּיד. Un futur hif’il (§G20, §G7), « dira », de נ־ג־ד : le נ est caché dans le daguech du ג (§G2, §G87). Son sujet est פִי, « ma bouche », et son objet תְּהִלָּתֶךָ, « Ta louange » : תְּהִלָּה avec ־ֶךָ, « Ta », sur un nom féminin (§G58).

Souviens-Toi de nous. Pendant les dix jours de Techouva, nous ajoutons זָכְרֵנוּ לְחַיִּים … וְכָתְבֵנוּ בְּסֵפֶר הַחַיִּים. Ce sont des impératifs (§G31), זְכֹר, « souviens-toi », et כְּתֹב, « écris », avec ־ֵנוּ, « nous » (§G12) : « souviens-Toi de nous », « inscris-nous ». Avec la terminaison, la première voyelle change : זָכְרֵנוּ, כָתְבֵנוּ.

Ils Te louent. À la fin de la troisième bénédiction : וּקְדוֹשִׁים בְּכָל יוֹם יְהַלְלוּךָ סֶּלָה. יְהַלְלוּ est un futur pi’el (§G11, §G20), « ils loueront », avec י devant et ־וּ, « ils » ; la terminaison ־ךָ est son objet, « Toi » (§G30) : « ils Te louent ». Ici le futur n’est pas une demande, mais ce qui se fait chaque jour, comme le disent les mots בְּכָל יוֹם.

תִּפְתָּחtifta’houvre (Tu ouvriras)futur « Tu » comme demande
יַגִּידyaguiddirafutur hif’il, נ caché
זָכְרֵנוּzokhrénousouviens-Toi de nousimpératif + ־ֵנוּ
יְהַלְלוּךָyehaleloukhails Te louentfutur pi’el + ־ךָ

Petits mots dans cette leçon

MotTranslittérationSensRacineGrammaire
לְמַעַןlema’anpour, à cause de—לְמַעַן שְׁמוֹ, « pour Son Nom » ; avec ־ךָ on obtient לְמַעַנְךָ, « pour Toi » (§G4).
בְּbeavec, dans—בְּאַהֲבָה « avec amour », בְּחֶסֶד « avec bonté », בְּרַחֲמִים רַבִּים « avec une grande miséricorde ».
מִיmiqui ?—מִי כָמוֹךָ, « qui est comme Toi ? », et וּמִי דּוֹמֶה לָּךְ, « et qui Te ressemble ? »
כָמוֹךָkhamokhacomme Toi—כְּמוֹ, « comme », avec ־ךָ, « Toi » (§G4) ; sans daguech après מִי.
לָּךְlakhà Toi—וּמִי דּוֹמֶה לָּךְ : une forme courte de לְךָ, à une pause.
רַבravgrand, beaucoupר־ב־ברַב לְהוֹשִׁיעַ, « grand pour sauver » ; au pluriel, בְּרַחֲמִים רַבִּים, « avec une grande miséricorde » (§G5).
לְעוֹלָםleolampour toujours—אַתָּה גִבּוֹר לְעוֹלָם אֲדֹנָי.
סֶלָהsélapour toujours (un mot des psaumes)—יְהַלְלוּךָ סֶּלָה, à la fin de la troisième bénédiction.
Mots qui reviennent : à retenir
Vous rencontrerez ces mots encore et encore dans le siddour.
חֶסֶד ’hessed · bonté
גּוֹמֵל חֲסָדִים טוֹבִים (par. 2) ; חַסְדֵי אָבוֹת (par. 2) ; מְכַלְכֵּל חַיִּים בְּחֶסֶד (par. 3)
חַיִּים ’haïm · vie, les vivants
זָכְרֵנוּ לְחַיִּים (par. 2) ; בְּסֵפֶר הַחַיִּים (par. 2) ; מְכַלְכֵּל חַיִּים (par. 3)
מֵתִים métim · les morts
מְחַיֶּה מֵתִים (par. 3) ; לְהַחֲיוֹת מֵתִים (par. 3) ; מְחַיֶּה הַמֵּתִים (par. 3)
מֶלֶךְ mélekh · roi
מֶלֶךְ חָפֵץ בַּחַיִּים (par. 2) ; מֶלֶךְ עוֹזֵר (par. 2) ; מֶלֶךְ מֵמִית (par. 3)
רַחֲמִים ra’hamim · miséricorde
בְּרַחֲמִים רַבִּים (par. 3) ; אָב הָרַחֲמָן (par. 3)
קָדוֹשׁ kadoch · saint
אַתָּה קָדוֹשׁ (par. 4) ; וּקְדוֹשִׁים (par. 4) ; הָאֵל הַקָּדוֹשׁ (par. 4)
6Révisionחֲזָרָה
  1. Qui a institué les dix-huit bénédictions, selon Berakhot 33a et Méguila 17b ? Qu’a fait Chimon Hapakouli, et pourquoi était-ce nécessaire (Méguila 18a) ?
  2. Selon le Rambam, qu’est-ce qui est de la Torah dans la prière, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Pourquoi Ezra et son tribunal ont-ils fixé les mots ?
  3. Quels sont les deux avis de Berakhot 26b sur l’origine des prières ?
  4. Expliquez la parabole du serviteur dans Berakhot 34a. Pourquoi la Amida du Chabbat a-t-elle sept bénédictions ?
  5. Pourquoi אֲדֹנָי שְׂפָתַי תִּפְתָּח n’est-il pas une interruption entre גָּאַל יִשְׂרָאֵל et la Amida (Berakhot 4b) ?
  6. Quelles trois choses le Talmud apprend-il de la prière de ’Hanna (Berakhot 31a) ? Dans quelle bénédiction l’Admour Hazaken demande-t-il la kavana au minimum (101:1) ?
  7. Où s’incline-t-on dans le texte de cette leçon, et à quel mot se redresse-t-on (Berakhot 12a, 34a) ?
  8. Pourquoi les hommes de la Grande Assemblée ont-ils dit les trois mots, הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא (Yoma 69b) ? Pourquoi ne peut-on pas en ajouter (Berakhot 33b) ?
  9. Pourquoi la pluie est-elle mentionnée dans la bénédiction de la résurrection des morts ? Est-ce une demande ? Que dit-on en été, et pourquoi peut-on mentionner la rosée (Taanit 3a ; 114:6) ?
  10. Selon le Tanya, chapitre 18, qu’ont laissé les pères à chaque Juif, et comment cela se voit-il ?
  11. Trouvez chaque ־ֵי, « de », et chaque ־ֵינוּ, « notre », dans Avot. Pourquoi אֱלֹהֵי trois fois ? → voir §G84
  12. Pourquoi הַגָּדוֹל a-t-il הַ, mais pas קָדוֹשׁ dans אַתָּה קָדוֹשׁ ? Classez les participes de Guevourot en kal, pi’el et hif’il, et expliquez la voyelle après le מ dans מֵבִיא et מוֹרִיד et מַתִּיר. → voir §G85, §G86, §G87
  13. Quels verbes de cette leçon sont des demandes, et lesquels décrivent ce qui se passe chaque jour ? Expliquez les deux terminaisons de יְהַלְלוּךָ. → voir §G88
Puissent nos lèvres être ouvertes, et nos bouches dire Sa louange.
Ces leçons sont destinées à l’étude et à la discussion. Pour toute question de halakha pratique, y compris machiv harouah et morid hatal et que faire après une erreur, comment se tenir, faire les pas et s’incliner dans la Amida, et la Kedoucha, consultez votre rav.