Vehaya, Vayomer et Emet Veyatsiv
Cette leçon se lit sur www.tebeka.com. L’impression est réservée aux utilisateurs connectés. © Rav Haim Tebeka.
La leçon 19 s’est terminée avec Ahavat Olam, juste avant le Chema. Le premier verset du Chema et son premier paragraphe, Veahavta, ont fait la leçon 7 ; ici je les rappelle en une ligne et je continue. Cette leçon prend le deuxième paragraphe, Vehaya im chamoa, le joug des commandements ; le troisième, Vayomer, les tsitsit et la sortie d’Égypte ; et la bénédiction après le Chema, Emet Veyatsiv, à travers Ezrat avoténou et le chant de la mer, jusqu’à ses mots de conclusion, גָּאַל יִשְׂרָאֵל. Je montre pourquoi les paragraphes sont dans cet ordre, pourquoi rien ne doit séparer אֱלֹהֵיכֶם de אֱמֶת, ce que la bénédiction doit mentionner, et pourquoi ses derniers mots sont joints à la Amida sans pause.
Où nous en sommes : la suite du Chema
La leçon 19 s’est terminée par הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה. Vient alors le Chema lui-même. Son premier verset, Baroukh Chem et le premier paragraphe, Veahavta, ont fait l’objet de la leçon 7 (« Chema : Écoute, Israël, et le premier paragraphe »), avec leur histoire, leur sens et leur grammaire ; je ne les reprends pas ici. Cette leçon prend le Chema à partir de son deuxième paragraphe : Vehaya im chamoa (Devarim 11:13-21), puis Vayomer (Bamidbar 15:37-41), puis la bénédiction après le Chema, Emet Veyatsiv, jusqu’à ses mots de conclusion, גָּאַל יִשְׂרָאֵל. Ce sont les pages 175 à 178 de notre siddour.
Pourquoi cet ordre ? La Michna (Berakhot 2:2) le demande et répond. D’abord le Chema, « afin qu’il accepte sur lui le joug de la royauté des cieux en premier, et ensuite qu’il accepte sur lui le joug des commandements » : c’est Vehaya im chamoa. Et Vehaya vient avant Vayomer, parce que Vehaya s’applique le jour et la nuit, tandis que Vayomer, le paragraphe des tsitsit, ne s’applique que le jour.
L’ordre est très ancien. La Michna de Tamid, rapportée dans le Talmud (Berakhot 12a), raconte ce que lisaient les kohanim chaque matin au Beit Hamikdach : « et ils lisaient les Dix Commandements, Chema, Vehaya im chamoa, Vayomer, Emet Veyatsiv, la Avoda et la bénédiction des kohanim. » Emet Veyatsiv était déjà là, juste après les trois paragraphes.
לָמָּה קָדְמָה שְׁמַע לִוְהָיָה אִם שָׁמֹעַ, אֶלָּא כְדֵי שֶׁיְּקַבֵּל עָלָיו עֹל מַלְכוּת שָׁמַיִם תְּחִלָּה, וְאַחַר כָּךְ יְקַבֵּל עָלָיו עֹל מִצְוֹתוְהָיָה אִם שָׁמֹעַ לְוַיֹּאמֶר, שֶׁוְהָיָה אִם שָׁמֹעַ נוֹהֵג בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה, וַיֹּאמֶר אֵינוֹ נוֹהֵג אֶלָּא בַּיּוֹםוְקוֹרִין עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת ״שְׁמַע״, ״וְהָיָה אִם שָׁמוֹעַ״, ״וַיֹּאמֶר״, ״אֱמֶת וְיַצִּיב״, וַעֲבוֹדָה, וּבִרְכַּת כֹּהֲנִים
Michna Berakhot 2:2 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishnah_Berakhot.2.2
Talmud Bavli, Berakhot 12a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.12a
Devarim 11:13-21 ; Bamidbar 15:37-41 ; Chemot 15:11, 15:18 ; Yecha’ya 47:4 ; Yirmeyahou 10:10 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.11.13-21
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 175-178 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Vehaya im chamoa : le joug des commandements, et le Chabbat
Le premier paragraphe parle à chacun seul : « tu », au singulier. Le deuxième paragraphe parle surtout à nous tous ensemble : לְבַבְכֶם et נַפְשְׁכֶם, « vos cœurs » et « vos âmes », au pluriel, et il ajoute ce qui arrive au peuple entier : la pluie en son temps, ou les cieux fermés. La grammaire de ce changement est au §G79.
Le commentaire de Chabad.org relève une autre différence : « Dans le premier paragraphe, Veahavta, l’ordre de ces commandements est inverse : d’abord l’étude, puis l’acte. Dans ce paragraphe, l’acte est mentionné en premier » (traduit de l’anglais). Dans Veahavta, « enseigne-les » vient avant « attache-les » ; ici, « attachez-les » vient d’abord, et « enseignez-les » après.
La leçon 19 annonçait encore un souvenir, dans le Chema lui-même. L’Admour Hazaken (60:4), après les souvenirs de la fin d’Ahavat Olam, ajoute : « Certaines autorités estiment que c’est une mitsva de se rappeler le Chabbat chaque jour » (traduit de l’anglais). Puis il montre où : dans les mots du Chema וּזְכַרְתֶּם אֶת כָּל מִצְוֹת, « et vous vous rappellerez tous les commandements », car le Chabbat pèse autant que tous les commandements. Je donne cette ligne avec mes mots, parce que l’anglais de Chabad.org y écrit le Nom ; l’hébreu le dit en cinq mots : « זוֹ הִיא שַׁבָּת שֶׁשְּׁקוּלָה כְּנֶגֶד כָּל הַמִּצְווֹת ».
וְגַם זְכִירַת שַׁבָּת יֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁמִּצְוָתָהּ בְּכָל יוֹםזוֹ הִיא שַׁבָּת שֶׁשְּׁקוּלָה כְּנֶגֶד כָּל הַמִּצְווֹת
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Vehaya Im Shamoa » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536048
Devarim 11:13-21 ; Bamidbar 15:37-41 ; Chemot 15:11, 15:18 ; Yecha’ya 47:4 ; Yirmeyahou 10:10 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.11.13-21
Leçon 7 : Chema : Écoute, Israël, et le premier paragraphe (siddur-lesson-07-shema) · la leçon précédente de ce cours
Vayomer : les tsitsit, et six baisers
Vayomer est le paragraphe des tsitsit. Pourquoi des nœuds et des fils ? L’Admour Hazaken (24:1) l’explique par une image : celui qui veut se rappeler quelque chose fait un nœud à sa ceinture ; « les tsitsit [de chaque coin] ont cinq nœuds, qui rappellent les cinq livres de la Torah, et il y a quatre coins, de sorte que de quelque côté qu’on se tourne, on se rappelle les mitsvot » (traduit de l’anglais). Et sur « vous le verrez et vous vous rappellerez » : « Voir mène à se rappeler, et se rappeler mène à accomplir » (traduit de l’anglais ; 24:5).
Pendant le Chema, nous tenons les tsitsit rassemblés à וַהֲבִיאֵנוּ לְשָׁלוֹם (leçon 19). L’Admour Hazaken (24:4) : « C’est une mitsva de tenir les tsitsit dans la main gauche » (traduit de l’anglais), face au cœur, et : « Certains disent qu’on les tient entre le quatrième et le dernier doigt de la main gauche, et quand on arrive au passage des tsitsit, on les prend dans la main droite et on les regarde … Ils restent dans sa main jusqu’à ce qu’il arrive aux mots neémanim vené’hémadim laad ; à ce moment, il embrasse les tsitsit et les lâche » (traduit de l’anglais). Et (24:6) : « Certains ont la coutume de regarder les tsitsit et de les passer sur leurs yeux quand ils arrivent aux mots ouritem oto, “et vous le verrez”. C’est une belle coutume, qui exprime l’affection pour la mitsva » (traduit de l’anglais). Il ajoute qu’on a coutume de les embrasser en les regardant : « Tout cela montre combien la mitsva est précieuse » (traduit de l’anglais).
Les baisers, tels que les compte HaYom Yom (22 Sivan) ; je traduis l’hébreu : « on embrasse les tsitsit six fois, c’est-à-dire en disant les mots : tsitsit, tsitsit, letsitsit, emet, kayémet, laad. » Les trois mots des tsitsit sont dans Vayomer ; emet est le premier mot de la bénédiction qui suit ; kayémet est dans וּמַלְכוּתוֹ וֶאֱמוּנָתוֹ לָעַד קַיֶּמֶת ; et le dernier, laad, est dans נֶאֱמָנִים וְנֶחֱמָדִים לָעַד, là où l’Admour Hazaken dit de les embrasser et de les lâcher. Le traducteur du Choul’han Aroukh ajoute, d’après Minhagué Mélekh, comment le Rabbi touchait ses yeux avec les tsitsit avant de les embrasser (cité d’après la note). Comment le faire vous-même, demandez à votre rav, ou regardez comment on fait dans votre synagogue.
Et pourquoi seulement le jour ? La Michna (Berakhot 2:2) l’a dit : Vayomer « ne s’applique que le jour », car les tsitsit sont une mitsva du jour. Vayomer se termine par la sortie d’Égypte, et celle-là, nous la mentionnons aussi la nuit. La Michna (Berakhot 1:5) : « on mentionne la sortie d’Égypte la nuit » ; Rabbi Elazar ben Azarya dit qu’il n’avait pas mérité de la voir dite la nuit « jusqu’à ce que Ben Zoma l’ait expliqué », à partir de « tous les jours de ta vie ».
רְאִיָּה מֵבִיא לִידֵי זְכִירָה וּזְכִירָה מֵבִיא לִידֵי עֲשִׂיָּהוְיִהְיוּ בְּיָדוֹ עַד שֶׁיַּגִּיעַ לְ"נֶאֱמָנִים וְנֶחֱמָדִים לָעַד", וְאָז יְנַשֵּׁק הַצִּיצִית וִיסִירֵם מִיָּדוֹוּמִנְהָג יָפֶה הוּא וְחִבּוּבֵי מִצְוָהנושקים הציציות שש פעמים היינו באמירת תיבות: ציצית, ציצית, לציצית, אמת, קימת, לעד.מַזְכִּירִין יְצִיאַת מִצְרַיִם בַּלֵּילוֹתוְלֹא זָכִיתִי שֶׁתֵּאָמֵר יְצִיאַת מִצְרַיִם בַּלֵּילוֹת, עַד שֶׁדְּרָשָׁהּ בֶּן זוֹמָא
HaYom Yom, 22 Sivan (Chabad.org ; Kehot) · hébreu ; cité, ma traduction · chabad.org/…/hayomyom.asp?tdate=6/27/2027
Minhagué Mélekh · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Michna Berakhot 2:2 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishnah_Berakhot.2.2
Michna Berakhot 1:5 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishnah_Berakhot.1.5
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 175-178 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

« Hachem votre D.ieu est vérité » : pas de pause avant Emet
Vayomer se termine par אֲנִי יְיָ אֱלֹהֵיכֶם, et le mot suivant, אֱמֶת, est le premier mot de la bénédiction après le Chema. La Michna (2:2) énumère les endroits « entre les paragraphes » où une pause est permise pour une salutation de respect, et parmi eux « entre Vayomer et Emet Veyatsiv » ; mais « Rabbi Yehouda dit : entre Vayomer et Emet Veyatsiv, on n’interrompt pas ». L’Admour Hazaken (66:7) tranche comme lui : entre Vayomer et Emet Veyatsiv, on n’interrompt d’aucune manière, pour ne pas séparer « Hachem votre D.ieu » de « emet », car le prophète dit (Yirmeyahou 10:10) qu’Hachem est le D.ieu de vérité. Si l’on doit s’arrêter là, on dit d’abord les mots jusqu’à emet inclus. Et on doit veiller à dire aussi וְיַצִּיב, parce que c’est aussi un mot de vérité.
Si l’on s’est arrêté après emet, le redit-on ? Le Talmud (Berakhot 14b) pose la question, « revient-il dire emet, ou ne revient-il pas dire emet ? » ; Rabba dit qu’on ne le redit pas. Un jour, Rabba entendit quelqu’un dire emet, emet, deux fois, et dit : « chaque emet, emet l’a saisi ». L’Admour Hazaken (66:8) : si l’on s’est arrêté après emet, ou si l’on a fini avant l’officiant et qu’on l’attend, « on ne revient pas dire emet », mais on commence à וְיַצִּיב ou là où l’on s’est arrêté.
Avec un minyane, l’officiant redit à voix haute les derniers mots du Chema, avec emet. Le commentaire de Chabad.org : « Ainsi, c’est comme s’ils avaient dit les trois mots supplémentaires nécessaires pour porter à 248 le nombre de mots de leur lecture du Chema » (traduit de l’anglais). Le Siddour Séfarade imprime la même instruction pour l’officiant à cet endroit, en petites lettres. En pratique, ce qu’il faut faire quand on prie seul ou avec un minyane, demandez à votre rav.
בֵּין וְהָיָה אִם שָׁמֹעַ לְוַיֹּאמֶר, בֵּין וַיֹּאמֶר לֶאֱמֶת וְיַצִּיב. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, בֵּין וַיֹּאמֶר לֶאֱמֶת וְיַצִּיב לֹא יַפְסִיקאֲבָל בֵּין "וַיֹּאמֶר" לֶ"אֱמֶת וְיַצִּיב" – לֹא יַפְסִיק בְּשׁוּם עִנְיָןוְיֵשׁ לִזָּהֵר לוֹמַר גַּם "וְיַצִּיב", לְפִי שֶׁ"וְיַצִּיב" הוּא גַּם כֵּן לְשׁוֹן אֱמֶתחוֹזֵר וְאוֹמֵר ״אֱמֶת״, אוֹ אֵינוֹ חוֹזֵר וְאוֹמֵר ״אֱמֶת״רַבָּה אָמַר: אֵינוֹ חוֹזֵר וְאוֹמֵר ״אֱמֶת״שַׁמְעֵיהּ רַבָּה דְּאָמַר ״אֱמֶת״ ״אֱמֶת״ תְּרֵי זִימְנֵי. אֲמַר רַבָּה: כֹּל ״אֱמֶת״ ״אֱמֶת״ תַּפְסֵיהּ לְהַאיאֵינוֹ חוֹזֵר וְאוֹמֵר "אֱמֶת", … אֶלָּא מַתְחִיל מִ"וְיַצִּיב" אוֹ מִמָּקוֹם שֶׁפָּסַק
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 66:7-10, 66:12 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3292062
Talmud Bavli, Berakhot 14b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.14b
Devarim 11:13-21 ; Bamidbar 15:37-41 ; Chemot 15:11, 15:18 ; Yecha’ya 47:4 ; Yirmeyahou 10:10 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.11.13-21
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Vayomer Hashem » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536049
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 175-178 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Ce que doit dire Emet Veyatsiv
Le Talmud (Berakhot 12a), au nom de Rav : « quiconque n’a pas dit Emet Veyatsiv le matin et Emet Veémouna le soir n’a pas accompli son obligation », car le verset dit « raconter Ta bonté le matin, et Ta fidélité les nuits ». Et Rav Yehouda (21a) : si l’on doute d’avoir dit Emet Veyatsiv, on revient le dire, car, dit le Talmud, Emet Veyatsiv est de la Torah.
L’Admour Hazaken (66:12) explique ce qu’est la bénédiction : « Toute la bénédiction Emet Veyatsiv [rappelle] la bonté que [D.ieu] a accordée à nos ancêtres : en les faisant sortir d’Égypte, en leur fendant la mer et en les y faisant passer » (traduit de l’anglais). Et : « on doit mentionner la sortie d’Égypte, la royauté [de D.ieu], le passage de la mer Rouge et la plaie des premiers-nés » (traduit de l’anglais). Si l’on en a omis un, on n’a pas accompli son obligation. Pourtant, les bénédictions ne retiennent pas le Chema : « Celui qui ne dit pas les bénédictions Emet Veyatsiv le matin (comme institué) et Emet Veémouna le soir a [après coup] accompli son obligation de lire le Chema, car les bénédictions ne sont pas des éléments indispensables de la lecture du Chema » (traduit de l’anglais).
Regardez le texte avec cette liste en main : la sortie d’Égypte, מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ ; la plaie des premiers-nés, כָּל בְּכוֹרֵיהֶם הָרַגְתָּ ; le passage de la mer, וְיַם סוּף לָהֶם בָּקַעְתָּ ; et la royauté, dans le chant qui suit, יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד. Le commentaire ’Habad sur Ezrat Avoténou cite la Tossefta (Berakhot 2:1) pour le passage de la mer (cité d’après le commentaire).
Deux autres choses qu’on peut y compter. Après le premier mot, « le passage continue par quinze mots qui commencent par la lettre vav » (traduit de l’anglais). Et le mot emet lui-même : « Cette bénédiction mentionne le terme Emet, vrai, huit fois : quatre avant le passage qui commence par Ezrat avoténou, “l’Aide de nos pères”, et quatre dans ce passage » (traduit de l’anglais).
כָּל שֶׁלֹּא אָמַר ״אֱמֶת וְיַצִּיב״ שַׁחֲרִית, וֶ״אֱמֶת וֶאֱמוּנָה״ עַרְבִית — לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְהַגִּיד בַּבֹּקֶר חַסְדֶּךָ וֶאֱמוּנָתְךָ בַּלֵּילוֹת״סָפֵק אָמַר ״אֱמֶת וְיַצִּיב״, סָפֵק לֹא אָמַר — חוֹזֵר וְאוֹמֵר ״אֱמֶת וְיַצִּיב״. מַאי טַעְמָא? — קְרִיאַת שְׁמַע דְּרַבָּנַן. ״אֱמֶת וְיַצִּיב״, דְּאוֹרָיְיתָאוּבִרְכַּת "אֱמֶת וְיַצִּיב" כֻּלָּהּ הוּא עַל חֶסֶד שֶׁעָשָׂה עִם אֲבוֹתֵינוּ, שֶׁהוֹצִיאָם מִמִּצְרַיִם וּבָקַע לָהֶם הַיָּם וְהֶעֱבִירָםוְצָרִיךְ לְהַזְכִּיר יְצִיאַת מִצְרַיִם וּמַלְכוּת וּקְרִיעַת יַם סוּף וּמַכּוֹת בְּכוֹרוֹת בֶּ"אֱמֶת וְיַצִּיב"
Talmud Bavli, Berakhot 21a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.21a
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 66:7-10, 66:12 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3292062
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Emet Veyatziv » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548736
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ezrat Avoteinu » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548737
Tossefta, Berakhot 2:1 · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 175-178 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Joindre la délivrance à la prière
La bénédiction se termine par גָּאַל יִשְׂרָאֵל, « qui a délivré Israël », et juste après, nous nous levons pour la Amida. C’est סְמִיכַת גְּאֻלָּה לִתְפִלָּה, « joindre la délivrance à la prière ».
Le Talmud (Berakhot 9b) parle des vatikin, les scrupuleux, qui terminaient le Chema avec le lever du soleil, « afin de joindre la délivrance à la prière, et de se trouver priant de jour ». Rabbi Yossi ben Elyakim dit au nom de la sainte assemblée de Jérusalem : « quiconque joint la délivrance à la prière n’est pas atteint de tout le jour. » Et de Rav Brona, « un grand homme, et heureux des mitsvot », le Talmud raconte qu’une fois il joignit la délivrance à la prière, et le sourire ne quitta pas sa bouche de tout le jour. Rabbi Yo’hanan (4b) appelle celui qui le fait le soir « un fils du monde à venir ».
L’Admour Hazaken (111:1) : « (Bien que la lecture du Chema avec ses bénédictions et [la récitation de] la Amida soient des mitsvot indépendantes,) on doit dire la bénédiction Gaal Israël tout près de la Amida » (traduit de l’anglais). Pourquoi ? Il rapporte la parabole des Sages (111:2) : « L’ami d’un roi frappe aux portes du palais, et le roi sort l’accueillir. S’il le voit partir et s’en aller, lui aussi se détourne, et ne s’approchera pas de lui quand il reviendra frapper. Tel est le cas quand on fait une pause entre Gaal Israël et la Amida » (traduit de l’anglais). Certains disent que ce n’est pas nécessaire le Chabbat, car le verset dont on l’apprend parle d’un jour de détresse, « et le Chabbat n’est pas un jour de détresse » (traduit de l’anglais). L’Admour Hazaken ne nous laisse pas nous y appuyer : « car la déduction citée n’est qu’un appui, tandis que l’[obligation] fondamentale de joindre la bénédiction Gaal Israël à la Amida repose sur les paroles des Sages » (traduit de l’anglais). C’est si important que (111:4) celui qui arrive en retard ne prie pas la Amida avec l’assemblée pour dire le Chema après : « La raison en est que [l’obligation] de joindre la bénédiction Gaal Israël à la Amida du matin l’emporte sur [la qualité propre de] la prière en assemblée » (traduit de l’anglais).
Et entre גָּאַל יִשְׂרָאֵל et la Amida, on ne répond même pas au Kaddich ou à la Kedoucha (66:10) : « On ne doit pas interrompre pour répondre au Kaddich ou à la Kedoucha entre Gaal Israël et la Amida, de même qu’on ne peut faire aucune interruption dans la Amida elle-même, car la Amida commence au point où se termine Gaal Israël » (traduit de l’anglais). Que fait-on ? « On doit attendre avant [de dire le paragraphe qui commence par] Chira ’Hadacha, afin de répondre » (traduit de l’anglais). Quant au Amen après le גָּאַל יִשְׂרָאֵל de l’officiant (66:9) : certains disent de ne pas répondre ; « telle est la coutume dans ces pays : répondre Amen entre Gaal Israël et la Amida après que l’officiant a terminé cette bénédiction » (traduit de l’anglais), et « celui qui veut accomplir [les rigueurs de] toutes les autorités peut viser à terminer en même temps que l’officiant » (traduit de l’anglais). Le traducteur ajoute : « La coutume de Loubavitch est que l’officiant termine la bénédiction de son ton ordinaire (Sefer HaMinhaguim : le livre des coutumes ’Habad-Loubavitch, p. 25), et que les fidèles visent à la terminer en même temps » (traduit de l’anglais ; cité d’après la note) ; et au chapitre 111 : « C’est pourquoi la coutume de Loubavitch est que l’officiant termine la bénédiction de son ton ordinaire (Sefer HaMinhaguim, p. 25) » (traduit de l’anglais ; cité d’après la note). En pratique, demandez à votre rav.
וָתִיקִין הָיוּ גּוֹמְרִין אוֹתָהּ עִם הָנֵץ הַחַמָּה, כְּדֵי שֶׁיִּסְמוֹךְ גְּאוּלָּה לִתְפִלָּה, וְנִמְצָא מִתְפַּלֵּל בַּיּוֹםכָּל הַסּוֹמֵךְ גְּאוּלָּה לִתְפִלָּה אֵינוֹ נִזּוֹק כָּל הַיּוֹם כּוּלּוֹדְּאָדָם גָּדוֹל הוּא וְשָׂמֵחַ בְּמִצְוֹת. זִימְנָא חֲדָא סְמַךְ גְּאוּלָּה לִתְפִלָּה וְלָא פְּסֵיק חוּכָא מִפּוּמֵּיהּ כּוּלֵּיהּ יוֹמָאאֵיזֶהוּ בֶּן הָעוֹלָם הַבָּא — זֶה הַסּוֹמֵךְ גְּאוּלָּה לִתְפִלָּה שֶׁל עַרְבִיתצָרִיךְ לִסְמֹךְ בִּרְכַּת גְּאֻלָּה לִתְפִלָּהלְאוֹהֲבוֹ שֶׁל מֶלֶךְ שֶׁבָּא וְדָפַק עַל פֶּתַח הַמֶּלֶךְ וְיָצָא הַמֶּלֶךְ לִקְרָאתוֹשֶׁבְּשַׁבָּת אֵין צָרִיךְ לִסְמֹךְ גְּאֻלָּה לִתְפִלָּה … וְאֵין לִסְמֹךְ עַל סְבָרָא זוֹלְפִי שֶׁסְּמִיכַת גְּאֻלָּה לִתְפִלָּה שַׁחֲרִית גְּדוֹלָה מִתְּפִלָּה עִם הַצִּבּוּרצָרִיךְ לִסְמֹךְ גְּאֻלָּה לִתְפִלָּה … וְכֵן נוֹהֲגִין בִּמְדִינוֹת אֵלּוּ לַעֲנוֹת אָמֵן בֵּין גְּאֻלָּה לִתְפִלָּה אַחַר שֶׁמְּסַיֵּם הַשְּׁלִיחַ צִבּוּר בְּרָכָה זוֹ … יוּכַל לְכַוֵּן לְסַיֵּם עִם הַשְּׁלִיחַ צִבּוּרשֶׁמִּסִּיּוּם הַגְּאֻלָּה הוּא הַתְחָלַת הַתְּפִלָּה … מַמְתִּין בְּ"שִׁירָה חֲדָשָׁה" כְּדֵי לַעֲנוֹת
Talmud Bavli, Berakhot 4b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.4b
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 111:1-2, 111:4 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3299206
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 66:7-10, 66:12 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3292062
Sefer HaMinhaguim (Kehot), p. 25 · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 175-178 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

Une phrase que notre siddour n’a pas
Beaucoup de siddourim, comme le Siddour Séfarade, ajoutent une courte prière avant les mots de conclusion, qui commence par צור ישראל, « Rocher d’Israël, lève-Toi au secours d’Israël ». L’Admour Hazaken mentionne ceux qui attendent là pour répondre Amen (66:9) : « Certains ont soin d’attendre quand ils arrivent à Tsour Israël » (traduit de l’anglais). Mais notre siddour passe de גֹּאֲלֵנוּ יְיָ צְבָאוֹת directement à la bénédiction finale. Le commentaire ’Habad : « Dans le Siddour de l’Admour Hazaken, le passage lyrique Tsour Israël est omis » (traduit de l’anglais). Il cite Michnat ’Hassidim sur le compte des mots de Mi kamokha à Gaal Israël selon l’Arizal (cité d’après le commentaire), et ajoute : « De plus, Tsour Israël ne s’accorde pas avec la structure de la bénédiction, car toute la bénédiction est centrée sur la louange de D.ieu, tandis que Tsour Israël est une demande qu’on Lui adresse. Le système des temps est aussi différent. La phrase finale de la bénédiction est au passé, tandis que Tsour Israël emploie le futur (Maamaré Admour Hazaken) » (traduit de l’anglais).
L’Admour Hazaken fait la même remarque sur le temps dans son Choul’han Aroukh (66:12) : « La fin de cette bénédiction revient à la délivrance d’Égypte, afin qu’on puisse [par le thème] joindre [la fin du passage] à la bénédiction [finale] … qui est au passé » (traduit de l’anglais). Et : « Car l’expression “Libérateur” inclut le passé, le présent et l’avenir » (traduit de l’anglais). La bénédiction loue ce qu’Hachem a fait ; la demande vient dans la Amida. C’est la grammaire du §G83.
וּבְסוֹף בְּרָכָה חוֹזֵר לִגְאֻלַּת מִצְרַיִם, כְּדֵי לִסְמֹךְ לְ"גָאַל יִשְׂרָאֵל"
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 66:7-10, 66:12 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3292062
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Shira Chadasha » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548739
Michnat ’Hassidim ; Maamaré Admour Hazaken · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 175-178 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
« Pour aimer » : un amour qui grandit
Vehaya im chamoa dit לְאַהֲבָה אֶת יְיָ אֱלֹהֵיכֶם. Le commentaire de Chabad.org remarque la forme du mot : « Ce verset n’emploie pas la forme habituelle de l’infinitif hébreu pour “aimer”, לאהב, mais le terme לאהבה, qui a le sens de produire l’amour » (traduit de l’anglais). Et : « Notre éveil de l’amour pour D.ieu éveille en retour un amour d’en haut (Torah Or) » (traduit de l’anglais). La grammaire de ce mot est au §G80.
Puis וּלְעָבְדוֹ, « et Le servir ». Le commentaire explique ce qu’est un serviteur : « Un éved n’agit pas de lui-même. Il appartient à son maître et fait la volonté de son maître, qu’il le veuille ou non » (traduit de l’anglais). Et ce qu’est ce service, avec les mots des Sages qu’il rapporte : « “Quel est le service du cœur ? C’est la prière.” » (traduit de l’anglais). Il en donne une image, tirée du parchemin des tefilin : « Le tannage demande un travail ardu et pénible, jusqu’à ce qu’une peau grossière devienne un parchemin digne d’y écrire les passages sacrés des tefilin ou d’un Séfer Torah » (traduit de l’anglais).
Le paragraphe change de voix : « Je donnerai la pluie de votre pays », Hachem parlant à la première personne, par Moché. « Mais comment pouvons-nous dire de telles choses ? » demande le commentaire, et il répond : « Cet engagement de messirout néfech (don de soi) pour D.ieu nous permet de nous identifier à Lui et de nous attacher à Lui au point que nous aussi pouvons parler en Son nom, pour ainsi dire (Likouté Torah) » (traduit de l’anglais). Et sur « tu récolteras ton blé » : « Quand une personne s’est identifiée à la divinité au point d’être prête à sacrifier sa vie pour Lui, les occupations matérielles dans lesquelles elle s’engage sont des prolongements, et non des écarts, de son service divin (Chaaré Techouva) » (traduit de l’anglais). Puis l’avertissement, « de peur que votre cœur ne se laisse séduire » : « Dès qu’une personne se détourne de D.ieu, elle sert d’autres divinités. Il n’y a pas d’échelon intermédiaire » (traduit de l’anglais).
Torah Or ; Likouté Torah ; Chaaré Techouva · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Les tsitsit : la lumière qui enveloppe, et la lumière qui atteint
Le commentaire sur Vayomer lit le talith et ses fils comme deux sortes de lumière. Le talith : « Nous en envelopper fait allusion à la manière dont les mitsvot nous enveloppent de lumière divine » (traduit de l’anglais). Les fils : « Les cheveux percent la surface du corps. De même, les tsitsit montrent comment une révélation de la lumière englobante, représentée par le talith, perce les limites du cosmos spirituel et descend dans le domaine limité de nos forces intérieures, la pensée et les sentiments » (traduit de l’anglais).
Et le fil bleu ? « Selon la halakha (voir le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken 9:2), la tekhélet n’est pas mise aux tsitsit à présent, parce qu’“elle n’est pas disponible” » (traduit de l’anglais ; Choul’han Aroukh 9:2 cité d’après le commentaire). « Notre service divin se concentre plutôt sur l’amour, auquel font allusion les fils blancs des tsitsit à notre époque » (traduit de l’anglais).
Le paragraphe se termine par la sortie d’Égypte. « Le mot hébreu pour l’Égypte, Mitsrayim, est lié au mot méitsarim, qui signifie “frontières” ou “limites” » (traduit de l’anglais). Ainsi : « De même que c’est une mitsva de rappeler la sortie d’Égypte deux fois par jour … on doit vivre chaque jour une sortie correspondante de ses limites personnelles » (traduit de l’anglais). Et c’est un don, pas seulement notre travail : « Comme la sortie d’Égypte elle-même, la possibilité pour chacun de revivre cette expérience ne dépend pas de ses seuls efforts, mais est accordée par D.ieu (Or HaTorah) » (traduit de l’anglais). Pourquoi faut-il savoir d’où l’on vient ? « Celui qui n’a jamais vu la lumière ne sait pas ce que signifie vivre dans l’obscurité. Celui qui a vu la lumière, au contraire, comprend ce qu’est l’obscurité et cherche la lumière » (traduit de l’anglais).
Choul’han Aroukh HaRav 9:2 ; Or HaTorah · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Quinze maillons, et huit vérités
Après אֱמֶת viennent quinze mots, qui commencent tous par ו, en commençant par וְיַצִּיב וְנָכוֹן וְקַיָּם, et ainsi de suite, jusqu’à וְיָפֶה. Pourquoi le vav ? « En grammaire, le vav est appelé “lettre de liaison” : comme le mot “et” en français, il relie deux sujets ou deux objets » (traduit de l’anglais). Et pourquoi quinze ? « Ou bien, ces quinze mots rappellent les quinze psaumes Chir Hamaalot et les quinze marches qui menaient à l’entrée principale du Beit Hamikdach, car quinze indique un processus d’ascension » (traduit de l’anglais).
De quoi tout cela est-il dit ? הַדָּבָר הַזֶּה, « cette chose » : « Le sujet de ces expressions de louange est “cette parole”, la Torah et le lien avec D.ieu établi par son étude » (traduit de l’anglais). Et comment étudier la Torah pour qu’elle soit cette « chose » ? « Quand on étudie avec bittoul, sans penser à soi » (traduit de l’anglais). Les premiers mots décrivent aussi un sentiment : « Emet Veyatsiv, “vrai et certain”, désigne l’amour comblé qu’on ressent grâce à une relation durable » (traduit de l’anglais).
Sur les huit fois emet : « Ou bien, les quatre premières mentions d’Emet reflètent les efforts de l’homme pour s’attacher à la vérité … tandis que les quatre dernières reflètent la révélation de la vérité d’en haut, qui nous aide à réussir dans nos efforts (Likouté Torah) » (traduit de l’anglais). Et sur וְאֵין לָנוּ עוֹד אֱלֹהִים זוּלָתְךָ, « et nous n’avons pas d’autre dieu en dehors de Toi » : « En disant que nous n’avons pas d’autre dieu, nous soulignons que nous ne reconnaissons aucune source de pouvoir et d’autorité en dehors de D.ieu » (traduit de l’anglais).
Likouté Torah · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
L’aide de nos pères : l’Égypte, les premiers-nés, la mer
Ezrat avoténou dit אַתָּה הוּא רִאשׁוֹן, « Tu es le premier », et וְאַתָּה הוּא אַחֲרוֹן, « et Tu es le dernier » : « D.ieu dans Son Essence reste inchangé à travers toutes les phases de l’existence » (traduit de l’anglais).
Le commentaire lit aussi en nous la plaie des premiers-nés : « L’Égypte est un symbole du désir égoïste … Frapper “les premiers-nés” signifie détourner son énergie de telles poursuites » (traduit de l’anglais). Et la mer : « Car ce n’est qu’après le passage de la mer des Joncs que notre peuple a pu se libérer complètement des chaînes mentales qui l’attachaient à l’Égypte » (traduit de l’anglais). « Dans la pensée ’hassidique, la mer sert de métaphore du monde matériel, un monde qui cache la divinité qui est en lui … La transformation de la mer en terre sèche symbolise la révélation de cette vérité cachée, et montre que le monde n’est pas séparé de D.ieu mais entièrement uni à Lui » (traduit de l’anglais).
Et מַשְׁפִּיל גֵּאִים, « Il abaisse les orgueilleux », et וּמַגְבִּיהַּ שְׁפָלִים, « élève les humbles » : « En effet, s’enfler si peu que ce soit est un affront envers Lui, tandis que se tenir humble est un moyen de devenir vraiment élevé » (traduit de l’anglais).
Le chant à la mer, et un chant nouveau
מֹשֶׁה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל לְךָ עָנוּ שִׁירָה : « Moché et le peuple juif chantèrent ce chant ensemble, unis sans distinction ni différence entre aucun des membres du peuple » (traduit de l’anglais). Et sur עֹשֵׂה פֶלֶא, « qui fait des prodiges », au présent : « Cela implique que même les miracles merveilleux ne sont qu’une simple action devant Lui, car Son être véritable échappe à toute définition » (traduit de l’anglais).
Puis שִׁירָה חֲדָשָׁה, « un chant nouveau » : « On ne saurait trop insister sur l’importance de louer D.ieu avec joie en reconnaissance de Ses miracles » (traduit de l’anglais). Et sur יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד, qui est au futur : « Ce verset emploie le futur, parce que c’est dans le Futur ultime que la lumière qui est sovev kol almin brillera dans notre monde de manière révélée et continue (Imré Bina) » (traduit de l’anglais).
Et les mots de conclusion, גָּאַל יִשְׂרָאֵל : « La délivrance désigne une révélation de l’infini de D.ieu » (traduit de l’anglais). Pourquoi « joindre la délivrance à la prière », et pas l’inverse ? « L’expression de nos Sages, “joindre la délivrance à la prière” (et non joindre la prière à la délivrance), souligne que c’est la prière qui a une importance fondamentale » (traduit de l’anglais).
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Shira Chadasha » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548739
Imré Bina · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Pourquoi la sortie d’Égypte est dans le Chema
Rappeler la sortie d’Égypte est une mitsva à part entière. Ce n’est pas une partie de la mitsva de lire le Chema ; le Talmud et les décisionnaires le disent, comme le note l’Admour Hazaken. Alors pourquoi a-t-on mis Vayomer, avec son dernier verset sur l’Égypte, dans le Chema, et pourquoi la bénédiction qui suit ne parle-t-elle que de l’Égypte et de la mer ?
L’Admour Hazaken répond dans le Tanya, au chapitre 47. Les Sages ont dit qu’en chaque génération, l’homme doit se voir comme s’il était sorti d’Égypte ; l’Admour Hazaken ajoute : chaque jour. Quelle est cette sortie aujourd’hui ? L’âme divine qui sort de la prison du corps, pour être incluse dans l’unité d’Hachem. Cela se fait par la Torah et les mitsvot, et surtout quand nous acceptons la royauté des cieux dans le Chema.
Avraham y est parvenu par son propre travail, degré après degré. Pour nous, c’est un héritage et un don : Hachem nous a donné Sa Torah, et ainsi, pour ainsi dire, nous a donné Lui-même. Rien ne fait obstacle, sinon notre volonté. Dès qu’on le veut, et qu’on accepte la royauté des cieux en disant le Chema, l’âme est déjà incluse dans cette unité. C’est cela, la sortie d’Égypte. C’est pourquoi on a placé le paragraphe de la sortie d’Égypte dans le Chema : ce sont « vraiment une seule chose ». Et ainsi, note-t-il, le paragraphe de la sortie d’Égypte se termine lui aussi par אֲנִי יְיָ אֱלֹהֵיכֶם, « votre D.ieu », la même acceptation que « notre D.ieu » dans le premier verset du Chema. La bénédiction continue ensuite jusqu’à גָּאַל יִשְׂרָאֵל, au passé (§G83).
… « En chaque génération, et chaque jour, l’homme doit se voir comme s’il était sorti d’Égypte aujourd’hui » ; et c’est la sortie de l’âme divine de la prison du corps … et surtout dans l’acceptation de la royauté des cieux par la lecture du Chema …
… seulement, Avraham a mérité cela par ses actes et sa marche dans la sainteté de degré en degré … mais pour nous, c’est un héritage et un don, car Il nous a donné Sa Torah … et c’est comme s’Il nous avait donné Lui-même, pour ainsi dire …
… et pour cela, rien ne nous empêche d’attacher l’âme à Son unité et à Sa lumière, béni soit-Il, sinon la volonté … alors, d’elle-même, son âme est incluse dans Son unité, bénie soit-Elle …
… et c’est l’aspect de la sortie d’Égypte. C’est pourquoi on a institué le paragraphe de la sortie d’Égypte au moment de la lecture du Chema précisément, bien que ce soit une mitsva à part … mais parce que ce sont vraiment une seule chose …
— L’Admour Hazaken, Tanya, Likouté Amarim, chapitre 47 (ma traduction de l’hébreu, édition Kehot via Sefaria)
Ce qu’ajoute le commentaire ’Habad, et ce que j’en retiens
Le même chapitre, dans le commentaire. Sur Chira ’Hadacha, le commentaire renvoie à ce chapitre du Tanya : « Comme l’explique le Tanya, ch. 47, la lecture du Chema est identifiée à une expérience personnelle de délivrance, car au moment où on le lit, on s’élève au-dessus de toutes ses limites individuelles » (traduit de l’anglais).
S’approcher. Sur les mots de conclusion, le commentaire lit la jonction de la délivrance et de la prière dans le récit où Yehouda s’approche de Yossef : « Cela implique que Yossef s’est avancé pour que Yehouda puisse s’approcher de lui et présenter ses demandes » (traduit de l’anglais).
À partir d’ici, mes propres pensées. La porte est déjà ouverte. Le Tanya dit que rien ne nous retient, sinon la volonté ; la parabole de l’Admour Hazaken dans son Choul’han Aroukh parle du roi qui sort jusqu’à la porte. Dans le Chema, nous sortons de notre Égypte ; à גָּאַל יִשְׂרָאֵל, nous sommes déjà à la porte, et le Roi est sorti. Ce n’est pas le moment de se détourner pour bavarder.
Quand vous le dites. Dites אֱמֶת juste après les derniers mots de Vayomer, sans pause, et que les quinze vav soient un seul souffle de « oui ». Après גָּאַל יִשְׂרָאֵל, entrez dans la Amida sans rien entre les deux.
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 111:1-2, 111:4 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3299206
Comment le texte est imprimé ici
Le texte est imprimé ici du deuxième paragraphe du Chema jusqu’à גָּאַל יִשְׂרָאֵל, avec ma propre traduction. Le premier verset et Veahavta sont dans la leçon 7. J’ai copié l’hébreu du siddour en ligne de Chabad.org et vérifié chaque ligne avec notre siddour, Tehilat Hachem, pages 175 à 178 ; à trois endroits, l’orthographe de Chabad.org diffère de la page imprimée, et je suis l’imprimé (voir les notes). Chabad.org imprime le mot אֱמֶת à la fin de la ligne de Vayomer, pour montrer qu’on le dit sans pause ; notre siddour commence le paragraphe suivant par ce mot, et moi aussi. J’ai aussi comparé chaque mot avec le Siddour Séfarade (Torat Emet) sur Sefaria ; les différences sont indiquées après chaque paragraphe. Là où notre siddour imprime le Nom, j’écris יְיָ, comme dans toutes ces leçons.
Les deux paragraphes du Chema sont vérifiés lettre par lettre avec le Tanakh (Devarim 11:13-21 et Bamidbar 15:37-41), ainsi que les versets à l’intérieur de la bénédiction. Les petits traits verticaux dans le Chema sont des pessik : une courte pause, pour que deux mots ne se fondent pas l’un dans l’autre (leçon 7, §G38).
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Vehaya Im Shamoa » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536048
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Devarim 11:13-21 ; Bamidbar 15:37-41 ; Chemot 15:11, 15:18 ; Yecha’ya 47:4 ; Yirmeyahou 10:10 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.11.13-21
Leçon 7 : Chema : Écoute, Israël, et le premier paragraphe (siddur-lesson-07-shema) · la leçon précédente de ce cours
1. Vehaya im chamoa
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| וְהָיָה אִם שָׁמֹעַ תִּשְׁמְעוּ אֶל מִצְוֹתַי אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּה אֶתְכֶם הַיּוֹם, | Et il arrivera, si vous écoutez vraiment Mes commandements, que Je vous ordonne aujourd’hui, |
| לְאַהֲבָה אֶת יְיָ אֱלֹהֵיכֶם וּלְעָבְדוֹ, בְּכָל | לְבַבְכֶם וּבְכָל נַפְשְׁכֶם: | d’aimer Hachem votre D.ieu et de Le servir, de tout votre cœur et de toute votre âme, |
| וְנָתַתִּי מְטַר אַרְצְכֶם בְּעִתּוֹ יוֹרֶה וּמַלְקוֹשׁ, | Je donnerai la pluie de votre pays en son temps, la pluie précoce et la pluie tardive, |
| וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְתִירֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ: | et tu récolteras ton blé, ton vin et ton huile. |
| וְנָתַתִּי עֵשֶׂב | בְּשָׂדְךָ לִבְהֶמְתֶּךָ, וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ: | Et Je donnerai de l’herbe dans ton champ pour ton bétail, et tu mangeras et tu seras rassasié. |
| הִשָּׁמְרוּ לָכֶם פֶּן יִפְתֶּה לְבַבְכֶם, | Prenez garde que votre cœur ne se laisse séduire, |
| וְסַרְתֶּם וַעֲבַדְתֶּם אֱלֹהִים אֲחֵרִים וְהִשְׁתַּחֲוִיתֶם לָהֶם: | et que vous ne vous détourniez pour servir d’autres dieux et vous prosterner devant eux. |
| וְחָרָה | אַף יְיָ בָּכֶם | Alors la colère d’Hachem s’enflammera contre vous, |
| וְעָצַר אֶת הַשָּׁמַיִם וְלֹא יִהְיֶה מָטָר וְהָאֲדָמָה לֹא תִתֵּן אֶת יְבוּלָהּ, | et Il fermera les cieux, et il n’y aura pas de pluie, et la terre ne donnera pas sa récolte, |
| וַאֲבַדְתֶּם | מְהֵרָה מֵעַל הָאָרֶץ הַטֹּבָה אֲשֶׁר יְיָ נֹתֵן לָכֶם: | et vous disparaîtrez vite du bon pays qu’Hachem vous donne. |
| וְשַׂמְתֶּם | אֶת דְּבָרַי אֵלֶּה עַל | לְבַבְכֶם וְעַל נַפְשְׁכֶם, | Placez ces paroles qui sont les Miennes sur votre cœur et sur votre âme, |
| וּקְשַׁרְתֶּם | אֹתָם לְאוֹת עַל יֶדְכֶם וְהָיוּ לְטוֹטָפֹת בֵּין עֵינֵיכֶם: | et attachez-les comme signe sur votre bras, et elles seront comme des tefilin entre vos yeux. |
| וְלִמַּדְתֶּם אֹתָם | אֶת בְּנֵיכֶם לְדַבֵּר בָּם, | Et enseignez-les à vos enfants, pour en parler, |
| בְּשִׁבְתְּךָ בְּבֵיתֶךָ וּבְלֶכְתְּךָ בַדֶּרֶךְ וּבְשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ: | quand tu es assis dans ta maison et quand tu marches en chemin, quand tu te couches et quand tu te lèves. |
| וּכְתַבְתָּם עַל מְזוּזוֹת בֵּיתֶךָ וּבִשְׁעָרֶיךָ: | Et écris-les sur les montants de ta maison et sur tes portes, |
| לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם | afin que vos jours et les jours de vos enfants se multiplient |
| עַל הָאֲדָמָה אֲשֶׁר נִשְׁבַּע יְיָ לַאֲבֹתֵיכֶם לָתֵת לָהֶם, | sur la terre qu’Hachem a juré à vos pères de leur donner, |
| כִּימֵי הַשָּׁמַיִם עַל הָאָרֶץ: | comme les jours des cieux au-dessus de la terre. |
Devarim 11:13-21, lettre pour lettre. La ligne 2 et les suivantes parlent à vous tous, au pluriel ; les lignes 4, 5, 14 et 15 à chacun, au singulier (§G79). Le Siddour Séfarade n’a aucune différence dans ce paragraphe.
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Vehaya Im Shamoa » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536048
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Devarim 11:13-21 ; Bamidbar 15:37-41 ; Chemot 15:11, 15:18 ; Yecha’ya 47:4 ; Yirmeyahou 10:10 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.11.13-21
2. Vayomer
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| וַיֹּאמֶר יְיָ אֶל מֹשֶׁה לֵּאמֹר: | Hachem parla à Moché en disant : |
| דַּבֵּר אֶל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם | Parle aux enfants d’Israël et dis-leur |
| וְעָשׂוּ לָהֶם צִיצִת עַל כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם לְדֹרֹתָם, | qu’ils se fassent des tsitsit aux coins de leurs vêtements, pour leurs générations, |
| וְנָתְנוּ עַל צִיצִת הַכָּנָף | פְּתִיל תְּכֵלֶת: | et qu’ils mettent sur les tsitsit de chaque coin un fil de laine bleue. |
| וְהָיָה לָכֶם לְצִיצִת, וּרְאִיתֶם | אֹתוֹ, | Ce seront pour vous des tsitsit, et vous le verrez, |
| וּזְכַרְתֶּם | אֶת כָּל מִצְוֹת יְיָ, וַעֲשִׂיתֶם | אֹתָם, | et vous vous rappellerez tous les commandements d’Hachem, et vous les accomplirez, |
| וְלֹא תָתוּרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם וְאַחֲרֵי עֵינֵיכֶם אֲשֶׁר אַתֶּם זֹנִים אַחֲרֵיהֶם: | et vous ne vous égarerez pas derrière votre cœur et derrière vos yeux, derrière lesquels vous vous dévoyez. |
| לְמַעַן תִּזְכְּרוּ וַעֲשִׂיתֶם | אֶת כָּל מִצְוֹתָי, | Afin que vous vous rappeliez, et que vous accomplissiez tous Mes commandements, |
| וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים לֵאלֹהֵיכֶם: | et que vous soyez saints pour votre D.ieu. |
| אֲנִי יְיָ אֱלֹהֵיכֶם אֲשֶׁר הוֹצֵאתִי אֶתְכֶם | מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם | Je suis Hachem votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte |
| לִהְיוֹת לָכֶם לֵאלֹהִים, אֲנִי יְיָ אֱלֹהֵיכֶם: | pour être votre D.ieu ; Je suis Hachem votre D.ieu. |
Bamidbar 15:37-41, lettre pour lettre. Les trois mots des tsitsit, où l’on embrasse les tsitsit, sont aux lignes 3, 4 et 5 (voir la partie historique). Le Siddour Séfarade écrit תתרו à la ligne 7, sans vav, pour notre תָתוּרוּ. Après les derniers mots, il imprime en petites lettres une instruction pour l’officiant, de les répéter avec אֱמֶת (voir la partie historique).
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Vayomer Hashem » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536049
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Devarim 11:13-21 ; Bamidbar 15:37-41 ; Chemot 15:11, 15:18 ; Yecha’ya 47:4 ; Yirmeyahou 10:10 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.11.13-21
3. Emet Veyatsiv
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| אֱמֶת וְיַצִּיב, וְנָכוֹן וְקַיָּם וְיָשָׁר, וְנֶאֱמָן; | Vrai et certain, et établi et durable et droit, et fidèle ; |
| וְאָהוּב וְחָבִיב, וְנֶחְמָד וְנָעִים, | et aimé et chéri, et désirable et agréable, |
| וְנוֹרָא וְאַדִּיר, וּמְתֻקָּן וּמְקֻבָּל, וְטוֹב וְיָפֶה, | et redoutable et puissant, et bien ordonné et accepté, et bon et beau, |
| הַדָּבָר הַזֶּה עָלֵינוּ לְעוֹלָם וָעֶד: | est cette chose pour nous, pour toujours et à jamais. |
| אֱמֶת, אֱלֹהֵי עוֹלָם מַלְכֵּנוּ, צוּר יַעֲקֹב מָגֵן יִשְׁעֵנוּ, | Vrai : le D.ieu du monde est notre Roi, le Rocher de Yaakov est le Bouclier de notre salut. |
| לְדֹר וָדֹר הוּא קַיָּם, וּשְׁמוֹ קַיָּם, וְכִסְאוֹ נָכוֹן, | De génération en génération Il subsiste, et Son Nom subsiste, et Son trône est établi, |
| וּמַלְכוּתוֹ וֶאֱמוּנָתוֹ לָעַד קַיֶּמֶת. | et Sa royauté et Sa fidélité subsistent à jamais. |
| וּדְבָרָיו חָיִים וְקַיָּמִים, | Et Ses paroles sont vivantes et durables, |
| נֶאֱמָנִים וְנֶחֱמָדִים לָעַד וּלְעוֹלְמֵי עוֹלָמִים, | fidèles et désirables, à jamais et pour l’éternité des éternités, |
| עַל אֲבוֹתֵינוּ וְעָלֵינוּ, עַל בָּנֵינוּ וְעַל דּוֹרוֹתֵינוּ, | pour nos pères et pour nous, pour nos enfants et pour nos générations, |
| וְעַל כָּל דּוֹרוֹת זֶרַע יִשְׂרָאֵל עֲבָדֶיךָ. | et pour toutes les générations de la descendance d’Israël, Tes serviteurs. |
| עַל הָרִאשׁוֹנִים וְעַל הָאַחֲרוֹנִים | Pour les premiers et pour les derniers, |
| דָּבָר טוֹב וְקַיָּם בֶּאֱמֶת וּבֶאֱמוּנָה, חוֹק וְלֹא יַעֲבֹר. | c’est une chose bonne et durable, en vérité et en fidélité, une loi qui ne passera pas. |
| אֱמֶת, שָׁאַתָּה הוּא יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, | Vrai : que Tu es Hachem notre D.ieu et le D.ieu de nos pères, |
| מַלְכֵּנוּ מֶלֶךְ אֲבוֹתֵינוּ, | notre Roi, le Roi de nos pères, |
| גּוֹאֲלֵנוּ גּוֹאֵל אֲבוֹתֵינוּ, צוּרֵנוּ צוּר יְשׁוּעָתֵנוּ, | notre Libérateur, le Libérateur de nos pères ; notre Rocher, le Rocher de notre salut ; |
| פּוֹדֵנוּ וּמַצִּילֵנוּ מֵעוֹלָם הוּא שְׁמֶךָ, | Celui qui nous rachète et nous sauve, depuis toujours est Ton Nom, |
| וְאֵין לָנוּ עוֹד אֱלֹהִים זוּלָתְךָ סֶלָה: | et nous n’avons pas d’autre dieu que Toi, à jamais. |
Ligne 1 : וְנָכוֹן avec un ’holam, comme l’imprime notre siddour ; le texte de Chabad.org a perdu le point. Ligne 13 : יַעֲבֹר sans vav, comme dans l’imprimé ; Chabad.org l’écrit avec un vav. On embrasse les tsitsit à אֱמֶת à la ligne 1, à קַיֶּמֶת à la ligne 7, et à לָעַד à la ligne 9, où on les lâche (voir la partie historique). Les quinze mots qui commencent par ו sont aux lignes 1 à 3 (§G81). Différences dans le Siddour Séfarade : à la ligne 3, il écrit ומתוקן avec un vav ; à la ligne 6, לדור ודור avec des vav ; à la ligne 9, il lit ונאמנים, « et fidèles », et après לָעַד imprime l’instruction d’embrasser les tsitsit et de les lâcher ; à la ligne 10, il lit ועל avant בָּנֵינוּ ; à la ligne 13, au lieu de notre בֶּאֱמֶת וּבֶאֱמוּנָה, il lit לעולם ועד אמת ואמונה, « pour toujours, vérité et fidélité », et écrit חק et יעבור ; à la ligne 16, il lit יוצרנו, « notre Créateur », pour notre צוּרֵנוּ, « notre Rocher ».
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Emet Veyatziv » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548736
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 24:1, 24:4-6 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3269376
4. Ezrat avoténou
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| עֶזְרַת אֲבוֹתֵינוּ אַתָּה הוּא מֵעוֹלָם, | L’aide de nos pères, c’est Toi depuis toujours, |
| מָגֵן וּמוֹשִׁיעַ לָהֶם וְלִבְנֵיהֶם אַחֲרֵיהֶם בְּכָל דּוֹר וָדוֹר. | un Bouclier et un Sauveur pour eux et pour leurs enfants après eux, de génération en génération. |
| בְּרוּם עוֹלָם מוֹשָׁבֶךָ, וּמִשְׁפָּטֶיךָ וְצִדְקָתְךָ עַד אַפְסֵי אָרֶץ. | Dans les hauteurs du monde est Ta demeure, et Tes jugements et Ta justice vont jusqu’aux extrémités de la terre. |
| אֱמֶת, אַשְׁרֵי אִישׁ שֶׁיִּשְׁמַע לְמִצְוֹתֶיךָ, | Vrai : heureux l’homme qui écoute Tes commandements, |
| וְתוֹרָתְךָ וּדְבָרְךָ יָשִׂים עַל לִבּוֹ. | et qui place Ta Torah et Ta parole sur son cœur. |
| אֱמֶת, אַתָּה הוּא אָדוֹן לְעַמֶּךָ, | Vrai : Tu es le Maître de Ton peuple, |
| וּמֶלֶךְ גִּבּוֹר לָרִיב רִיבָם לְאָבוֹת וּבָנִים. | et un Roi puissant, pour mener leur combat, pour les pères et les enfants. |
| אֱמֶת, אַתָּה הוּא רִאשׁוֹן, וְאַתָּה הוּא אַחֲרוֹן, | Vrai : Tu es le premier, et Tu es le dernier, |
| וּמִבַּלְעָדֶיךָ אֵין לָנוּ מֶלֶךְ גּוֹאֵל וּמוֹשִׁיעַ. | et en dehors de Toi nous n’avons pas de roi, de libérateur et de sauveur. |
| אֱמֶת, מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ יְיָ אֱלֹהֵינוּ, | Vrai : d’Égypte Tu nous as délivrés, Hachem notre D.ieu, |
| וּמִבֵּית עֲבָדִים פְּדִיתָנוּ. | et de la maison des esclaves Tu nous as rachetés. |
| כָּל בְּכוֹרֵיהֶם הָרַגְתָּ, | Tous leurs premiers-nés, Tu les as frappés, |
| וּבְכוֹרְךָ יִשְׂרָאֵל גָּאַלְתָּ, | et Ton premier-né, Israël, Tu l’as délivré, |
| וְיַם סוּף לָהֶם בָּקַעְתָּ, | et la mer des Joncs, Tu l’as fendue pour eux, |
| וְזֵדִים טִבַּעְתָּ, | et les méchants, Tu les as noyés, |
| וִידִידִים הֶעֱבַרְתָּ, | et les bien-aimés, Tu les as fait passer, |
| וַיְכַסּוּ מַיִם צָרֵיהֶם, | et l’eau couvrit leurs ennemis ; |
| אֶחָד מֵהֶם לֹא נוֹתָר. | pas un d’entre eux ne resta. |
| עַל זֹאת שִׁבְּחוּ אֲהוּבִים, וְרוֹמְמוּ לָאֵל, | Pour cela, les bien-aimés louèrent et exaltèrent D.ieu, |
| וְנָתְנוּ יְדִידִים זְמִרוֹת שִׁירוֹת וְתִשְׁבָּחוֹת, | et les chéris offrirent chants, cantiques et louanges, |
| בְּרָכוֹת וְהוֹדָאוֹת לָמֶלֶךְ אֵל חַי וְקַיָּם. | bénédictions et remerciements au Roi, le D.ieu vivant et qui subsiste. |
| רָם וְנִשָּׂא גָּדוֹל וְנוֹרָא, | Élevé et exalté, grand et redoutable, |
| מַשְׁפִּיל גֵּאִים עֲדֵי אָרֶץ, | Il abaisse les orgueilleux jusqu’à terre, |
| וּמַגְבִּיהַּ שְׁפָלִים עַד מָרוֹם, | et élève les humbles jusqu’aux hauteurs ; |
| מוֹצִיא אֲסִירִים, פּוֹדֶה עֲנָוִים, עוֹזֵר דַּלִּים, | Il libère les captifs, rachète les humbles, aide les pauvres, |
| הָעוֹנֶה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּעֵת שַׁוְעָם אֵלָיו. | Lui qui répond à Son peuple Israël quand ils crient vers Lui. |
Ligne 20 : זְמִרוֹת sans yod, comme l’imprime notre siddour ; Chabad.org et le Siddour Séfarade écrivent זמירות. Les lignes 10 à 17 sont la liste de 66:12 : la sortie d’Égypte, les premiers-nés, la mer (voir la partie historique ; §G82). Autres différences dans le Siddour Séfarade : à la ligne 6, il lit שאתה, « que Tu es » ; après la ligne 16, il ajoute עברו ים, « ils traversèrent la mer » ; à la ligne 24, il lit מגביה sans le vav, et עדי pour notre עַד ; à la ligne 25, il lit ופודה et ועוזר, avec des vav ; à la ligne 26, il lit ועונה pour notre הָעוֹנֶה.
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ezrat Avoteinu » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548737
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 66:7-10, 66:12 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3292062
5. Tehilot leEl elyon
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| תְּהִלּוֹת לְאֵל עֶלְיוֹן גֹּאֲלָם, | Louanges à D.ieu, le Très-Haut, leur Libérateur, |
| בָּרוּךְ הוּא וּמְבֹרָךְ, | béni soit-Il, et Il reste béni. |
| מֹשֶׁה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל לְךָ עָנוּ שִׁירָה בְּשִׂמְחָה רַבָּה, | Moché et les enfants d’Israël Te chantèrent un chant avec une grande joie, |
| וְאָמְרוּ כֻלָּם: | et tous dirent : |
| מִי כָמֹכָה בָּאֵלִם יְיָ, | Qui est comme Toi parmi les puissants, Hachem ? |
| מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר בַּקֹּדֶשׁ, | Qui est comme Toi, glorieux dans la sainteté, |
| נוֹרָא תְהִלֹּת עֹשֵׂה פֶלֶא: | redoutable en louanges, faisant des prodiges ? |
Lignes 5 à 7 : Chemot 15:11, lettre pour lettre. Différences dans le Siddour Séfarade : à la ligne 1, il écrit תהילות et גואלם avec yod et vav ; à la ligne 2, ומבורך ; à la ligne 5, באלים avec un yod.
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Tehilot Lekeil Elyon » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548738
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Devarim 11:13-21 ; Bamidbar 15:37-41 ; Chemot 15:11, 15:18 ; Yecha’ya 47:4 ; Yirmeyahou 10:10 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.11.13-21
6. Chira ’hadacha
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| שִׁירָה חֲדָשָׁה שִׁבְּחוּ גְאוּלִים לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל עַל שְׂפַת הַיָּם, | Par un chant nouveau, les délivrés louèrent Ton grand Nom au bord de la mer ; |
| יַחַד כֻּלָּם הוֹדוּ וְהִמְלִיכוּ וְאָמְרוּ: | tous ensemble rendirent grâce, et proclamèrent Ta royauté, et dirent : |
| יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד. | Hachem régnera pour toujours et à jamais. |
| וְנֶאֱמַר: | Et il est dit : |
| גֹּאֲלֵנוּ יְיָ צְבָאוֹת שְׁמוֹ קְדוֹשׁ יִשְׂרָאֵל. | Notre Libérateur, Hachem des armées est Son Nom, le Saint d’Israël. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, גָּאַל יִשְׂרָאֵל: | Béni sois-Tu, Hachem, qui as délivré Israël. |
Ligne 3 : Chemot 15:18, au futur, « régnera ». Ligne 5 : Yecha’ya 47:4, lettre pour lettre. Avant la ligne 4, le Siddour Séfarade ajoute la courte prière qui commence par צור ישראל, que notre siddour n’a pas (voir la partie historique). Après la ligne 6 commence la Amida, sans rien entre les deux.
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Shira Chadasha » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1548739
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Devarim 11:13-21 ; Bamidbar 15:37-41 ; Chemot 15:11, 15:18 ; Yecha’ya 47:4 ; Yirmeyahou 10:10 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Deuteronomy.11.13-21
Vehaya im chamoa : « tu » et « vous »
Deux infinitifs, le passé avec וְ pour le futur, et le passage du singulier au pluriel.
לְאַהֲבָה אֶת יְיָ אֱלֹהֵיכֶם וּלְעָבְדוֹ, בְּכָל | לְבַבְכֶם וּבְכָל נַפְשְׁכֶם:וְנָתַתִּי מְטַר אַרְצְכֶם בְּעִתּוֹ יוֹרֶה וּמַלְקוֹשׁ,וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְתִירֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ:וְשַׂמְתֶּם | אֶת דְּבָרַי אֵלֶּה עַל | לְבַבְכֶם וְעַל נַפְשְׁכֶם,וּקְשַׁרְתֶּם | אֹתָם לְאוֹת עַל יֶדְכֶם וְהָיוּ לְטוֹטָפֹת בֵּין עֵינֵיכֶם:
| לְאַהֲבָה | = | ◌ה | + | אַהֲבָ | + | לְ |
| leahava aimer | terminaison du nom ־ָה | aimer | pour, à (infinitif) |
| וּלְעָבְדוֹ | = | ◌וֹ | + | עָבְד | + | לְ | + | וּ |
| oule’ovdo et Le servir | le ־וֹ | servir | pour, à (infinitif) | et |
| וְנָתַתִּי | = | ◌תִּי | + | נָתַ | + | וְ |
| venatati et Je donnerai | je (passé) ־תִּי | donner | vav : passé → futur |
| וְאָסַפְתָּ | = | ◌תָּ | + | אָסַפְ | + | וְ |
| veassafta et tu récolteras | tu (passé) ־ְתָּ | rassembler | vav : passé → futur |
| וְשַׂמְתֶּם | = | ◌תֶּם | + | שַׂמְ | + | וְ |
| vessamtem et vous placerez | vous (passé) ־תֶּם | placer | vav : passé → futur |
| וּקְשַׁרְתֶּם | = | ◌תֶּם | + | קְשַׁרְ | + | וּ |
| oukechartem et vous attacherez | vous (passé) ־תֶּם | attacher | vav : passé → futur |
Vayomer : « et vous verrez »
Des racines en ה avec ־תֶּם, une racine creuse, et un passé hif’il avec « je ».
וְהָיָה לָכֶם לְצִיצִת, וּרְאִיתֶם | אֹתוֹ,וְלֹא תָתוּרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם וְאַחֲרֵי עֵינֵיכֶם אֲשֶׁר אַתֶּם זֹנִים אַחֲרֵיהֶם:וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים לֵאלֹהֵיכֶם:אֲנִי יְיָ אֱלֹהֵיכֶם אֲשֶׁר הוֹצֵאתִי אֶתְכֶם | מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם
| וּרְאִיתֶם | = | ◌תֶם | + | רְאִי | + | וּ |
| oureitem et vous verrez | vous (passé) ־תֶּם | voir | vav : passé → futur |
| תָתוּרוּ | = | ◌וּ | + | תוּר | + | תָ |
| tatourou vous vous égarerez | pluriel ־וּ | parcourir | vous (futur) ת |
| וִהְיִיתֶם | = | ◌תֶם | + | הְיִי | + | וִ |
| vihyitem et vous serez | vous (passé) ־תֶּם | être | vav : passé → futur |
| הוֹצֵאתִי | = | ◌תִי | + | וֹצֵא | + | ה |
| hotséti J’ai fait sortir | je (passé) ־תִי | sortir | ה du hif’il |
Emet Veyatsiv : quinze mots avec ו
Un nif’al, un participe passif, un pu’al, un féminin, et « notre Libérateur ».
אֱמֶת וְיַצִּיב, וְנָכוֹן וְקַיָּם וְיָשָׁר, וְנֶאֱמָן;וְאָהוּב וְחָבִיב, וְנֶחְמָד וְנָעִים,וְנוֹרָא וְאַדִּיר, וּמְתֻקָּן וּמְקֻבָּל, וְטוֹב וְיָפֶה,וּמַלְכוּתוֹ וֶאֱמוּנָתוֹ לָעַד קַיֶּמֶת.גּוֹאֲלֵנוּ גּוֹאֵל אֲבוֹתֵינוּ, צוּרֵנוּ צוּר יְשׁוּעָתֵנוּ,
| וְנֶאֱמָן | = | אֱמָן | + | נֶ | + | וְ |
| veneéman et fidèle | foi, vérité | nif’al (passif) | et |
| וְאָהוּב | = | אָהוּב | + | וְ |
| veahouv et aimé | aimer | et |
| וּמְתֻקָּן | = | תֻקָּן | + | מְ | + | וּ |
| oumetoukan et bien ordonné | arranger | participe pu’al מ | et |
| קַיֶּמֶת | = | ◌ת | + | קַיֶּמֶ |
| kayémet subsistante | féminin ־ֶת | se tenir |
| גּוֹאֲלֵנוּ | = | ◌נוּ | + | גּוֹאֲלֵ |
| goalénou notre Libérateur | nous ־נוּ | délivrer |
Ezrat avoténou : « Tu as fait »
Une chaîne de verbes au passé en ־ְתָּ, le vav qui renverse, et un participe hif’il.
אֱמֶת, מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ יְיָ אֱלֹהֵינוּ,כָּל בְּכוֹרֵיהֶם הָרַגְתָּ,וּבְכוֹרְךָ יִשְׂרָאֵל גָּאַלְתָּ,וְיַם סוּף לָהֶם בָּקַעְתָּ,וְזֵדִים טִבַּעְתָּ,וִידִידִים הֶעֱבַרְתָּ,וַיְכַסּוּ מַיִם צָרֵיהֶם,וּמַגְבִּיהַּ שְׁפָלִים עַד מָרוֹם,
| גְּאַלְתָּנוּ | = | ◌נוּ | + | ◌תָּ | + | גְּאַלְ |
| gealtanou Tu nous as délivrés | nous ־נוּ | Tu (passé) ־ְתָּ | délivrer |
| הָרַגְתָּ | = | ◌תָּ | + | הָרַגְ |
| haragta Tu as frappé | Tu (passé) ־ְתָּ | tuer |
| בָּקַעְתָּ | = | ◌תָּ | + | בָּקַעְ |
| baka’ta Tu as fendu | Tu (passé) ־ְתָּ | fendre |
| טִבַּעְתָּ | = | ◌תָּ | + | טִבַּעְ |
| tiba’ta Tu as noyé | Tu (passé) ־ְתָּ | sombrer |
| הֶעֱבַרְתָּ | = | ◌תָּ | + | עֱבַרְ | + | הֶ |
| hé’evarta Tu as fait passer | Tu (passé) ־ְתָּ | traverser | ה du hif’il |
| וַיְכַסּוּ | = | ◌וּ | + | כַסּ | + | יְ | + | וַ |
| vaykhassou et couvrirent | ils ־וּ | couvrir | ils (futur) | vav qui renverse |
| וּמַגְבִּיהַּ | = | גְבִּיהַּ | + | מַ | + | וּ |
| oumagbia’h et élève | haut | participe hif’il מ | et |
Tehilot et Chira ’hadacha : la racine ג־א־ל
« Leur Libérateur », un nif’al, « les délivrés », un futur, et le passé de conclusion.
תְּהִלּוֹת לְאֵל עֶלְיוֹן גֹּאֲלָם,מִי כָּמֹכָה נֶאְדָּר בַּקֹּדֶשׁ,שִׁירָה חֲדָשָׁה שִׁבְּחוּ גְאוּלִים לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל עַל שְׂפַת הַיָּם,יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד.בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, גָּאַל יִשְׂרָאֵל:
| גֹּאֲלָם | = | ◌ם | + | גֹּאֲלָ |
| goalam leur Libérateur | eux, leur ־ָם | délivrer |
| נֶאְדָּר | = | אְדָּר | + | נֶ |
| nedar glorieux | gloire | nif’al (passif) |
| גְאוּלִים | = | ◌ים | + | גְאוּלִ |
| gueoulim les délivrés | pluriel ־ִים | délivrer |
| יִמְלֹךְ | = | מְלֹךְ | + | יִ |
| yimlokh régnera | régner | il (futur) י |
| גָּאַל | = | גָּאַל |
| gaal qui a délivré | délivrer |
- Leçon 1 §G2 · Les lettres cachées de la racine : le youd, le vav et le hé peuvent changer de forme ou tomber ; un daguech peut marquer une lettre fondue
- Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
- Leçon 1 §G5 · Les noms : masculin, féminin, pluriel : féminin -a, qui devient -at/-ot devant une terminaison ; pluriels -im et -ot ; les voyelles s’abrègent quand le mot s’allonge
- Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
- Leçon 1 §G8 · Présent et passé : qui parle : le présent (participe) varie en genre et en nombre ; le passé ajoute des terminaisons de personne : -ti je, -to tu, -nou nous
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 2 §G12 · Terminaisons sur les verbes : « nous » complément ou sujet ? : une terminaison sur un verbe désigne le complément ; -onou « nous » (complément) et -nou « nous » (sujet) se distinguent par les voyelles
- Leçon 2 §G13 · Le participe passif : boroukh : le schème kotouv (kamats, puis ou avant la dernière lettre) signifie « -é » : boroukh béni
- Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
- Leçon 3 §G16 · Le présent du hif’il : ma- … -i- : le présent du hif’il a ma- (mé-) en tête et un youd avant la dernière lettre de la racine : matir, malbich, hamékhin, hama’avir ; il signifie « fait … »
- Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
- Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
- Leçon 4 §G21 · Le nif’al : quand l’action est subie par le sujet : le nif’al est le passif du verbe simple : passé et présent en ni-/nè- (nivro, nè’èmon) ; futur avec un daguech dans la première lettre de la racine (yissossém, yipossé’a’h)
- Leçon 4 §G23 · L’infinitif : « faire » : l’infinitif nomme l’action elle-même et prend en général le- : la’assoss faire, la’amod se tenir, lehav’hin distinguer, lehiskayém survivre
- Leçon 5 §G26 · « La » : la terminaison -oh avec un point dans le hé : sur un verbe, un infinitif ou un participe, ־ָהּ (avec un mappik, un point dans le hé final) signifie « la » pour un nom féminin : verossoh Tu l’as créée
- Leçon 6 §G32 · Le vav qui renverse : vaydabèr, « et Il parla » : va- devant une forme du futur la change en passé : vaydabèr et Il parla ; ve- devant une forme du passé peut la changer en futur : vessomou et ils placeront
- Leçon 6 §G34 · « Eux » et « nous tous » : les terminaisons de « ils », et כֹּל avec terminaisons : « eux, leur » est -hèm après une préposition (lohèm), -éhèm après un nom pluriel (pérosséhèm), -èm/-om sur un verbe ou un mot court (avorekhèm, koulom) ; כֹּל + terminaison : koulonou nous tous, koulom eux tous
- Leçon 7 §G35 · Deux terminaisons sur un verbe : oukechartom, « et tu les attacheras » : les ordres du Chéma sont des formes du passé avec ve- (veohavto, tu aimeras) ; une seconde terminaison ־ם après ־תָּ ajoute « les » : vechinantom, oukechartom, oukhessavtom
- Leçon 9 §G44 · Les racines creuses : quand la lettre du milieu est un vav (אוֹר, מֵאִיר, טוּבוֹ) : dans les racines comme א־ו־ר (lumière) et ט־ו־ב (bon), le ו du milieu est une voyelle, pas une vraie lettre : or lumière, mé’ir éclaire (hif’il, §G16), mo’or un luminaire (מ devant, §G28), tov bon, touvo Sa bonté
- Leçon 10 §G47 · Le pou’al : le passif du pi’el (מְהֻלָּל, מְשֻׁבָּח, מְפֹאָר) : le pou’al est le passif du pi’el (§G11) : un ou (koubouts) sous la première lettre de la racine et un daguech dans celle du milieu ; son présent a מְ devant : mehoulol loué, mechoubo’h célébré ; devant א, le ou devient o : mefo’or glorifié
- Leçon 10 §G48 · Les racines qui finissent par un hé (עֹשֶׂה, פּוֹדֶה, הָיָה) : quand une racine finit par ה, le participe finit en -è (עֹשֶׂה ossé, פּוֹדֶה podé), le passé « il » finit en -o (הָיָה hoyo), et devant une terminaison le ה tombe (מַעֲשֶׂה → מַעֲשֵׂי)
- Leçon 15 §G63 · La langue du cantique : ־מוֹ, « eux », et d’autres formes poétiques : le Cantique emploie d’anciennes terminaisons poétiques : ־מוֹ (ou ־מוּ) pour « eux », comme dans תְּבִיאֵמוֹ וְתִטָּעֵמוֹ, « Tu les amèneras et Tu les planteras » ; des formes courtes comme וְזִמְרָת pour וְזִמְרָתִי ; et un youd en plus, comme dans נֶאְדָּרִי
- Leçon 15 §G64 · Lire avec soin : מִי כָמֹכָה et מִי כָּמֹכָה : le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken (51:12) indique où le Cantique a une lettre dure ou douce : le premier מִי כָמֹכָה a un כ doux, le second מִי כָּמֹכָה un כ dur, et כָּאָבֶן et גָּאָלְתָּ sont durs, comme les a la Massora
- Leçon 16 §G65 · « Tu … nous » : la terminaison ־תָּנוּ (גְּאַלְתָּנוּ, פְּדִיתָנוּ) : un verbe au passé en ־תָּ, « Tu as fait », reçoit la terminaison d’objet ־נוּ, « nous », et devient ־תָּנוּ, « Tu nous as … » : מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, « d’Égypte Tu nous as rachetés » ; Nichmat le dit sept fois de suite
- Leçon 18 §G73 · « Nul sauf Toi » : quatre façons de le dire : Ein Arokh dit « Toi seul » avec אֵין עֲרוֹךְ, avec זוּלַת, avec אֶפֶס בִּלְתִּי et avec דוֹמֶה, chacun avec la terminaison « Toi »
Deux façons de dire « tu ». Veahavta, le premier paragraphe (leçon 7), parle à une seule personne : וְאָהַבְתָּ, « et tu aimeras », avec ־ְתָּ, et לְבָבְךָ, « ton cœur », avec ־ךָ. Vehaya im chamoa parle surtout à plusieurs : le verbe se termine par ־תֶּם (-tem), et le nom par ־כֶם (-khem) :
- sur les verbes : וְשַׂמְתֶּם, « et vous placerez » ; וּקְשַׁרְתֶּם, « et vous attacherez » ; וְלִמַּדְתֶּם, « et vous enseignerez » (un pi’el, §G11) ; וַאֲבַדְתֶּם, « et vous disparaîtrez » ; et dans Vayomer וּרְאִיתֶם et וּזְכַרְתֶּם et וַעֲשִׂיתֶם.
- sur les noms : לְבַבְכֶם, « votre cœur » ; נַפְשְׁכֶם, « votre âme » ; אַרְצְכֶם, « votre pays » ; יְמֵיכֶם, « vos jours » ; et אֱלֹהֵיכֶם, « votre D.ieu ».
Comparez avec la leçon 7. Là, וּקְשַׁרְתָּם veut dire « et tu (seul) les attacheras » : ־תָּ, « tu », puis ־ם, « les » (§G35). Ici, וּקְשַׁרְתֶּם אֹתָם veut dire « et vous (tous) les attacherez » : ־תֶּם est une seule terminaison, « vous », et « les » est un mot à part, אֹתָם. Les lettres se ressemblent ; la voyelle sous le ת les distingue, -tom ou -tem.
Le passé avec וְ, pour le futur. Comme dans Veahavta (§G32, §G35), ce sont des formes du passé que le וְ tourne vers l’avenir : sans le וְ le verbe שַׂמְתֶּם voudrait dire « vous avez placé ». Hachem parle aussi : וְנָתַתִּי, « et Je donnerai », un passé avec ־תִּי, « je » (§G8), tourné vers l’avenir. Dans נָתַתִּי, la dernière lettre de la racine, נ, a disparu dans le daguech du ת.
Et le singulier au milieu. Les lignes qui parlent de la bénédiction de chacun reviennent au singulier : וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ, « et tu récolteras ton blé » ; וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ, « et tu mangeras et seras rassasié » ; בְּשִׁבְתְּךָ בְּבֵיתֶךָ, « quand tu es assis dans ta maison » ; et וּכְתַבְתָּם, « et écris-les », exactement comme dans Veahavta.
| וְשַׂמְתֶּם | vessamtem | et vous placerez | passé + ־תֶּם, tourné par וְ |
| וּקְשַׁרְתֶּם | oukechartem | et vous attacherez | comparez וּקְשַׁרְתָּם (§G35) |
| לְבַבְכֶם | levavkhem | votre cœur | nom + ־כֶם |
| וְנָתַתִּי | venatati | et Je donnerai | passé + ־תִּי, tourné par וְ |
Deux infinitifs côte à côte. Vehaya im chamoa dit לְאַהֲבָה אֶת יְיָ אֱלֹהֵיכֶם וּלְעָבְדוֹ, « aimer Hachem votre D.ieu et Le servir ». Ce sont deux formes en « pour … » avec לְ (§G23), mais construites différemment.
לְאַהֲבָה. L’infinitif simple de א־ה־ב serait לֶאֱהֹב. Ici la Torah emploie אַהֲבָה, le mot « amour » lui-même, avec ־ָה à la fin, comme infinitif. Le commentaire ’Habad voit dans cette forme le sens de faire naître l’amour (voir la partie sur le sens). La même forme se trouve dans Ahavat Olam : וּלְאַהֲבָה אֶת שְׁמֶךָ (leçon 19).
לְעָבְדוֹ. L’infinitif de ע־ב־ד, « servir », avec la terminaison ־וֹ, « Le » (§G4, §G27) : « Le servir ». Une terminaison sur un infinitif en est le complément, comme dans בְּשִׁבְתְּךָ, où elle en est le sujet (§G36). À côté, le nom עֶבֶד, « serviteur », et dans Emet Veyatsiv, עֲבָדֶיךָ, « Tes serviteurs » ; dans Ezrat avoténou, וּמִבֵּית עֲבָדִים, « et de la maison des esclaves ». Une racine : le service, le serviteur et l’esclavage ; la bénédiction raconte comment Hachem nous a fait passer d’un service à l’autre.
| לְאַהֲבָה | leahava | aimer | forme nominale comme infinitif |
| וּלְעָבְדוֹ | oule’ovdo | et Le servir | infinitif + ־וֹ |
| עֲבָדֶיךָ | avadékha | Tes serviteurs | nom, pluriel + ־ֶיךָ |
Un sujet, quinze descriptions. אֱמֶת וְיַצִּיב … הַדָּבָר הַזֶּה עָלֵינוּ : « vrai et certain … est cette chose pour nous ». Le sujet vient à la fin, après quinze mots reliés par ו, « et » (§G3, §G6). Chacun d’eux est une description ; comment chacun est-il construit ?
- Nif’al (§G21), avec נִ ou נֶ devant : וְנָכוֹן, « établi », de la racine creuse כ־ו־ן (§G44) ; וְנֶאֱמָן, « fidèle », la racine de אֱמֶת et de אֱמוּנָה ; puis וְנֶחְמָד, « désirable » ; וְנוֹרָא, « redoutable », de י־ר־א, où le י caché devient ו après le נ (§G2).
- Pu’al (§G47), le passif du pi’el, avec מְ et ־ֻ־, comme dans וּמְתֻקָּן, « bien ordonné » ; וּמְקֻבָּל, « accepté », la racine de קַבָּלָה.
- Le participe passif (§G13), comme בָּרוּךְ, ainsi וְאָהוּב, « aimé », avec וּ avant la dernière lettre.
- De simples adjectifs (§G6) : וְיַצִּיב וְקַיָּם וְיָשָׁר וְחָבִיב וְנָעִים וְאַדִּיר וְטוֹב וְיָפֶה.
Comptez-les. וְיַצִּיב וְנָכוֹן וְקַיָּם וְיָשָׁר וְנֶאֱמָן ; puis וְאָהוּב וְחָבִיב וְנֶחְמָד וְנָעִים ; puis וְנוֹרָא וְאַדִּיר וּמְתֻקָּן וּמְקֻבָּל וְטוֹב וְיָפֶה : quinze. Quand la lettre suivante a un chva (מְ), le ו se lit וּ (§G3).
Les mêmes mots reviennent. קַיָּם est dit d’Hachem : לְדֹר וָדֹר הוּא קַיָּם, « de génération en génération Il subsiste » ; et au féminin, avec ־ֶת, de Sa royauté : וּמַלְכוּתוֹ וֶאֱמוּנָתוֹ לָעַד קַיֶּמֶת. Le pluriel en ־ִים est dit de Ses paroles : וּדְבָרָיו חָיִים וְקַיָּמִים, puis נֶאֱמָנִים וְנֶחֱמָדִים, le pluriel de וְנֶאֱמָן et de וְנֶחְמָד. Masculin, féminin et pluriel (§G5), chacun selon son nom.
| וְנֶאֱמָן | veneéman | et fidèle | nif’al |
| וּמְתֻקָּן | oumetoukan | et bien ordonné | pu’al |
| וְאָהוּב | veahouv | et aimé | participe passif |
| קַיֶּמֶת | kayémet | subsistante | féminin ־ֶת |
Cinq verbes, cinq façons d’agir. Après מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, « d’Égypte Tu nous as délivrés » (§G65), la bénédiction raconte ce qui s’est passé, chaque ligne se terminant par un verbe en ־ְתָּ, « Tu » (§G8) :
- כָּל בְּכוֹרֵיהֶם הָרַגְתָּ, « tous leurs premiers-nés, Tu les as frappés » : le schème simple.
- וּבְכוֹרְךָ יִשְׂרָאֵל גָּאַלְתָּ, « et Ton premier-né Israël, Tu l’as délivré » : le schème simple (§G83).
- וְיַם סוּף לָהֶם בָּקַעְתָּ, « et la mer des Joncs, Tu l’as fendue pour eux » : le schème simple ; le ע devant ־ְתָּ prend un patah.
- וְזֵדִים טִבַּעְתָּ, « et les méchants, Tu les as noyés » : pi’el (§G11), avec le daguech dans le ב.
- וִידִידִים הֶעֱבַרְתָּ, « et les bien-aimés, Tu les as fait passer » : hif’il (§G7), avec הֶ devant : « Tu les as fait traverser ».
Le complément d’abord. À chaque ligne, le complément vient avant le verbe : « tous leurs premiers-nés, Tu les as frappés ». Le verbe à la fin de chaque ligne fait une rime en ־ְתָּ, et l’accent tombe sur ce qu’Hachem a fait à chacun.
Un וְ qui ne renverse pas. Dans Vehaya im chamoa, un passé avec וְ devant parle du futur (§G79). Ici, וְיַם סוּף לָהֶם בָּקַעְתָּ est simplement au passé : le וְ est sur le nom, וְיַם, pas sur le verbe, et rien n’est renversé. Puis le récit continue avec le vav qui renverse sur un futur (§G32) : וַיְכַסּוּ מַיִם צָרֵיהֶם, « et l’eau couvrit leurs ennemis », un pi’el de la racine כ־ס־ה, dont la dernière lettre ה est tombée devant ־וּ (§G48).
| הָרַגְתָּ | haragta | Tu as frappé | passé kal, ־ְתָּ |
| בָּקַעְתָּ | baka’ta | Tu as fendu | passé kal, ־ְתָּ |
| טִבַּעְתָּ | tiba’ta | Tu as noyé | passé pi’el |
| הֶעֱבַרְתָּ | hé’evarta | Tu as fait passer | passé hif’il |
| וַיְכַסּוּ | vaykhassou | et ils couvrirent | vav qui renverse + pi’el |
Une racine, beaucoup de formes. La bénédiction après le Chema est construite autour de ג־א־ל, « délivrer » (le §G49 montre comment une racine forme une famille) :
- Participe (§G15), « Celui qui délivre », employé comme nom : גּוֹאֲלֵנוּ גּוֹאֵל אֲבוֹתֵינוּ, « notre Libérateur, le Libérateur de nos pères », avec ־נוּ, « notre » (§G12) ; et גֹּאֲלָם, « leur Libérateur », avec ־ָם (§G34). À la fin, le verset גֹּאֲלֵנוּ יְיָ צְבָאוֹת.
- Passé avec « Tu » (§G8, §G65) : מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, « Tu nous as délivrés », et וּבְכוֹרְךָ יִשְׂרָאֵל גָּאַלְתָּ, « Tu as délivré » (§G82).
- Participe passif (§G13), au pluriel : שִׁירָה חֲדָשָׁה שִׁבְּחוּ גְאוּלִים, « les délivrés louèrent ».
- Passé, « Il » : les mots de conclusion, גָּאַל יִשְׂרָאֵל, « qui a délivré Israël ».
Pourquoi le passé ? La plupart des bénédictions se terminent par un participe : יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת, « qui forme les luminaires », הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל, « qui choisit Son peuple Israël ». Celle-ci se termine par גָּאַל, « qui a délivré ». L’Admour Hazaken explique (66:12) que la fin de la bénédiction revient à la délivrance d’Égypte, pour la joindre aux mots de conclusion, « qui sont au passé » ; il ajoute que le mot « Libérateur » inclut le passé, le présent et l’avenir. Le commentaire ’Habad explique de même pourquoi une demande au futur ne convient pas avant les mots de conclusion (voir la partie historique).
Et un futur. Dans la bénédiction, il y a un verset au futur, יְיָ יִמְלֹךְ לְעֹלָם וָעֶד, « Hachem régnera pour toujours et à jamais » (§G20) : le chant à la mer, qui regarde vers l’avenir.
| גּוֹאֲלֵנוּ | goalénou | notre Libérateur | participe + ־נוּ |
| גְּאַלְתָּנוּ | gealtanou | Tu nous as délivrés | passé ־ְתָּנוּ |
| גְאוּלִים | gueoulim | les délivrés | participe passif, pluriel |
| גָּאַל | gaal | Il a délivré | passé, « il » |
Petits mots dans cette leçon
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| אִם | im | si | — | וְהָיָה אִם שָׁמֹעַ תִּשְׁמְעוּ : le deuxième paragraphe s’ouvre sur une condition. |
| פֶּן | pen | de peur que | — | הִשָּׁמְרוּ לָכֶם פֶּן יִפְתֶּה לְבַבְכֶם : prenez garde, de peur que votre cœur ne se laisse séduire. |
| לְמַעַן | lema’an | afin que | — | Deux fois : לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם et לְמַעַן תִּזְכְּרוּ. |
| אַחֲרֵי | a’haré | après, à la suite de | — | וְלֹא תָתוּרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם ; avec ־הֶם cela devient אַחֲרֵיהֶם, « après eux ». |
| זוּלָתְךָ | zoulatekha | en dehors de Toi | — | וְאֵין לָנוּ עוֹד אֱלֹהִים זוּלָתְךָ, où זוּלַת, « sauf », prend ־ךָ, « Toi » (§G73). |
| וּמִבַּלְעָדֶיךָ | oumibil’adékha | et en dehors de Toi | — | וּמִבַּלְעָדֶיךָ אֵין לָנוּ מֶלֶךְ, formé de מִן + בִּלְעֲדֵי, « sans », avec ־ֶיךָ (§G73). |
| עֲדֵי | adé | jusqu’à | — | מַשְׁפִּיל גֵּאִים עֲדֵי אָרֶץ : une forme plus longue de עַד, qui vient à la ligne suivante, עַד מָרוֹם (§G63). |
| עַל זֹאת | al zot | pour cela | — | עַל זֹאת שִׁבְּחוּ אֲהוּבִים : pour cela, la délivrance à la mer, les bien-aimés louèrent. |
| אֱמֶת emet · vérité, vrai אֱמֶת וְיַצִּיב (par. 3) ; בֶּאֱמֶת וּבֶאֱמוּנָה (par. 3) | מִצְוָה mitsva · commandement אֶל מִצְוֹתַי (par. 1) ; אֶת כָּל מִצְוֹת (par. 2) ; לְמִצְוֹתֶיךָ (par. 4) |
| לֵבָב lévav · cœur פֶּן יִפְתֶּה לְבַבְכֶם (par. 1) ; אַחֲרֵי לְבַבְכֶם (par. 2) ; יָשִׂים עַל לִבּוֹ (par. 4) | דּוֹר dor · génération לְדֹרֹתָם (par. 2) ; לְדֹר וָדֹר (par. 3) ; כָּל דּוֹרוֹת (par. 3) ; בְּכָל דּוֹר וָדוֹר (par. 4) |
| אָבוֹת avot · pères לַאֲבֹתֵיכֶם (par. 1) ; גּוֹאֵל אֲבוֹתֵינוּ (par. 3) ; עֶזְרַת אֲבוֹתֵינוּ (par. 4) | גּוֹאֵל goèl · libérateur גּוֹאֲלֵנוּ גּוֹאֵל (par. 3) ; גְּאַלְתָּנוּ (par. 4) ; גֹּאֲלָם (par. 5) ; גָּאַל יִשְׂרָאֵל (par. 6) |
- Pourquoi Vehaya im chamoa vient-il après le premier paragraphe, et avant Vayomer, selon la Michna (Berakhot 2:2) ?
- Que lisaient les kohanim chaque matin au Beit Hamikdach, selon la Michna de Tamid rapportée dans Berakhot 12a ?
- Où, dans le Chema, l’Admour Hazaken (60:4) trouve-t-il le souvenir du Chabbat, et pourquoi là ?
- Que rappellent les nœuds et les coins des tsitsit, selon l’Admour Hazaken (24:1) ? À quels mots embrassons-nous les tsitsit, et quand les relâchons-nous ?
- Pourquoi n’interrompt-on pas entre אֱלֹהֵיכֶם et אֱמֶת (66:7) ? Si l’on s’est arrêté après emet, le redit-on (Berakhot 14b, 66:8) ?
- Quelles quatre choses Emet Veyatsiv doit-il mentionner, selon l’Admour Hazaken (66:12) ? Trouvez chacune dans le texte.
- Qu’est-ce que « joindre la délivrance à la prière » ? Que dit le Talmud (Berakhot 9b) de celui qui le fait, et quelle parabole rapporte l’Admour Hazaken (111:2) ?
- Quelle phrase de nombreux siddourim ajoutent-ils avant les mots de conclusion, et pourquoi notre siddour ne l’a-t-il pas, selon le commentaire ’Habad ?
- Que rappellent les quinze mots avec ו, et que reflètent les quatre premières et les quatre dernières mentions d’emet, selon le commentaire ’Habad ?
- Selon le Tanya, chapitre 47, quelle est la sortie d’Égypte que chacun doit voir en lui-même chaque jour ?
- Trouvez trois verbes en ־תֶּם dans Vehaya im chamoa et deux dans Vayomer. En quoi וּקְשַׁרְתֶּם diffère-t-il de וּקְשַׁרְתָּם dans Veahavta ? → voir §G79
- Pourquoi la Torah dit-elle לְאַהֲבָה et non לֶאֱהֹב ? Comptez les quinze mots avec ו après אֱמֶת, et classez-les en nif’al, pu’al, passif et simples adjectifs. → voir §G80, §G81
- Relevez les cinq verbes en ־ְתָּ d’Ezrat avoténou et leurs schèmes. Pourquoi la bénédiction se termine-t-elle par גָּאַל, au passé, et non par un participe ? → voir §G82, §G83
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