Des collines douces sous un large ciel du matin aux nuages qui passent, peintes à l’aquarelle sur fond blanc, sans personne
Leçon de Siddour 19

La Kedoucha de Yotser et Ahavat Olam

קְדֻשַּׁת יוֹצֵר
Mardi 3 novembre 2026
23 ’Hechvan 5787◆כ״ג חשון תשפ״ז
Siddour Tehilat Hachem (Noussa’h Ari Zal), p. 173-175 · Chabbat matin · Yecha’ya 6:2-3 · Yé’hezkel 3:12-13 · Tehilim 136:7 · Yirmeyahou 31:3 · Bamidbar 15:38 · Michna Berakhot 1:4 · Michna Tamid 5:1 · Berakhot 11b · Choul’han Aroukh HaRav 59, 60 · HaYom Yom, 22 Sivan · Tanya, chapitre 49 · siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org
Compilé par Rabbi Haim Tebeka
Sources : Siddour Tehilat Hachem · Tanakh · Michna · Talmud Bavli · Choul’han Aroukh HaRav · HaYom Yom · Tanya · Chabad.org (et les ouvrages qu’il cite, tels que cités)

La leçon 18 s’est arrêtée sur יְפָאֲרוּךָ סֶּלָה. Maintenant viennent les anges : תִּתְבָּרֵךְ, les anges serviteurs qui se tiennent dans les hauteurs du monde ; Kadoch, kadoch, kadoch ; les ofanim avec Baroukh kevod ; LaKel Baroukh, jusqu’à יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת ; puis Ahavat Olam, la bénédiction de l’amour juste avant le Chema, où nous rassemblons les tsitsit. Je montre comment l’Admour Hazaken traite cette Kedoucha, pourquoi nous disons Ahavat Olam et non Ahava Rabba, et, d’après le Tanya, pourquoi nous entendons parler des anges avant de dire Chema. Le Chema lui-même, avec Emet Veyatsiv, fera la leçon 20.

1Histoire : la Kedoucha de Yotser et Ahavat Olamתִּתְבָּרֵךְ

Où nous en sommes : les bénédictions autour du Chema

La leçon 18 s’est arrêtée à יְפָאֲרוּךָ סֶּלָה, et le mot suivant ouvre cette leçon. Ici je dois me corriger : dans la leçon 18, j’ai écrit ce mot avec un patah sous le ר. Notre siddour, page 173, et le texte de Chabad.org impriment tous deux תִּתְבָּרֵךְ, avec un tséré, et c’est ainsi qu’il est imprimé ici (§G69).

La Michna (Berakhot 1:4) donne le cadre de toute cette partie : « le matin, on dit deux bénédictions avant lui et une après, et le soir deux avant et deux après ». L’Admour Hazaken ouvre les lois de ces bénédictions par les mêmes mots : « les Sages ont institué sept bénédictions » pour le Chema, et ils se sont appuyés sur le verset « sept fois par jour je T’ai loué » (Choul’han Aroukh HaRav 59:1). La première bénédiction avant le Chema s’ouvre par Baroukh, יוֹצֵר אוֹר (leçon 18), « et se termine par Baroukh : “Béni sois-Tu, Hachem, qui forme les luminaires” » (59:1). La seconde est Ahavat Olam, qui se termine par הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה. Puis vient le Chema lui-même.

Le commentaire ’Habad de Chabad.org ajoute d’où viennent ces prières : « Comme les autres prières, la bénédiction Yotser Or a été instituée par les Hommes de la Grande Assemblée après l’exil de Babylone » (traduit de l’anglais).

Cette leçon couvre la fin de Yotser Or, de תִּתְבָּרֵךְ à יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת, et tout Ahavat Olam : les pages 173 à 175 de notre siddour. La suite, le Chema avec ses deuxième et troisième paragraphes, et Emet Veyatsiv jusqu’à Gaal Israël, avec la règle de joindre la délivrance à la prière, serait trop pour cette leçon ; ce sera la leçon 20.

בַּשַּׁחַר מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וְאַחַת לְאַחֲרֶיהָ, וּבָעֶרֶב שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וּשְׁתַּיִם לְאַחֲרֶיהָ
שֶׁבַע בְּרָכוֹת תִקְּנוּ חֲכָמִים … שֶׁבַע בַּיּוֹם הִלַּלְתִּיךָ
וְחוֹתֶמֶת בְּ"בָרוּךְ": "בָּרוּךְ אַתָּה ה' יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת"
SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Michna Berakhot 1:4 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishnah_Berakhot.1.4
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 59:1-6 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291746
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Titbareich Lanetzach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531446

La Kedoucha de Yotser : raconter ce que disent les anges

Dans la répétition de la Amida, la Kedoucha demande un minyane, parce que là, c’est nous qui sanctifions Hachem. La Kedoucha à l’intérieur de Yotser est différente. L’Admour Hazaken (59:2) : « Dans la Kedoucha récitée dans la bénédiction Yotser Or, en revanche, nous ne Le sanctifions pas. Nous rappelons seulement les paroles de sanctification que Lui adressent Ses anges serviteurs. Un individu a le droit de réciter cette [Kedoucha], car elle n’est qu’un récit » (traduit de l’anglais). D’autres autorités pensent que celui qui prie seul ne doit pas la dire ; l’Admour Hazaken écrit qu’il est bon de tenir compte de leur avis, et que celui qui est seul la dise « avec un air et les signes de cantillation, comme celui qui lit dans la Torah », puis : « La coutume, cependant, est de suivre le premier avis » (traduit de l’anglais).

Deux autres détails dans le même paragraphe. Avec une assemblée, les réponses se disent « à voix haute ». Et : « [Cette Kedoucha] peut être récitée assis. [L’intention] n’est pas qu’on s’asseye si l’on était debout, mais que si l’on était assis, on ne se lève pas pour réciter cette Kedoucha comme on le ferait pour la Kedoucha de [la répétition de] la Amida » (traduit de l’anglais). Le traducteur ajoute : « Selon la Kabbale (voir le Siddour de Rabbi Ya’akov Emden), cette Kedoucha doit être récitée assis » (traduit de l’anglais ; cité d’après la note). En pratique, demandez à votre rav.

Les mots eux-mêmes viennent de deux prophètes. Yecha’ya vit les séraphins debout, et l’un appelait l’autre et disait : « Saint, saint, saint est Hachem des armées ; toute la terre est pleine de Sa gloire » (Yecha’ya 6:2-3). Yé’hezkel entendit derrière lui « le son d’un grand fracas : Bénie soit la gloire d’Hachem depuis Son lieu », et « le son des ofanim face à eux » (Yé’hezkel 3:12-13). Notre bénédiction prend ses mots dans les deux versets : le grand fracas, les ofanim, et לְעֻמָּתָם, « face à eux ».

Le Talmud (’Houlin 91b) parle de « trois groupes d’anges serviteurs » qui « disent un chant chaque jour », et ajoute : « les anges serviteurs ne disent pas le chant en haut avant qu’Israël ne le dise en bas ». Puis il pose la question du second verset, et répond : « “Béni” : ce sont les ofanim qui le disent » (92a). C’est le tableau de notre bénédiction : d’abord Kadoch, puis les ofanim et les ’hayot saintes répondent Baroukh.

אֲבָל קְדֻשָּׁה שֶׁל "יוֹצֵר" שֶׁאֵין אָנוּ מַקְדִּישִׁין אוֹתוֹ אֶלָּא מַזְכִּירִין הַקְּדֻשָּׁה שֶׁאוֹמְרִים לוֹ מְשָׁרְתָיו – מֻתָּר בְּיָחִיד, שֶׁאֵינָהּ אֶלָּא כְּמוֹ סִפּוּר דְּבָרִים
וְטוֹב לָחוּשׁ לְדִבְרֵיהֶם וְלִזָּהֵר שֶׁיָּחִיד יֹאמְרֶנָה בְּנִגּוּן וּטְעָמִים כְּקוֹרֵא בַּתּוֹרָה … אֲבָל הַמִּנְהָג כַּסְּבָרָא הָרִאשׁוֹנָה
יֵשׁ לַעֲנוֹת בְּקוֹל רָם … וְיֵשׁ לוֹמַר אוֹתָהּ מְיֻשָּׁב
שָׁלֹשׁ כִּתּוֹת שֶׁל מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת אוֹמְרוֹת שִׁירָה בְּכׇל יוֹם
וְאֵין מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת אוֹמְרִים שִׁירָה לְמַעְלָה, עַד שֶׁיֹּאמְרוּ יִשְׂרָאֵל לְמַטָּה
״בָּרוּךְ״ – אוֹפַנִּים הוּא דְּאָמְרִי לֵיהּ
SourceChoul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 59:1-6 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291746
Siddour de Rabbi Ya’akov Emden · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3
Talmud Bavli, ’Houlin 91b-92a · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Chullin.91b
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

De petites bénédictions dans la bénédiction, et une phrase que notre siddour ne dit pas

Pour une loi, l’Admour Hazaken divise cette partie de Yotser en morceaux. Si l’officiant s’est trompé et qu’un autre doit le remplacer, le nouvel officiant ne revient pas toujours au début, « parce que répondre Kadoch compte, pour cette question, comme la fin d’une bénédiction, et à partir de וְהָאוֹפַנִּים c’est comme le début d’une autre bénédiction » ; « et de même, répondre “Baroukh kevod” est comme la fin d’une bénédiction pour cette question, et לָאֵל בָּרוּךְ est comme le début d’une autre bénédiction » (59:5). C’est pourquoi la partie Le texte donne à chacun son propre paragraphe.

Un mot sur les six verbes de louange, de וּמְבָרְכִים à וּמַמְלִיכִים. L’Admour Hazaken (59:3) : on doit les dire « tous avec mem », « car toute la formulation de la bénédiction est la langue de l’Écriture », « et la langue de l’Écriture est avec mem et non avec noun » ; il ajoute que certains les disent avec noun, pour une raison qu’ils connaissent. Notre siddour termine les six par ־ים (§G75).

Puis LaKel Baroukh, dix louanges d’Hachem, et un verset : « À Celui qui fait les grands luminaires, car Sa bonté est éternelle » (Tehilim 136:7). D’autres siddourim, comme le Siddour Séfarade, ajoutent ici une phrase qui commence par אוֹר חָדָשׁ, « une lumière nouvelle sur Tsion ». L’Admour Hazaken rapporte les deux avis (59:6). Certains disent qu’on ne doit pas la dire : « Car nos Sages ont institué cette bénédiction [en reconnaissance pour] la lumière qui se renouvelle chaque jour, non pour la lumière nouvelle qui brillera dans l’avenir » (traduit de l’anglais). D’autres la défendent, parce que la lumière de la création a été mise en réserve pour l’avenir. Notre siddour n’a pas cette phrase ; il passe directement du verset aux mots de conclusion, יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת.

מִפְּנֵי שֶׁעֲנִיַּת קָדוֹשׁ חֲשׁוּבָה כְּסִיּוּם בְּרָכָה לְעִנְיָן זֶה, וּמִ"וְהָאוֹפַנִּים" הוּא כְּמוֹ רֹאשׁ בְּרָכָה אַחֶרֶת
וְכֵן עֲנִיַּת "בָּרוּךְ כְּבוֹד כו'" הוּא כְּמוֹ סִיּוּם בְּרָכָה לְעִנְיָן זֶה, וְ"לָאֵל בָּרוּךְ" הוּא כְּמוֹ רֹאשׁ בְּרָכָה אַחֶרֶת
יֵשׁ לוֹמַר "מַעֲרִיצִים וּמַקְדִּישִׁים וּמַמְלִיכִים"– הַכֹּל בְּמ"ם … כִּי כָּל נֻסַּח הַבְּרָכָה הוּא לְשׁוֹן מִקְרָא … וּלְשׁוֹן מִקְרָא הוּא בְּמ"ם וְלֹא בְּנו"ן (וְיֵשׁ נוֹהֲגִין מִטַּעַם הַיָּדוּעַ לָהֶם לוֹמַר בְּנו"ן
לְפִי שֶׁחֲכָמִים סִדְּרוּ הַבְּרָכָה עַל אוֹר הַמִּתְחַדֵּשׁ בְּכָל יוֹם וְלֹא עַל אוֹר הֶעָתִיד לְהִתְחַדֵּשׁ
SourceChoul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 59:1-6 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291746
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings

Ahavat Olam ou Ahava Rabba ?

Beaucoup appellent la seconde bénédiction « Ahava Rabba », « d’un grand amour ». Dans notre siddour, elle commence par אַהֲבַת עוֹלָם, « d’un amour éternel », matin et soir. Les deux noms sont anciens.

Au Beit Hamikdach, raconte la Michna (Tamid 5:1), le responsable disait aux kohanim : « Dites une bénédiction ; et ils bénissaient. Ils lisaient les Dix Commandements, Chema, Vehaya im chamoa, Vayomer. » Le Talmud (Berakhot 11b) demande quelle était cette bénédiction, et répond : « Ainsi a dit Chemouel : Ahava Rabba. » Puis : « On l’a enseigné aussi : on ne dit pas Ahavat Olam, mais Ahava Rabba. Et les Sages disent Ahavat Olam, et ainsi il est dit : “Et d’un amour éternel Je t’ai aimé, c’est pourquoi Je t’ai attiré avec bonté” » (Yirmeyahou 31:3).

L’Admour Hazaken (60:1) : « les Sages ont divergé sur son ouverture » ; certains disent Ahava Rabba et d’autres Ahavat Olam Ahavtanou. « Les Guéonim ont tranché la question : Ahava Rabba se dit le matin et Ahavat Olam le soir. Telle est la coutume dans ces pays » (traduit de l’anglais). La note hébraïque ajoute : mais dans le Siddour, la formulation est Ahavat Olam le matin comme le soir, aussi le Chabbat et Yom Tov, d’après le Peri Ets ’Haïm (cité d’après la note). Et le traducteur : « C’est-à-dire dans la communauté ashkénaze. Dans la communauté séfarade, et de même chez les ’hassidim qui ont adopté les coutumes de l’Arizal, y compris ceux qui utilisent le Siddour de l’Admour Hazaken, on dit Ahavat Olam le matin et le soir » (traduit de l’anglais). Le commentaire ’Habad dit de même : « Selon le Noussa’h de l’Arizal, cette bénédiction commence par Ahavat Olam, “d’un amour éternel”. Selon le Noussa’h Ashkenaz, elle commence par Ahava Rabba, “d’un grand amour” » (traduit de l’anglais).

Pourquoi Ahavat Olam ne s’ouvre-t-il pas par Baroukh ? L’Admour Hazaken (60:1) : « Pourquoi cette bénédiction ne commence-t-elle pas par Baroukh ? Parce qu’elle suit directement la bénédiction Yotser Or, et le mot Baroukh [qui ouvre celle-ci] lui suffit » (traduit de l’anglais).

אָמַר לָהֶם הַמְמֻנֶּה, בָּרְכוּ בְרָכָה אֶחַת, וְהֵן בֵּרְכוּ. קָרְאוּ עֲשֶׂרֶת הַדְּבָרִים, שְׁמַע, וְהָיָה אִם שָׁמֹעַ, וַיֹּאמֶר
אֲמַר לְהוּ: הָכִי אָמַר שְׁמוּאֵל, ״אַהֲבָה רַבָּה״
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אֵין אוֹמְרִים ״אַהֲבַת עוֹלָם״, אֶלָּא ״אַהֲבָה רַבָּה״. וְרַבָּנַן אָמְרִי אַהֲבַת עוֹלָם, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְאַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתִּיךְ עַל כֵּן מְשַׁכְתִּיךְ חָסֶד״
בְּרָכָה שְׁנִיָּה נֶחְלְקוּ חֲכָמִים בִּפְתִיחָתָהּ … יֵשׁ אוֹמְרִים "אַהֲבָה רַבָּה", וְיֵשׁ אוֹמְרִים "אַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתָּנוּ כו'."
אבל בסידור הנוסח הוא אהבת עולם בין בשחרית בין בערבית (גם בשבת ויו"ט) עפ"י פרי עץ חיים שער הקריאת שמע רפ"ג.
וְלָמָּה אֵין בְּרָכָה זוֹ פּוֹתַחַת בְּ"בָרוּךְ"? מִפְּנֵי שֶׁהִיא סְמוּכָה … לְ"יוֹצֵר אוֹר" וְדַי לָהּ בְּ"בָרוּךְ" שֶׁבְּ"יוֹצֵר אוֹר"
SourceMichna Tamid 5:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Mishnah_Tamid.5.1
Talmud Bavli, Berakhot 11b · texte hébreu via Sefaria ; cité · sefaria.org/Berakhot.11b
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 60:1, 60:4 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291747
Peri Ets ’Haïm, Cha’ar Keriat Chema, début du ch. 3 · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ahavat Olam » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais et ses notes cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536039
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

Rassembler les tsitsit

Aux mots וַהֲבִיאֵנוּ לְשָׁלוֹם, « et ramène-nous en paix des quatre coins de la terre », nous rassemblons les quatre tsitsit. HaYom Yom, 22 Sivan, en donne l’ordre ; je traduis l’hébreu : « Pour dire והביאנו לשלום etc., on joint d’abord les deux tsitsit de devant, puis on ajoute le tsitsit du coin gauche de derrière, puis le tsitsit du coin droit, et on les tient entre l’annulaire et l’auriculaire de la main gauche. » Et, pour le Chema qui suit : « on embrasse les tsitsit six fois, c’est-à-dire en disant les mots : tsitsit, tsitsit, letsitsit, emet, kayémet, laad. » Les baisers appartiennent à la leçon 20.

Le commentaire ’Habad : « C’est la coutume de Loubavitch de rassembler nos tsitsit à ce moment de la bénédiction … L’allusion est évidente : notre accomplissement de la mitsva des tsitsit hâtera la contrepartie divine de l’observance de cette mitsva : le rassemblement par D.ieu du peuple juif des quatre coins de la terre (Likouté Si’hot) » (traduit de l’anglais ; Likouté Si’hot cité d’après le commentaire). La Torah ordonne les tsitsit « aux coins de leurs vêtements », עַל כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם (Bamidbar 15:38) ; la prière demande le rassemblement depuis כַּנְפוֹת הָאָרֶץ, « les coins de la terre ». Le même mot, כָּנָף, une aile, un coin ; ce rapprochement de mots est ma propre remarque.

Le Siddour Séfarade imprime une instruction semblable plus tôt dans la phrase, juste après מַהֵר (il n’a pas les mots וַהֲבִיאֵנוּ לְשָׁלוֹם) : tenir les quatre tsitsit dans la main gauche entre l’annulaire et l’auriculaire, face au cœur. Notre siddour suit HaYom Yom. Quand et comment exactement les rassembler, demandez à votre rav ou regardez comment on fait dans votre synagogue.

לאמירת והביאנו לשלום כו' מחברים תחלה ב' הציציות דלפניו, אח"כ [אחר כך] מצרפים ציצית כנף השמאלי דלאחוריו, אח"ז [אחר זה] ציצית דכנף הימין ואוחזים אותם בין קמיצה לזרת דיד שמאל.
נושקים הציציות שש פעמים היינו באמירת תיבות: ציצית, ציצית, לציצית, אמת, קימת, לעד.
SourceHaYom Yom, 22 Sivan (Chabad.org ; Kehot) · hébreu ; cité, ma traduction · chabad.org/…/hayomyom.asp?tdate=6/27/2027
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ahavat Olam » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais et ses notes cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536039
Likouté Si’hot, sur le rassemblement des tsitsit · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Un chemin de terre serpentant entre des collines dorées vers un petit village de pierre, peint sur fond blanc, sans personne
« Et ramène-nous en paix des quatre coins de la terre. »

Les souvenirs, et le dernier mot avant le Chema

La fin d’Ahavat Olam porte des souvenirs. L’Admour Hazaken (60:4) énumère des commandements de souvenir, et écrit : « Il est souhaitable de rappeler ces [événements] près du Chema ; [c’est pourquoi on y fait allusion dans la bénédiction qui le précède] » (traduit de l’anglais). Puis il montre où : « Quand on dit Ouvanou Va’harta (“et Tu nous as choisis”), on doit se rappeler le Don de la Torah ; Vekeiravtanou (“et Tu nous as rapprochés”) fait allusion au mont Sinaï ; Lechimkha HaGadol (“de Ton grand Nom”) fait allusion à l’attaque d’Amalek, car le Nom divin ne sera pas complet tant que la descendance [d’Amalek] ne sera pas effacée ; Lehodot Lekha (“pour Te rendre grâce”) fait allusion à l’épisode de Myriam, car la bouche a été créée pour rendre grâce [à D.ieu] et non pour médire » (traduit de l’anglais). Et : « Une autorité dit qu’il faut se rappeler le Veau d’or en disant (Leya’hedkha) BeAhava (“proclamer Ton unité avec amour”) … c’est-à-dire à l’opposé de ceux qui firent alors le Veau d’or, qui n’[agirent] pas avec amour envers le Saint, béni soit-Il » (traduit de l’anglais). Le traducteur note comment le compte des souvenirs a grandi : « le Siddour du Chelah énumère quatre souvenirs et le Siddour de Rabbi Ya’akov Emden en énumère dix, tandis que le Siddour de l’Admour Hazaken est apparemment le premier à en énumérer six » (traduit de l’anglais ; cité d’après la note). Le souvenir du Chabbat, dans le Chema lui-même, est pour la leçon 20.

Deux lois sur la fin de la bénédiction, seulement pour que vous sachiez ce qui se passe autour de vous. Parce que les bénédictions sont longues, l’Admour Hazaken (59:4) écrit : « C’est pourquoi on doit réciter toute la bénédiction à voix basse, avec le chalia’h tsibour » (traduit de l’anglais). Et après הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה, certains disent qu’on ne répond pas Amen, « pour ne pas interrompre entre le Chema et la bénédiction qui le précède » ; d’autres disent qu’on répond, « et telle est la coutume simple dans ces pays ». Le traducteur ajoute : « Selon l’usage de Loubavitch, le chalia’h tsibour conclut cette bénédiction à voix basse, afin qu’on n’ait pas à dire Amen (Sefer HaMinhaguim : le livre des coutumes ’Habad-Loubavitch, p. 25) » (traduit de l’anglais ; cité d’après la note). Le commentaire ’Habad : « On ne doit faire aucune interruption entre cette bénédiction et la lecture du Chema qui suit. Selon la coutume ’Habad, le chalia’h tsibour dit les derniers mots de cette bénédiction à voix basse » (traduit de l’anglais). Ce que vous-même devez faire, demandez à votre rav.

וְטוֹב לְזָכְרָן אֵצֶל קְרִיאַת שְׁמַע
שֶׁכְּשֶׁיֹּאמַר "וּבָנוּ בָחַרְתָּ" – יִזְכֹּר מַתַּן תּוֹרָה
“וְקֵרַבְתָּנוּ” – לְהַר סִינַי, “לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל” – מַעֲשֵׂה עֲמָלֵק, שֶׁאֵין הַשֵּׁם שָׁלֵם עַד שֶׁיִּמָּחֶה זַרְעוֹ
“לְהוֹדוֹת לְךָ” – הַפֶּה לֹא נִבְרָא אֶלָּא לְהוֹדוֹת וְלֹא לְדַבֵּר לְשׁוֹן הָרָע, וְזֶהוּ זְכִירַת מַעֲשֵׂה מִרְיָם
לָכֵן יֵשׁ לוֹמַר כָּל הַבְּרָכָה בְּנַחַת עִם הַשְּׁלִיחַ צִבּוּר
שֶׁאַחַר סִיּוּם בִּרְכַּת "הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה" – לֹא יַעֲנֶה אָמֵן, שֶׁלֹּא לְהַפְסִיק בֵּין קְרִיאַת שְׁמַע לַבְּרָכָה שֶׁלְּפָנֶיהָ … שֶׁעוֹנִין אָמֵן גַּם אַחַר בְּרָכָה זוֹ … וְכֵן הַמִּנְהָג פָּשׁוּט בִּמְדִינוֹת אֵלּוּ
SourceChoul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 60:1, 60:4 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291747
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 59:1-6 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291746
Siddour du Chelah ; Siddour de Rabbi Ya’akov Emden ; Sefer HaMinhaguim (Kehot), p. 25 · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ahavat Olam » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais et ses notes cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536039
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
2Les anges et l’amour : leur sensאַהֲבַת עוֹלָם

Les anges et le Nom

Tiskora’h décrit les anges : Hachem les forme, ils se tiennent dans les hauteurs du monde, ils proclament ensemble, et ils font Sa volonté avec crainte. Le commentaire ’Habad relève le temps du verbe יוֹצֵר : « “Qui crée” est au présent, ce qui implique que non seulement au début de la Création, mais à tout moment, D.ieu fait venir à l’existence de nouveaux anges serviteurs » (traduit de l’anglais).

Et que louent-ils ? Non pas l’Essence d’Hachem, mais Son Nom : « אֶת שֵׁם הָאֵל ». Le commentaire : « Le service des anges, si grand et si impressionnant soit-il, ne concerne que le Nom de D.ieu. Son Essence demeure élevée, sainte et séparée (Torat Chemouel) » (traduit de l’anglais). Et ailleurs sur la même page, il explique pourquoi nous, qui sommes au-dessous des anges, pouvons pourtant aller plus loin qu’eux : « Car les anges ne se rapportent qu’à l’attribut de la royauté de D.ieu, tandis que les âmes proviennent de Son Essence même et s’y rapportent (Maamaré Admour Hazaken ; Torat ’Haïm) » (traduit de l’anglais).

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Titbareich Lanetzach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531446
Torat Chemouel ; Maamaré Admour Hazaken ; Torat ’Haïm · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

Pourquoi nous parler des anges ?

Chacun d’eux prend le joug du Ciel « l’un de l’autre » et donne « la permission l’un à l’autre » de sanctifier. Pourquoi avons-nous besoin d’entendre tout cela ? Le commentaire répond par une image : « Pour l’expliquer par une analogie : quand on voit les courtisans du roi, tous des hommes de rang, se prosterner avec révérence devant le roi, on éprouve soi aussi de la crainte, même si l’on ne comprend rien du roi lui-même. Cette crainte est une étape préliminaire, qui prépare les Juifs à une relation d’amour avec D.ieu, comme le décrit la seconde bénédiction qui précède le Chema (Dére’h Mitsvotékha) » (traduit de l’anglais).

Et une phrase du Rabbi Rayats, à moitié en yiddish : « Les anges disent à l’âme animale : “Tu viens de nous. Zei nit kein beheimah. Ne te conduis pas comme un animal” (Torah Or ; Torat Chemouel ; Séfer HaMaamarim 5709) » (traduit de l’anglais). Les anges ne sont pas un récit sur un lieu lointain ; ils sont un miroir pour la partie de nous qui ne veut que manger et dormir.

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Titbareich Lanetzach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531446
Dére’h Mitsvotékha ; Torah Or ; Torat Chemouel ; Séfer HaMaamarim 5709 · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté

Kadoch : séparé, et pourtant partout

Le commentaire : « Kadoch, “saint”, se définit comme “séparé” et “à part” » (traduit de l’anglais). Les séraphins le disent trois fois, puis la seconde moitié du verset dit l’autre face : toute la terre est pleine de Sa gloire. Pour nous, c’est une règle de conduite : « Puisque l’homme est à tout instant en présence de D.ieu, car “toute la terre est pleine de Sa gloire”, il doit se conduire d’une manière qui le reflète (le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken) » (traduit de l’anglais).

Et le nom des anges qui le disent : « C’est le sens littéral du terme séraphins, “ceux qui sont consumés”, c’est-à-dire consumés par leur amour pour Lui (Likouté Torah ; Torat Mena’hem) » (traduit de l’anglais).

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Kadosh, Kadosh, Kadosh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531447
Likouté Torah ; Torat Mena’hem · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté

« Dans un grand fracas »

Pourquoi les ofanim et les ’hayot font-ils du bruit, et pas les séraphins ? Le commentaire : « Quand des matières raffinées et pures brûlent, elles font peu de bruit, ou pas du tout ; mais quand des matières grossières brûlent, elles crépitent bruyamment. Et plus la matière est grossière, plus le bruit est grand. C’est pourquoi ce sont les ’hayot et les ofanim qui “clament” leur désir de D.ieu » (traduit de l’anglais).

Et ils disent Baroukh « depuis Son lieu » : « L’expression “depuis Son lieu” indique que les ’hayot et les ofanim ne savent pas où la divinité est révélée » (traduit de l’anglais). Des anges plus bas, mais d’une source plus haute : « Comme on le sait, une entité dont la source est plus haute descend, finalement, plus bas. Par analogie, quand on abat un mur de pierre, ce sont ses pierres les plus hautes qui tombent le plus loin (Torat Mena’hem) » (traduit de l’anglais).

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Vehaofanim Vechayot Hakodesh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531448
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Baruch Kevod Hashem » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531451
Torat Mena’hem · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Un feu de bûches crépitant avec des étincelles à côté d’une petite lampe à huile immobile dans un bol d’argile, peint sur fond blanc, sans personne
« Dans un grand fracas. »

LaKel Baroukh : dix louanges, et la crainte de louer

« Car Lui seul est élevé et saint. » Le commentaire : « Dire de D.ieu qu’Il est “seul” dans Sa sainteté implique que Sa sainteté n’est pas relative, c’est-à-dire qu’Il n’est pas saint par comparaison avec d’autres. D.ieu est saint en Lui-même » (traduit de l’anglais). Puis la liste : « “Élevé” se rapporte au niveau de Kéter, qui transcende toute existence. Les dix expressions de louange qui suivent correspondent aux dix Sefirot : “saint” se rapporte à ’Ho’hma ; “qui accomplit des prodiges de puissance”, à Bina ; etc. La bénédiction montre ainsi comment toute l’étendue de Ses forces est attirée dans notre monde (Torat Chemouel) » (traduit de l’anglais).

Deux mots de la liste, tels que le commentaire les lit. זוֹרֵעַ צְדָקוֹת, « qui sème les actes de justice » : « De même qu’une graine est semée dans la terre, les mitsvot sont “semées” dans notre monde physique » (traduit de l’anglais). Et נוֹרָא תְהִלּוֹת, « redoutable en louanges » : « Ce terme peut aussi se comprendre ainsi : nous avons peur, nous sommes trop saisis de crainte, de Le louer, car aucune louange prononcée par des mortels ne Lui convient » (traduit de l’anglais).

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Lakeil Baruch » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536037
Torat Chemouel · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

Ahavat Olam : un amour sans mesure

Pourquoi « éternel » et non « grand » ? Le commentaire sur notre formulation : « “Grand” est un terme relatif ; c’est “plus grand” que quelque chose d’autre. Il désigne donc une mesure définie dans une échelle finie. En revanche, “amour éternel” indique un amour vraiment sans limites et immuable, qui n’est pas soumis aux changements du passé, du présent et de l’avenir, les éléments du temps » (traduit de l’anglais).

Les deux bénédictions sont deux étapes. « Yotser Or met l’accent sur la crainte et la peur de D.ieu » ; « Ahavat Olam, en revanche, met l’accent sur l’amour, la douceur et la satisfaction qui naissent des liens de proximité qu’Il a établis avec nous (Likouté Torah) » (traduit de l’anglais). Et l’amour n’est pas seulement un sentiment : la bénédiction demande d’apprendre et d’enseigner, de garder et de faire (§G78), et elle demande à Hachem de briser le joug « de dessus notre cou ». Le commentaire : « Le cou est l’intermédiaire qui relie la conscience intellectuelle de notre esprit aux émotions de notre cœur » … « C’est ce goulot d’étranglement spirituel que nous demandons à D.ieu de briser (Or HaTorah al Siddour Tefila) » (traduit de l’anglais).

À la fin, וּבָנוּ בָחַרְתָּ : « Cette phrase se rapporte au Don de la Torah, car c’est alors que D.ieu a choisi le peuple juif » (traduit de l’anglais). L’Admour Hazaken, dans son Choul’han Aroukh (60:4), dit de même : à ces mots, on doit se rappeler le Don de la Torah (voir la partie historique).

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ahavat Olam » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais et ses notes cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536039
Likouté Torah ; Or HaTorah al Siddour Tefila · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 60:1, 60:4 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291747
Éclairage ’hassidique

Pourquoi les anges viennent avant le Chema

Une petite maison de pierre avec une seule fenêtre éclairée parmi des collines sous un ciel étoilé, peinte sur fond blanc, sans personne

L’Admour Hazaken pose dans le Tanya, au chapitre 49, une question que peut se poser quiconque lit ces pages : le Rachba et d’autres autorités écrivent que ces bénédictions ne semblent avoir aucun lien avec le Chema. Alors pourquoi les appelle-t-on « les bénédictions du Chema », et pourquoi les a-t-on placées avant lui ?

Sa réponse : le cœur du Chema est « de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir », se dresser contre tout ce qui retient de l’amour d’Hachem, et être prêt à tout abandonner pour cet amour. Comment un être de chair peut-il y parvenir ? D’abord, Yotser Or raconte longuement les anges qui se tiennent dans les hauteurs du monde, tous annulés devant Sa lumière, et qui disent Kadoch : Il est séparé d’eux. Même les ofanim disent « depuis Son lieu », parce qu’ils ne connaissent pas Son lieu.

Puis Ahavat Olam : Hachem a, pour ainsi dire, laissé toutes les saintes armées d’en haut et a fait reposer Sa Présence sur nous, pour être appelé « notre D.ieu ». C’est la « compassion grande et surabondante » : plus que la proximité de tous les anges. Et « Tu nous as choisis » parle du corps physique lui-même, ce corps qui ressemble à n’importe quel autre corps. Quand on place cela au fond du cœur et de l’esprit, alors, « comme l’eau reflète le visage au visage », l’âme répond à l’amour par l’amour, et le Chema peut être dit de tout son cœur. Dans la grammaire d’Ahavat Olam, cet amour tient dans une petite terminaison : אֲהַבְתָּנוּ, « Tu nous as aimés » (§G65).

Pourquoi les a-t-on appelées « les bénédictions du Chema » ? Et pourquoi les a-t-on instituées précisément avant lui ? …

… Seulement parce que l’essentiel du Chema est d’accomplir « de tout ton cœur » … Et comment l’homme physique parviendra-t-il à ce degré ? Pour cela, on a placé d’abord la bénédiction « Yotser Or » …

… pour faire connaître la grandeur du Saint, béni soit-Il, comment tous s’annulent devant Sa lumière, qu’Il soit béni … c’est-à-dire qu’Il est séparé d’eux, et ne Se revêt pas en eux de manière révélée …

… parce qu’ils ne connaissent pas et ne saisissent pas Son lieu …

… c’est-à-dire qu’Il a laissé toute la sainte armée d’en haut, et a fait reposer Sa Che’hina sur nous, pour être appelé « notre D.ieu » … car l’amour repousse la chair …

… et c’est ce que nous disons, « une compassion grande et surabondante » : c’est-à-dire surabondante au-delà de la proximité de D.ieu qui est dans toute l’armée d’en haut ; « et c’est nous que Tu as choisis parmi tout peuple et toute langue » : c’est le corps physique, qui dans sa matérialité ressemble aux corps des nations du monde …

… « comme l’eau reflète le visage au visage » : son âme s’embrasera et se revêtira d’un esprit généreux, pour se porter volontaire à laisser et abandonner tout ce qu’il a, et seulement s’attacher à Lui, qu’Il soit béni.

— L’Admour Hazaken, Tanya, Likouté Amarim, chapitre 49 (ma traduction de l’hébreu, édition Kehot via Sefaria)
SourceTanya, Likouté Amarim, chapitre 49 (Kehot) · texte hébreu de l’édition Kehot via Sefaria ; cité, ma traduction · sefaria.org/Tanya,_Part_I;_Likkutei_Amarim.49.9
Le Rachba et d’autres autorités, sur les bénédictions du Chema · cité d’après le Tanya, ch. 49 ; non consulté
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ahavat Olam » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais et ses notes cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536039
Grammaire : « Tu nous as aimés » → voir Leçon 16 §G65
Ce qu’ajoute le commentaire ’Habad, et ce que j’en retiens

Le même ordre, dans le commentaire. Sur Ahavat Olam, le commentaire ’Habad rapporte le même enseignement du Tanya : « De plus, non seulement Il nous a choisis parmi toutes les nations, mais Il a aussi délaissé toutes les saintes armées célestes et a fait reposer Sa présence sur nous, Son peuple. Alors même que nous existons sur ce plan physique, Il S’identifie à nous au point d’être appelé “notre D.ieu” (Tanya) » (traduit de l’anglais). Il décrit aussi les deux bénédictions comme la crainte puis l’amour (voir la partie sur le sens).

Les ofanim en nous. Sur Vehaofanim, le commentaire fait des anges une leçon pour nous : « Il y a des moments où nous sommes éveillés spirituellement et ressentons une aspiration consciente vers D.ieu, comme les séraphins. D’autres fois, notre sensibilité intellectuelle et émotionnelle s’émousse et nous nous sentons séparés de Lui. Mais même alors, peut-être avec un peu plus de bruit tandis que nous luttons pour surmonter les pièges matériels de notre existence, nous cherchons un lien avec Lui. Et cela, comme le bittoul des ofanim, forge une relation plus englobante (Torat Mena’hem) » (traduit de l’anglais).

À partir d’ici, mes propres pensées. Face à face. Les anges se tiennent « face » les uns aux autres, et les ofanim répondent « face à eux ». Le Tanya se termine par un autre visage : l’eau renvoie au visage son propre visage. Les anges se regardent les uns les autres ; nous, dans Ahavat Olam, regardons l’amour d’Hachem et voyons notre propre amour y répondre.

Quand vous le dites. Dans Tiskora’h, pensez aux courtisans devant le roi ; dans Ahavat Olam, au Roi qui a laissé les courtisans pour venir à nous. Alors le Chema n’est pas le paragraphe suivant ; c’est la réponse.

SourceSiddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ahavat Olam » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais et ses notes cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536039
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Vehaofanim Vechayot Hakodesh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531448
Torat Mena’hem · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
3Le texteהַנֻּסָּח

Comment le texte est imprimé ici

Le texte est imprimé ici en entier, de תִּתְבָּרֵךְ jusqu’à la fin d’Ahavat Olam, avec ma propre traduction. J’ai copié l’hébreu de notre siddour, Tehilat Hachem, pages 173 à 175, lettre par lettre, et vérifié les lettres avec le siddour en ligne de Chabad.org. J’ai aussi comparé chaque mot avec le Siddour Séfarade (Torat Emet) sur Sefaria ; les différences sont indiquées après chaque paragraphe. Là où notre siddour imprime le Nom, j’écris יְיָ, comme dans toutes ces leçons.

Les paragraphes suivent les divisions de l’Admour Hazaken en 59:5 (voir la partie historique). Les versets à l’intérieur du texte sont vérifiés dans le Tanakh.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Titbareich Lanetzach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531446
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ahavat Olam » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais et ses notes cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536039
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 59:1-6 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291746

1. Tiskora’h

HébreuSens
תִּתְבָּרֵךְ לָנֶצַח צוּרֵנוּ מַלְכֵּנוּ וְגֹאֲלֵנוּ בּוֹרֵא קְדוֹשִׁים,Sois béni à jamais, notre Rocher, notre Roi et notre Libérateur, Créateur d’êtres saints.
יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ יוֹצֵר מְשָׁרְתִים,Que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi, qui forme des anges serviteurs,
וַאֲשֶׁר מְשָׁרְתָיו, כֻּלָּם עוֹמְדִים בְּרוּם עוֹלָם,et dont les anges serviteurs se tiennent tous dans les hauteurs du monde,
וּמַשְׁמִיעִים בְּיִרְאָה יַחַד בְּקוֹל, דִּבְרֵי אֱלֹהִים חַיִּים וּמֶלֶךְ עוֹלָם.et font entendre avec crainte, ensemble, à voix haute, les paroles du D.ieu vivant et Roi du monde.
כֻּלָּם אֲהוּבִים, כֻּלָּם בְּרוּרִים, כֻּלָּם גִּבּוֹרִים, כֻּלָּם קְדוֹשִׁים,Tous sont aimés, tous sont purs, tous sont puissants, tous sont saints,
וְכֻלָּם עֹשִׂים בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה רְצוֹן קוֹנָם.et tous font avec effroi et avec crainte la volonté de leur Maître.
וְכֻלָּם פּוֹתְחִים אֶת פִּיהֶם בִּקְדֻשָּׁה וּבְטָהֳרָה, בְּשִׁירָה וּבְזִמְרָה,Et tous ouvrent la bouche dans la sainteté et la pureté, par le chant et la mélodie,
וּמְבָרְכִים וּמְשַׁבְּחִים, וּמְפָאֲרִים וּמַעֲרִיצִים, וּמַקְדִּישִׁים וּמַמְלִיכִים:et bénissent et louent, glorifient et exaltent, sanctifient et proclament la royauté de
אֶת שֵׁם הָאֵל, הַמֶּלֶךְ הַגָּדוֹל, הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא, קָדוֹשׁ הוּא.le Nom de D.ieu, le Roi grand, puissant et redoutable ; Il est saint.
וְכֻלָּם מְקַבְּלִים עֲלֵיהֶם עֹל מַלְכוּת שָׁמַיִם זֶה מִזֶּה,Et tous prennent sur eux le joug de la royauté des cieux, l’un de l’autre,
וְנוֹתְנִים בְּאַהֲבָה רְשׁוּת זֶה לָזֶה,et se donnent avec amour la permission l’un à l’autre,
לְהַקְדִּישׁ לְיוֹצְרָם בְּנַחַת רוּחַ, בְּשָׂפָה בְרוּרָה וּבִנְעִימָה קְדוֹשָׁה.de sanctifier leur Créateur dans la sérénité, d’une langue claire et d’une sainte mélodie.
כֻּלָּם כְּאֶחָד עוֹנִים בְּאֵימָה וְאוֹמְרִים בְּיִרְאָה:Tous comme un seul répondent avec effroi et disent avec crainte :

Ligne 1 : תִּתְבָּרֵךְ avec un tséré sous le ר, comme l’impriment notre siddour et Chabad.org ; la leçon 18 l’a écrit par erreur avec un patah. Ligne 8 : les six verbes se terminent par ־ים, comme le tranche l’Admour Hazaken (59:3 ; §G75) ; le Siddour Séfarade les termine par un noun final. Ligne 12 : notre siddour lit וּבִנְעִימָה קְדוֹשָׁה, « et d’une sainte mélodie » ; le Siddour Séfarade met une virgule après וּבִנְעִימָה et écrit le mot suivant קְדֻשָׁה, « sainteté », au début de la phrase finale. Ses autres différences ici sont des graphies : il écrit וגואלנו pour notre וְגֹאֲלֵנוּ, puis עושים pour notre עֹשִׂים, et בקדושה pour notre בִּקְדֻשָּׁה.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Titbareich Lanetzach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531446
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 59:1-6 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3291746

2. Kadoch

HébreuSens
קָדוֹשׁ | קָדוֹשׁ קָדוֹשׁ יְיָ צְבָאוֹת,Saint, saint, saint est Hachem des armées ;
מְלֹא כָל הָאָרֶץ כְּבוֹדוֹ:toute la terre est pleine de Sa gloire.

Yecha’ya 6:3, mot pour mot. Après le premier קָדוֹשׁ, notre siddour imprime un pessik, un petit trait vertical : une courte pause, pour que les mots ne se confondent pas (§G38).

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Kadosh, Kadosh, Kadosh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531447
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3

3. Vehaofanim

HébreuSens
וְהָאוֹפַנִּים וְחַיּוֹת הַקֹּדֶשׁ בְּרַעַשׁ גָּדוֹלEt les ofanim et les ’hayot saintes, dans un grand fracas,
מִתְנַשְּׂאִים לְעֻמַּת הַשְּׂרָפִים,s’élèvent face aux séraphins ;
לְעֻמָּתָם מְשַׁבְּחִים וְאוֹמְרִים:face à eux, ils louent et disent :

Les mots viennent de Yé’hezkel 3:12-13 : רַעַשׁ גָּדוֹל, « un grand fracas », et les ofanim לְעֻמָּתָם, « face à eux ». Le Siddour Séfarade lit שרפים, sans l’article, pour הַשְּׂרָפִים.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Vehaofanim Vechayot Hakodesh » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531448
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3

4. Baroukh kevod

HébreuSens
בָּרוּךְ כְּבוֹד יְיָ מִמְּקוֹמוֹ:Bénie soit la gloire d’Hachem depuis Son lieu.

Yé’hezkel 3:12, mot pour mot.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Baruch Kevod Hashem » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1531451
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3

5. LaKel Baroukh

HébreuSens
לָאֵל בָּרוּךְ נְעִימוֹת יִתֵּנוּ,À D.ieu, Celui qui est béni, ils offrent de douces mélodies ;
לָמֶלֶךְ אֵל חַי וְקַיָּם, זְמִרוֹת יֹאמֵרוּ וְתִשְׁבָּחוֹת יַשְׁמִיעוּ,au Roi, D.ieu vivant et éternel, ils disent des chants et font entendre des louanges.
כִּי הוּא לְבַדּוֹ מָרוֹם וְקָדוֹשׁ,Car Lui seul est élevé et saint,
פּוֹעֵל גְּבוּרוֹת, עוֹשֶׂה חֲדָשׁוֹת, בַּעַל מִלְחָמוֹת,qui accomplit des prodiges de puissance, fait des choses nouvelles, Maître des combats,
זוֹרֵעַ צְדָקוֹת, מַצְמִיחַ יְשׁוּעוֹת, בּוֹרֵא רְפוּאוֹת,qui sème les actes de justice, fait germer les délivrances, crée les guérisons,
נוֹרָא תְהִלּוֹת, אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת,redoutable en louanges, Maître des merveilles,
הַמְחַדֵּשׁ בְּטוּבוֹ בְּכָל יוֹם תָּמִיד מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית.qui dans Sa bonté renouvelle chaque jour, continuellement, l’œuvre de la création.
כָּאָמוּר, לְעֹשֵׂה אוֹרִים גְּדֹלִים, כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ:Comme il est dit : « À Celui qui fait les grands luminaires, car Sa bonté est éternelle. »
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת:Béni sois-Tu, Hachem, qui forme les luminaires.

Ligne 8 : Tehilim 136:7, mot pour mot. Le Siddour Séfarade écrit זמירות avec un youd pour זְמִרוֹת, et avant les mots de conclusion ajoute la phrase de la lumière nouvelle, que notre siddour n’a pas (voir la partie historique, 59:6).

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Lakeil Baruch » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais cité ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536037
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Yecha’ya 6:2-3 ; Yé’hezkel 3:12-13 ; Tehilim 136:7 ; Yirmeyahou 31:3 ; Bamidbar 15:38 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Isaiah.6.3

6. Ahavat Olam

HébreuSens
אַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתָּנוּ יְיָ אֱלֹהֵינוּ,D’un amour éternel Tu nous as aimés, Hachem notre D.ieu ;
חֶמְלָה גְדוֹלָה וִיתֵרָה חָמַלְתָּ עָלֵינוּ.d’une compassion grande et surabondante Tu as eu pitié de nous.
אָבִינוּ מַלְכֵּנוּ, בַּעֲבוּר שִׁמְךָ הַגָּדוֹל וּבַעֲבוּר אֲבוֹתֵינוּ שֶׁבָּטְחוּ בְךָNotre Père, notre Roi, pour l’amour de Ton grand Nom, et pour l’amour de nos pères qui ont eu confiance en Toi
וַתְּלַמְּדֵם חֻקֵּי חַיִּים לַעֲשׂוֹת רְצוֹנְךָ בְּלֵבָב שָׁלֵם,et à qui Tu as enseigné des lois de vie, pour faire Ta volonté d’un cœur entier,
כֵּן תְּחָנֵּנוּ וּתְלַמְּדֵנוּ.ainsi, fais-nous grâce et enseigne-nous.
אָבִינוּ אָב הָרַחֲמָן הַמְרַחֵם רַחֶם נָא עָלֵינוּ,Notre Père, Père miséricordieux, qui fait miséricorde, aie pitié de nous, de grâce,
וְתֵן בְּלִבֵּנוּ בִּינָה לְהָבִין וּלְהַשְׂכִּיל,et mets dans notre cœur l’intelligence, pour comprendre et saisir,
לִשְׁמֹעַ לִלְמֹד וּלְלַמֵּד לִשְׁמֹר וְלַעֲשׂוֹת,pour écouter, apprendre et enseigner, garder et faire,
וּלְקַיֵּם אֶת כָּל דִּבְרֵי תַלְמוּד תּוֹרָתֶךָ בְּאַהֲבָה.et accomplir toutes les paroles de l’enseignement de Ta Torah, avec amour.
וְהָאֵר עֵינֵינוּ בְּתוֹרָתֶךָ,Illumine nos yeux par Ta Torah,
וְדַבֵּק לִבֵּנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ,attache notre cœur à Tes commandements,
וְיַחֵד לְבָבֵנוּ לְאַהֲבָה וּלְיִרְאָה אֶת שְׁמֶךָ,et unifie notre cœur pour aimer et craindre Ton Nom,
וְלֹא נֵבוֹשׁ וְלֹא נִכָּלֵם וְלֹא נִכָּשֵׁל לְעוֹלָם וָעֶד.et nous ne serons ni honteux, ni confus, ni trébuchants, à tout jamais.
כִּי בְשֵׁם קָדְשְׁךָ הַגָּדוֹל וְהַנּוֹרָא בָּטָחְנוּ,Car en Ton Nom saint, grand et redoutable nous avons placé notre confiance ;
נָגִילָה וְנִשְׂמְחָה בִּישׁוּעָתֶךָ.réjouissons-nous et soyons heureux de Ton salut.
וְרַחֲמֶיךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ וַחֲסָדֶיךָ הָרַבִּים אַל יַעַזְבוּנוּ נֶצַח סֶלָה וָעֶד.Et que Ta miséricorde, Hachem notre D.ieu, et Tes nombreuses bontés ne nous abandonnent jamais, pour toujours, sélah, à jamais.
מַהֵר וְהָבֵא עָלֵינוּ בְּרָכָה וְשָׁלוֹם מְהֵרָה,Hâte-Toi et fais venir sur nous bénédiction et paix, bientôt,
וַהֲבִיאֵנוּ לְשָׁלוֹם מֵאַרְבַּע כַּנְפוֹת הָאָרֶץ,et ramène-nous en paix des quatre coins de la terre,
וּשְׁבוֹר עֹל הַגּוֹיִם מֵעַל צַוָּארֵנוּ,brise le joug des nations de dessus notre cou,
וְתוֹלִיכֵנוּ מְהֵרָה קוֹמְמִיּוּת לְאַרְצֵנוּ,et conduis-nous bientôt, la tête haute, vers notre terre.
כִּי אֵל פּוֹעֵל יְשׁוּעוֹת אָתָּה,Car Tu es le D.ieu qui accomplit les délivrances,
וּבָנוּ בָחַרְתָּ מִכָּל עַם וְלָשׁוֹן,et c’est nous que Tu as choisis parmi tout peuple et toute langue,
וְקֵרַבְתָּנוּ מַלְכֵּנוּ לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל בְּאַהֲבָהet Tu nous as rapprochés, notre Roi, de Ton grand Nom, avec amour,
לְהוֹדוֹת לְךָ וּלְיַחֶדְךָ וּלְאַהֲבָה אֶת שְׁמֶךָ:pour Te rendre grâce, proclamer Ton unité, et aimer Ton Nom.
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, הַבּוֹחֵר בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה:Béni sois-Tu, Hachem, qui choisit Son peuple Israël avec amour.

Ligne 18 : à וַהֲבִיאֵנוּ לְשָׁלוֹם, nous rassemblons les quatre tsitsit (voir la partie historique). Différences dans le Siddour Séfarade : après les premiers mots, il ajoute entre parenthèses l’autre nom de la bénédiction, אַהֲבָה רַבָּה ; à la ligne 6, il n’a pas נָא ; à la ligne 9, il écrit ולקיים avec deux youd ; la ligne 13 commence chez lui par לְמַעַן לֹא, « afin que nous ne … pas » ; à la ligne 14, il ajoute הגבור, « puissant » ; à la ligne 17, il imprime juste après מַהֵר une courte instruction : tenir les quatre tsitsit dans la main gauche, face au cœur ; il n’a ni מְהֵרָה à la fin de la ligne 17 ni וַהֲבִיאֵנוּ לְשָׁלוֹם au début de la ligne 18, et lit כל הארץ, « toute la terre » ; à la ligne 19, il lit עֻלֵּנוּ, « notre joug », et donne nos mots entre parenthèses comme autre version (נ״א) ; à la ligne 20, il écrit ותליכנו sans vav ; à la ligne 23, il ajoute סלה באמת ; et à la ligne 24, il ajoute באהבה après וּלְיַחֶדְךָ.

SourceSiddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 173-175 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Ahavat Olam » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu (lettres comparées par script) ; commentaire anglais et ses notes cités ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1536039
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
HaYom Yom, 22 Sivan (Chabad.org ; Kehot) · hébreu ; cité, ma traduction · chabad.org/…/hayomyom.asp?tdate=6/27/2027
4Mot à motמִלָּה בְּמִלָּה
Les mots clés de cette leçon découpés en préfixe, radical avec les lettres de la racine, et terminaison, avec un renvoi à la notion de grammaire qui l’explique. Les mots déjà expliqués dans les leçons précédentes ne sont pas repris.

Titbarakh : les anges serviteurs

Un futur du hitpa’el, des participes de trois schèmes, et « leur Créateur ».

תִּתְבָּרֵךְ לָנֶצַח צוּרֵנוּ מַלְכֵּנוּ וְגֹאֲלֵנוּ בּוֹרֵא קְדוֹשִׁים,
וַאֲשֶׁר מְשָׁרְתָיו, כֻּלָּם עוֹמְדִים בְּרוּם עוֹלָם,
וּמַשְׁמִיעִים בְּיִרְאָה יַחַד בְּקוֹל, דִּבְרֵי אֱלֹהִים חַיִּים וּמֶלֶךְ עוֹלָם.
וּמְבָרְכִים וּמְשַׁבְּחִים, וּמְפָאֲרִים וּמַעֲרִיצִים, וּמַקְדִּישִׁים וּמַמְלִיכִים:
וְכֻלָּם מְקַבְּלִים עֲלֵיהֶם עֹל מַלְכוּת שָׁמַיִם זֶה מִזֶּה,
לְהַקְדִּישׁ לְיוֹצְרָם בְּנַחַת רוּחַ, בְּשָׂפָה בְרוּרָה וּבִנְעִימָה קְדוֹשָׁה.
Code couleur : préfixe / préposition lettres de la racine (choresh) suffixe / terminaisonbleu, cadre tireté = préfixe · bordeaux gras = racine · vert, cadre pointillé = suffixe ; chaque voyelle prend la couleur de sa lettre
תִּתְבָּרֵךְ= בָּרֵךְ+תְ+תִּ
titbarakh
sois béni
bénirת du hitpa’elTu (futur)
Racine : ב־ר־ך · Un futur du hitpa’el avec תִּתְ־ (§G69, §G22) : « Tu seras béni », dit comme un souhait. Écrit avec un tséré sous le ר, comme l’imprime notre siddour. La racine de בָּרוּךְ et de בְּרָכָה (§G49). → voir Leçon 17 §G69, Leçon 4 §G22, Leçon 10 §G49
מְשָׁרְתָיו= ◌יו+שָׁרְתָ+מְ
mecharetav
Ses serviteurs
ses (pluriel ־ָיו)servirparticipe מ
Racine : שׁ־ר־ת · Un participe du pi’el (§G11, §G15), « servant », employé comme nom : « serviteurs ». Avec ־ָיו, « Ses » (§G4). À la ligne précédente, sans terminaison : מְשָׁרְתִים. → voir Leçon 2 §G11, Leçon 3 §G15, Leçon 1 §G4
וּמַשְׁמִיעִים= ◌ים+שְׁמִיעִ+מַ+וּ
oumachmi’im
et font entendre
pluriel ־ִיםentendreparticipe hif’il מet
Racine : שׁ־מ־ע · Un participe hif’il (§G16) : « faisant entendre », la racine de שְׁמַע. Pluriel ־ִים, comme le veut l’Admour Hazaken (§G75). → voir Leçon 3 §G16, §G75
וּמַעֲרִיצִים= ◌ים+עֲרִיצִ+מַ+וּ
ouma’aritsim
et exaltent
pluriel ־ִיםforce, crainteparticipe hif’il מet
Racine : ע־ר־ץ · Le quatrième des six verbes : un participe hif’il (§G16), « proclamant Sa force ». La racine de עָרִיץ, « puissant ». Six verbes : trois pi’el, puis trois hif’il (§G75). → voir Leçon 3 §G16, §G75
וּמַמְלִיכִים= ◌ים+מְלִיכִ+מַ+וּ
oumamlikhim
et proclament Roi
pluriel ־ִיםrégnerparticipe hif’il מet
Racine : מ־ל־ך · Un participe hif’il (§G16) : « faisant roi », la racine de מֶלֶךְ. Le dernier des six verbes (§G75). → voir Leçon 3 §G16, §G75
מְקַבְּלִים= ◌ים+קַבְּלִ+מְ
mekabelim
prennent sur eux
pluriel ־ִיםrecevoirparticipe מ
Racine : ק־ב־ל · Un participe du pi’el (§G11, §G15), avec un daguech dans le ב. « Recevoir le joug » des cieux, les mots que nous employons pour le Chema lui-même. → voir Leçon 2 §G11, Leçon 3 §G15
לְיוֹצְרָם= ◌ם+יוֹצְרָ+לְ
leyotsram
leur Créateur
eux, leur ־ָםformerà (complément)
Racine : י־צ־ר · יוֹצֵר, « Celui qui forme », un participe (§G15) employé comme nom, avec ־ָם, « leur » (§G34) : les anges sanctifient Celui qui les a formés. Ici ל marque le complément de לְהַקְדִּישׁ. → voir Leçon 3 §G15, Leçon 6 §G34

Les ofanim et Baroukh kevod

Un nom avec « et les », un participe du hitpa’el, « face à eux », et « depuis Son lieu ».

וְהָאוֹפַנִּים וְחַיּוֹת הַקֹּדֶשׁ בְּרַעַשׁ גָּדוֹל
מִתְנַשְּׂאִים לְעֻמַּת הַשְּׂרָפִים,
לְעֻמָּתָם מְשַׁבְּחִים וְאוֹמְרִים:
בָּרוּךְ כְּבוֹד יְיָ מִמְּקוֹמוֹ:
וְהָאוֹפַנִּים= ◌ים+אוֹפַנִּ+הָ+וְ
vehaofanim
et les ofanim
pluriel ־ִיםrouele, la, leset
Racine : א־פ־ן · אוֹפַן, « roue », les anges que Yé’hezkel a vus comme des roues (Yé’hezkel 1). Avec « et », l’article (§G9) et le pluriel ־ִים. → voir Leçon 2 §G9
מִתְנַשְּׂאִים= ◌ים+נַשְּׂאִ+תְ+מִ
mitnasim
s’élèvent
pluriel ־ִיםsouleverת du hitpa’elparticipe מ
Racine : נ־שׂ־א · Un participe du hitpa’el avec מִתְ־ (§G72, §G22) : « s’élevant ». La racine de נָשָׂא, « soulever », et de נָשִׂיא, un prince. → voir Leçon 18 §G72, Leçon 4 §G22
לְעֻמָּתָם= ◌ם+עֻמָּתָ+לְ
le’oumatam
face à eux
eux, leur ־ָםen facevers
Racine : — · לְעֻמַּת, « face à » (voir le vocabulaire), avec ־ָם, « eux » (§G34). Les ofanim s’élèvent « face aux séraphins », et « face à eux » ils louent. Le mot vient de Yé’hezkel 3:13. → voir Leçon 6 §G34
מִמְּקוֹמוֹ= ◌וֹ+קוֹמ+מְּ+מִ
mimekomo
depuis Son lieu
son ־וֹse tenirnom avec מde, depuis
Racine : ק־ו־ם · מָקוֹם, « lieu », un nom avec מ devant (§G28) de la racine creuse ק־ו־ם (§G44), avec מִן, « depuis » (§G29), et ־וֹ, « Son » (§G4). → voir Leçon 5 §G28, Leçon 9 §G44, Leçon 5 §G29

LaKel Baroukh

Deux futurs, un participe hif’il, un nif’al au pluriel, et un nom avec מ.

לָאֵל בָּרוּךְ נְעִימוֹת יִתֵּנוּ,
לָמֶלֶךְ אֵל חַי וְקַיָּם, זְמִרוֹת יֹאמֵרוּ וְתִשְׁבָּחוֹת יַשְׁמִיעוּ,
זוֹרֵעַ צְדָקוֹת, מַצְמִיחַ יְשׁוּעוֹת, בּוֹרֵא רְפוּאוֹת,
נוֹרָא תְהִלּוֹת, אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת,
בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת:
יִתֵּנוּ= ◌וּ+תֵּנ+יִ
yiténou
ils offrent
ils ־וּdonnerils (futur)
Racine : נ־ת־ן · Un futur pluriel (§G20) : « ils donneront ». La racine est נ־ת־ן : le premier נ a disparu dans le daguech du ת, et le dernier נ se tient avant וּ. → voir Leçon 4 §G20
יַשְׁמִיעוּ= ◌וּ+שְׁמִיע+יַ
yachmi’ou
ils font entendre
ils ־וּentendreils (futur)
Racine : שׁ־מ־ע · Un futur pluriel du hif’il (§G7, §G20), de la même racine et du même schème que וּמַשְׁמִיעִים dans Titbarakh. → voir Leçon 1 §G7, Leçon 4 §G20
מַצְמִיחַ= צְמִיחַ+מַ
matsmia’h
fait germer
germerparticipe hif’il מ
Racine : צ־מ־ח · Un participe hif’il (§G16) : « faisant germer ». Le patah sous le ח se lit en premier (§G19). → voir Leçon 3 §G16, Leçon 3 §G19, §G77
הַנִּפְלָאוֹת= ◌וֹת+פְלָא+נִּ+הַ
haniflaot
les merveilles
pluriel ־וֹתmerveillenif’al (passif)le, la, les
Racine : פ־ל־א · Un nif’al (§G21), « choses rendues merveilleuses », au pluriel ־וֹת. Avec l’article : אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת, « Maître des merveilles ». → voir Leçon 4 §G21, §G77
הַמְּאוֹרוֹת= ◌וֹת+אוֹר+מְּ+הַ
hameorot
les luminaires
pluriel ־וֹתlumièrenom avec מle, la, les
Racine : א־ו־ר · מָאוֹר, « source de lumière », un nom avec מ devant (§G28) de la racine de אוֹר (§G44), au pluriel ־וֹת. Les mots de conclusion : יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת. → voir Leçon 5 §G28, Leçon 9 §G44

Ahavat Olam

« Tu … nous » au passé, le pi’el de ל־מ־ד, des demandes, et un infinitif du pi’el avec « Toi ».

אַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתָּנוּ יְיָ אֱלֹהֵינוּ,
וַתְּלַמְּדֵם חֻקֵּי חַיִּים לַעֲשׂוֹת רְצוֹנְךָ בְּלֵבָב שָׁלֵם,
כֵּן תְּחָנֵּנוּ וּתְלַמְּדֵנוּ.
וְהָאֵר עֵינֵינוּ בְּתוֹרָתֶךָ,
וְלֹא נֵבוֹשׁ וְלֹא נִכָּלֵם וְלֹא נִכָּשֵׁל לְעוֹלָם וָעֶד.
וַהֲבִיאֵנוּ לְשָׁלוֹם מֵאַרְבַּע כַּנְפוֹת הָאָרֶץ,
וְקֵרַבְתָּנוּ מַלְכֵּנוּ לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל בְּאַהֲבָה
לְהוֹדוֹת לְךָ וּלְיַחֶדְךָ וּלְאַהֲבָה אֶת שְׁמֶךָ:
אֲהַבְתָּנוּ= ◌נוּ+◌תָּ+אֲהַבְ
ahavtanou
Tu nous as aimés
nous ־נוּTu (passé) ־ְתָּaimer
Racine : א־ה־ב · Un passé avec ־ְתָּ, « Tu », et ־נוּ, « nous » (§G65) : la même terminaison que גְּאַלְתָּנוּ. Avant, אַהֲבַת עוֹלָם, « un amour éternel », de la même racine. → voir Leçon 16 §G65, Leçon 2 §G12
וַתְּלַמְּדֵם= ◌ם+לַמְּדֵ+תְּ+וַ
vatelamedem
et Tu leur as enseigné
eux, leur ־ָםapprendreTu (futur)vav qui renverse
Racine : ל־מ־ד · Le vav qui renverse (§G32) sur un futur du pi’el (§G11) : « et Tu as enseigné », avec ־ֵם, « eux », nos pères (§G34). Au pi’el, ל־מ־ד veut dire « enseigner » (§G78). → voir Leçon 6 §G32, Leçon 2 §G11, §G78
תְּחָנֵּנוּ= ◌נוּ+חָנֵּ+תְּ
te’hanénou
fais-nous grâce
nous ־נוּgrâceTu (futur)
Racine : ח־נ־ן · Un futur avec « Tu » (§G20) et ־נוּ, « nous » (§G12), dit comme une demande. La racine ח־נ־ן a deux נ ; le daguech dans le נ marque le redoublement. La racine de חֵן, « grâce ». → voir Leçon 4 §G20, Leçon 2 §G12
וּתְלַמְּדֵנוּ= ◌נוּ+לַמְּדֵ+תְ+וּ
outelamedénou
et enseigne-nous
nous ־נוּapprendreTu (futur)et
Racine : ל־מ־ד · Le même futur du pi’el que וַתְּלַמְּדֵם, mais sans le vav qui renverse : une demande pour maintenant, « et enseigne-nous », comme Tu les as enseignés (§G78). → voir §G78, Leçon 2 §G12
וְהָאֵר= אֵר+הָ+וְ
vehaèr
et illumine
lumièreה du hif’ilet
Racine : א־ו־ר · Un impératif hif’il (§G31, §G7) de la racine creuse א־ו־ר (§G44) : « fais briller ». La même racine que הַמְּאוֹרוֹת, à la fin de la bénédiction précédente. → voir Leçon 6 §G31, Leçon 9 §G44
נִכָּשֵׁל= כָּשֵׁל+נִ
nikachel
nous trébucherons
trébuchernous (futur) נ
Racine : כ־שׁ־ל · Ici נִ est « nous » au futur (§G20), et le daguech dans le כ est le נ du nif’al, absorbé (§G21). À côté, נִכָּלֵם, la même forme : וְלֹא נֵבוֹשׁ וְלֹא נִכָּלֵם וְלֹא נִכָּשֵׁל. → voir Leçon 4 §G20, Leçon 4 §G21, Leçon 9 §G46
וַהֲבִיאֵנוּ= ◌נוּ+בִיאֵ+הֲ+וַ
vahavi’énou
et ramène-nous
nous ־נוּvenirה du hif’ilet
Racine : ב־ו־א · Un impératif hif’il (§G31, §G7) de la racine creuse ב־ו־א (§G44) : « fais venir », « amène », avec ־נוּ, « nous ». À ces mots, nous rassemblons les tsitsit. → voir Leçon 6 §G31, Leçon 9 §G44
וְקֵרַבְתָּנוּ= ◌נוּ+◌תָּ+קֵרַבְ+וְ
vekéravtanou
et Tu nous as rapprochés
nous ־נוּTu (passé) ־ְתָּprocheet
Racine : ק־ר־ב · Un passé du pi’el (§G11) avec ־ְתָּנוּ, « Tu … nous » (§G65). Le ר ne peut pas prendre de daguech, et la voyelle avant lui s’allonge : קֵ. → voir Leçon 2 §G11, Leçon 16 §G65
וּלְיַחֶדְךָ= ◌ךָ+יַחֶדְ+לְ+וּ
ouleya’hedekha
et proclamer Ton unité
Toi, Tonunpour, à (infinitif)et
Racine : י־ח־ד · Un infinitif du pi’el (§G23, §G11) avec ־ךָ, « Toi » (§G4) : « Te proclamer Un ». La racine de יַחַד, « ensemble », et de יָחִיד. Juste avant, la demande וְיַחֵד לְבָבֵנוּ, « unifie notre cœur », un impératif du pi’el. → voir Leçon 4 §G23, Leçon 2 §G11, Leçon 1 §G4
5Grammaire : ce que vous savez, et ce qui est nouveauדִּקְדּוּק
Les notions déjà expliquées sont rappelées en une ligne, avec l’endroit où elles sont expliquées en détail. Les notions nouvelles de cette leçon sont expliquées ici en profondeur (§G75 à §G78).
Déjà expliqué dans les leçons 1 à 18, et utilisé dans cette leçon
  • Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
  • Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
  • Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
  • Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
  • Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
  • Leçon 2 §G12 · Terminaisons sur les verbes : « nous » complément ou sujet ? : une terminaison sur un verbe désigne le complément ; -onou « nous » (complément) et -nou « nous » (sujet) se distinguent par les voyelles
  • Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
  • Leçon 3 §G16 · Le présent du hif’il : ma- … -i- : le présent du hif’il a ma- (mé-) en tête et un youd avant la dernière lettre de la racine : matir, malbich, hamékhin, hama’avir ; il signifie « fait … »
  • Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
  • Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
  • Leçon 4 §G21 · Le nif’al : quand l’action est subie par le sujet : le nif’al est le passif du verbe simple : passé et présent en ni-/nè- (nivro, nè’èmon) ; futur avec un daguech dans la première lettre de la racine (yissossém, yipossé’a’h)
  • Leçon 4 §G22 · Le hitpa’el : agir sur soi-même : le hitpa’el ajoute hit- (hiss-) devant et redouble la lettre médiane de la racine, comme le pi’el ; il signifie agir sur soi ou pour soi : lehiskayém, « se maintenir en existence »
  • Leçon 4 §G23 · L’infinitif : « faire » : l’infinitif nomme l’action elle-même et prend en général le- : la’assoss faire, la’amod se tenir, lehav’hin distinguer, lehiskayém survivre
  • Leçon 5 §G28 · Les noms avec un מ devant : beaucoup de noms se forment en plaçant un מ (ma-, mi-) devant la racine : ma’assè une action (ע־שׂ־ה, faire), mitsva un ordre (צ־ו־ה), mitsad un pas (צ־ע־ד)
  • Leçon 5 §G29 · « De moi » : מִן avec terminaisons : la préposition מִן « de » devient mi-/mé- devant un mot (§G3) et mimé- devant une terminaison : miméni de moi, méhèm d’eux
  • Leçon 6 §G31 · Ordres et demandes : l’impératif, et נָא : l’impératif est le futur sans sa lettre de tête : tedabèr → dabèr parle ! ; une forme qui nomme l’action peut aussi ordonner (omor) ; נָא fait une demande : vehaarèv no, rends doux, s’il Te plaît
  • Leçon 6 §G32 · Le vav qui renverse : vaydabèr, « et Il parla » : va- devant une forme du futur la change en passé : vaydabèr et Il parla ; ve- devant une forme du passé peut la changer en futur : vessomou et ils placeront
  • Leçon 6 §G34 · « Eux » et « nous tous » : les terminaisons de « ils », et כֹּל avec terminaisons : « eux, leur » est -hèm après une préposition (lohèm), -éhèm après un nom pluriel (pérosséhèm), -èm/-om sur un verbe ou un mot court (avorekhèm, koulom) ; כֹּל + terminaison : koulonou nous tous, koulom eux tous
  • Leçon 7 §G38 · Lire avec soin : le pessik, deux lettres semblables, et les grandes lettres : un trait vertical (pessik) marque une courte pause ; on marque une pause entre un mot qui finit par la lettre par laquelle commence le suivant (bekhol levovekho) ; le ע de שְׁמַע et le ד de אֶחָד sont écrits en grand dans la Torah
  • Leçon 9 §G44 · Les racines creuses : quand la lettre du milieu est un vav (אוֹר, מֵאִיר, טוּבוֹ) : dans les racines comme א־ו־ר (lumière) et ט־ו־ב (bon), le ו du milieu est une voyelle, pas une vraie lettre : or lumière, mé’ir éclaire (hif’il, §G16), mo’or un luminaire (מ devant, §G28), tov bon, touvo Sa bonté
  • Leçon 9 §G46 · Deux mots qui se ressemblent : נִרְאֶה, « nous verrons » et « est vu » : נִרְאֶה peut être un futur avec נ pour « nous » (§G20) : nirè « nous verrons » ; ou un nif’al (§G21) : nirè « est vu, apparaît » ; la phrase décide : בְּאוֹרְךָ נִרְאֶה אוֹר « dans Ta lumière nous verrons la lumière » ; avec ha-, הַנִּרְאֶה « ce qui se voit »
  • Leçon 10 §G49 · Une racine, une famille de mots : ב־ר־ך : une racine donne beaucoup de mots : בָּרוּךְ béni (§G13), בְּרָכָה une bénédiction, נְבָרֵךְ nous bénirons, et au hif’il הַמַּבְרִיךְ, « celui qui enfonce un sarment de vigne dans la terre » (Michna Kilayim 7:1) ; le commentaire de notre siddour relie les deux sens
  • Leçon 16 §G65 · « Tu … nous » : la terminaison ־תָּנוּ (גְּאַלְתָּנוּ, פְּדִיתָנוּ) : un verbe au passé en ־תָּ, « Tu as fait », reçoit la terminaison d’objet ־נוּ, « nous », et devient ־תָּנוּ, « Tu nous as … » : מִמִּצְרַיִם גְּאַלְתָּנוּ, « d’Égypte Tu nous as rachetés » ; Nichmat le dit sept fois de suite
  • Leçon 17 §G69 · « Tu seras exalté » : תִּתְ־, le futur du hitpa’el à la deuxième personne : un futur du hitpa’el avec ת devant, תִּתְ־, veut dire « Tu seras » ou « elle sera » ; dans Chokhen Ad, il s’adresse à Hachem : בְּפִי יְשָׁרִים תִּתְרוֹמָם, « par la bouche des hommes droits, Tu es exalté » ; avec un י devant, יִתְ־, c’est « il sera » : יִתְפָּאֵר שִׁמְךָ, « Ton Nom sera glorifié »
  • Leçon 18 §G72 · « Il S’est élevé » : נִתְ־, le passé du hitpa’el, et מִתְ־, le participe du hitpa’el : le hitpa’el (§G22) avec נִתְ־ devant est un passé, « Il S’est élevé » ; avec מִתְ־ devant, c’est un participe, « S’élevant »
§G75 Notion de grammaire Six verbes à la suite : des participes en ־ִים, et non en ־ִין

Dans Titbarakh, les anges font six choses, un verbe après l’autre, de וּמְבָרְכִים à וּמַמְלִיכִים. Les six sont des participes (§G15) au pluriel, chacun avec וּ, « et ».

Trois et trois. Les trois premiers ont מְ devant et une lettre du milieu redoublée : le pi’el (§G11). מְבָרְכִים, « bénissant » ; מְשַׁבְּחִים, « louant » ; מְפָאֲרִים, « glorifiant ». Dans מְבָרְכִים et מְפָאֲרִים, la lettre du milieu (ר et א) ne peut pas prendre de daguech, mais le schème est le même. Les trois derniers ont מַ devant et un י avant la dernière lettre de la racine : le hif’il (§G16). מַעֲרִיצִים, « proclamant puissant » ; מַקְדִּישִׁים, « proclamant saint » ; מַמְלִיכִים, « proclamant roi ».

Mem ou noun ? L’hébreu des Sages forme souvent le pluriel avec ־ִין, comme l’araméen (§G40). L’Admour Hazaken lui-même écrit ainsi dans son Choul’han Aroukh, quelques lignes plus haut (59:2) : שֶׁאֵין אָנוּ מַקְדִּישִׁין אוֹתוֹ אֶלָּא מַזְכִּירִין, « car nous ne Le sanctifions pas, nous rappelons seulement ». Mais pour la prière, il tranche (59:3) qu’on doit dire מַעֲרִיצִים וּמַקְדִּישִׁים וּמַמְלִיכִים הַכֹּל בְּמ״ם, « tout avec mem », כִּי כָּל נֻסַּח הַבְּרָכָה הוּא לְשׁוֹן מִקְרָא, « car toute la formulation de la bénédiction est la langue de l’Écriture », et l’Écriture a mem, non noun. Il ajoute que certains les disent avec noun, pour une raison qu’ils connaissent. Notre siddour imprime les six avec ־ִים ; le Siddour Séfarade les imprime avec ־ִין.

וּמְבָרְכִיםoumevarekhimet bénissentparticipe pi’el
וּמְשַׁבְּחִיםoumechabe’himet louentparticipe pi’el
וּמַקְדִּישִׁיםoumakdichimet sanctifientparticipe hif’il
מַקְדִּישִׁיןmakdichinsanctifiant (forme des Sages)pluriel en ־ִין (59:2)
§G76 Notion de grammaire « L’un l’autre » : זֶה מִזֶּה et זֶה לָזֶה

L’hébreu n’a pas de mot unique pour « l’un l’autre ». Il dit « celui-ci … celui-ci », et le petit mot du milieu indique la direction.

זֶה מִזֶּה, « l’un de l’autre » : les anges prennent sur eux le joug des cieux זֶה מִזֶּה, chacun le recevant de l’autre. מִן, « de » (§G29), joint à זֶה.

זֶה לָזֶה, « l’un à l’autre » : ils se donnent la permission זֶה לָזֶה. Ici לְ, « à », avec un kamats devant le ז.

Dans les versets. Yecha’ya dit des séraphins : וְקָרָא זֶה אֶל זֶה וְאָמַר, « et l’un appelait l’autre et disait » (Yecha’ya 6:3). Yé’hezkel emploie une autre paire pour les ailes des ’hayot : אִשָּׁה אֶל אֲחוֹתָהּ, littéralement « une femme vers sa sœur », c’est-à-dire « l’une contre l’autre » (Yé’hezkel 3:13). Là, les mots sont au féminin parce que כָּנָף, « aile », est féminin. De la même façon, l’hébreu peut dire אִישׁ … אָחִיו, « un homme … son frère », pour des mots masculins.

זֶה מִזֶּהzé mizél’un de l’autreמִן + זֶה
זֶה לָזֶהzé lazél’un à l’autreלְ + זֶה
זֶה אֶל זֶהzé el zél’un vers l’autreYecha’ya 6:3
אִשָּׁה אֶל אֲחוֹתָהּicha el a’hotal’une vers l’autre (féminin)Yé’hezkel 3:13
§G77 Notion de grammaire Huit paires : un participe ou un nom, puis un pluriel en ־וֹת

Après כִּי הוּא לְבַדּוֹ מָרוֹם וְקָדוֹשׁ, LaKel Baroukh a une liste construite sur un même plan, deux mots à la fois : huit paires, de פּוֹעֵל גְּבוּרוֹת à אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת.

Le premier mot dit ce qu’Il fait ou ce qu’Il est. La plupart sont des participes (§G15) : פּוֹעֵל, « accomplissant » ; עוֹשֶׂה, « faisant », d’une racine en ה (§G48) ; זוֹרֵעַ, « semant », avec un patah furtif (§G19) ; בּוֹרֵא, « créant ». מַצְמִיחַ est un participe hif’il (§G16), « faisant germer » ; נוֹרָא est un participe nif’al (§G21), « craint, redoutable ». Deux sont des noms : בַּעַל et אֲדוֹן, « maître ».

Le second mot est un pluriel féminin en ־וֹת. Ainsi גְּבוּרוֹת, « actes de puissance » ; חֲדָשׁוֹת, « choses nouvelles » ; מִלְחָמוֹת, « combats » ; צְדָקוֹת, « actes de justice » ; יְשׁוּעוֹת, « délivrances » ; רְפוּאוֹת, « guérisons » ; תְהִלּוֹת, « louanges » ; הַנִּפְלָאוֹת, « les merveilles ». Chaque paire est une petite chaîne (§G10) : « Auteur des actes de puissance », « Maître des combats ». Un masculin singulier ne change pas de forme dans une chaîne ; seul le sens le montre.

Dix louanges. La liste se termine ensuite par הַמְחַדֵּשׁ בְּטוּבוֹ, « qui dans Sa bonté renouvelle ». Le commentaire ’Habad compte dix expressions de louange après מָרוֹם, en commençant par קָדוֹשׁ, et les met en regard des dix Sefirot (voir la partie sur le sens).

פּוֹעֵל גְּבוּרוֹתpoèl guevourotqui accomplit des prodigesparticipe + ־וֹת
מַצְמִיחַ יְשׁוּעוֹתmatsmia’h yechou’otqui fait germer les délivrancesparticipe hif’il + ־וֹת
נוֹרָא תְהִלּוֹתnora tehilotredoutable en louangesparticipe nif’al + ־וֹת
אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹתadon haniflaotMaître des merveillesnom + ־וֹת
§G78 Notion de grammaire Apprendre et enseigner : ל־מ־ד au kal et au pi’el, et une chaîne d’infinitifs

Une racine, deux sens. Au schème simple (kal), ל־מ־ד veut dire « apprendre » : לִלְמֹד. Au pi’el (§G11), avec une lettre du milieu redoublée, il veut dire « enseigner » : לְלַמֵּד, « faire apprendre ». Ahavat Olam emploie les deux : וַתְּלַמְּדֵם, « et Tu leur as enseigné » (un pi’el avec le vav qui renverse, §G32), et וּתְלַמְּדֵנוּ, « et enseigne-nous ». Le nom תַלְמוּד, dans דִּבְרֵי תַלְמוּד תּוֹרָתֶךָ, vient de la même racine ; de même תַּלְמִיד, « un élève ».

Une chaîne d’infinitifs. Puis la bénédiction demande l’intelligence par huit infinitifs (§G23) à la suite, chacun avec לְ (montrés ici sans les virgules) : לְהָבִין וּלְהַשְׂכִּיל לִשְׁמֹעַ לִלְמֹד וּלְלַמֵּד לִשְׁמֹר וְלַעֲשׂוֹת וּלְקַיֵּם. Ils sont de schèmes différents :

  • לְהָבִין, hif’il de la racine creuse ב־י־ן (§G44), « comprendre » ; לְהַשְׂכִּיל, hif’il, « saisir ».
  • לִשְׁמֹעַ et לִלְמֹד et לִשְׁמֹר : le schème simple, avec ־ֹ avant la dernière lettre.
  • לְלַמֵּד et לְקַיֵּם : pi’el, « enseigner » et « accomplir ». קַיֵּם est le pi’el de la racine creuse ק־ו־ם, avec un י redoublé à la place du ו.
  • לַעֲשׂוֹת : une racine en ה (§G48), dont l’infinitif se termine en ־וֹת.

L’ordre monte de l’esprit à l’acte : comprendre, écouter, apprendre, enseigner, garder, faire, accomplir.

לִלְמֹדlilmodapprendreinfinitif kal
וּלְלַמֵּדoulelamèdet enseignerinfinitif pi’el
וַתְּלַמְּדֵםvatelamedemet Tu leur as enseignépi’el + vav qui renverse
וּלְקַיֵּםoulekayèmet accomplirpi’el de ק־ו־ם

Petits mots dans cette leçon

MotTranslittérationSensRacineGrammaire
כֻּלָּםkoulamtous—Neuf fois dans Titbarakh, comme dans כֻּלָּם אֲהוּבִים et dans וְכֻלָּם עֹשִׂים (§G34).
יַחַדya’hadensembleי־ח־דוּמַשְׁמִיעִים בְּיִרְאָה יַחַד : les anges proclament ensemble.
לְעֻמַּתle’oumatface à—מִתְנַשְּׂאִים לְעֻמַּת הַשְּׂרָפִים ; avec « eux » : לְעֻמָּתָם.
כָּאָמוּרkaamourcomme il est ditא־מ־רAvant un verset : כָּאָמוּר, puis le verset לְעֹשֵׂה אוֹרִים גְּדֹלִים.
בַּעֲבוּרba’avourpour l’amour de—בַּעֲבוּר שִׁמְךָ הַגָּדוֹל וּבַעֲבוּר אֲבוֹתֵינוּ.
כֵּןkènainsi—כֵּן תְּחָנֵּנוּ : comme Tu as enseigné nos pères, ainsi fais-nous grâce.
מֵעַלméalde dessus—Dans מֵעַל צַוָּארֵנוּ, le mot est formé de מִן + עַל, « de sur ».
קוֹמְמִיּוּתkomemiyoutla tête hauteק־ו־םוְתוֹלִיכֵנוּ מְהֵרָה קוֹמְמִיּוּת לְאַרְצֵנוּ : debout, de la racine de קוּם, « se lever ».
Mots qui reviennent : à retenir
Vous rencontrerez ces mots encore et encore dans le siddour.
קָדוֹשׁ kadoch · saint
בּוֹרֵא קְדוֹשִׁים (par. 1) ; קָדוֹשׁ הוּא (par. 1) ; מָרוֹם וְקָדוֹשׁ (par. 5) ; בְשֵׁם קָדְשְׁךָ (par. 6)
אַהֲבָה ahava · amour
בְּאַהֲבָה רְשׁוּת (par. 1) ; אַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתָּנוּ (par. 6) ; לְאַהֲבָה וּלְיִרְאָה (par. 6) ; בְּעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבָה (par. 6)
יִרְאָה yir’a · crainte
וּמַשְׁמִיעִים בְּיִרְאָה (par. 1) ; בְּאֵימָה וּבְיִרְאָה (par. 1) ; וְאוֹמְרִים בְּיִרְאָה (par. 1) ; וּלְיִרְאָה אֶת שְׁמֶךָ (par. 6)
מֶלֶךְ mélekh · roi
וּמֶלֶךְ עוֹלָם (par. 1) ; הַמֶּלֶךְ הַגָּדוֹל (par. 1) ; עֹל מַלְכוּת שָׁמַיִם (par. 1) ; לָמֶלֶךְ אֵל חַי (par. 5) ; אָבִינוּ מַלְכֵּנוּ (par. 6)
שֵׁם chèm · nom
יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ (par. 1) ; אֶת שֵׁם הָאֵל (par. 1) ; בַּעֲבוּר שִׁמְךָ הַגָּדוֹל (par. 6) ; וּלְאַהֲבָה אֶת שְׁמֶךָ (par. 6)
עוֹלָם olam · monde ; éternité
בְּרוּם עוֹלָם (par. 1) ; אַהֲבַת עוֹלָם (par. 6) ; לְעוֹלָם וָעֶד (par. 6) ; כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ (par. 5)
6Révisionחֲזָרָה
  1. Combien de bénédictions entourent le Chema le matin et le soir, selon la Michna (Berakhot 1:4) ? Sur quel verset les Sages se sont-ils appuyés, selon l’Admour Hazaken (59:1) ?
  2. Pourquoi celui qui prie seul peut-il dire la Kedoucha de Yotser, mais pas celle de la répétition de la Amida (59:2) ? Que dit l’Admour Hazaken sur le fait d’être assis ?
  3. Quels deux prophètes nous donnent les mots de la Kedoucha ? Quel verset chacun donne-t-il ?
  4. Pourquoi l’Admour Hazaken dit-il que répondre Kadoch est comme la fin d’une bénédiction (59:5) ? Où commencent les « nouvelles bénédictions » ?
  5. Les six verbes de וּמְבָרְכִים à וּמַמְלִיכִים doivent-ils finir par mem ou par noun ? Pourquoi, selon 59:3 ? Lesquels sont au pi’el et lesquels au hif’il ? → voir §G75
  6. Quelle phrase sur une « lumière nouvelle » d’autres siddourim ajoutent-ils avant יוֹצֵר הַמְּאוֹרוֹת ? Quels sont les deux avis que rapporte l’Admour Hazaken (59:6), et que fait notre siddour ?
  7. Ahavat Olam ou Ahava Rabba ? Que disent le Talmud (Berakhot 11b) et l’Admour Hazaken (60:1), et quel verset appuie Ahavat Olam ?
  8. À quels mots rassemblons-nous les tsitsit, et dans quel ordre, selon HaYom Yom ? Quel lien voit le commentaire ’Habad ?
  9. Quels souvenirs l’Admour Hazaken trouve-t-il à la fin d’Ahavat Olam (60:4) ?
  10. Pourquoi les ofanim et les ’hayot font-ils « un grand fracas », alors que les séraphins non, selon le commentaire ’Habad ?
  11. Pourquoi ces bénédictions sont-elles appelées « les bénédictions du Chema », selon le Tanya, chapitre 49 ?
  12. Trouvez deux façons de dire « l’un l’autre » dans Titbarakh. Comment Yecha’ya et Yé’hezkel le disent-ils ? → voir §G76
  13. Dans LaKel Baroukh, associez chaque participe ou nom à son pluriel en ־וֹת. Puis trouvez les huit infinitifs d’Ahavat Olam, et la différence entre לִלְמֹד et וּלְלַמֵּד. → voir §G77, §G78
Que l’amour d’Ahavat Olam nous porte jusqu’au Chema.
Ces leçons sont destinées à l’étude et à la discussion. Pour toute question de halakha pratique, y compris la manière de dire la Kedoucha quand on prie seul et le moment et la manière de rassembler les tsitsit, consultez votre rav.