Le Yotser du Chabbat : HaKol Yodoukha, Kel Adon et LaKel Acher Chavat
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Après Yichtaba’h et Barekhou vient la bénédiction יוֹצֵר אוֹר, la même qu’en semaine. Puis, le Chabbat, le texte change : HaKol Yodoukha, « Tous Te rendront grâce », avec Ein Arokh ; Kel Adon, le piyout en alef-beit des luminaires ; et LaKel Acher Chavat, où « le septième jour loue ». Je montre pourquoi le texte du Chabbat est différent, comment Kel Adon est mesuré lettre par lettre, ce que dit le Midrach sur le septième jour, et, d’après l’Admour Hazaken tel que le commentaire ’Habad le rapporte, pourquoi le Chabbat chaque lettre devient une phrase entière. Nous nous arrêtons avant תִּתְבָּרֵךְ, qui fera la leçon 19.
Où nous en sommes : le Kaddich, Barekhou, et la bénédiction de la lumière
La leçon 17 s’est terminée par Yichtaba’h, la bénédiction qui clôt les Pessouké deZimra. Ensuite le ’hazan dit le demi-Kaddich (leçon 8) et proclame בָּרְכוּ, « Bénissez Hachem, Celui qui est béni », l’assemblée répond, et le ’hazan répète : « Béni soit Hachem, Celui qui est béni, à tout jamais. » Avec cela commencent les bénédictions qui précèdent le Chema. Le Kol Bo (37) donne l’ordre du Chabbat en quelques mots : « Kaddich court. Barekhou. Et on commence par Yotser. » L’Aboudarham, sur le Chabbat matin, dit simplement que le ’hazan dit le Kaddich et Barekhou « comme nous les avons écrits dans la prière de semaine ».
Trois lois brèves, seulement pour comprendre ce qui se passe ; en pratique, demandez à votre rav. Barekhou demande un minyane. L’Admour Hazaken (55:2) : « Toute parole de sainteté, comme le Kaddich, Barekhou ou la Kedoucha, ne peut être récitée qu’en présence de [un quorum de] dix [hommes adultes] » (traduit de l’anglais). On ne parle pas entre les deux (54:3) : « Entre le Kaddich et Barekhou, on ne peut faire aucune interruption. À plus forte raison entre Barekhou et [la bénédiction] Yotser Or, tant pour le chalia’h tsibour lui-même que pour l’assemblée [qui prie] avec lui » (traduit de l’anglais). Et notre siddour ajoute en petits caractères, après la réponse : ואין עונין אחריו אמן, « et on ne répond pas Amen après lui ».
Puis vient la bénédiction יוֹצֵר אוֹר, « qui forme la lumière », la même qu’en semaine, mot pour mot. Nous l’avons apprise dans la leçon 9 : elle est bâtie sur Yecha’ya 45:7, « qui forme la lumière et crée l’obscurité, qui fait la paix et crée le mal », avec « toutes choses » à la place du mot du prophète, « le mal ». Notre siddour écrit même עֹשֶׂה sans vav, comme le verset. Ce qui change le Chabbat, c’est ce qui suit, et c’est l’objet de cette leçon. Nous nous arrêtons à יְפָאֲרוּךָ סֶּלָה ; les mots suivants, תִּתְבָּרֵךְ צוּרֵנוּ, ouvrent la leçon 19.
קדיש קצר. ברכו. ופותח ביוצר.ואומר שליח צבור קדיש וברכו כמו שכתבנום בתפלת החול.בָּרְכוּ אֶת יְיָ הַמְבֹרָךְ:בָּרוּךְ יְיָ הַמְבֹרָךְ לְעוֹלָם וָעֶד:
Kol Bo, siman 37 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kol_Bo.37.7
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 55:2 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · anglais ; cité · chabad.org/…/3285931
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 54:3 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · anglais ; cité · chabad.org/…/3285920
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yotzeir Or » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la bénédiction (lettres comparées par script) ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1529893
Tehilim 104:24, 145:10, 78:23, 19:6, 92:1-2, 150:6 ; Yecha’ya 45:7, 58:13 ; Chemouel I 2:2 ; Berechit 2:2 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.104.24
Pourquoi le Yotser du Chabbat est différent
En semaine, après les premiers mots de la bénédiction, nous disons הַמֵּאִיר לָאָרֶץ, « qui éclaire la terre », puis אֵל בָּרוּךְ (leçon 9). Le Chabbat, trois passages prennent leur place : הַכֹּל יוֹדוּךָ, « Tous Te rendront grâce » ; אֵל אָדוֹן, « D.ieu, Maître » ; et לָאֵל אֲשֶׁר שָׁבַת, « À D.ieu qui s’est reposé ». Les lignes de semaine de הַמֵּאִיר jusqu’à בַּעֲדֵנוּ sont toujours dites, à l’intérieur de HaKol Yodoukha.
L’Admour Hazaken (Choul’han Aroukh HaRav 281:2) décrit les ajouts du Chabbat matin : « Ensuite, on commence [la bénédiction] Yotser Or ; et les passages Hakol yodoukha, Kel Adon et LaKel acher chavat [sont ajoutés], chaque endroit selon sa coutume » (traduit de l’anglais). Le traducteur note : « L’ajout de ces passages est mentionné dans le Zohar, vol. II, p. 205b » (traduit de l’anglais ; cité d’après la note). Puis l’Admour Hazaken ajoute une phrase surprenante : « Néanmoins, tout cela est facultatif, non obligatoire. Si on le désire, on n’a pas besoin de les dire du tout, à l’exception de LaKel acher chavat. [Ce passage est obligatoire, et] même si on a oublié de le dire au milieu de ses prières, il convient de le dire ensuite, puisqu’il raconte la louange du Chabbat » (traduit de l’anglais).
Le seul passage obligatoire est donc LaKel Acher Chavat, parce qu’il dit la louange du Chabbat. Notre siddour imprime la même loi dans une note en bas de cette page, avec sa fin : si on s’en est souvenu pendant la prière, même avant de finir la bénédiction Yotser, on ne revient pas au début de la bénédiction pour lui. Le traducteur explique (note 12) qu’il s’agit de celui qui « a récité la bénédiction Yotser Or à la manière de la semaine, mais s’est aperçu de son erreur avant d’achever la bénédiction » (traduit de l’anglais). Que faire dans un tel cas, demandez à votre rav.
L’Aboudarham, lui aussi, introduit LaKel Acher Chavat par les mots « et il y a des endroits où l’on a coutume de dire ». Et notre siddour rappelle que ces passages sont pour le Chabbat seul : quand Yom Tov tombe en semaine, il écrit en petits caractères « on dit ici הַמֵּאִיר לָאָרֶץ », le texte de semaine.
וּמִכָּל מָקוֹם, אֵין כָּל זֶה חוֹבָה אֶלָּא רְשׁוּת … מִלְּבַד "לָאֵל אֲשֶׁר שָׁבַת", שֶׁאַף אִם שָׁכַח לְאָמְרוֹ בְּתוֹךְ הַתְּפִלָּה – נָכוֹן לְאָמְרוֹ אַחַר הַתְּפִלָּה … הוֹאִיל וְהוּא מְדַבֵּר בְּשֶׁבַח הַשַּׁבָּתשכח לומר לאל אשר שבת בתוך התפלה נכון לאומרו אחר התפלה הואיל והוא מדבר בשבח השבת ומכל מקום אם נזכר בתוך התפלה אפילו קודם שסיים ברכת יוצר לא יחזור לראש הברכה בשבילוכשחל יום טוב בחול אומרים כאן המאיר לארץויש מקומות שנוהגין לומר לאל אשר שבת מכל המעשים
Zohar, vol. II, 205b · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 170-173 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
HaKol Yodoukha : des versets, et des mots qu’on a comptés
L’Aboudarham montre que HaKol Yodoukha est tissé de versets. « Tous Te rendront grâce », d’après « Toutes Tes œuvres Te rendront grâce, Hachem » (Tehilim 145:10). « Et tous diront : nul n’est saint comme Hachem », d’après le chant de ’Hanna (Chemouel I 2:2). « Qui ouvre chaque jour les portes des portails de l’orient », d’après « et Il ouvrit les portes du ciel » (Tehilim 78:23) ; et il explique : « c’est-à-dire qu’Il ouvre les portails de l’orient, et le soleil sort ». Les lignes de הַמֵּאִיר jusqu’à בַּעֲדֵנוּ, dit-il, « nous les avons expliquées dans le Yotser de semaine » (leçon 9).
Le Kol Bo (37) compte les mots. De ובוקע à שבתה, neuf mots ; de ומאיר à הרחמים, sept, « correspondant aux sept jours de la semaine » ; de המאיר à בראשית, douze, « correspondant aux douze constellations et aux douze tribus ». J’ai compté ces trois passages dans notre siddour : ils font bien neuf, sept et douze. Il compte aussi tout le passage jusqu’à Kel Adon comme 113 mots ; dans la formulation de notre siddour, j’en compte 116 : ce nombre appartient donc au texte qu’il avait.
Vient ensuite אֵין עֲרוֹךְ לְךָ, « Nul ne T’est comparable ». Il dit la même chose quatre fois, en quatre expressions : nul comparable, nul hormis Toi, rien sauf Toi, qui est comme Toi. L’Aboudarham : « Ces quatre expressions ont été dites en correspondance avec ce monde-ci, le monde futur, les jours du Machia’h et la résurrection des morts, comme il l’explique ensuite. » Et en effet la seconde moitié du paragraphe les redit, chacune avec son temps. Notre siddour, comme l’Aboudarham, associe les quatre aux quatre temps (§G73).
הכל יודוך על שם יודוך ה' כל מעשיך.והכל יאמרו אין קדוש כה' על שם אין קדוש כה'.האל הפותח בכל יום דלתות שערי מזרח על שם ודלתי שמים מי פתח כלומר פותח שערי מזרח ויוצא השמש.ומן ובוקע עד שבתה ט׳ תיבות … ומן ומאיר עד הרחמי׳ ז׳ תיבות נגד ז׳ ימי השבוע … מהמאיר עד בראשית י״ב תיבות נגד י״ב מזלות ונגד י״ב שבטים.ונאמרו אלו הארבעה לשונות כנגד העולם הזה והעולם הבא וימות המשיח ותחיית המתים כמו שמפרש והולך.
Kol Bo, siman 37 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kol_Bo.37.7
Tehilim 104:24, 145:10, 78:23, 19:6, 92:1-2, 150:6 ; Yecha’ya 45:7, 58:13 ; Chemouel I 2:2 ; Berechit 2:2 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.104.24
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 170-173 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Kel Adon : un alef-beit mesuré mot par mot
Kel Adon est un alef-beit. Chaque phrase commence par la lettre suivante, du א de אֵל au ת de תִּפְאֶרֶת. Dans la partie Le texte, chaque lettre a sa propre ligne, pour qu’on les voie. Une seule lettre semble différente : la place du ס est prise par שְׂמֵחִים, « joyeux », écrit avec un שׂ, qui se prononce comme ס ; c’est ma propre remarque.
Les mots sont mesurés aussi. L’Aboudarham : « Kel Adon al kol hamaassim : tu trouves dans le premier vers dix mots », cinq et cinq ; « et les vers du milieu, de גדלו וטובו jusqu’à שבח נותנים לו, ont huit mots dans chaque vers, soixante-douze en tout ; et le dernier vers a douze mots » ; et il y voit l’allusion « que par le Nom de soixante-douze lettres, Il a donné la Torah, qui contient les Dix Commandements, aux douze tribus d’Israël ». Le Kol Bo (37) rapporte les mêmes nombres avec d’autres allusions. J’ai compté dans notre siddour : cinq mots pour א et pour ב, quatre pour chaque lettre de ג à ר, six pour ש et pour ת. Dix, soixante-douze, douze (§G71).
Une petite différence de texte. Dans la dernière ligne, l’Aboudarham lit « les séraphins et les ofanim et les ’hayot saintes », et ajoute : « certains lisent : les séraphins et les ’hayot et les ofanim saints ». Notre siddour a la seconde lecture, שְׂרָפִים וְחַיּוֹת וְאוֹפַנֵּי הַקֹּדֶשׁ. Les deux ont six mots.
Sur la lune, l’Aboudarham lit la ligne avec la précédente : quand Hachem appela le soleil et vit que les gens viendraient à l’adorer, « alors Il fixa la forme de la lune, afin qu’ils s’abstiennent de s’égarer après lui, car ils verraient qu’ils sont deux ». Il dit que cela se trouve dans le Yerouchalmi et dans Berechit Rabba (cité d’après lui).
אל אדון על כל המעשים תמצא בחרוז ראשון עשר תיבות … והחרוזים האמצעיים מן גדלו וטובו יש עד שבח יתנו לו בכל חרוז שמונה תיבות סך הכל ע"ב. וחרוז אחרון יש בו שנים עשר תיבות … לרמוז שעל ידי שם של ע"ב אותיות מסר את התורה שיש בה עשרת דברות לשנים עשר שבטי ישראלאל אדון מיוסד באלפא ביתא ובראשונ׳ עשרה תיבות נגד עשרת הדברות ובאחרונה י״ב תיבות נגד י״ב מזלות נשארו תשעה אמצעיים שבכל אחד ח׳ תיבות שהן ע״בויש גורסים שרפים וחיות ואופני קדש.כשקרא לשמש וראה שיבואו בני העולם לטעות אחריו לעבדו אז התקין צורת הלבנה כדי שימנעו מלטעות אחריו כי יראו שהם שנים
Kol Bo, siman 37 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kol_Bo.37.7
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 170-173 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Yerouchalmi ; Berechit Rabba, sur le soleil et la lune · cité d’après l’Aboudarham ; non consulté

« Et le septième jour loue »
LaKel Acher Chavat dit : « Et le septième jour loue et dit : Psaume, chant pour le jour du Chabbat. » Qui parle ? Voici ce que j’ai trouvé, dans l’ordre des sources.
Berechit Rabba (22:13). Après que Caïn eut fait techouva, Adam vit « telle est la force de la techouva, et je ne le savais pas », et « aussitôt Adam se leva et dit : Psaume, chant pour le jour du Chabbat ». Rabbi Lévi : « Ce psaume, Adam l’a dit, il fut oublié de sa génération, et Moché vint et le renouvela en son propre nom. » Dans Berechit Rabba, c’est donc Adam qui chante ; le Midrach ne dit pas là que le jour lui-même a chanté. Nous avons appris ce Midrach dans la leçon 12.
Midrach Tehilim (92). Adam fut jugé le jour même de sa création, et « le jour du Chabbat vint et devint son défenseur ». Puis : « Quand Adam vit la force du Chabbat, Adam vint dire un hymne au Chabbat : Psaume, chant pour le jour du Chabbat. Le Chabbat lui dit : C’est à moi que tu dis un hymne ? Toi et moi, disons un hymne au Saint, béni soit-Il, comme il est dit : Il est bon de rendre grâce à Hachem. »
Le Kol Bo (37), d’après Rabbi Natan. Le premier vendredi soir, Hachem siégea sur Son trône de gloire et y fit asseoir l’ange du Chabbat : « et c’est “Il a revêtu de splendeur le jour du repos” ». Quand l’ange du Chabbat entendit qu’il est bon aux yeux d’Hachem de chanter, il s’écria « Il est bon de rendre grâce à Hachem », et tous répondirent « et de chanter Ton Nom, Très-Haut ». « C’est la louange du septième jour. » Et « c’est pourquoi toutes Ses créatures glorifieront et béniront » : ce sont les anges qui ont répondu. Notre siddour a les mots mêmes de cette lecture : טוֹב לְהוֹדוֹת לַיְיָ après le premier verset du psaume, et le mot וִיבָרְכוּ.
L’Aboudarham. « C’est-à-dire que c’est le Chabbat qui a dit ce psaume, et le roi David l’a su par prophétie, ou bien il l’a composé au nom du Chabbat, comme s’il parlait et disait ainsi. »
Le Baal Chem Tov. Le Sefat Emet (Bo) rapporte « les paroles du saint Rav de Mezhibouj sur la parole “Et le septième jour loue et dit” : que le jour lui-même est ce qui éveille la louange du Créateur » (cité d’après lui). Sur mizmor chir leyom haChabbat et le Chabbat du vendredi soir comme état d’élévation, voir la leçon 12 (Torah Or, Yitro 73b-c).
מִיָּד עָמַד אָדָם הָרִאשׁוֹן וְאָמַר (תהלים צב, א): מִזְמוֹר שִׁיר לְיוֹם הַשַּׁבָּת וגו'.אָמַר רַבִּי לֵוִי הַמִּזְמוֹר הַזֶּה אָדָם הָרִאשׁוֹן אֲמָרוֹ וְנִשְׁתַּכַּח מִדּוֹרוֹ וּבָא משֶׁה וְחִדְּשׁוֹ עַל שְׁמוֹבא יום שבת נעשה לו סניגור … כיון שראה אדם כחה של שבת בא אדם לומר הימנון לשבת מזמור שיר ליום השבת. אמר לו השבת לי אתה אומר הימנון אני ואתה נאמר הימנון להקב"ה שנאמר טוב להודותלכל בריה ובריה ברא הקב״ה שר ובליל שבת בראשית ישב על כסא כבודו … וזהו תפארת עטה ליום המנוחה שכבוד גדול עשה לו שהושיבו על כסאו לפני כל השרים. … כיון ששמע שר של שבת שטוב בעיני ה׳ לומר שירה מיד ירד מן הכסא וצוח טוב להודות לה׳. … זהו שבח של יום השביעי אותו הכבוד שעשה לו הקב״ה זהו שבחו.ויום השביעי משבח ואומר מזמור שיר ליום השבת כלומר שהשבת היא שאמרה זה המזמור ודוד המלך ידע זה בדרך נבואה או עשאו על שם שבת כאלו היא מדברת ואומרת כךלפי דברי הרב הקדוש ממעזעבוז ז"ל על מאמר ויום השביעי משבח ואומר כי היום עצמו הוא המעורר לשבח להבורא ית'
Midrash Tehilim 92 (sections 1-2) · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Midrash_Tehillim.92.2
Kol Bo, siman 37 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kol_Bo.37.7
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
Sefat Emet, Chemot, Bo (Sefaria : Bo 9:4) · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Sefat_Emet,_Exodus,_Bo.9.4
Le Baal Chem Tov, sur « Et le septième jour loue » · cité d’après le Sefat Emet ; non consulté
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 170-173 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même

« Tous » : le monde entier, chaque jour
Comptez le mot הַכֹּל dans les premières lignes : tous Te rendront grâce, tous Te loueront, tous diront, tous T’exalteront, et Il est יוֹצֵר הַכֹּל, le Créateur de tout. La bénédiction vient de se terminer par וּבוֹרֵא אֶת הַכֹּל, « et crée toutes choses », et HaKol Yodoukha reprend ce dernier mot et le retourne : Il a tout fait, donc tous Lui rendront grâce. Ce lien est ma propre remarque.
Puis le tableau d’un matin. Hachem ouvre « chaque jour » les portes des portails de l’orient et fend les fenêtres du firmament ; Il fait sortir le soleil et la lune ; Il éclaire le monde entier, « qu’Il a créé par l’attribut de miséricorde ». Puis les lignes de semaine reviennent : « dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour, continuellement, l’œuvre de la création » (leçon 9). Le Chabbat, le jour où Hachem S’est reposé de créer, nous disons encore qu’Il la renouvelle chaque jour.
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
Quatre noms pour quatre temps
Dans Ein Arokh, chacun des quatre temps a son propre nom d’Hachem, et l’Aboudarham explique chacun. Dans ce monde, « Hachem notre D.ieu », « parce que ce monde a été créé par l’attribut de miséricorde et l’attribut de rigueur ». Pour le monde futur, « notre Roi », d’après le verset « et Hachem sera Roi sur toute la terre ». Pour les jours du Machia’h, « notre Libérateur », « parce qu’Il nous libérera aux jours du Machia’h de l’asservissement des royaumes ». Pour la résurrection des morts, « notre Sauveur », « parce que c’est un grand salut, et il n’y en a pas de semblable ».
La première ligne dit tout d’un coup, en bref ; les lignes suivantes le redisent, chacune avec son temps. La grammaire de ces quatre façons de dire « Toi seul » est au §G73.
ואמר ה' אלקינו לפי שהעולם הזה נברא במדת רחמים ובמדת הדיןואמר מלכנו על שם והיה ה' למלך על כל הארץאמר כאן גואלנו לפי שהוא יגאלנו לימות המשיח משעבוד מלכיותולכך אמר מושיענו שהיא ישועה גדולה ואין דומה לה
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 170-173 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Kel Adon : au-dessus du Char, puis le soleil et la lune
Kel Adon a deux moitiés. De א à ח, il parle d’Hachem Lui-même : Maître de toutes les œuvres, béni par toute âme, Sa grandeur remplissant le monde, élevé au-dessus des ’hayot saintes et du Char, avec le mérite et la droiture devant Son trône. À partir de ט, il parle des luminaires : bons sont les luminaires qu’Il a créés, formés avec connaissance, dotés de la force de dominer.
Puis il les décrit comme s’ils étaient vivants : « joyeux à leur sortie et heureux à leur rentrée, ils font avec crainte la volonté de leur Créateur ». L’Aboudarham relie « joyeux » au verset sur le soleil, « comme un époux qui sort de sous son dais » (Tehilim 19:6), et ajoute : « et l’intention est qu’ils ne se lassent pas et ne se fatiguent pas ». Chaque matin et chaque soir, le même trajet, et toujours avec joie et avec crainte.
Et à la fin, l’armée d’en haut loue aussi : séraphins, ’hayot et ofanim saints. Du monde d’en bas au monde d’en haut, tout loue ; c’est l’histoire de Kel Adon.
שמחים בצאתם ששים בבואם על שם והוא כחתן יוצא מחפתו שהוא שמח והכוונה בזה כי לא ייעפו ולא ייגעו.
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
Tehilim 104:24, 145:10, 78:23, 19:6, 92:1-2, 150:6 ; Yecha’ya 45:7, 58:13 ; Chemouel I 2:2 ; Berechit 2:2 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.104.24
« Qui S’est reposé de toutes les œuvres »
L’Aboudarham remarque le lien entre les deux piyoutim : « parce que plus haut il a dit “Maître de toutes les œuvres”, ici il dit “qui S’est reposé de toutes les œuvres” ». Les mots viennent de la Torah : « et Il Se reposa le septième jour de tout Son ouvrage » (Berechit 2:2).
« Le septième jour, Il S’est élevé et S’est assis sur le trône de Sa gloire. » L’Aboudarham explique נִתְעַלָּה : Il S’est élevé au-dessus de tout ce qu’Il avait fait pendant les six jours ; et « S’est assis sur le trône de Sa gloire », libre de tout ouvrage, « et c’est par voie de parabole, ce que l’oreille peut entendre ». Puis deux images de notre propre Chabbat. « Il a revêtu de splendeur le jour du repos » : « comme les habits de Chabbat ne ressemblent pas à ceux de semaine ». « Il a appelé le jour du Chabbat un délice », le mot de Yecha’ya 58:13 : « de même qu’il faut honorer le Chabbat par les habits, il faut l’honorer par la nourriture et la boisson ».
Puis le septième jour lui-même loue (voir la partie historique), et ainsi « toutes Ses créatures » glorifient et bénissent. Le paragraphe se termine par le don : Hachem donne le repos en héritage à Son peuple Israël.
ולפי שאמר למעלה אל אדון על כל המעשים אמר כאן לאל אשר שבת מכל המעשים.נתעלה על כל מה שעשה בששת ימי'.וישב על כסא כבודו שהיה פנוי ממלאכה וזה דרך משל מה שהאוזן יכולה לשמוע.תפארת עטה ליום המנוחה כמו שאין בגדי שבת דומין לשל חולעונג קרא ליום השבת כלומר שכשם שצריך לכבד שבת במלבושים כך צריך לכבדו במאכל ומשתה.
Tehilim 104:24, 145:10, 78:23, 19:6, 92:1-2, 150:6 ; Yecha’ya 45:7, 58:13 ; Chemouel I 2:2 ; Berechit 2:2 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.104.24
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 170-173 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot, et les notes du siddour lui-même
Retour à la lumière
Les dernières lignes s’adressent directement à Hachem : « Ton Nom … sera sanctifié, et Ton souvenir, notre Roi, sera glorifié », dans les cieux et sur la terre. Et elles se terminent là où la bénédiction a commencé, par la lumière : « pour les luminaires de lumière que Tu as formés, qu’ils Te glorifient, sélah ». La bénédiction s’est ouverte par יוֹצֵר אוֹר, « qui forme la lumière » ; ici, שֶׁיָּצַרְתָּ, « que Tu as formés », la même racine ; cet écho est ma propre remarque. L’Aboudarham dit seulement de ces lignes qu’elles ont été expliquées dans le Yotser de semaine.
Ici s’arrête cette leçon. Les mots suivants, תִּתְבָּרֵךְ צוּרֵנוּ, et la Kedoucha des anges, sont les mêmes qu’en semaine, et ils feront la leçon 19.
כמו שפירשנו ביוצר של חול
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
Le Chabbat, chaque lettre devient une phrase
En semaine, la bénédiction de Yotser a aussi un alef-beit : אֵל בָּרוּךְ גְּדוֹל דֵּעָה, un mot pour chaque lettre (leçon 9). Le Chabbat, au même endroit, nous disons Kel Adon, où chaque lettre ouvre une phrase entière. Pourquoi le Chabbat a-t-il besoin d’un alef-beit plus long ?
Le commentaire ’Habad du siddour en ligne de Chabad.org explique d’abord pourquoi la bénédiction de semaine est un alef-beit : « Ce paragraphe de louange contient des mots commençant par chacune des 22 lettres de l’alphabet hébraïque, parce que ces 22 lettres sont le moyen par lequel la vitalité divine est attirée dans le monde » (traduit de l’anglais). Puis il compare les deux jours : « En semaine, le passage contient un mot pour chaque lettre. Le Chabbat, en revanche, une phrase entière est associée à chaque lettre » (traduit de l’anglais). Et la raison : « En semaine, la vitalité divine exprimée par les lettres est réduite d’une phrase entière à un simple mot, car le monde tire sa vitalité des lettres de la parole de D.ieu. Le Chabbat, les lettres de la pensée de D.ieu sont révélées … Sur le plan personnel, parler d’une idée demande bien plus de détail et de développement que de la penser … les lettres de la pensée contiennent beaucoup de lettres de la parole. Ainsi, le Chabbat, quand les lettres de la pensée sont révélées, la vitalité spirituelle insufflée dans le monde est intensifiée et plus riche (Maamaré Admour Hazaken ; Or HaTorah ; Biouré HaZohar du Tséma’h Tsédek) » (traduit de l’anglais).
La note hébraïque de cette page (note רנז) en donne la source : l’Admour Hazaken, dans un maamar imprimé dans les Maamaré Admour Hazaken 5572, page 156, que le Tséma’h Tsédek recopie dans ses Biouré HaZohar, volume 2, page 802 ; je n’ai pas ouvert ces livres, et je traduis l’hébreu tel que la note l’affiche. Il compte les mots exactement comme je les ai comptés dans notre siddour.
La mesure de Kel Adon n’est donc pas seulement un art de poète. En semaine, les lettres sont petites, un mot chacune, comme une parole écourtée. Le Chabbat, les lettres s’ouvrent ; chacune porte une phrase entière, parce que le Chabbat le monde reçoit sa vie d’un lieu plus profond, les « lettres de la pensée », qui contiennent plus que toute parole.
La différence entre l’alef-beit que nous disons en semaine dans Yotser Or, אֵל בָּרוּךְ גְּדוֹל דֵּעָה, et l’alef-beit du Chabbat, où nous disons אֵל אָדוֹן עַל כָּל הַמַּעֲשִׂים …
… c’est que dans l’alef-beit de semaine, il n’y a qu’un mot pour chaque lettre ; alors que dans l’alef-beit du Chabbat, pour les deux premières lettres, alef et beit, il y a cinq mots chacune ; puis dix-huit lettres de quatre mots chacune ; puis les deux dernières lettres, chin et tav, de six mots chacune.
— L’Admour Hazaken, Maamaré Admour Hazaken 5572, p. 156, cité dans les Biouré HaZohar du Tséma’h Tsédek, vol. 2, p. 802 (ma traduction de l’hébreu tel qu’affiché dans la note רנז du siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, Hameir Laaretz ; les livres eux-mêmes non consultés)
Maamaré Admour Hazaken 5572, p. 156 ; Biouré HaZohar (Tséma’h Tsédek), vol. 2, p. 802 ; Or HaTorah · tel qu’affiché dans les notes de Chabad.org ; le livre lui-même non consulté
Ce qu’ajoutent les autres sources, et ce que j’en retiens
Les mêmes nombres, lus de trois façons. L’Aboudarham et le Kol Bo comptent les mêmes dix, soixante-douze et douze mots (voir la partie historique). Ils lisent les nombres comme des allusions : les Dix Commandements, un Nom de soixante-douze lettres, les douze tribus. L’Admour Hazaken lit la même mesure comme la mesure de la lumière : le Chabbat, il en parvient davantage au monde. La note renvoie aussi au Zohar, Paracha Terouma, 132a, pour le sujet lui-même (tel qu’affiché dans la note ; je ne l’ai pas ouvert).
La nuit et le jour. Dans la leçon 12, nous avons vu l’Admour Hazaken dans le Torah Or (Yitro 73b-c) : « le Chabbat du vendredi soir est un état d’élévation », tandis que « le Chabbat du jour est un état d’épanchement vers le bas ». Kel Adon se dit le Chabbat matin, et le commentaire parle de la vitalité insufflée dans le monde, plus abondante qu’en semaine ; cela me semble être l’épanchement du jour. Pourtant, dans les lignes suivantes, nous disons encore נִתְעַלָּה, « Il S’est élevé » (§G72) : le jour porte avec lui l’élévation de la nuit. Ce rapprochement est de moi.
À partir d’ici, mes propres pensées. La pensée avant la parole. Pendant la semaine, nous vivons de beaucoup de mots : projets, messages, conversations. Le Chabbat est un jour de moins de mots et de pensée plus profonde. C’est peut-être pourquoi son alef-beit est plus long : ce n’est pas plus de paroles, c’est plus de sens dans chaque lettre.
Quand vous le dites. Beaucoup de communautés chantent Kel Adon ensemble. Quand vous le chantez, remarquez la lettre qui ouvre chaque ligne, et que chaque phrase soit une pensée entière, et non un mot qu’on dépasse en hâte.
Kol Bo, siman 37 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kol_Bo.37.7
Zohar, Paracha Terouma, 132a · tel qu’affiché dans les notes de Chabad.org ; le livre lui-même non consulté
Torah Or, Yitro 73b-c (leçon 12) · vérifié pour la leçon 12 (texte hébreu de Kehot via Sefaria) · sefaria.org/Torah_Ohr,_Yitro.9
Comment le texte est imprimé ici
Le texte est imprimé ici en entier, de בָּרְכוּ jusqu’à la fin du paragraphe שִׁמְךָ, avec ma propre traduction. J’ai copié l’hébreu de notre siddour, Tehilat Hachem, pages 170 à 173, lettre par lettre. J’ai vérifié les lettres de la bénédiction de Yotser et des lignes de semaine dans HaKol Yodoukha avec le siddour en ligne de Chabad.org, et chaque mot du texte entier avec le Siddour Séfarade (Torat Emet) sur Sefaria ; les différences sont indiquées après chaque paragraphe. Là où le scan de l’imprimé n’était pas clair pour une voyelle, j’ai gardé la voyelle du Siddour Séfarade ; les lettres suivent toujours notre siddour.
Kel Adon est imprimé une lettre par ligne, pour qu’on voie l’alef-beit. Les versets à l’intérieur du texte sont vérifiés dans le Tanakh.
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yotzeir Or » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la bénédiction (lettres comparées par script) ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1529893
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hameir Laaretz » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu des lignes de semaine (lettres comparées par script) ; commentaire anglais sur אֵל בָּרוּךְ cité ; la note de source hébraïque רנז affichée sur la page citée ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1529895
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Tehilim 104:24, 145:10, 78:23, 19:6, 92:1-2, 150:6 ; Yecha’ya 45:7, 58:13 ; Chemouel I 2:2 ; Berechit 2:2 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.104.24
1. Barekhou
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| בָּרְכוּ אֶת יְיָ הַמְבֹרָךְ: | Bénissez Hachem, Celui qui est béni ! |
| בָּרוּךְ יְיָ הַמְבֹרָךְ לְעוֹלָם וָעֶד: | Béni soit Hachem, Celui qui est béni, à tout jamais. |
L’officiant dit la ligne 1 et l’assemblée répond par la ligne 2, que l’officiant répète ; voir la leçon 8 et la partie historique. Notre siddour ajoute en petites lettres après la ligne 2 : « ואין עונין אחריו אמן », « et on ne répond pas Amen après cela ».
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 55:2 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · anglais ; cité · chabad.org/…/3285931
2. Yotser Or
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, | Béni sois-Tu, Hachem, notre D.ieu, Roi du monde, |
| יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, | qui forme la lumière et crée l’obscurité, |
| עֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא אֶת הַכֹּל: | qui fait la paix et crée toutes choses. |
La même bénédiction qu’en semaine (leçon 9). Ligne 3 : notre siddour imprime עֹשֶׂה avec un ’holam et sans vav, comme dans le verset (Yecha’ya 45:7) ; le texte de Chabad.org a le vav. Dans le verset, les derniers mots sont וּבוֹרֵא רָע ; ici, « et crée toutes choses ». Notre siddour note ensuite : « כשחל יום טוב בחול אומרים כאן המאיר לארץ », c’est-à-dire que lorsque Yom Tov tombe un jour de semaine, on dit ici הַמֵּאִיר לָאָרֶץ, comme en semaine, au lieu du texte du Chabbat ci-dessous.
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yotzeir Or » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la bénédiction (lettres comparées par script) ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1529893
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3. HaKol Yodoukha
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| הַכֹּל יוֹדוּךָ, | Tous Te rendront grâce, |
| וְהַכֹּל יְשַׁבְּחוּךָ, | et tous Te loueront, |
| וְהַכֹּל יֹאמְרוּ: אֵין קָדוֹשׁ כַּיְיָ. | et tous diront : « Nul n’est saint comme Hachem. » |
| הַכֹּל יְרוֹמְמוּךָ סֶּלָה, יוֹצֵר הַכֹּל. | Tous T’exalteront, sélah, Créateur de tout. |
| הָאֵל, הַפּוֹתֵחַ בְּכָל יוֹם דַּלְתוֹת שַׁעֲרֵי מִזְרָח, | D.ieu, qui ouvre chaque jour les portes des portails de l’orient, |
| וּבוֹקֵעַ חַלּוֹנֵי רָקִיעַ, | et fend les fenêtres du firmament, |
| מוֹצִיא חַמָּה מִמְּקוֹמָהּ, וּלְבָנָה מִמְּכוֹן שִׁבְתָּהּ, | fait sortir le soleil de sa place, et la lune du lieu de sa demeure, |
| וּמֵאִיר לָעוֹלָם כֻּלּוֹ וּלְיוֹשְׁבָיו, שֶׁבָּרָא בְּמִדַּת הָרַחֲמִים. | et éclaire le monde entier et ses habitants, qu’Il a créés par l’attribut de miséricorde. |
Ligne 1 : l’Aboudarham relie « tous Te rendront grâce » à Tehilim 145:10. Ligne 3 : Chemouel I 2:2, les paroles de ’Hana. Ligne 5 : sur les portes et les fenêtres, voir la partie historique (Tehilim 78:23).
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
Tehilim 104:24, 145:10, 78:23, 19:6, 92:1-2, 150:6 ; Yecha’ya 45:7, 58:13 ; Chemouel I 2:2 ; Berechit 2:2 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.104.24
4. HaMéir laArets : les lignes de semaine
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| הַמֵּאִיר לָאָרֶץ וְלַדָּרִים עָלֶיהָ, בְּרַחֲמִים. | Il éclaire la terre et ceux qui y habitent, avec miséricorde. |
| וּבְטוּבוֹ מְחַדֵּשׁ בְּכָל יוֹם תָּמִיד מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית. | Et dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour, continuellement, l’œuvre de la création. |
| מָה רַבּוּ מַעֲשֶׂיךָ יְיָ, כֻּלָּם בְּחָכְמָה עָשִׂיתָ, מָלְאָה הָאָרֶץ קִנְיָנֶךָ. | Que Tes œuvres sont nombreuses, Hachem ; Tu les as toutes faites avec sagesse ; la terre est pleine de Tes biens. |
| הַמֶּלֶךְ הַמְרוֹמָם לְבַדּוֹ מֵאָז, הַמְשֻׁבָּח וְהַמְפֹאָר וְהַמִּתְנַשֵּׂא מִימוֹת עוֹלָם. | Le Roi, seul exalté depuis toujours ; loué, glorifié et élevé depuis les jours d’antan. |
| אֱלֹהֵי עוֹלָם, בְּרַחֲמֶיךָ הָרַבִּים רַחֵם עָלֵינוּ, | D.ieu du monde, dans Ta grande miséricorde, aie pitié de nous, |
| אֲדוֹן עֻזֵּנוּ צוּר מִשְׂגַּבֵּנוּ, מָגֵן יִשְׁעֵנוּ מִשְׂגָּב בַּעֲדֵנוּ. | Maître de notre force, Rocher de notre forteresse, Bouclier de notre salut, forteresse pour nous. |
Ces six lignes sont le texte de semaine de la leçon 9, mot pour mot ; les lettres correspondent à la page de semaine de Chabad.org. Ligne 3 : Tehilim 104:24. Le Siddour Séfarade lit קניניך au pluriel pour קִנְיָנֶךָ, et écrit המרמם sans vav pour הַמְרוֹמָם ; notre siddour a les formes imprimées ici.
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Hameir Laaretz » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu des lignes de semaine (lettres comparées par script) ; commentaire anglais sur אֵל בָּרוּךְ cité ; la note de source hébraïque רנז affichée sur la page citée ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1529895
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
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5. Ein Arokh
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| אֵין עֲרוֹךְ לְךָ וְאֵין זוּלָתֶךָ, אֶפֶס בִּלְתֶּךָ, וּמִי דוֹמֶה לָּךְ. | Nul ne T’est comparable, et nul hormis Toi ; rien sauf Toi ; et qui est semblable à Toi ? |
| אֵין עֲרוֹךְ לְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ בָּעוֹלָם הַזֶּה, | Nul ne T’est comparable, Hachem notre D.ieu, dans ce monde-ci ; |
| וְאֵין זוּלָתְךָ מַלְכֵּנוּ לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא. | et nul hormis Toi, notre Roi, pour la vie du monde futur. |
| אֶפֶס בִּלְתְּךָ גּוֹאֲלֵנוּ לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ, | Rien sauf Toi, notre Libérateur, pour les jours du Machia’h ; |
| וְאֵין דוֹמֶה לְּךָ מוֹשִׁיעֵנוּ לִתְחִיַּת הַמֵּתִים: | et nul n’est semblable à Toi, notre Sauveur, pour la résurrection des morts. |
La ligne 1 dit tout en bref ; les lignes 2 à 5 le redisent avec les quatre temps (voir la partie sur le sens). Remarquez les deux graphies : זוּלָתֶךָ à la ligne 1 mais זוּלָתְךָ à la ligne 3, et de même בִּלְתֶּךָ à la ligne 1 mais בִּלְתְּךָ à la ligne 4 (§G73). La dernière ligne se termine par deux points, et Kel Adon commence.
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
6. Kel Adon
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| אֵל אָדוֹן עַל כָּל הַמַּעֲשִׂים, | D.ieu, Maître de toutes les œuvres, |
| בָּרוּךְ וּמְבֹרָךְ בְּפִי כָל הַנְּשָׁמָה, | béni, et béni par la bouche de toute âme ; |
| גָּדְלוֹ וְטוּבוֹ מָלֵא עוֹלָם, | Sa grandeur et Sa bonté remplissent le monde ; |
| דַּעַת וּתְבוּנָה סֹבְבִים הוֹדוֹ. | la connaissance et l’intelligence entourent Sa majesté. |
| הַמִּתְגָּאֶה עַל חַיּוֹת הַקֹּדֶשׁ, | Il S’élève au-dessus des ’hayot saintes, |
| וְנֶהְדָּר בְּכָבוֹד עַל הַמֶּרְכָּבָה, | et Se pare de gloire au-dessus du Char ; |
| זְכוּת וּמִישׁוֹר לִפְנֵי כִסְאוֹ, | le mérite et la droiture sont devant Son trône ; |
| חֶסֶד וְרַחֲמִים מָלֵא כְבוֹדוֹ. | Sa gloire est pleine de bonté et de miséricorde. |
| טוֹבִים מְאוֹרוֹת, שֶׁבָּרָא אֱלֹהֵינוּ, | Bons sont les luminaires que notre D.ieu a créés ; |
| יְצָרָם בְּדַעַת בְּבִינָה וּבְהַשְׂכֵּל, | Il les a formés avec connaissance, intelligence et discernement ; |
| כֹּחַ וּגְבוּרָה נָתַן בָּהֶם, | force et puissance, Il les a mises en eux, |
| לִהְיוֹת מוֹשְׁלִים בְּקֶרֶב תֵּבֵל. | pour qu’ils dominent au sein de l’univers. |
| מְלֵאִים זִיו וּמְפִיקִים נֹגַהּ, | Pleins d’éclat, répandant la clarté, |
| נָאֶה זִיוָם בְּכָל הָעוֹלָם, | leur éclat est beau dans le monde entier ; |
| שְׂמֵחִים בְּצֵאתָם וְשָׂשִׂים בְּבוֹאָם, | joyeux à leur sortie et heureux à leur rentrée, |
| עֹשִׂים בְּאֵימָה רְצוֹן קוֹנָם. | ils font avec crainte la volonté de leur Maître. |
| פְּאֵר וְכָבוֹד נוֹתְנִים לִשְׁמוֹ, | Gloire et honneur, ils les donnent à Son Nom, |
| צָהֳלָה וְרִנָּה לְזֵכֶר מַלְכוּתוֹ, | allégresse et chant à l’évocation de Sa royauté. |
| קָרָא לַשֶּׁמֶשׁ וַיִּזְרַח אוֹר, | Il appela le soleil, et la lumière brilla ; |
| רָאָה וְהִתְקִין צוּרַת הַלְּבָנָה. | Il vit, et fixa la forme de la lune. |
| שֶׁבַח נוֹתְנִים לוֹ כָּל צְבָא מָרוֹם, | Louange Lui est donnée par toute l’armée d’en haut, |
| תִּפְאֶרֶת וּגְדֻלָּה, שְׂרָפִים וְחַיּוֹת וְאוֹפַנֵּי הַקֹּדֶשׁ: | splendeur et grandeur : les séraphins, les ’hayot et les ofanim saints. |
Une ligne pour chaque lettre, de א à ת ; le nombre de mots est au §G71. La ligne du ס commence par שְׂמֵחִים, avec un שׂ qui se prononce comme ס (voir la partie historique). Différences dans le Siddour Séfarade : il écrit סובבים avec un vav pour סֹבְבִים, il écrit בבאם sans vav pour בְּבוֹאָם, il écrit עושים avec un vav pour עֹשִׂים, et il lit קוניהם, « leurs Maîtres », pour קוֹנָם, « leur Maître ». L’Aboudarham lit aussi « עושים באימה רצון קוניהם ». Notre siddour a קוֹנָם, et le nombre de mots reste le même.
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
7. LaKel Acher Chavat
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| לָאֵל אֲשֶׁר שָׁבַת מִכָּל הַמַּעֲשִׂים, | À D.ieu, qui S’est reposé de toutes les œuvres, |
| בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי נִתְעַלָּה וְיָשַׁב עַל כִּסֵּא כְבוֹדוֹ. | le septième jour S’est élevé et S’est assis sur le trône de Sa gloire. |
| תִּפְאֶרֶת עָטָה לְיוֹם הַמְּנוּחָה, | Il a revêtu de splendeur le jour du repos ; |
| עֹנֶג קָרָא לְיוֹם הַשַּׁבָּת, | Il a appelé le jour du Chabbat un délice. |
| זֶה שֶׁבַח יוֹם הַשְּׁבִיעִי, שֶׁבּוֹ שָׁבַת אֵל מִכָּל מְלַאכְתּוֹ. | Telle est la louange du septième jour : qu’en lui D.ieu S’est reposé de tout Son ouvrage. |
| וְיוֹם הַשְּׁבִיעִי מְשַׁבֵּחַ וְאוֹמֵר: מִזְמוֹר שִׁיר לְיוֹם הַשַּׁבָּת, טוֹב לְהוֹדוֹת לַיְיָ, | Et le septième jour loue et dit : « Psaume, chant pour le jour du Chabbat : il est bon de rendre grâce à Hachem. » |
| לְפִיכָךְ יְפָאֲרוּ וִיבָרְכוּ לָאֵל כָּל יְצוּרָיו, | C’est pourquoi, que toutes Ses créatures glorifient et bénissent D.ieu ; |
| שֶׁבַח, יְקָר וּגְדֻלָּה וְכָבוֹד, יִתְּנוּ לָאֵל מֶלֶךְ יוֹצֵר כֹּל, | louange, honneur, grandeur et gloire, qu’elles les donnent à D.ieu, le Roi, Créateur de tout, |
| הַמַּנְחִיל מְנוּחָה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בִּקְדֻשָּׁתוֹ בְּיוֹם שַׁבַּת קֹדֶשׁ. | qui donne en héritage le repos à Son peuple Israël, dans Sa sainteté, le saint jour de Chabbat. |
Ligne 6 : Tehilim 92:1-2 ; dans le Tanakh, le mot s’écrit לְהֹדוֹת, ici לְהוֹדוֹת. Ce paragraphe a le plus de différences avec le Siddour Séfarade, qui lit וביום, « et le jour », à la ligne 2 ; à la ligne 5, il lit « voici le chant de louange du septième jour », comme l’Aboudarham (« זה שיר שבח של יום השביעי ») ; à la ligne 6, il s’arrête après לְיוֹם הַשַּׁבָּת, sans les mots טוֹב לְהוֹדוֹת ; à la ligne 7, il n’a pas וִיבָרְכוּ, là encore comme l’Aboudarham (« יפארו לאל כל יצוריו ») ; à la ligne 8, il lit ויקר, avec un vav, pour יְקָר ; et à la ligne 9, il n’a pas בִּקְדֻשָּׁתוֹ. Le texte du Kol Bo a les mots טוֹב לְהוֹדוֹת et וִיבָרְכוּ, comme notre siddour (voir la partie historique).
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
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Kol Bo, siman 37 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kol_Bo.37.7
Tehilim 104:24, 145:10, 78:23, 19:6, 92:1-2, 150:6 ; Yecha’ya 45:7, 58:13 ; Chemouel I 2:2 ; Berechit 2:2 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.104.24
8. Chimkha
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| שִׁמְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ יִתְקַדֵּשׁ, וְזִכְרְךָ מַלְכֵּנוּ יִתְפָּאַר, | Ton Nom, Hachem notre D.ieu, sera sanctifié, et Ton souvenir, notre Roi, sera glorifié, |
| בַּשָּׁמַיִם מִמַּעַל וְעַל הָאָרֶץ מִתָּחַת. | dans les cieux en haut et sur la terre en bas. |
| עַל כָּל שֶׁבַח מַעֲשֵׂה יָדֶיךָ, | Pour toute la louange de l’œuvre de Tes mains, |
| וְעַל מְאוֹרֵי אוֹר שֶׁיָּצַרְתָּ יְפָאֲרוּךָ סֶּלָה: | et pour les luminaires de lumière que Tu as formés, qu’ils Te glorifient, sélah. |
Ligne 1 : notre siddour lit וְזִכְרְךָ מַלְכֵּנוּ יִתְפָּאַר, avec « notre Roi » avant le verbe. Le Siddour Séfarade met le verbe en premier, comme l’Aboudarham (« וזכרך יתפאר מלכנו »). Ligne 4 : le Siddour Séfarade ajoute הֵמָּה, « eux », avant יְפָאֲרוּךָ. Le mot suivant dans notre siddour est תִּתְבָּרֵךְ, le début de la leçon 19.
Siddour Séfarade (Torat Emet), Chabbat matin, le Chema et ses bénédictions · texte hébreu via Sefaria ; comparé mot à mot avec notre siddour, jamais recopié · sefaria.org/Siddur_Sefard,_Shabbat_Morning_Services,_Shema_&_Blessings
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §13-18 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.17
Tous Te rendront grâce ; Il ouvre les portes
Trois futurs avec « Toi », et trois participes.
הַכֹּל יוֹדוּךָ,וְהַכֹּל יְשַׁבְּחוּךָ,הַכֹּל יְרוֹמְמוּךָ סֶּלָה, יוֹצֵר הַכֹּל.הָאֵל, הַפּוֹתֵחַ בְּכָל יוֹם דַּלְתוֹת שַׁעֲרֵי מִזְרָח,וּבוֹקֵעַ חַלּוֹנֵי רָקִיעַ,וּבְטוּבוֹ מְחַדֵּשׁ בְּכָל יוֹם תָּמִיד מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית.
| יוֹדוּךָ | = | ◌ךָ | + | ◌וּ | + | וֹד | + | י |
| yodoukha ils Te rendront grâce | Toi, Ton | ils ־וּ | remercier | ils (futur) |
| יְשַׁבְּחוּךָ | = | ◌ךָ | + | ◌וּ | + | שַׁבְּח | + | יְ |
| yechabe’houkha ils Te loueront | Toi, Ton | ils ־וּ | louer | ils (futur) |
| יְרוֹמְמוּךָ | = | ◌ךָ | + | ◌וּ | + | רוֹמְמ | + | יְ |
| yeromemoukha ils T’exalteront | Toi, Ton | ils ־וּ | haut | ils (futur) |
| הַפּוֹתֵחַ | = | פּוֹתֵחַ | + | הַ |
| hapotéa’h qui ouvre | ouvrir | le, la, les |
| וּבוֹקֵעַ | = | בוֹקֵעַ | + | וּ |
| ouvokéa et fend | fendre | et |
| מְחַדֵּשׁ | = | חַדֵּשׁ | + | מְ |
| me’hadèch renouvelle | nouveau | participe מ |
Nul sauf Toi
Deux mots de « sauf », deux noms avec « notre », et une chaîne.
וְאֵין זוּלָתְךָ מַלְכֵּנוּ לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא.אֶפֶס בִּלְתְּךָ גּוֹאֲלֵנוּ לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ,וְאֵין דוֹמֶה לְּךָ מוֹשִׁיעֵנוּ לִתְחִיַּת הַמֵּתִים:
| זוּלָתְךָ | = | ◌ךָ | + | זוּלָתְ |
| zoulatekha hormis Toi | Toi, Ton | sauf |
| בִּלְתְּךָ | = | ◌ךָ | + | בִּלְתְּ |
| biltekha sauf Toi | Toi, Ton | sans |
| גּוֹאֲלֵנוּ | = | ◌נוּ | + | גּוֹאֲלֵ |
| goalénou notre Libérateur | notre ־ֵנוּ | libérer |
| מוֹשִׁיעֵנוּ | = | ◌נוּ | + | וֹשִׁיעֵ | + | מ |
| mochi’énou notre Sauveur | notre ־ֵנוּ | sauver | participe hif’il מ |
| לִתְחִיַּת | = | ◌ת | + | חִיַּ | + | תְ | + | לִ |
| lit’hiyat pour la résurrection de | de (chaîne ־ַת) | vivre | nom avec ת | pour |
Kel Adon
Des participes de toutes sortes, deux infinitifs avec « leur », et un passé hif’il.
בָּרוּךְ וּמְבֹרָךְ בְּפִי כָל הַנְּשָׁמָה,דַּעַת וּתְבוּנָה סֹבְבִים הוֹדוֹ.הַמִּתְגָּאֶה עַל חַיּוֹת הַקֹּדֶשׁ,וְנֶהְדָּר בְּכָבוֹד עַל הַמֶּרְכָּבָה,יְצָרָם בְּדַעַת בְּבִינָה וּבְהַשְׂכֵּל,לִהְיוֹת מוֹשְׁלִים בְּקֶרֶב תֵּבֵל.מְלֵאִים זִיו וּמְפִיקִים נֹגַהּ,שְׂמֵחִים בְּצֵאתָם וְשָׂשִׂים בְּבוֹאָם,עֹשִׂים בְּאֵימָה רְצוֹן קוֹנָם.רָאָה וְהִתְקִין צוּרַת הַלְּבָנָה.
| וּמְבֹרָךְ | = | בֹרָךְ | + | מְ | + | וּ |
| oumevorakh et béni | bénir | participe pu’al מ | et |
| הַמִּתְגָּאֶה | = | גָּאֶה | + | תְ | + | מִּ | + | הַ |
| hamitgaé Il S’élève | s’élever | ת du hitpa’el | participe מ | le, la, les |
| וְנֶהְדָּר | = | הְדָּר | + | נֶ | + | וְ |
| venehdar et paré | splendeur | nif’al (passif) | et |
| סֹבְבִים | = | ◌ים | + | סֹבְבִ |
| sovevim entourent | pluriel ־ִים | entourer |
| יְצָרָם | = | ◌ם | + | יְצָרָ |
| yetsaram Il les a formés | eux, leur ־ָם | former |
| מוֹשְׁלִים | = | ◌ים | + | מוֹשְׁלִ |
| mochlim dominant | pluriel ־ִים | régner |
| וּמְפִיקִים | = | ◌ים | + | פִיקִ | + | מְ | + | וּ |
| oumefikim et répandant | pluriel ־ִים | faire sortir | participe hif’il מ | et |
| בְּצֵאתָם | = | ◌ם | + | ◌תָ | + | צֵא | + | בְּ |
| betsétam à leur sortie | eux, leur ־ָם | infinitif ־ת | sortir | dans, avec, par |
| בְּבוֹאָם | = | ◌ם | + | בוֹאָ | + | בְּ |
| bevoam à leur rentrée | eux, leur ־ָם | venir | dans, avec, par |
| קוֹנָם | = | ◌ם | + | קוֹנָ |
| konam leur Maître | eux, leur ־ָם | acquérir, posséder |
| וְהִתְקִין | = | תְקִין | + | הִ | + | וְ |
| vehitkin et fixa | établir | ה du passé hif’il | et |
LaKel Acher Chavat et Chimkha
Un passé hitpa’el, une racine en ה, deux participes, et des futurs.
בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי נִתְעַלָּה וְיָשַׁב עַל כִּסֵּא כְבוֹדוֹ.תִּפְאֶרֶת עָטָה לְיוֹם הַמְּנוּחָה,וְיוֹם הַשְּׁבִיעִי מְשַׁבֵּחַ וְאוֹמֵר: מִזְמוֹר שִׁיר לְיוֹם הַשַּׁבָּת, טוֹב לְהוֹדוֹת לַיְיָ,לְפִיכָךְ יְפָאֲרוּ וִיבָרְכוּ לָאֵל כָּל יְצוּרָיו,הַמַּנְחִיל מְנוּחָה לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בִּקְדֻשָּׁתוֹ בְּיוֹם שַׁבַּת קֹדֶשׁ.שִׁמְךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ יִתְקַדֵּשׁ, וְזִכְרְךָ מַלְכֵּנוּ יִתְפָּאַר,וְעַל מְאוֹרֵי אוֹר שֶׁיָּצַרְתָּ יְפָאֲרוּךָ סֶּלָה:
| נִתְעַלָּה | = | עַלָּה | + | תְ | + | נִ |
| nitala Il S’est élevé | monter | ת du hitpa’el | נ du passé hitpa’el |
| עָטָה | = | עָטָה |
| ata Il a revêtu | envelopper |
| מְשַׁבֵּחַ | = | שַׁבֵּחַ | + | מְ |
| mechabéa’h loue | louer | participe מ |
| יְצוּרָיו | = | ◌יו | + | יְצוּרָ |
| yetsourav Ses créatures | ses (pluriel ־ָיו) | former |
| הַמַּנְחִיל | = | נְחִיל | + | מַּ | + | הַ |
| haman’hil qui donne en héritage | hériter | participe hif’il מ | le, la, les |
| יִתְקַדֵּשׁ | = | קַדֵּשׁ | + | תְ | + | יִ |
| yitkadèch sera sanctifié | saint | ת du hitpa’el | il (futur) |
| שֶׁיָּצַרְתָּ | = | ◌תָּ | + | יָּצַרְ | + | שֶׁ |
| chéyatsarta que Tu as formés | Tu (passé) ־ְתָּ | former | que |
| יְפָאֲרוּךָ | = | ◌ךָ | + | ◌וּ | + | פָאֲר | + | יְ |
| yefaaroukha qu’ils Te glorifient | Toi, Ton | ils ־וּ | gloire | ils (futur) |
- Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
- Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
- Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
- Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
- Leçon 3 §G17 · Des mots qui servent de noms : « les aveugles », « Celui qui » : un adjectif ou un participe peut s’employer seul comme nom ; avec ha- devant, un participe signifie « Celui qui … »
- Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
- Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
- Leçon 4 §G21 · Le nif’al : quand l’action est subie par le sujet : le nif’al est le passif du verbe simple : passé et présent en ni-/nè- (nivro, nè’èmon) ; futur avec un daguech dans la première lettre de la racine (yissossém, yipossé’a’h)
- Leçon 4 §G22 · Le hitpa’el : agir sur soi-même : le hitpa’el ajoute hit- (hiss-) devant et redouble la lettre médiane de la racine, comme le pi’el ; il signifie agir sur soi ou pour soi : lehiskayém, « se maintenir en existence »
- Leçon 7 §G36 · « Quand tu es assis … quand tu te lèves » : בְּ + l’infinitif, avec une terminaison : בְּ devant un infinitif signifie « quand, pendant que » ; la terminaison dit qui : bechivtekho quand tu es assis, ouvelekhtekho quand tu marches, ouvechokhbekho quand tu te couches, ouvekoumèkho quand tu te lèves
- Leçon 9 §G44 · Les racines creuses : quand la lettre du milieu est un vav (אוֹר, מֵאִיר, טוּבוֹ) : dans les racines comme א־ו־ר (lumière) et ט־ו־ב (bon), le ו du milieu est une voyelle, pas une vraie lettre : or lumière, mé’ir éclaire (hif’il, §G16), mo’or un luminaire (מ devant, §G28), tov bon, touvo Sa bonté
- Leçon 10 §G47 · Le pou’al : le passif du pi’el (מְהֻלָּל, מְשֻׁבָּח, מְפֹאָר) : le pou’al est le passif du pi’el (§G11) : un ou (koubouts) sous la première lettre de la racine et un daguech dans celle du milieu ; son présent a מְ devant : mehoulol loué, mechoubo’h célébré ; devant א, le ou devient o : mefo’or glorifié
- Leçon 10 §G48 · Les racines qui finissent par un hé (עֹשֶׂה, פּוֹדֶה, הָיָה) : quand une racine finit par ה, le participe finit en -è (עֹשֶׂה ossé, פּוֹדֶה podé), le passé « il » finit en -o (הָיָה hoyo), et devant une terminaison le ה tombe (מַעֲשֶׂה → מַעֲשֵׂי)
- Leçon 11 §G52 · Un psaume dans l’ordre de l’alef-beth : dans certains psaumes chaque verset commence par la lettre suivante de l’alef-beth ; dans le psaume 34, les versets après le titre vont de א à ת, sans verset pour le ו, et un dernier verset recommence par פ ; connaître l’ordre aide la lecture et la mémoire
- Leçon 17 §G68 · Des noms cachés dans les lettres : Its’hak, Rivka et Chelomo : dans Chokhen Ad, les premières lettres de יְשָׁרִים צַדִּיקִים חֲסִידִים קְדוֹשִׁים forment יִצְחָק, et les troisièmes lettres de תִּתְרוֹמָם תִּתְבָּרֵךְ תִּתְקַדָּשׁ תִּתְהַלָּל forment רִבְקָה ; l’Aboudarham trouve aussi שְׁלֹמֹה dans שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ הָאֵל, « peut-être »
- Leçon 17 §G69 · « Tu seras exalté » : תִּתְ־, le futur du hitpa’el à la deuxième personne : un futur du hitpa’el avec ת devant, תִּתְ־, veut dire « Tu seras » ou « elle sera » ; dans Chokhen Ad, il s’adresse à Hachem : בְּפִי יְשָׁרִים תִּתְרוֹמָם, « par la bouche des hommes droits, Tu es exalté » ; avec un י devant, יִתְ־, c’est « il sera » : יִתְפָּאֵר שִׁמְךָ, « Ton Nom sera glorifié »
Vous connaissez le psaume en alef-beit (§G52), et les noms cachés dans les premières lettres (§G68). Kel Adon ajoute une troisième chose : une mesure. En semaine, la bénédiction de Yotser a un alef-beit de mots isolés, un par lettre : אֵל בָּרוּךְ גְּדוֹל דֵּעָה (leçon 9). Le Chabbat, à sa place, chaque lettre ouvre une ligne entière.
Comptez les mots. Les lignes du א et du ב ont cinq mots chacune. Les dix-huit lignes de ג à ר ont quatre mots chacune. Les lignes du ש et du ת ont six mots chacune. Comptez vous-même dans le texte : אֵל אָדוֹן עַל כָּל הַמַּעֲשִׂים fait cinq mots ; גָּדְלוֹ וְטוּבוֹ מָלֵא עוֹלָם en fait quatre ; שֶׁבַח נוֹתְנִים לוֹ כָּל צְבָא מָרוֹם en fait six. L’Aboudarham et le Kol Bo comptent les mêmes mots par paires de lignes : dix, puis soixante-douze, puis douze (voir la partie historique).
La lettre ס. La ligne du ס commence par שְׂמֵחִים, écrit avec un שׂ, qui se prononce comme ס. Quand vous vérifiez un acrostiche, écoutez le son autant que la lettre.
Pourquoi c’est utile pour lire. Une fois la mesure connue, vous sentez où finit chaque ligne, et vous n’enchaînez pas deux lignes. Chaque ligne est une phrase : un sujet et ce qu’on en dit.
| אֵל אָדוֹן עַל כָּל הַמַּעֲשִׂים | Kel adon al kol hama’assim | D.ieu, Maître de toutes les œuvres | א · cinq mots |
| גָּדְלוֹ וְטוּבוֹ מָלֵא עוֹלָם | godlo vetouvo malé olam | Sa grandeur et Sa bonté remplissent le monde | ג · quatre mots |
| שְׂמֵחִים בְּצֵאתָם וְשָׂשִׂים בְּבוֹאָם | séme’him betsétam vessassim bevoam | joyeux à leur sortie et heureux à leur rentrée | ס · entendu dans שׂ |
| שֶׁבַח נוֹתְנִים לוֹ כָּל צְבָא מָרוֹם | chéva’h notnim lo kol tséva marom | louange Lui est donnée par toute l’armée d’en haut | ש · six mots |
Vous connaissez le hitpa’el (§G22) : un ת après la première lettre, et l’idée d’agir sur soi-même. Vous avez vu son futur avec י et ת (§G69) : יִתְפָּאַר, puis תִּתְרוֹמָם. Cette leçon montre deux autres visages du même schème.
מִתְ־ : le participe. Mettez un מ devant le hitpa’el et vous avez un participe (§G15), quelque chose qui est vrai maintenant et toujours : הַמִּתְגָּאֶה, « Celui qui S’élève », dans Kel Adon ; et dans les lignes de semaine, וְהַמִּתְנַשֵּׂא, « et élevé ».
נִתְ־ : le passé. Dans LaKel Acher Chavat, nous disons בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי נִתְעַלָּה, « le septième jour, Il S’est élevé ». La racine est ע־ל־ה, « monter » (§G48 : son ה final apparaît comme ־ָה). Le ת du hitpa’el est là, et devant se tient נִ. Dans la langue du siddour et des Sages, un passé du hitpa’el commence souvent ainsi par נִתְ־ ; vous verrez aussi הִתְ־ à sa place.
Comment les distinguer. Regardez la première lettre : י ou ת, un futur ; מ, un participe ; נ ou ה, un passé. Le reste du mot, le ת et la racine, ne change pas.
| נִתְעַלָּה | nitala | Il S’est élevé | passé · נִתְ־ |
| הַמִּתְגָּאֶה | hamitgaé | Celui qui S’élève | participe · מִתְ־ |
| וְהַמִּתְנַשֵּׂא | vehamitnassé | et élevé | participe · מִתְ־ |
| יִתְקַדֵּשׁ | yitkadèch | sera sanctifié | futur · יִתְ־ (§G69) |
Ein Arokh est construit de quatre expressions, dites d’abord en une ligne, puis de nouveau, une par ligne, avec les quatre temps (voir la partie sur le sens).
אֵין עֲרוֹךְ לְךָ, « il n’y a rien à Te comparer » : עֲרוֹךְ vient de ע־ר־ךְ, « disposer, mettre côte à côte » ; de la même racine, עֵרֶךְ, « valeur ». Rien ne peut être placé à côté de Lui.
וְאֵין זוּלָתְךָ, « et nul hormis Toi » : זוּלַת, « sauf », avec la terminaison ־ךָ, « Toi » (§G4).
אֶפֶס בִּלְתְּךָ, « rien sauf Toi » : אֶפֶס, « rien, aucun », et בִּלְתִּי, « sans, sauf », avec ־ךָ. Ce sont les mots de ’Hana : « nul n’est saint comme Hachem, כִּי אֵין בִּלְתֶּךָ » (Chemouel I 2:2), le verset même que HaKol Yodoukha cite quelques lignes plus haut.
וּמִי דוֹמֶה לָּךְ, « et qui est semblable à Toi ? » : דוֹמֶה, « ressemblant », un participe (§G15) d’une racine en ה (§G48). À la dernière ligne, cela devient une affirmation : וְאֵין דוֹמֶה לְּךָ, « nul n’est semblable à Toi ».
Deux graphies. Notre siddour imprime la première ligne avec זוּלָתֶךָ et avec בִּלְתֶּךָ, la forme du verset de ’Hana, et les lignes suivantes avec זוּלָתְךָ et avec בִּלְתְּךָ. Le sens est le même ; lisez chacun comme il est imprimé.
| אֵין עֲרוֹךְ לְךָ | ein arokh lekha | nul ne T’est comparable | racine ע־ר־ךְ |
| וְאֵין זוּלָתְךָ | veein zoulatekha | et nul hormis Toi | זוּלַת + ־ךָ |
| אֶפֶס בִּלְתְּךָ | éfès biltekha | rien sauf Toi | בִּלְתִּי + ־ךָ |
| וְאֵין דוֹמֶה לְּךָ | veein domé lekha | et nul n’est semblable à Toi | participe de ד־מ־ה |
Vous connaissez בְּ + l’infinitif avec une terminaison (§G36) : « quand tu es assis … quand tu te lèves ». Kel Adon emploie le même schème pour les luminaires : שְׂמֵחִים בְּצֵאתָם וְשָׂשִׂים בְּבוֹאָם, « joyeux à leur sortie et heureux à leur rentrée ».
בְּבוֹאָם. La racine est ב־ו־א, une racine creuse (§G44). Son infinitif est בּוֹא, « venir » ; ajoutez בְּ, « quand », et ־ָם, « leur » : « quand ils viennent ».
בְּצֵאתָם. La racine est י־צ־א, la racine de מוֹצִיא et de יְצִיאַת מִצְרַיִם. Les racines qui commencent par י perdent souvent le י à l’infinitif et ajoutent un ת à la fin : צֵאת, « sortir ». Ajoutez בְּ et ־ָם : « quand ils sortent ».
Le même genre de nom. Plus haut dans la leçon, la lune sort מִמְּכוֹן שִׁבְתָּהּ, « du lieu de sa demeure ». שֶׁבֶת, « demeure », vient de י־שׁ־ב, là encore sans le י et avec un ת ; avec ־ָהּ, « sa », il devient שִׁבְתָּהּ.
| בְּצֵאתָם | betsétam | à leur sortie | י־צ־א · sans י, + ת |
| בְּבוֹאָם | bevoam | à leur rentrée | racine creuse ב־ו־א |
| מִמְּכוֹן שִׁבְתָּהּ | mimekhon chivtah | du lieu de sa demeure | י־שׁ־ב · sans י, + ת |
Petits mots dans le Yotser du Chabbat
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| הַכֹּל | hakol | tout ; tous | — | Au par. 3, cinq fois : הַכֹּל יוֹדוּךָ. Au par. 2 : וּבוֹרֵא אֶת הַכֹּל. |
| אֵין | ein | il n’y a pas | — | אֵין קָדוֹשׁ כַּיְיָ ; et au par. 5, quatre fois : אֵין עֲרוֹךְ (§G73). |
| אֶפֶס | éfès | rien (sauf) | — | אֶפֶס בִּלְתֶּךָ : « rien sauf Toi ». En hébreu moderne, אֶפֶס veut dire « zéro ». |
| מָה | ma | combien ! | — | מָה רַבּוּ מַעֲשֶׂיךָ : ici מָה n’est pas une question mais une exclamation. |
| לְבַדּוֹ | levado | seul | — | Dans הַמְרוֹמָם לְבַדּוֹ, le mot est formé de לְבַד + ־וֹ, « Lui seul » (§G4). |
| בְּקֶרֶב | bekérev | au sein de | ק־ר־ב | לִהְיוֹת מוֹשְׁלִים בְּקֶרֶב תֵּבֵל. |
| לְפִיכָךְ | lefikhakh | c’est pourquoi | — | לְפִיכָךְ יְפָאֲרוּ : parce que le septième jour loue, toutes Ses créatures louent. |
| מִמַּעַל … מִתָּחַת | mima’al … mita’hat | en haut … en bas | — | בַּשָּׁמַיִם מִמַּעַל וְעַל הָאָרֶץ מִתָּחַת. |
| אוֹר or · lumière יוֹצֵר אוֹר (par. 2) ; וַיִּזְרַח אוֹר (par. 6) ; מְאוֹרֵי אוֹר (par. 8) | יוֹם yom · jour בְּכָל יוֹם (par. 3, 4) ; בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי (par. 7) ; לְיוֹם הַשַּׁבָּת (par. 7) |
| מַעֲשֶׂה ma’assé · œuvre מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית (par. 4) ; מַעֲשֶׂיךָ (par. 4) ; הַמַּעֲשִׂים (par. 6, 7) ; מַעֲשֵׂה יָדֶיךָ (par. 8) | כָּבוֹד kavod · gloire, honneur וְנֶהְדָּר בְּכָבוֹד (par. 6) ; כִּסֵּא כְבוֹדוֹ (par. 7) ; וּגְדֻלָּה וְכָבוֹד (par. 7) |
| רַחֲמִים ra’hamim · miséricorde מִדַּת הָרַחֲמִים (par. 3) ; בְּרַחֲמִים (par. 4) ; בְּרַחֲמֶיךָ (par. 4) ; וְרַחֲמִים (par. 6) | פְּאֵר peèr · gloire, splendeur פְּאֵר וְכָבוֹד (par. 6) ; תִּפְאֶרֶת (par. 6, 7) ; יְפָאֲרוּ (par. 7, 8) ; יִתְפָּאַר (par. 8) ; יְפָאֲרוּךָ (par. 8) |
- Qu’est-ce qui vient entre Yichtaba’h et Yotser Or le Chabbat matin ? Que dit l’Admour Hazaken sur Barekhou et sur le fait de parler entre les deux (55:2 ; 54:3) ?
- Quels mots de Yotser Or viennent de Yecha’ya 45:7, et quel mot est changé ? Où avons-nous appris cette bénédiction pour la première fois ?
- Pourquoi le Yotser du Chabbat diffère-t-il de celui de semaine, selon le Choul’han Aroukh HaRav (281:2) et la note de notre siddour ? Que dit-on quand Yom Tov tombe un jour de semaine ?
- Comptez les fois où הַכֹּל apparaît au début de HaKol Yodoukha. De quel verset l’Aboudarham tire-t-il « Tous Te rendront grâce » ?
- Ein Arokh nomme quatre temps. Lesquels, et quel nom d’Hachem va avec chacun, selon l’Aboudarham ?
- Lisez les premières lettres de Kel Adon. Quelle lettre semble manquer, et comment l’entend-on ? Combien de mots y a-t-il dans les premières, les médianes et les dernières lignes ?
- Que voient l’Aboudarham et le Kol Bo dans les nombres dix, soixante-douze et douze ? Que disent-ils du soleil et de la lune dans Kel Adon ?
- « Et le septième jour loue et dit. » Que raconte Berechit Rabba (22:13) sur Adam et le psaume du Chabbat ? Que ne dit-il pas ?
- Quels mots notre siddour a-t-il dans LaKel Acher Chavat que le Siddour Séfarade et l’Aboudarham n’ont pas ? Quelle source ancienne les a ?
- Selon le commentaire ’Habad et le maamar de l’Admour Hazaken, pourquoi l’alef-beit du Chabbat a-t-il une phrase pour chaque lettre, alors que celui de semaine a un mot ? Que sont les « lettres de la pensée » ?
- Quelle est la différence entre הַמִּתְגָּאֶה et נִתְעַלָּה ? Lequel est un participe et lequel est un passé ? → voir §G72, Leçon 4 §G22
- Trouvez quatre façons de dire « Toi seul » dans Ein Arokh. Pourquoi notre siddour imprime-t-il זוּלָתֶךָ à une ligne et זוּלָתְךָ à une autre ? → voir §G73
- Dans בְּצֵאתָם et בְּבוֹאָם, trouvez l’infinitif, le בְּ et le « leur ». Quelle racine a perdu une lettre ? → voir §G74, Leçon 7 §G36
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