Que Ton Nom soit loué : Chokhen Ad et Yichtaba’h
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Le Chabbat et le Yom Tov, après Nichmat, viennent Chokhen Ad, « Celui qui demeure à jamais », et Yichtaba’h, la bénédiction qui clôt les Pessouké deZimra. Je montre les noms Its’hak et Rivka cachés dans Chokhen Ad, comme les décrivent l’Aboudarham et le Kol Bo ; d’où viennent les quinze expressions de louange de Yichtaba’h, et à quoi elles correspondent ; pourquoi on ne parle pas de Baroukh Chéomar à la fin de Yichtaba’h ; pourquoi on se lève, et où se place le Amen ; et comment « Roi, Unique, Vie des mondes » répond à la fin de Baroukh Chéomar. Puis l’explication de l’Admour Hazaken sur le mot יִשְׁתַּבַּח : non seulement « qu’il soit loué », mais « qu’il grandisse ».
Où nous en sommes dans le siddour
Dans la leçon 16, nous nous sommes arrêtés aux mots הַמֶּלֶךְ הַיּוֹשֵׁב עַל כִּסֵּא רָם וְנִשָּׂא, « le Roi qui siège sur un trône haut et élevé ». Juste après, en grandes lettres en bas de la page 168 de notre siddour, commence שׁוֹכֵן עַד, « Celui qui demeure à jamais ». Cette leçon va de là jusqu’à la fin de Yichtaba’h, page 169, la bénédiction qui clôt les Pessouké deZimra.
L’Aroukh HaChoul’han (281:5), après avoir expliqué pourquoi on dit Nichmat le Chabbat, ajoute : « et de même on dit Chokhen Ad et Ouvemakhalot ». Le Kol Bo (siman 37), décrivant la prière du Chabbat matin, donne l’ordre en quelques mots : « Bemakhalot etc., Ouvekhen Yichtaba’h etc. Un Kaddich court. Barekhou. » Notre siddour imprime aussi ce mot, וּבְכֵן, « et ainsi », en grandes lettres juste avant יִשְׁתַּבַּח.
Une ligne pratique du traducteur du Choul’han Aroukh HaRav (53, note 7) : « Il en est de même pour ceux qui arrivent en retard à la synagogue le Chabbat matin et commettent l’erreur de commencer à Nichmat ou à Chokhen Ad avec le chalia’h tsibour … ils doivent d’abord réciter au moins Baroukh Chéomar et Achré » (traduit de l’anglais). La raison est dans les mots mêmes de l’Admour Hazaken (53:2) : on ne peut pas dire Yichtaba’h seul, « car c’est la bénédiction finale des Pessouké deZimra » (traduit de l’anglais). Si vous arrivez en retard le Chabbat, demandez à votre rav ce qu’il faut dire et ce qu’on peut laisser.
וכן אומרים 'שוכן עד' 'ובמקהלות'במקהלות וכו׳ ובכן ישתבח וכו׳. קדיש קצר. ברכו.
Aroukh HaChoul’han, Ora’h ’Haïm 53:1 et 281:5 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Arukh_HaShulchan,_Orach_Chaim.53.1
Kol Bo, siman 37 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kol_Bo.37.7
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 53:1-3 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3285918
Its’hak et Rivka, cachés dans quatre lignes
Regardez les quatre lignes qui commencent par בְּפִי יְשָׁרִים. Chaque ligne nomme un groupe : les hommes droits, les justes, les pieux, les saints. Prenez la première lettre de chaque groupe : le י de יְשָׁרִים, le צ de צַדִּיקִים, le ח de חֲסִידִים, le ק de קְדוֹשִׁים. Ensemble, elles forment יִצְחָק, Its’hak. Regardez maintenant le verbe à la fin de chaque ligne. Chacun commence par תִּתְ ; sautez ces deux lettres et prenez la troisième : le ר de תִּתְרוֹמָם, le ב de תִּתְבָּרֵךְ, le ק de תִּתְקַדָּשׁ, le ה de תִּתְהַלָּל. Ensemble, elles forment רִבְקָה, Rivka (§G68).
L’Aboudarham, sur la prière du Chabbat matin, écrit exactement cela : « Tu trouves dans les premières lettres Its’hak et Rivka », et il les épelle lettre par lettre. Puis : « Certains disent que le sage qui a composé ceci s’appelait Its’hak et que sa femme s’appelait Rivka, et il l’a fait en l’honneur d’Its’hak notre père et de Rivka notre mère, pour nous rappeler leur mérite. »
Le Kol Bo (37) montre comment ces lignes ont reçu cet ordre. Il rapporte les paroles de Rabbi Natan, où les verbes sont associés autrement : les hommes droits avec תִּתְהַלָּל, car « la louange sied aux hommes droits » ; les justes avec תִּתְבָּרֵךְ, car « les bénédictions sont sur la tête du juste » ; les pieux avec תִּתְרוֹמָם ; les saints avec תִּתְקַדָּשׁ. Puis il écrit : « C’est ainsi qu’on l’a disposé dans les anciens ma’hzorim ; mais les nouveaux … parce qu’ils ont vu Its’hak signé en tête des lignes, ont voulu signer Rivka à la fin des lignes. » Et sa propre raison pour le premier nom : « Il me semble que c’est à cause du Midrash selon lequel רַנְּנוּ צַדִּיקִים concerne Its’hak, qu’il y a été signé. » Je n’ai pas ouvert ce Midrash.
Encore une petite différence. Rabbi Natan dans le Kol Bo, et l’Aboudarham, lisent tous deux ובדברי צדיקים, « dans les paroles des justes ». Notre siddour lit וּבְשִׂפְתֵי צַדִּיקִים, « sur les lèvres des justes ». Les deux noms restent les mêmes.
תמצא בראשי תיבות יצחק רבקה. י'שרים צ'דיקים ח'סידים ק'דושים יצחק. תתר'ומם תתב'רך תתק'דש תתה'לל רבקה.ויש אומרים כי החכם שחבר זה היה שמו יצחק ושם אשתו רבקה ועשאו לכבוד יצחק אבינו ורבקה אמנו כדי להזכיר לנו זכותם.וכתב ה״ר נתן רננו צדיקים וכו׳ בפי ישרים תתהלל כדכתיב ולישרים נאוה תהלה. ובדברי צדיקים תתברך כדכתיב וברכות לראש צדיק. ובלשון חסידי׳ תתרומם בכל מיני רוממות. ובקרב קדושי׳ תתקדש לקדושי׳ נאוה קדושה.כך סדרו במחזורים זקנים אך החדשי׳ עקבו את המישור ובשביל שראו יצחק חתום בראשי השטות בקשו לחתום רבקה בסוף השטות.ונראה לי משום המדרש דעל רננו צדיקי׳ שהו׳ על יצחק נחתם בו.
Kol Bo, siman 37 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Kol_Bo.37.7
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Le Midrach sur « Ranenou tsadikim » · cité d’après le Kol Bo ; non consulté
Un troisième nom, et les versets derrière Chokhen Ad
L’Aboudarham trouve encore un nom, au début de Yichtaba’h : « Et tu trouves que שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ הָאֵל sont les initiales de Chelomo ; et il est possible que le sage qui l’a composé portait ce nom, et l’a fait en l’honneur du roi Chelomo. » Remarquez son mot : « il est possible ». Il le propose comme une possibilité, non comme une tradition, et moi aussi.
Chokhen Ad lui-même est construit de versets. Ses premiers mots viennent de Yecha’ya 57:15 : « Il demeure à jamais, et saint est Son Nom », et le verset continue : « Je demeure dans le lieu élevé et saint ». Ce verset s’ouvre par les mots רָם וְנִשָּׂא, « haut et élevé », les mots mêmes par lesquels Nichmat vient de se terminer ; c’est ma propre remarque, aucune source ne le dit. Notre siddour met une virgule après עַד : « Celui qui demeure à jamais, élevé et saint est Son Nom », comme dans le verset, où עַד termine la première partie.
Puis le siddour dit וְכָתוּב, « et il est écrit », et cite Tehilim 33:1 en entier : « Chantez avec joie, justes, en Hachem ; aux hommes droits sied la louange. » Les quatre lignes suivantes reprennent ces mots : les hommes droits et les justes du verset, puis les pieux et les saints.
ותמצא כי שמך לעד מלכנו האל ראשי תיבות שלמה ואיפשר כי החכם שחבר זה היה שמו כן ועשאו לכבוד שלמה המלך.שֹׁכֵן עַד וְקָדוֹשׁ שְׁמוֹשׁוֹכֵן עַד, מָרוֹם וְקָדוֹשׁ שְׁמוֹ,וְכָתוּב רַנְּנוּ צַדִּיקִים בַּיְיָ, לַיְשָׁרִים נָאוָה תְהִלָּה.
Tehilim 33:1, 120-134 ; Yecha’ya 57:15 ; Devarim 26:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.33.1
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Quinze expressions de louange
Après יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ et les mots כִּי לְךָ נָאֶה, « car c’est à Toi qu’il sied », viennent quinze mots de louange, l’un après l’autre : chir et chevakha, hallel et zimra, oz et memchala, nétsa’h, guedoula et guevoura, tehila et tiféret, kedoucha et malkhout. Cela fait treize. Puis berakhot et hodaot : quinze. (Chacun est traduit dans la partie Le texte, et leurs formes sont au §G70.)
D’où viennent-ils ? Le Tour (Ora’h ’Haïm 51) explique pourquoi on dit Vayevarekh David et le Cantique de la mer juste avant Yichtaba’h : « la raison est que toutes ces quinze expressions de louange disposées dans la bénédiction Yichtaba’h, sont déduites dans la Mekhilta du Cantique de la mer et de ces versets de Vayevarekh David ». L’Admour Hazaken écrit de même (Choul’han Aroukh HaRav 51:1) : « les quinze expressions de louange énumérées dans la bénédiction Yichtaba’h sont toutes déduites par les Sages … du Cantique de la mer et des versets mentionnés commençant par Vayevarekh David » (traduit de l’anglais). Le traducteur en donne la source : la Mekhilta, Parachat HaChira (cité d’après la note). Les quinze sont donc la récolte de tous les chants dits auparavant : nous avons chanté, et maintenant nous rassemblons les chants en quinze mots.
Pourquoi quinze ? L’Aboudarham : « Toutes ces quinze expressions de louange correspondent aux quinze Chir HaMaalot que David a dits, et aux quinze étapes disposées dans la Haggada de Pessa’h. » J’ai vérifié : Tehilim 120 à 134 sont quinze psaumes, commençant chacun par שִׁיר הַמַּעֲלוֹת (au 121 : לַמַּעֲלוֹת). Le commentaire ’Habad, d’après le Or HaTorah (cité d’après le commentaire), dit : « Ces quinze expressions correspondent aux quinze psaumes Chir HaMaalot et aux quinze mots du verset » (traduit de l’anglais) de Devarim 26:17, et j’y ai compté quinze mots aussi. Il ajoute que quinze est la valeur numérique des deux premières lettres du Nom d’Hachem, youd (10) et hé (5).
La Michna Beroura (53:1) parle de « toutes les quinze louanges de Yichtaba’h » : « on veillera beaucoup à ne pas s’interrompre entre elles … mais il n’est pas nécessaire que ce soit d’un seul souffle ». L’Aroukh HaChoul’han (53:1), au nom du Maguen Avraham (cité d’après lui), écrit qu’il convient de les dire d’un seul souffle, si on le peut, « car il ne convient pas d’interrompre les louanges d’Hachem, même par un simple souffle ». Comment les dire en pratique, c’est une question pour votre rav.
והטעם לפי שכל אותם ט"ו לשונות של שבח הסדורים בברכת ישתבח דורש במכילתין מתוך שירת הים ומתוך אותן פסוקים של ויברך דוידלְפִי שֶׁכָּל אוֹתָם ט"ו לְשׁוֹנוֹת שֶׁל שֶׁבַח הַסְּדוּרוֹת דְּבִרְכוֹת יִשְׁתַּבַּח דְּרָשׁוּם חֲכָמִים … מִתּוֹךְ שִׁירַת הַיָּם וּמִתּוֹךְ אוֹתָן פְּסוּקִים שֶׁל "וַיְבָרֶךְ דָּוִיד"כל אלו ט"ו לשונות של שבח כנגד חמשה עשר שיר המעלות שאמר דוד וכנגד חמשה עשר מעלות הסדורים בהגדת פסח.כל הט"ו שבחים שבישתבח … יזהר מאד שלא להפסיק ביניהן והמפסיק עונשו גדול אבל א"צ שיהיה בנשימה אחתוכל החמש עשרה תיבות שב"ישתבח" מן "שיר ושבחה" עד "ברכות והודאות" – ראוי לאומרם בנשימה אחת (מגן אברהם) אם יש ביכולתו לומר כן, שאין ראוי להפסיק בשבחי השם יתברך אפילו בנשימה בעלמא.
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51:1, 51:4 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais ; cité · chabad.org/…/3285916
Mekhilta, Parachat HaChira · cité d’après les notes du traducteur sur Chabad.org ; non consulté
Aboudarham, prières de semaine, Pessouké DeZimra, §8-10 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Weekday_Prayers,_Songs_of_Praise.10
Tehilim 33:1, 120-134 ; Yecha’ya 57:15 ; Devarim 26:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.33.1
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yishtabach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la prière ; commentaire anglais cité ; les notes de sources en hébreu affichées sur la page citées ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1524188
Or HaTorah · cité d’après le commentaire de Chabad.org ; non consulté
Michna Beroura 53:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.53.1
Aroukh HaChoul’han, Ora’h ’Haïm 53:1 et 281:5 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Arukh_HaShulchan,_Orach_Chaim.53.1
Maguen Avraham 53 · cité d’après l’Aroukh HaChoul’han ; non consulté

De Baroukh Chéomar à Yichtaba’h : on ne parle pas
Baroukh Chéomar (leçon 10) ouvre les Pessouké deZimra par une bénédiction ; Yichtaba’h les ferme par une bénédiction. L’Admour Hazaken (54:1) : « [La bénédiction] Yichtaba’h ne commence pas par Baroukh, parce qu’elle est [considérée comme] contiguë à [la bénédiction] Baroukh Chéomar » (traduit de l’anglais). C’est pourquoi Yichtaba’h ne commence pas par le mot בָּרוּךְ, bien qu’il se termine par lui. L’Aboudarham dit de même, et ajoute : « et les versets entre les deux ne sont pas une interruption ».
Puisque les deux bénédictions forment un seul cadre, on ne parle pas à l’intérieur. L’Admour Hazaken (51:4) : « Il faut veiller à ne pas s’interrompre en parlant depuis le moment où l’on commence Baroukh Chéomar … jusqu’à la fin de la Chemoné Essré » (traduit de l’anglais). Baroukh Chéomar est la bénédiction d’avant, Yichtaba’h la bénédiction d’après, et « il est interdit de s’interrompre entre elles, même pour un besoin lié à une mitsva » (traduit de l’anglais). Il le redit en 53:3 : « car il est interdit de s’interrompre depuis Baroukh Chéomar jusqu’à la fin de Yichtaba’h, même pour une mitsva » (traduit de l’anglais).
Entre Yichtaba’h et Yotser Or aussi (54:3) : « Celui qui parle entre Yichtaba’h et [le début de la bénédiction] Yotser [Or] a commis une faute. [Autrefois,] cela suffisait pour qu’il soit renvoyé des lignes de bataille » (traduit de l’anglais). L’Aboudarham rapporte un Midrach (cité d’après lui) sur le verset du soldat renvoyé de la guerre : « “Qui est l’homme qui a peur et dont le cœur est faible ?” C’est celui qui parle depuis Baroukh Chéomar jusqu’à la fin de la prière. » Toutefois, là, l’Admour Hazaken ajoute : « Certains soutiennent qu’il est permis de s’interrompre pour les besoins de la communauté ou pour une mitsva » (traduit de l’anglais).
Ce que l’on peut répondre au milieu, comme Amen ou le Kaddich, et ce qu’il faut faire si l’on a parlé, sont des lois détaillées (Choul’han Aroukh HaRav 51 et 53-54). En pratique, demandez à votre rav.
“יִשְׁתַּבַּח” אֵינָהּ פּוֹתַחַת בְּבָרוּךְ … לְפִי שֶׁהִיא סְמוּכָה לְ”בָּרוּךְ שֶׁאָמַר”
ברכה זו אינה פותחת בברוך מפני שסמוכה היא לברוך שאמר. ופסוקים שבנתים לא הוו הפסק.צָרִיךְ לִזָּהֵר מִלְּהַפְסִיק בְּדִבּוּר מִשֶּׁיַּתְחִיל "בָּרוּךְ שֶׁאָמַר" … עַד סוֹף י"ח … וְאָסוּר לְהַפְסִיק בֵּינֵיהֶם … אֲפִלּוּ לְצֹרֶךְ מִצְוָההַמְסַפֵּר בֵּין "יִשְׁתַּבַּח" לְ"יוֹצֵר" – עֲבֵרָה הִיא בְּיָדוֹ וְחוֹזֵר עָלָיו מֵעוֹרְכֵי הַמִּלְחָמָהמי האיש הירא ורך הלבב זה המדבר מברוך שאמר עד סוף התפלה
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 51:1, 51:4 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais ; cité · chabad.org/…/3285916
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 53:1-3 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3285918
Aboudarham, prières de semaine, Pessouké DeZimra, §8-10 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Weekday_Prayers,_Songs_of_Praise.10
Le Midrach sur « Mi haïch hayaré » · cité d’après l’Aboudarham ; non consulté
Debout, et où se place le Amen
Debout. Le Tour (53) : « et le chalia’h tsibour se lève et commence Yichtaba’h ». Le Choul’han Aroukh (53:1) : « Le chalia’h tsibour dit Yichtaba’h debout. » L’Admour Hazaken (53:1) explique pourquoi : le Kaddich après Yichtaba’h doit le suivre d’aussi près que possible : « Il est interdit de faire la moindre interruption entre eux » (traduit de l’anglais). Le chalia’h tsibour se lève donc déjà pour Yichtaba’h, « afin de ne pas s’interrompre en se levant de sa place entre Yichtaba’h et le Kaddich qui le suit » (traduit de l’anglais). Et pour toute l’assemblée : « Néanmoins, on a l’usage de se tenir debout pendant Yichtaba’h, même [quand on prie] seul » (traduit de l’anglais). La Michna Beroura (53:1) rapporte la même coutume des « hommes d’action », le Chabbat et en semaine, même seul.
Amen. Dans la bénédiction finale, les mots בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֵל מֶלֶךְ גָּדוֹל וּמְהֻלָּל בַּתִּשְׁבָּחוֹת sonnent comme la fin d’une bénédiction. Ils ne le sont pas. L’Admour Hazaken (54:2) enseigne qu’on ne répond pas Amen à cet endroit, « car ce n’est pas la conclusion de la bénédiction. On le dira plutôt après les mots ’Hé HaOlamim, car c’est la conclusion de la bénédiction » (traduit de l’anglais). L’Aboudarham rapporte la même chose au nom du Roch. Le traducteur ajoute (54, note 7) : « Dans le Siddour de l’Admour Hazaken, la formulation est …Gadol OuMehoulal BaTichba’hot » (traduit de l’anglais). C’est ainsi que l’imprime notre siddour, et, comme nous l’avons vu dans la leçon 10, avec un ’hirik sous le ת de בַּתִּשְׁבָּחוֹת.
Amen après mon propre Yichtaba’h ? L’Admour Hazaken (54:1) rapporte la coutume de nombreux endroits de répondre Amen même après son propre Yichtaba’h. Puis il écrit : « Cependant, certaines autorités soutiennent qu’on ne dit pas Amen après sa propre bénédiction, sauf après Boné Yerouchalayim dans le Birkat Hamazon … C’est la pratique dans ces pays » (traduit de l’anglais). Que faire dans votre communauté, demandez à votre rav.
ועומד ש"צ ומתחיל ישתבחאומר שליח צבור ישתבח מעומדוְאַף עַל פִּי כֵן נּוֹהֲגִין לַעֲמֹד בִּשְׁעַת אֲמִירַת "יִשְׁתַּבַּח" … אֲפִלּוּ כְּשֶׁאוֹמֵר אוֹתוֹ בְּיָחִידדנוהגים אנשי מעשה לעמוד כשאומרים ישתבח בין בשבת בין בחול ואפילו ביחידישֶׁאֵין זֶה סִיּוּם הַבְּרָכָה, אֶלָּא אַחַר "חֵי הָעוֹלָמִים" שֶׁזֶּה סִיּוּם הַבְּרָכָהישתבח על שם להשתבח בתהלתך
Choul’han Aroukh, Ora’h ’Haïm 53:1-3 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Shulchan_Arukh,_Orach_Chayim.53
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 53:1-3 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3285918
Michna Beroura 53:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.53.1
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 54:1-3 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3285920
Aboudarham, prières de semaine, Pessouké DeZimra, §8-10 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Weekday_Prayers,_Songs_of_Praise.10
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
« Roi, Unique » : retour à la leçon 10
Dans la leçon 10, nous avons appris comment se termine Baroukh Chéomar : « Unique, Vie des mondes, Roi », et la pause avant מְשֻׁבָּח. Maintenant Yichtaba’h, l’autre bout du même cadre, se termine par les trois mêmes mots dans un autre ordre : מֶלֶךְ יָחִיד חֵי הָעוֹלָמִים, « Roi, Unique, Vie des mondes ».
L’Admour Hazaken pose la question dans le Torah Or (Mikets 40c) : « Voici la chose : parfois nous disons “Unique, Vie des mondes, Roi”, et parfois nous disons “Roi, Unique, Vie des mondes”. » Sa réponse, en bref (ma paraphrase de l’hébreu) : dans Baroukh Chéomar, יָחִיד vient en premier. Il est unique et seul, saint et séparé, et pour devenir la Vie des mondes, Il contracte Sa lumière bien des fois, jusqu’au niveau de Roi. Dans Yichtaba’h, מֶלֶךְ vient en premier : « pour être la Vie des mondes, Il se contracte dans le niveau de Roi ; et ce niveau de Roi, bien qu’il soit le dernier niveau par rapport à l’Infini Lui-même, est néanmoins au niveau d’Unique ».
Le commentaire ’Habad sur Yichtaba’h le résume : « Dans la bénédiction Baroukh Chéomar, nous décrivons comment l’influence divine descend du niveau de ya’hid, l’unité singulière de D.ieu, jusqu’à Malkhout, la royauté de D.ieu, par le niveau de ’hé haolamim, “la vie des mondes” » (traduit de l’anglais). Et dans Yichtaba’h, « Il reste Mélekh ya’hid, c’est-à-dire que l’unité sublime de Son Essence descend jusqu’à Sa royauté » (traduit de l’anglais).
Les deux bénédictions sont donc comme les deux portes d’une même salle. À l’entrée, l’Unique descend pour être Roi. À la sortie, après tous les chants, le Roi se révèle être l’Unique.
והענין כי הנה פעם אומרים יחיד חי העולמים מלך ופעם אומרים מלך יחיד חי העולמים.ומלך יחיד חי העולמים היינו שלהיות חי העולמים הוא מתצמצם בבחי' מלך ובחינת מלך זה הגם שהוא בחי' אחרונה לגבי א"ס ב"ה עצמו מ"מ הוא בבחי' יחיד ומיוחדמֶלֶךְ יָחִיד חֵי הָעוֹלָמִים:
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yishtabach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la prière ; commentaire anglais cité ; les notes de sources en hébreu affichées sur la page citées ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1524188
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Bouche, lèvres, langue, et « au milieu »
Regardez encore les quatre lignes : בְּפִי, « par la bouche » des hommes droits ; בְּשִׂפְתֵי, « par les lèvres » des justes ; בִּלְשׁוֹן, « par la langue » des pieux. Bouche, lèvres, langue : les trois outils de la parole, ceux-là mêmes que Nichmat vient de promettre de rendre à Hachem. La quatrième ligne change : pas une partie du corps, mais בְּקֶרֶב, « au milieu » des saints. C’est ma propre remarque, et j’en apprends que les saints louent non seulement par ce qu’ils disent, mais par tout leur être intérieur.
Les quatre verbes sont tous « Tu seras … » : Tu seras exalté, béni, sanctifié, loué. Ils parlent à Hachem directement, à la deuxième personne (§G69). La version de l’Aboudarham le dit en toutes lettres : « בפי ישרים תתרומם ובדברי צדיקים תתברך », par la bouche des hommes droits Tu seras exalté, et par les paroles des justes Tu seras béni.
Aboudarham, prières du Chabbat, office du matin, §12-13 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Shabbat_Prayers,_Morning_Service.12
Le devoir de toute créature
Des quelques-uns, les hommes droits et les saints, nous passons à la foule : וּבְמַקְהֵלוֹת רִבְבוֹת עַמְּךָ, « dans les assemblées des myriades de Ton peuple ». L’Aboudarham donne les versets derrière ces mots : « dans les assemblées » de « Dans les assemblées, bénissez Elokim » (Tehilim 68:27), et « les myriades » de « Reviens, Hachem, vers les myriades des milliers d’Israël » (Bamidbar 10:36).
Puis שֶׁכֵּן חוֹבַת כָּל הַיְצוּרִים, « car tel est le devoir de toutes les créatures ». L’Aboudarham écrit : « לשון חכמים הוא בכל מקום חובה עלינו », c’est la langue des Sages partout : « c’est notre devoir ». Autrement dit, la louange n’est pas une faveur que nous faisons, c’est une obligation pour tout être créé.
Vient ensuite la liste des verbes, tous des infinitifs avec לְ (§G23) : rendre grâce, louer, célébrer, glorifier, exalter, magnifier, bénir, élever et acclamer. L’Aboudarham en compte sept, « correspondant aux sept cieux », et les énumère : להודות להלל לשבח לפאר לרומם להדר ולקלס. Notre siddour en a neuf : il ajoute לְבָרֵךְ et לְעַלֵּה. Sept des neuf sont des verbes au pi’el (§G11). La ligne se termine par עַל כָּל דִּבְרֵי שִׁירוֹת וְתִשְׁבְּחוֹת דָּוִד, que je traduis « au-delà de toutes les paroles des chants et des louanges de David » : même après tous les Tehilim dits ce matin, il reste à dire.
במקהלו' על שם במקהלות ברכו אלקים. רבבות עמך בית ישראל על שם שובה ה' רבבות אלפי ישראל.ומזכיר כאן שבע עניני שבח כנגד ז' רקיעים. והם להודות להלל לשבח לפאר לרומם להדר ולקלס.
Tehilim 33:1, 120-134 ; Yecha’ya 57:15 ; Devarim 26:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.33.1
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
« Que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi »
Pourquoi louons-nous « Ton Nom », et pas simplement « Toi » ? Le commentaire ’Habad explique ce qu’est un nom : « Car une personne n’a besoin d’un nom que pour pouvoir se relier aux autres ; telle qu’elle existe pour elle-même, elle n’a pas besoin de nom » (traduit de l’anglais). Le Nom est le côté d’Hachem tourné vers le monde. Son Essence est au-delà de tout ce que nous pouvons louer.
Alors pourquoi « à jamais », si le Nom n’est que le côté extérieur ? L’Admour Hazaken répond dans le Torah Or (Vayak’hel 87a), en expliquant ces mêmes mots, qui figurent aussi dans la bénédiction de Yotser : « וז”ש ישתבח שמך לעד מלכנו. פי’ שהתפשטות מדת מלכותו ית’ הנק’ ג”כ שמו הוא לעד דהיינו עד אין קץ ותכלית כי מדת מלכותו היא ג”כ בחי’ א”ס ממש כיון שהיא הארה ממנו ית’. » Dans ma traduction : « C’est ce qui est dit : “Que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi.” C’est-à-dire : l’expansion de l’attribut de Sa royauté, qui est aussi appelé Son Nom, est “à jamais”, c’est-à-dire sans fin ni limite ; car l’attribut de Sa royauté est lui aussi véritablement infini, puisqu’il est un rayonnement de Lui. » Le commentaire le dit ainsi : « Car même Son nom et Sa royauté sont sans limites, car ils sont le rayonnement de Sa lumière infinie » (traduit de l’anglais).
Et le mot יִשְׁתַּבַּח lui-même ? L’Aboudarham dit qu’il vient « des mots “pour être loués dans Ta louange” » (Tehilim 106:47), et שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ de « Je bénirai Ton Nom à tout jamais » (Tehilim 145:1). Pour sa grammaire, voir le §G42.
ישתבח על שם להשתבח בתהלתךשמך לעד מלכנו על שם ואברכה שמך לעולם ועד
Torah Or, Vayakhel 87a (Sefaria : Torah Ohr, Vayakhel 1:7-9) · texte hébreu (Kehot) via Sefaria ; traduit par moi ; la page selon les notes de Chabad.org · sefaria.org/Torah_Ohr,_Vayakhel.1.8
Aboudarham, prières de semaine, Pessouké DeZimra, §8-10 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Abudarham,_Weekday_Prayers,_Songs_of_Praise.10
Tehilim 33:1, 120-134 ; Yecha’ya 57:15 ; Devarim 26:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.33.1
Grand et saint, dans les cieux et sur la terre
הַמֶּלֶךְ הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ : « le Roi, grand et saint, dans les cieux et sur la terre ». Pourquoi les deux mots, et pourquoi les deux lieux ?
L’Admour Hazaken l’explique dans le Likouté Torah (Chir HaChirim 36c) : « המלך הגדול היינו בחי׳ ממכ״ע אבל הקדוש הוא סוכ״ע ולכן הוא בשמים ובארץ בהשואה א׳ ». Dans ma traduction : « “Le grand Roi”, c’est le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes ; mais “le Saint”, c’est la lumière qui entoure tous les mondes ; c’est pourquoi Il est dans les cieux et sur la terre de manière égale. » « Grand », c’est la lumière qui entre dans chaque monde selon sa mesure, davantage dans les cieux, moins sur la terre. « Saint » veut dire séparé, au-dessus de tous les mondes, et pour ce qui est au-dessus de tout, les cieux et la terre sont pareils.
Le commentaire ajoute : « L’absence de révélation, toutefois, ne diminue pas Sa présence, et Il se trouve à la fois – et même également – “dans les cieux et sur la terre” » (traduit de l’anglais). Même là où nous ne Le voyons pas, sur la terre, Il n’est pas moins présent que dans les cieux.
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yishtabach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la prière ; commentaire anglais cité ; les notes de sources en hébreu affichées sur la page citées ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1524188

Quinze mots, « pour Ton Nom »
Lisez les quinze à voix haute et vous entendez que la plupart vont par paires, reliées par וּ ou וְ : chant et louange, hymne et mélodie, force et domination ; puis נֶצַח seul ; puis grandeur et puissance, gloire et splendeur, sainteté et royauté, bénédictions et actions de grâce. Les deux derniers sont des pluriels, comme si, après treize mots isolés, nous renoncions et disions : des bénédictions, des actions de grâce, en grand nombre (§G70).
À qui ? לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ. Le commentaire note que le mot « peut aussi être rendu “pour Ton nom” » (traduit de l’anglais). Les notes de Chabad.org montrent l’hébreu du Dérekh Mitsvotékha sur ces mots : « וזהו ברכות והודאות לשמך היינו שאנו מודים אותו שהשפיל א״ע בבחי׳ שמך », c’est-à-dire : nous Le remercions de S’être abaissé au niveau de « Ton Nom » (tel qu’affiché dans les notes ; je n’ai pas ouvert le livre).
Et le paragraphe se termine : וּמֵעוֹלָם עַד עוֹלָם אַתָּה אֵל, « et d’un monde à l’autre, Tu es D.ieu », presque les mots dits au début de Nichmat (leçon 16), où ils se lisent מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם אַתָּה אֵל. Après tous les mots, le dernier mot est simplement אֵל.
Dérekh Mitsvotékha, 146a · tel qu’affiché dans les notes de Chabad.org ; le livre lui-même non consulté
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
La bénédiction finale, expression par expression
אֵל הַהוֹדָאוֹת, « D.ieu des actions de grâce » : l’Aboudarham le relie à « Rendez grâce à Hachem », les mots qui ouvrent plusieurs psaumes (par exemple Tehilim 136:1).
אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת, « Maître des prodiges » : l’Aboudarham le relie à עֹשֵׂה פֶלֶא, « qui fait des prodiges » (Chemot 15:11), du Cantique de la mer que nous venons de dire. L’Admour Hazaken, dans le Torah Or (Bechala’h 63a) : « וזהו אדון הנפלאות. פי’ שאפי’ בחי’ נפלאות שהן עלמין סתימין כו’ אין ערוך אליו יתברך וכמ”ש עשה פלא ». Dans ma traduction : « même le niveau des “prodiges”, qui sont les mondes cachés, est sans comparaison avec Lui, béni soit-Il. » Le commentaire : « Les “prodiges” désignent des révélations au-delà de l’ordre naturel … Il est plutôt le “Maître des prodiges”, totalement au-dessus non seulement du fini, mais aussi de l’infini (Torah Or) » (traduit de l’anglais).
בּוֹרֵא כָּל הַנְּשָׁמוֹת, « Créateur de toutes les âmes » : Nichmat a commencé par נִשְׁמַת כָּל חַי, « l’âme de tout être vivant », et les Pessouké deZimra du Chabbat se terminent en Le nommant Créateur de toutes les âmes. Ce lien est ma propre remarque.
הַבּוֹחֵר בְּשִׁירֵי זִמְרָה, « qui choisit les chants de mélodie » : l’Aboudarham le relie aux Lévites, choisis pour chanter au Beth HaMikdach. Il rapporte aussi le Baal HaManhig : il ne faut pas dire « בשיר ובזמרה », « dans le chant et dans la mélodie », car זִמְרָה signifie ici la louange, « comme dans מזמרת הארץ » (Berechit 43:11) ; Il choisit les chants de louange, pas n’importe quel chant.
מֶלֶךְ יָחִיד חֵי הָעוֹלָמִים : voir la partie historique plus haut, et la leçon 10. Ici, ceux qui écoutent répondent Amen.
אל ההודאות על שם הודו לה'. אדון הנפלאות על שם עושה פלא.וכתב בעל המנהגות שהאומר הבוחר בשיר ובזמרה שאינו נכון כי מלת זמרה הוא שבח כמו מזמרת הארץ
Torah Or, Bechala’h 63a (Sefaria : Torah Ohr, Beshalach 4:3) · texte hébreu (Kehot) via Sefaria ; traduit par moi ; la page selon les notes de Chabad.org · sefaria.org/Torah_Ohr,_Beshalach.4.3
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yishtabach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la prière ; commentaire anglais cité ; les notes de sources en hébreu affichées sur la page citées ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1524188
Tehilim 33:1, 120-134 ; Yecha’ya 57:15 ; Devarim 26:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.33.1
יִשְׁתַּבַּח : que Ton Nom grandisse
Nous venons de terminer tous les Pessouké deZimra : Baroukh Chéomar, les Psaumes, le Cantique de la mer, Nichmat. Et le tout premier mot de la bénédiction finale est un souhait : יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ, « que Ton Nom soit loué ». N’avons-nous pas assez loué ?
Le commentaire ’Habad sur Yichtaba’h indique un second sens de la racine : « שבח, la racine du mot Yichtaba’h, traduit par “être loué”, signifie aussi “améliorer”. Par cette prière, nous demandons que le nom de D.ieu soit “amélioré”, c’est-à-dire que Sa dimension infinie soit insufflée dans Son nom ou, autrement, que Son nom soit élevé et inclus dans la lumière essentielle de D.ieu » (traduit de l’anglais).
La source est l’Admour Hazaken, dans le Likouté Torah. Il explique ces mêmes mots, יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ, tels qu’ils figurent dans la bénédiction de Yotser, juste après בּוֹרֵא קְדוֹשִׁים ; le commentaire ’Habad applique son explication ici, à Yichtaba’h. Il explique d’abord que la royauté d’Hachem, Son « Nom », n’est qu’un rayonnement de Lui vers le monde, car un roi a besoin d’un peuple. Puis il lit les mots. Je traduis de l’hébreu ; les passages sautés sont marqués par « … ».
Le mot veut donc dire plus que « loué ». Toute notre louange n’atteint que Son Nom, le côté de Lui tourné vers le monde. Et ce que nous demandons, c’est que ce côté grandisse : que davantage de lumière et de révélation entrent dans le monde. Hachem Lui-même n’a pas besoin de grandir ; Il est « saint et séparé ». Mais le monde peut recevoir davantage de Lui, et c’est pour cela que nous prions.
De même, l’expansion du niveau de Sa royauté n’est qu’un éclat et un rayonnement de Lui vers les créatures ; et il n’y a pas de roi sans peuple.
Et c’est [le sens de] « Créateur des saints ; que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi » : toute la louange et l’acclamation qui viennent d’une certaine compréhension ne concernent que le niveau de « Ton Nom », car Son Nom est appelé sur les créatures …
… et Il ne Se revêt en elles qu’au niveau de « notre Roi » : être Roi, Son Nom appelé sur elles. Et c’est ce que nous demandons, qu’il soit yichtaba’h : qu’à ce niveau il y ait chéva’h, un accroissement et un ajout, dans la force de la lumière et de la révélation …
… mais le Saint, béni soit-Il, en Lui-même et dans Sa gloire, est saint et séparé.
— L’Admour Hazaken, Likouté Torah, Ki Tétsé 35a (ma traduction, d’après le texte hébreu de Kehot sur Sefaria, Likkutei Torah, Ki Teitzei 1:5-6 ; la page selon les notes de Chabad.org)
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yishtabach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la prière ; commentaire anglais cité ; les notes de sources en hébreu affichées sur la page citées ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1524188
Ce qu’ajoutent les commentaires, et ce que j’en retiens
Sans fin. Dans le Torah Or (Vayak’hel 87a), l’Admour Hazaken ajoute que ce Nom est « à jamais », sans fin ni limite, car même Sa royauté est un rayonnement de l’Infini (voir la partie sur le sens plus haut). La croissance que nous demandons n’a donc pas de plafond.
Élevé. Les notes de Chabad.org montrent aussi un passage du Likouté Torah (Pekoudé 7c) sur ces mots : « וזהו בחי׳ ישתבח שמך לעד מלכנו פי׳ שמך הוא מל׳ דאצילות וישתבח שמך לעד שתתעלה להיות בבחי׳ מל׳ דא״ס שנק׳ עד », que Ton Nom soit élevé au niveau de l’Infini, qui est appelé עַד (tel qu’affiché dans les notes ; je n’ai pas ouvert cette page).
Pour le monde. Le commentaire en tire une conséquence : « cela confère à notre monde une dimension d’éternité, lui permettant de durer “à jamais” (Torah Or ; Likouté Torah ; Torat ’Haïm) » (traduit de l’anglais).
À partir d’ici, mes propres pensées. Une fin qui est un début. Les Pessouké deZimra auraient pu se terminer par « nous T’avons loué ». Ils se terminent au contraire par la demande que la louange grandisse. Les chants n’étaient pas le but ; le but est que le monde soit plus rempli de la lumière d’Hachem après que nous les avons chantés. C’est aussi pourquoi Yichtaba’h conduit directement au Kaddich et à Barekhou, sans un mot entre les deux.
Quand vous le dites. Quand vous vous levez pour Yichtaba’h, pensez au mot comme à une demande, non comme à un compte rendu : « que Ton Nom grandisse, ici, par cette prière ». Alors les quinze mots qui suivent ne sont pas une liste mais un don.
Likouté Torah, Pekoudé 7c · tel qu’affiché dans les notes de Chabad.org ; le livre lui-même non consulté
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yishtabach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la prière ; commentaire anglais cité ; les notes de sources en hébreu affichées sur la page citées ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1524188
Comment le texte est imprimé ici
Le texte est imprimé ici en entier, de שׁוֹכֵן עַד jusqu’à la fin de Yichtaba’h, avec ma propre traduction. J’ai pris l’hébreu de Chokhen Ad et d’Ouvemakhalot dans « Nishmat Kol Chai: Text with Translation » de Chabad.org, et celui de Yichtaba’h dans le siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, et j’ai vérifié chaque mot avec notre siddour imprimé, Tehilat Hachem, pages 168 et 169. Là où ils diffèrent, je suis le siddour imprimé ; chaque différence est notée sous son paragraphe. Je n’utilise pas les traductions anglaises de ces pages.
Chabad.org : « Nishmat Kol Chai: Text with Translation » (Chokhen Ad et Ouvemakhalot) · texte hébreu seulement ; sa traduction anglaise n’est pas utilisée · chabad.org/…/7424775
Siddour en ligne avec commentaire de Chabad.org, « Yishtabach » (Siddur Illuminated by Chassidus, traduit par Eliyahou Touger, édité par Cholom Ber Wineberg) · texte hébreu de la prière ; commentaire anglais cité ; les notes de sources en hébreu affichées sur la page citées ; sa traduction de la prière n’est pas utilisée · chabad.org/…/1524188
1. Chokhen ad
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| שׁוֹכֵן עַד, מָרוֹם וְקָדוֹשׁ שְׁמוֹ, | Celui qui demeure à jamais, élevé et saint est Son Nom. |
| וְכָתוּב רַנְּנוּ צַדִּיקִים בַּיְיָ, | Et il est écrit : « Justes, chantez avec joie en Hachem ; |
| לַיְשָׁרִים נָאוָה תְהִלָּה. | aux hommes droits sied la louange » (Tehilim 33:1). |
| בְּפִי יְשָׁרִים תִּתְרוֹמָם, | Par la bouche des hommes droits, Tu es exalté, |
| וּבְשִׂפְתֵי צַדִּיקִים תִּתְבָּרֵךְ, | et par les lèvres des justes, Tu es béni, |
| וּבִלְשׁוֹן חֲסִידִים תִּתְקַדָּשׁ, | et par la langue des pieux, Tu es sanctifié, |
| וּבְקֶרֶב קְדוֹשִׁים תִּתְהַלָּל: | et au milieu des saints, Tu es loué. |
Ligne 1 : notre siddour met une virgule après עַד, comme le verset le divise (Yecha’ya 57:15). Ligne 2 : notre siddour imprime le Nom בַּיְיָ, avec un daguech et un chva ; le texte en ligne a une autre graphie. La note en bas de la page 168 donne la source de ce verset : ג) שם לג א, c’est-à-dire Tehilim 33:1. Lignes 4 à 7 : les noms Its’hak et Rivka (§G68) ; les quatre verbes « Tu » (§G69). Dans וּבְשִׂפְתֵי, le texte en ligne montre le point du שׂ comme un ’holam ; notre siddour a le point du sin.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Tehilim 33:1, 120-134 ; Yecha’ya 57:15 ; Devarim 26:17 · texte hébreu via Sefaria · sefaria.org/Psalms.33.1
2. Ouvemakhalot
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| וּבְמַקְהֵלוֹת רִבְבוֹת עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל, | Et dans les assemblées des myriades de Ton peuple, la maison d’Israël, |
| בְּרִנָּה יִתְפָּאֵר שִׁמְךָ מַלְכֵּנוּ בְּכָל דּוֹר וָדוֹר. | avec un chant joyeux, Ton Nom, notre Roi, sera glorifié de génération en génération. |
| שֶׁכֵּן חוֹבַת כָּל הַיְצוּרִים. | Car tel est le devoir de toutes les créatures |
| לְפָנֶיךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ: | devant Toi, Hachem notre D.ieu et D.ieu de nos pères : |
| לְהוֹדוֹת, לְהַלֵּל, לְשַׁבֵּחַ, לְפָאֵר, | rendre grâce, louer, célébrer, glorifier, |
| לְרוֹמֵם, לְהַדֵּר, לְבָרֵךְ, לְעַלֵּה וּלְקַלֵּס, | exalter, magnifier, bénir, élever et acclamer, |
| עַל כָּל דִּבְרֵי שִׁירוֹת וְתִשְׁבְּחוֹת דָּוִד בֶּן יִשַׁי | au-delà de toutes les paroles des chants et des louanges de David fils de Yichaï, |
| עַבְדְּךָ, מְשִׁיחֶךָ: | Ton serviteur, Ton oint. |
Lignes 5 et 6 : neuf infinitifs (§G23) ; notre siddour met une virgule entre chacun, là où le texte en ligne en relie certains, et imprime לְבָרֵךְ avec le chva dans le ךְ final. Dans יִשְׂרָאֵל aussi, le texte en ligne montre le point du sin comme un ’holam. Notre siddour termine le paragraphe par deux-points après מְשִׁיחֶךָ.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
3. Yichtaba’h
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| וּבְכֵן יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ, | Et ainsi, que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi, |
| הָאֵל, הַמֶּלֶךְ הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ. | D.ieu, le Roi grand et saint, dans les cieux et sur la terre. |
| כִּי לְךָ נָאֶה יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ לְעוֹלָם וָעֶד: | Car c’est à Toi qu’il sied, Hachem notre D.ieu et D.ieu de nos pères, à tout jamais : |
Ligne 1 : notre siddour imprime וּבְכֵן en grandes lettres avant יִשְׁתַּבַּח ; la page en ligne de Yichtaba’h commence par le mot יִשְׁתַּבַּח. Les initiales de שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ הָאֵל forment Chelomo (§G68). On se lève à partir d’ici (Choul’han Aroukh HaRav 53:1). Sur la forme יִשְׁתַּבַּח, voir le §G42.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 53:1-3 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3285918
4. Chir ouchva’ha
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| שִׁיר וּשְׁבָחָה, הַלֵּל וְזִמְרָה, | chant et louange, hymne et mélodie, |
| עֹז וּמֶמְשָׁלָה, נֶצַח, גְּדֻלָּה וּגְבוּרָה, | force et domination, victoire, grandeur et puissance, |
| תְּהִלָּה וְתִפְאֶרֶת, קְדֻשָּׁה וּמַלְכוּת: | gloire et splendeur, sainteté et royauté ; |
| בְּרָכוֹת וְהוֹדָאוֹת לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ, | bénédictions et actions de grâce à Ton grand et saint Nom ; |
| וּמֵעוֹלָם עַד עוֹלָם אַתָּה אֵל. | et d’un monde à l’autre, Tu es D.ieu. |
Lignes 1 à 4 : les quinze, dans l’ordre (§G70). L’Aroukh HaChoul’han (53:1) les compte « de שיר ושבחה jusqu’à ברכות והודאות », comme dans notre siddour. La Michna Beroura (53:1) écrit « de שיר ושבחה jusqu’à מעתה », des mots qui ne figurent pas dans notre noussa’h de Yichtaba’h. Ligne 5 : comparez, au début de Nichmat, les mots מִן הָעוֹלָם וְעַד הָעוֹלָם (leçon 16).
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Aroukh HaChoul’han, Ora’h ’Haïm 53:1 et 281:5 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Arukh_HaShulchan,_Orach_Chaim.53.1
Michna Beroura 53:1 · texte hébreu via Sefaria ; cité tel qu’imprimé, sans voyelles · sefaria.org/Mishnah_Berurah.53.1
5. Baroukh ata
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, | Béni sois-Tu, Hachem, |
| אֵל מֶלֶךְ גָּדוֹל וּמְהֻלָּל בַּתִּשְׁבָּחוֹת, | D.ieu, Roi grand et loué par les louanges, |
| אֵל הַהוֹדָאוֹת, אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת, | D.ieu des actions de grâce, Maître des prodiges, |
| בּוֹרֵא כָּל הַנְּשָׁמוֹת, רִבּוֹן כָּל הַמַּעֲשִׂים, | Créateur de toutes les âmes, Maître de toutes les œuvres, |
| הַבּוֹחֵר בְּשִׁירֵי זִמְרָה, | qui choisit les chants de mélodie, |
| מֶלֶךְ יָחִיד חֵי הָעוֹלָמִים: | Roi, Unique, Vie des mondes. |
Lignes 1 et 2 : pas de Amen après בַּתִּשְׁבָּחוֹת, avec un ’hirik sous le ת, comme imprimé (Choul’han Aroukh HaRav 54:2 et note 7 ; leçon 10). Ligne 6 : ici, ceux qui écoutent répondent Amen. Puis le Kaddich suit aussitôt (53:1). Juste après Yichtaba’h, notre siddour imprime une instruction pour Chabbat Chouva ; elle ne fait pas partie de cette leçon.
Siddour Tehilat Hachem (Kehot), p. 168-169 · page imprimée ; le texte de chaque ligne vérifié mot à mot
Choul’han Aroukh HaRav, Ora’h ’Haïm 54:1-3 (Chabad.org ; traduction anglaise d’Eliyahou Touger) · hébreu et anglais, avec les notes du traducteur ; cité · chabad.org/…/3285920
Il demeure à jamais ; Tu es exalté
Un participe, « Son Nom », trois verbes « Tu » au hitpa’el, et « les lèvres de ».
שׁוֹכֵן עַד, מָרוֹם וְקָדוֹשׁ שְׁמוֹ,בְּפִי יְשָׁרִים תִּתְרוֹמָם,וּבְשִׂפְתֵי צַדִּיקִים תִּתְבָּרֵךְ,וּבִלְשׁוֹן חֲסִידִים תִּתְקַדָּשׁ,
| שׁוֹכֵן | = | שׁוֹכֵן |
| chokhen Celui qui demeure | demeurer |
| שְׁמוֹ | = | ◌וֹ | + | שְׁמ |
| chemo Son Nom | son, sa | nom |
| תִּתְרוֹמָם | = | רוֹמָם | + | תְ | + | תִּ |
| titromam Tu es exalté | haut | ת du hitpa’el | Tu (futur) |
| תִּתְבָּרֵךְ | = | בָּרֵךְ | + | תְ | + | תִּ |
| titbarakh Tu es béni | bénir | ת du hitpa’el | Tu (futur) |
| תִּתְקַדָּשׁ | = | קַדָּשׁ | + | תְ | + | תִּ |
| titkadach Tu es sanctifié | saint | ת du hitpa’el | Tu (futur) |
| וּבְשִׂפְתֵי | = | ◌י | + | שִׂפְתֵ | + | בְ | + | וּ |
| ouvessifté et par les lèvres de | de (chaîne ־ֵי) | lèvre | dans, avec, par | et |
Les assemblées et le devoir
Un nom avec מ, un hitpa’el avec י, une chaîne, deux infinitifs, et « Ton oint ».
וּבְמַקְהֵלוֹת רִבְבוֹת עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל,בְּרִנָּה יִתְפָּאֵר שִׁמְךָ מַלְכֵּנוּ בְּכָל דּוֹר וָדוֹר.שֶׁכֵּן חוֹבַת כָּל הַיְצוּרִים.לְהוֹדוֹת, לְהַלֵּל, לְשַׁבֵּחַ, לְפָאֵר,לְרוֹמֵם, לְהַדֵּר, לְבָרֵךְ, לְעַלֵּה וּלְקַלֵּס,עַבְדְּךָ, מְשִׁיחֶךָ:
| וּבְמַקְהֵלוֹת | = | ◌וֹת | + | מַקְהֵל | + | בְ | + | וּ |
| ouvemakhalot et dans les assemblées | pluriel ־וֹת | rassembler | dans, avec, par | et |
| יִתְפָּאֵר | = | פָּאֵר | + | תְ | + | יִ |
| yitpaèr sera glorifié | gloire | ת du hitpa’el | il (futur) |
| חוֹבַת | = | ◌ת | + | חוֹבַ |
| ’hovat le devoir de | de (chaîne ־ַת) | devoir |
| הַיְצוּרִים | = | ◌ים | + | יְצוּרִ | + | הַ |
| hayetsourim les créatures | pluriel ־ִים | former | le, la, les |
| לְשַׁבֵּחַ | = | שַׁבֵּחַ | + | לְ |
| lechabéa’h célébrer | louer | pour, à (infinitif) |
| וּלְקַלֵּס | = | קַלֵּס | + | לְ | + | וּ |
| oulekalès et acclamer | acclamer | pour, à (infinitif) | et |
| מְשִׁיחֶךָ | = | ◌ךָ | + | מְשִׁיחֶ |
| mechi’hékha Ton oint | Toi, Ton | oindre |
Yichtaba’h
Le ת déplacé, et « il sied ».
וּבְכֵן יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ,כִּי לְךָ נָאֶה יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ לְעוֹלָם וָעֶד:
| יִשְׁתַּבַּח | = | שְׁתַּבַּח | + | יִ |
| yichtaba’h qu’il soit loué | louer (avec le ת du hitpa’el) | il (futur) |
| נָאֶה | = | נָאֶה |
| naé il sied | convenable, beau |
Les quinze
Des noms féminins, une lettre devant, la terminaison ־וּת, et un pluriel.
שִׁיר וּשְׁבָחָה, הַלֵּל וְזִמְרָה,עֹז וּמֶמְשָׁלָה, נֶצַח, גְּדֻלָּה וּגְבוּרָה,תְּהִלָּה וְתִפְאֶרֶת, קְדֻשָּׁה וּמַלְכוּת:בְּרָכוֹת וְהוֹדָאוֹת לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ,
| וּשְׁבָחָה | = | ◌ה | + | שְׁבָחָ | + | וּ |
| ouchva’ha et louange | féminin ־ָה | louer | et |
| וּמֶמְשָׁלָה | = | ◌ה | + | מְשָׁלָ | + | מֶ | + | וּ |
| oumemchala et domination | féminin ־ָה | régner | nom avec מ | et |
| גְּדֻלָּה | = | ◌ה | + | גְּדֻלָּ |
| guedoula grandeur | féminin ־ָה | grand |
| וְתִפְאֶרֶת | = | ◌ת | + | פְאֶרֶ | + | תִ | + | וְ |
| vetiféret et splendeur | féminin ־ֶת | gloire | nom avec ת | et |
| וּמַלְכוּת | = | ◌וּת | + | מַלְכ | + | וּ |
| oumalkhout et royauté | abstrait ־וּת | roi | et |
| בְּרָכוֹת | = | ◌וֹת | + | בְּרָכ |
| berakhot bénédictions | pluriel ־וֹת | bénir |
La bénédiction finale
Un nom avec ת au pluriel, un nif’al, « les âmes », un participe, et une chaîne.
אֵל מֶלֶךְ גָּדוֹל וּמְהֻלָּל בַּתִּשְׁבָּחוֹת,אֵל הַהוֹדָאוֹת, אֲדוֹן הַנִּפְלָאוֹת,בּוֹרֵא כָּל הַנְּשָׁמוֹת, רִבּוֹן כָּל הַמַּעֲשִׂים,הַבּוֹחֵר בְּשִׁירֵי זִמְרָה,
| בַּתִּשְׁבָּחוֹת | = | ◌וֹת | + | שְׁבָּח | + | תִּ | + | בַּ |
| batichba’hot par les louanges | pluriel ־וֹת | louer | nom avec ת | par les |
| הַנִּפְלָאוֹת | = | ◌וֹת | + | פְלָא | + | נִּ | + | הַ |
| haniflaot les prodiges | pluriel ־וֹת | merveille | nif’al (passif) | le, la, les |
| הַנְּשָׁמוֹת | = | ◌וֹת | + | נְּשָׁמ | + | הַ |
| hanechamot les âmes | pluriel ־וֹת | souffle ; âme | le, la, les |
| הַבּוֹחֵר | = | בּוֹחֵר | + | הַ |
| haboh’èr qui choisit | choisir | le, la, les |
| בְּשִׁירֵי | = | ◌י | + | שִׁירֵ | + | בְּ |
| bechiré les chants de | de (chaîne ־ֵי) | chanter | dans, avec, par |
- Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
- Leçon 1 §G5 · Les noms : masculin, féminin, pluriel : féminin -a, qui devient -at/-ot devant une terminaison ; pluriels -im et -ot ; les voyelles s’abrègent quand le mot s’allonge
- Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
- Leçon 2 §G9 · L’article : « le, la » : ha- plus un daguech dans la lettre suivante ; ho- devant aleph, ayin, rech ; caché dans be-, le-, ke-
- Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 3 §G15 · Le participe actif : « Celui qui fait » : le présent du kal a un o après la première lettre de la racine et un é sous la deuxième : pokéa’h, zokèf ; il décrit une action qui continue
- Leçon 3 §G17 · Des mots qui servent de noms : « les aveugles », « Celui qui » : un adjectif ou un participe peut s’employer seul comme nom ; avec ha- devant, un participe signifie « Celui qui … »
- Leçon 3 §G19 · Deux petits signes : le pata’h furtif et la lettre douce : un pata’h sous un ח ou un ע final se lit avant la lettre (koa’h) ; בּ כּ פּ perdent leur daguech après une voyelle (vino, govèr)
- Leçon 4 §G20 · Le futur : une lettre devant : le futur met une lettre préfixe devant la racine : è- (א) je, ti- (ת) tu ou elle, yi- (י) il, ni- (נ) nous ; après אִם il signifie « si … venait à »
- Leçon 4 §G21 · Le nif’al : quand l’action est subie par le sujet : le nif’al est le passif du verbe simple : passé et présent en ni-/nè- (nivro, nè’èmon) ; futur avec un daguech dans la première lettre de la racine (yissossém, yipossé’a’h)
- Leçon 4 §G22 · Le hitpa’el : agir sur soi-même : le hitpa’el ajoute hit- (hiss-) devant et redouble la lettre médiane de la racine, comme le pi’el ; il signifie agir sur soi ou pour soi : lehiskayém, « se maintenir en existence »
- Leçon 4 §G23 · L’infinitif : « faire » : l’infinitif nomme l’action elle-même et prend en général le- : la’assoss faire, la’amod se tenir, lehav’hin distinguer, lehiskayém survivre
- Leçon 5 §G28 · Les noms avec un מ devant : beaucoup de noms se forment en plaçant un מ (ma-, mi-) devant la racine : ma’assè une action (ע־שׂ־ה, faire), mitsva un ordre (צ־ו־ה), mitsad un pas (צ־ע־ד)
- Leçon 6 §G30 · « Qu’Il te bénisse » : le futur comme souhait, avec terminaisons de complément : le futur (§G20) dit aussi « que… » : yevorèkhekho qu’Il te bénisse ; une terminaison après un verbe au futur désigne le complément : -kho te, -èm les
- Leçon 8 §G42 · La chaîne de louanges : les formes en yiss-, « qu’il soit grandi » : yisgadal, yiskadach, yisborèkh … sont des futurs du hitpa’el (§G22) : yi- « que cela » (§G20) + hit-, dont le ה tombe ; ils demandent que Son Nom devienne grand, saint, béni ; dans veyichtaba’h le ת change de place avec le שׁ
- Leçon 9 §G44 · Les racines creuses : quand la lettre du milieu est un vav (אוֹר, מֵאִיר, טוּבוֹ) : dans les racines comme א־ו־ר (lumière) et ט־ו־ב (bon), le ו du milieu est une voyelle, pas une vraie lettre : or lumière, mé’ir éclaire (hif’il, §G16), mo’or un luminaire (מ devant, §G28), tov bon, touvo Sa bonté
- Leçon 10 §G47 · Le pou’al : le passif du pi’el (מְהֻלָּל, מְשֻׁבָּח, מְפֹאָר) : le pou’al est le passif du pi’el (§G11) : un ou (koubouts) sous la première lettre de la racine et un daguech dans celle du milieu ; son présent a מְ devant : mehoulol loué, mechoubo’h célébré ; devant א, le ou devient o : mefo’or glorifié
- Leçon 11 §G52 · Un psaume dans l’ordre de l’alef-beth : dans certains psaumes chaque verset commence par la lettre suivante de l’alef-beth ; dans le psaume 34, les versets après le titre vont de א à ת, sans verset pour le ו, et un dernier verset recommence par פ ; connaître l’ordre aide la lecture et la mémoire
- Leçon 13 §G56 · Les formes abrégées : les signes ״ et ׳ : chez Rachi, dans la Guemara, le Choul’han Aroukh, la ’Hassidout et les notes du siddour, deux traits ״ avant la dernière lettre marquent les premières lettres de plusieurs mots (rachei tévot), un nombre, ou le nom d’une lettre ; un trait ׳ après une lettre marque un mot abrégé ou un nombre ; le contexte décide
- Leçon 13 §G58 · « Ta puissance » et « Tes hauts faits » : les terminaisons sur les noms féminins : un nom féminin en ־ָה change son ה en ת devant une terminaison : גְּבוּרָה → גְּבוּרָתְךָ, « Ta puissance » ; un pluriel féminin en ־וֹת garde son ת et prend les terminaisons du pluriel ־ֶיךָ, ־ָיו : גְּבוּרֹתֶיךָ, « Tes hauts faits », גְּבוּרֹתָיו, « Ses hauts faits »
- Leçon 14 §G61 · Une racine, deux modèles : נְשָׁמָה et נְשִׁימָה : l’hébreu verse une même racine dans des modèles de voyelles différents pour faire des noms différents : נ־שׁ־ם donne נְשָׁמָה, « âme », et נְשִׁימָה, « souffle, respiration » ; ה־ל־ל donne הַלֵּל, « louange », et, avec un ת devant, תְּהִלָּה
- Leçon 16 §G67 · « Toute bouche rendra grâce » : le futur avec כָּל, « il » et « elle », et « nous Te louerons » : après כָּל + un nom au singulier, le verbe est au singulier et suit le genre du nom : כָּל פֶּה יוֹדֶה (masculin, י), כָּל לָשׁוֹן תִשָּׁבַע (féminin, ת) ; un sujet pluriel prend ־וּ (יוֹדוּ וִיבָרְכוּ) ; נְ devant veut dire « nous », et ־ךָ après veut dire « Toi » (נְהַלֶּלְךָ)
Nous avons rencontré des lettres qui portent un message : l’ordre de l’alef-beth dans Achré (§G52) et des mots formés d’initiales (§G56). Chokhen Ad cache des noms.
Its’hak : les premières lettres. Chacune des quatre lignes nomme un groupe. Lisez seulement la première lettre de chaque groupe : le י de יְשָׁרִים, les hommes droits ; le צ de צַדִּיקִים, les justes ; le ח de חֲסִידִים, les pieux ; le ק de קְדוֹשִׁים, les saints. Ensemble : יִצְחָק.
Rivka : les troisièmes lettres. Chaque ligne se termine par un verbe qui commence par תִּתְ, « Tu seras » (§G69). Ces deux lettres sont les mêmes dans les quatre, elles ne portent donc pas de message. La troisième lettre est la première lettre de la racine : le ר de תִּתְרוֹמָם, le ב de תִּתְבָּרֵךְ, le ק de תִּתְקַדָּשׁ, le ה de תִּתְהַלָּל. Ensemble : רִבְקָה.
Chelomo : une possibilité. L’Aboudarham remarque que les initiales de שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ הָאֵל, au début de Yichtaba’h, forment שְׁלֹמֹה, « et il est possible » que ce fût le nom de l’auteur.
Pourquoi les verbes ont bougé. Dans l’ordre ancien rapporté par le Kol Bo, les verbes étaient associés aux groupes autrement ; l’ordre plus récent les dispose de façon à faire apparaître aussi Rivka. L’ordre des verbes ici est donc l’ordre du nom.
| יְשָׁרִים צַדִּיקִים חֲסִידִים קְדוֹשִׁים | yecharim tsadikim ’hassidim kedochim | droits, justes, pieux, saints | premières lettres : Its’hak |
| תִּתְרוֹמָם תִּתְבָּרֵךְ תִּתְקַדָּשׁ תִּתְהַלָּל | titromam titbarakh titkadach tit’halal | Tu seras exalté, béni, sanctifié, loué | troisièmes lettres : Rivka |
| שִׁמְךָ לָעַד מַלְכֵּנוּ הָאֵל | chimkha laad malkénou haël | Ton Nom à jamais, notre Roi, D.ieu | initiales : Chelomo (peut-être) |
Le hitpa’el (§G22) ajoute un ת à la racine, et veut souvent dire « être » ou « se faire » ce que dit la racine. Au futur (§G20), la lettre devant dit qui.
ת devant : « Tu ». תִּתְרוֹמָם, « Tu seras exalté » ; תִּתְבָּרֵךְ, « Tu seras béni » ; תִּתְקַדָּשׁ, « Tu seras sanctifié » ; תִּתְהַלָּל, « Tu seras loué ». Le premier ת est « Tu », le second ת est celui du hitpa’el. Le même ת peut aussi vouloir dire « elle » (§G67), mais ici il n’y a pas de nom féminin : les quatre lignes s’adressent directement à Hachem. Le futur décrit ici ce qui arrive toujours, je le traduis donc « Tu es exalté ».
בְּ devant les personnes. Chaque verbe a un groupe avec בְּ : בְּפִי, בְּשִׂפְתֵי, בִּלְשׁוֹן, בְּקֶרֶב. Le בְּ dit par qui, ou en qui, Il est exalté.
י devant : « il ». Le paragraphe suivant change de sujet : בְּרִנָּה יִתְפָּאֵר שִׁמְךָ, « avec un chant joyeux, Ton Nom sera glorifié ». Le sujet est maintenant « Ton Nom », le verbe commence donc par י. Dans Yichtaba’h, même schème : יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ, où le ת et le שׁ changent de place (§G42).
| תִּתְרוֹמָם | titromam | Tu es exalté | ת « Tu » + ת du hitpa’el |
| תִּתְקַדָּשׁ | titkadach | Tu es sanctifié | racine ק־ד־שׁ |
| יִתְפָּאֵר שִׁמְךָ | yitpaèr chimkha | Ton Nom sera glorifié | י : le sujet est « Ton Nom » |
Avant les quinze, le siddour nous a donné des verbes : neuf infinitifs avec לְ (§G23), la plupart au pi’el (§G11). Viennent maintenant des noms. Presque chacun a une racine que vous connaissez déjà, et un schème que vous pouvez reconnaître.
Féminin ־ָה (§G5). שְׁבָחָה, « louange », de ש־ב־ח, la racine de יִשְׁתַּבַּח et de לְשַׁבֵּחַ ; זִמְרָה, « mélodie », de ז־מ־ר, la racine de מִזְמוֹר ; גְּדֻלָּה, « grandeur », de ג־ד־ל, comme גָּדוֹל ; גְּבוּרָה, « puissance », de ג־ב־ר, comme גִּבּוֹר ; קְדֻשָּׁה, « sainteté », de ק־ד־שׁ, comme קָדוֹשׁ.
Une lettre devant. מֶמְשָׁלָה, « domination », de מ־שׁ־ל, « régner », avec un מ devant (§G28). תְּהִלָּה, « louange », de ה־ל־ל, avec un ת devant (§G61). תִּפְאֶרֶת, « splendeur », de פ־א־ר, avec un ת devant et la terminaison féminine ־ֶת (§G58).
La terminaison ־וּת. מַלְכוּת, « royauté », de מ־ל־ך, comme מֶלֶךְ. La terminaison ־וּת forme un nom abstrait : non pas le roi, mais ce que c’est d’être roi.
Des noms courts. שִׁיר, « chant » ; הַלֵּל, « hymne de louange » (le nom du Hallel) ; עֹז, « force » ; נֶצַח, « victoire, éternité ».
Deux pluriels. La liste se termine par בְּרָכוֹת, « bénédictions », le pluriel de בְּרָכָה, et הוֹדָאוֹת, « actions de grâce », le pluriel de הוֹדָאָה : le ־ָה devient ־וֹת. La bénédiction finale reprend ces mots : בַּתִּשְׁבָּחוֹת, « par les louanges », le pluriel de תִּשְׁבָּחָה (ת devant, racine ש־ב־ח), et אֵל הַהוֹדָאוֹת.
| גְּדֻלָּה וּגְבוּרָה | guedoula ouguevoura | grandeur et puissance | féminin ־ָה |
| וּמֶמְשָׁלָה | oumemchala | et domination | מ devant |
| וְתִפְאֶרֶת | vetiféret | et splendeur | ת devant, ־ֶת |
| וּמַלְכוּת | oumalkhout | et royauté | abstrait ־וּת |
| בְּרָכוֹת וְהוֹדָאוֹת | berakhot vehodaot | bénédictions et actions de grâce | pluriel ־וֹת |
Petits mots dans Chokhen Ad et Yichtaba’h
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| עַד | ad | à jamais ; jusqu’à | — | Au par. 1 : שׁוֹכֵן עַד. Au par. 3 : לָעַד. Au par. 4 : וּמֵעוֹלָם עַד עוֹלָם. |
| וּבְכֵן | ouvekhen | et ainsi | — | וּבְכֵן יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ : imprimé en grand dans notre siddour. |
| שֶׁכֵּן | chékèn | car tel (est) | — | שֶׁכֵּן חוֹבַת כָּל הַיְצוּרִים. |
| לְפָנֶיךָ | lefanékha | devant Toi | פ־נ־ה | Dans לְפָנֶיךָ יְיָ אֱלֹהֵינוּ, le mot est formé de לִפְנֵי + ־ךָ (§G30). |
| עַל כָּל | al kol | au-delà de tout, pour tout | — | עַל כָּל דִּבְרֵי שִׁירוֹת וְתִשְׁבְּחוֹת דָּוִד. |
| כִּי לְךָ | ki lekha | car à Toi | — | Dans כִּי לְךָ נָאֶה, le mot לְךָ est לְ + ־ךָ (§G4). |
| לְהוֹדוֹת | lehodot | rendre grâce | י־ד־ה | Le premier des neuf infinitifs (§G23), un hif’il (§G7) ; de la même racine, הוֹדָאוֹת. |
| שֵׁם chem · nom וְקָדוֹשׁ שְׁמוֹ (par. 1) ; יִתְפָּאֵר שִׁמְךָ (par. 2) ; יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ (par. 3) ; לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל (par. 4) | תְּהִלָּה tehila · louange נָאוָה תְהִלָּה (par. 1) ; תִּתְהַלָּל (par. 1) ; לְהַלֵּל (par. 2) ; תְּהִלָּה וְתִפְאֶרֶת (par. 4) ; וּמְהֻלָּל (par. 5) |
| שִׁיר chir · chant שִׁירוֹת (par. 2) ; שִׁיר וּשְׁבָחָה (par. 4) ; בְּשִׁירֵי זִמְרָה (par. 5) | בְּרָכָה berakha · bénédiction תִּתְבָּרֵךְ (par. 1) ; לְבָרֵךְ (par. 2) ; בְּרָכוֹת וְהוֹדָאוֹת (par. 4) ; בָּרוּךְ אַתָּה (par. 5) |
| קָדוֹשׁ kadoch · saint וְקָדוֹשׁ שְׁמוֹ (par. 1) ; תִּתְקַדָּשׁ (par. 1) ; קְדוֹשִׁים (par. 1) ; וְהַקָּדוֹשׁ (par. 3, 4) ; קְדֻשָּׁה (par. 4) | עוֹלָם olam · monde ; à jamais לְעוֹלָם וָעֶד (par. 3) ; וּמֵעוֹלָם עַד עוֹלָם (par. 4) ; חֵי הָעוֹלָמִים (par. 5) |
- Où commence Chokhen Ad dans notre siddour, et qu’est-ce qui vient juste avant ? Comment le Kol Bo (37) décrit-il l’ordre d’Ouvemakhalot à Barekhou ?
- Quels deux noms sont cachés dans les quatre lignes de Chokhen Ad, et comment trouve-t-on chacun ? Que dit l’Aboudarham sur l’auteur ?
- Selon le Kol Bo, comment les verbes étaient-ils ordonnés dans les anciens ma’hzorim, et pourquoi l’ordre a-t-il changé ? Quelle raison propose-t-il pour le nom Its’hak ?
- Quel nom l’Aboudarham trouve-t-il au début de Yichtaba’h ? À quel point en est-il sûr ?
- D’où sont déduites les quinze expressions de louange (Tour 51 ; Choul’han Aroukh HaRav 51:1) ? À quoi correspondent-elles, selon l’Aboudarham et le commentaire ’Habad ?
- Faut-il dire les quinze d’un seul souffle ? Comparez la Michna Beroura et l’Aroukh HaChoul’han (53:1). À qui demander en pratique ?
- Pourquoi Yichtaba’h ne commence-t-il pas par בָּרוּךְ (Choul’han Aroukh HaRav 54:1) ? Quelle est la règle sur la parole de Baroukh Chéomar à la fin de Yichtaba’h (51:4 ; 53:3) ?
- Pourquoi le chalia’h tsibour se lève-t-il déjà pour Yichtaba’h (53:1) ? Où répond-on Amen dans la bénédiction finale, et où pas (54:2) ?
- Baroukh Chéomar se termine par « Unique, Vie des mondes, Roi », Yichtaba’h par « Roi, Unique, Vie des mondes ». Comment l’Admour Hazaken explique-t-il les deux ordres dans le Torah Or ?
- Que veut dire שֶׁבַח en plus de « louange », selon le commentaire ’Habad et le Likouté Torah ? Que demandons-nous alors en disant יִשְׁתַּבַּח שִׁמְךָ ?
- Comment le Likouté Torah explique-t-il « grand » et « saint » dans « le Roi, grand et saint, dans les cieux et sur la terre » ?
- Pourquoi תִּתְרוֹמָם commence-t-il par ת, mais יִתְפָּאֵר par י ? Quel est le sujet de chacun ? → voir §G69
- Parmi les quinze, trouvez deux noms avec une lettre devant la racine, un avec ־וּת, et deux pluriels. Quelles sont leurs racines ? → voir §G70
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