La Amida : Retsé, Modim, Sim chalom et Elokaï netsor
Cette leçon se lit sur www.tebeka.com. L’impression est réservée aux utilisateurs connectés. © Rav Haim Tebeka.
J’ai demandé que mon repos du Chabbat soit agréé. Je me tourne maintenant vers les trois dernières bénédictions : le service, la reconnaissance et la paix. J’étudie leur ordre, la réponse distincte Modim derabanan et la prière personnelle Elokaï netsor. Du rétablissement du service dans Sa Maison à la garde de ma propre langue, je demande que ce qui se vit dans la Amida façonne celui qui la quitte. La leçon 24 reviendra à la Kedoucha de la répétition.
Quitter la Amida dans la reconnaissance
Je viens de terminer la sainteté du Chabbat, la bénédiction du milieu étudiée dans la leçon 22. J’arrive aux trois dernières : le service, la reconnaissance et la paix. Ce ne sont pas trois nouvelles demandes de semaine ajoutées au Chabbat. Elles constituent le mouvement final commun de la Amida. Dans Berakhot 34a, Rabbi ’Hanina compare les premières bénédictions à un serviteur qui présente la louange de son maître, celles du milieu à une demande de don, et les dernières à un serviteur qui a reçu un don et prend congé.
J’y entends un changement d’attitude dans les mots mêmes : non une sortie précipitée, mais la gratitude en présence du Donateur. La Guemara traite aussi de l’inclinaison au début et à la fin de la hodaa, la bénédiction de reconnaissance. J’en étudie ici le sens ; les questions de gestes, d’interruptions ou d’erreurs vont à mon rav.
אַחֲרוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁקִּבֵּל פְּרָס מֵרַבּוֹ, וְנִפְטָר וְהוֹלֵךְ לוֹ
Pourquoi le service, la reconnaissance, puis la paix ?
Meguila 18a explique l’ordre par des versets : la prière mène au service, et le service à la reconnaissance. Elle présente avoda et hodaa comme une seule réalité liée. Viennent ensuite Birkat kohanim, puis Sim chalom. La Guemara explique que la bénédiction du Saint, béni soit-Il, est la paix. C’est une explication talmudique de l’ordre, non l’affirmation qu’un seul Sage aurait composé chaque mot de notre texte imprimé.
Dans Retsé je demande que la prière et le service d’Israël soient agréés, et que la Chekhina revienne à Sion. Dans Modim je reconnais que ma vie même Lui est confiée. Dans Sim chalom je demande que la bénédiction atteigne tout Israël ensemble. Même la conclusion de la prière me fait sortir de moi-même.
עֲבוֹדָה וְהוֹדָאָה חֲדָא מִילְּתָא הִיא
Siddour Tehilat Hachem, édition annotée 5771/2011, p.214–217 · Images du PDF de référence (pages PDF 442, 444, 446, 448), vérifiées à 600 ppp ; étoiles et méteg omis ; le Nom est représenté par יְיָ
Modim derabanan : plusieurs Sages, une réponse
Sota 40a demande ce que dit l’assemblée quand l’officiant dit Modim. Rav propose une formule, Chmouel une autre ; Rabbi Simaï et d’autres Sages ajoutent des mots sur le Créateur, la vie, le maintien de la vie et le cœur entier. Rav Pappa conclut qu’il faut les dire toutes. C’est l’arrière-plan talmudique de Modim derabanan, l’action de grâce des Rabbis.
Notre siddour le place dans un encart distinct, à côté du Modim du ’hazan. Je ne dois pas les joindre comme s’ils appartenaient tous deux à ma Amida silencieuse. Je ne remplace pas non plus le texte imprimé par celui d’un seul avis talmudique : notre réponse comporte וּתְקַיְּמֵנוּ et וְנָשׁוּב אֵלֶיךָ, et se termine par בָּרוּךְ אֵל הַהוֹדָאוֹת. C’est ce noussa’h reçu que j’étudie.
Siddour Tehilat Hachem, édition annotée 5771/2011, p.214–217 · Images du PDF de référence (pages PDF 442, 444, 446, 448), vérifiées à 600 ppp ; étoiles et méteg omis ; le Nom est représenté par יְיָ
Elokaï netsor : une prière personnelle après les bénédictions
Berakhot 17a conserve des prières que les Sages disaient après leur Amida. Celle de Mar fils de Ravina commence par demander de préserver la langue du mal, puis une âme silencieuse devant ceux qui maudissent et un cœur ouvert à la Torah. Elle fournit le noyau d’Elokaï netsor. Ses mots ne sont pas identiques à toutes les lignes de notre siddour. La Guemara comporte d’autres demandes de protection ; notre siddour comporte les versets sur la balle et la délivrance des bien-aimés de D.ieu, puis les quatre demandes « agis pour… ».
Après le « nous » collectif des bénédictions, je dis « mon D.ieu », « ma langue », « mon cœur », « mon âme ». Ce n’est pas un repli sur moi. Je demande que celui qui quitte la Amida puisse vivre ce qu’il vient de prier. Le Yiheyou leratson répété réunit parole et pensée intérieure dans une même demande d’agrément.
Siddour Tehilat Hachem, édition annotée 5771/2011, p.214–217 · Images du PDF de référence (pages PDF 442, 444, 446, 448), vérifiées à 600 ppp ; étoiles et méteg omis ; le Nom est représenté par יְיָ

Retsé : être agréé n’est pas simplement réussir
Je remarque la famille ר־צ־ה : רְצֵה, « agrée » ; בְּרָצוֹן, « avec bienveillance » ; לְרָצוֹן, « pour être agréé ». Je n’annonce pas que mon service est parfait. Je demande qu’il soit accueilli. La prière nomme les offrandes d’Israël et sa prière, puis demande que nos yeux voient Son retour à Sion. L’aspiration est concrète : non seulement une meilleure disposition intérieure, mais le retour du service dans Sa Maison.
À la fin de cette leçon je demande à nouveau le Beit Hamikdach et ma part dans la Torah. Ma réflexion est que le début et la fin vont ensemble : j’aspire à la Maison reconstruite et je demande la Torah qui donne à ma propre vie une part dans Son service.
Modim : une vie confiée, non possédée
Les mots הַמְּסוּרִים et הַפְּקוּדוֹת sont passifs : nos vies sont confiées, nos âmes déposées. Je peux Le remercier non seulement d’un sauvetage exceptionnel, mais de la vie qui me permet de remarquer quoi que ce soit. Le paragraphe élargit le temps : chaque jour, à tout moment, soir, matin et midi. Puis il élargit celui qui parle : « tous les vivants ».
Je lis מוֹדִים comme remercier et reconnaître. La gratitude commence par admettre que je ne suis pas la source de ma propre vie. La même famille apparaît dans נוֹדֶה, « nous remercierons », לְהוֹדוֹת, « remercier », et הוֹדָאוֹת, « actions de grâce » (§G94). Dans Modim derabanan, je Le remercie même « car nous Te remercions » : la possibilité de me tourner vers Lui est elle-même un don.
Une âme silencieuse, une âme active
Elokaï netsor demande que mon âme se taise devant ceux qui me maudissent, puis que cette même âme poursuive Ses mitsvot. Le silence n’est pas la disparition de l’énergie. Je demande de déplacer mon énergie de la riposte vers la Torah et les mitsvot. La grammaire rend le lien visible : תִדּוֹם, תִּהְיֶה et תִּרְדּוֹף s’accordent tous avec le nom féminin נַפְשִׁי, « mon âme » (§G95).
Je ne transforme pas « comme la poussière pour tous » en décision pratique sur la manière de réagir à un tort. J’étudie ici une prière d’humilité et de maîtrise de soi ; les situations concrètes et la halakha pratique relèvent d’un rav. Je peux commencer par une demande sincère : que les paroles de ma bouche et la pensée de mon cœur appartiennent au même service.
Talmud Bavli, Berakhot 17a, la prière de Mar fils de Ravina · Consulté ; mes traductions et paraphrases · sefaria.org/Berakhot.17a
La paix en haut, la bonté en bas
Quand je dis Ossé chalom, je ne demande pas que toute différence disparaisse. Dans Iguéret Hakodech 12, l’Admour Hazaken explique que Mikhaël exprime le ’hessed et Gabriel la guevoura, comme l’eau qui descend et le feu qui monte. Leur opposition appartient à leurs attributs limités. Une révélation de la lumière infinie de D.ieu les ramène à leur source commune, et ils deviennent véritablement un.
La lettre se tourne ensuite vers nos actes : donner vie, grâce, bonté et compassion à celui qui est dans le besoin éveille cette paix en haut. Dans la note 5, le Rabbi souligne que ce sont précisément les bénédictions demandées dans Sim chalom. C’est un lien exact fait dans la source, non un rapprochement que j’attribuerais de moi-même au Tanya.
Je traduis moi-même les courts extraits hébreux ci-dessous. Les développements anglais sur Chabad.org sont les explications de Rabbi Yossef Wineberg, traduites par les Rabbis Levy Wineberg et Cholom B. Wineberg et éditées par Uri Kaploun ; je ne présente pas leur formulation explicative comme les mots mêmes de l’Admour Hazaken.
« Mais le Saint, béni soit-Il, fait la paix entre eux. »
« Et ils deviennent véritablement un. »
« Et le don de vie, de grâce, de bonté et de miséricorde. »
— L’Admour Hazaken, Tanya, Iguéret Hakodech 12 ; mes traductions des extraits hébreux imprimés ci-dessous. Le lien avec Sim chalom est la note 5 du Rabbi.
Ce que j’emporte dans ma prière
Ma réflexion, non une autre citation. Je relie ainsi les deux extrémités de notre passage : la paix demandée dans le siddour appelle une bonté au-delà de la page. « Bénis-nous, notre Père, tous comme un » me demande de ne laisser personne hors de ma sollicitude.
Le Chabbat. Donner de l’argent n’est pas l’acte de ce jour. Je peux méditer sur la bonté, parler avec chaleur et penser au bien que je ferai au moment approprié ; les questions pratiques vont à mon rav.
Les extraits hébreux exacts
Ces trois extraits se trouvent dans cet ordre au début de la lettre 12. Mes traductions figurent dans l’éclairage ci-dessus.
אַךְ הַקָּדוֹשׁ־בָּרוּךְ־הוּא – עוֹשֶׂה שָׁלוֹם בֵּינֵיהֶםוְהָיוּ לַאֲחָדִים מַמָּשׁוְהַשְׁפָּעַת חַיִּים חֵן וָחֶסֶד וְרַחֲמִים
Le périmètre de cette leçon
Je suis le PDF de référence de l’édition actuelle, p.214–217, en utilisant les images, non le TXT, comme autorité pour les lettres et les voyelles. À titre de comparaison historique seulement, j’ai aussi regardé les passages principaux dans l’impression de 1953, p.180–182, y compris le début de Retsé à la p.180 ; elle n’est pas une autorité pour ce texte. Le 8 novembre 2026, j’ai revérifié chaque lettre, voyelle et signe de ponctuation sur l’édition actuelle et j’ai corrigé le texte d’après elle. Les étoiles et le méteg servant d’aides à la lecture sont omis ; je représente le Nom divin imprimé par יְיָ, comme dans les leçons précédentes. Les traductions anglaise et française des lignes sont les miennes.
C’est une leçon, non encore le siddour complet du livre pour prier. Les ajouts des jours particuliers et le passage sacerdotal du ’hazan ne sont pas reproduits ; leurs emplacements sont indiqués ci-dessous. Modim derabanan reste distinct. J’ai réessayé les pages du siddour de semaine de Chabad.org, mais n’ai obtenu que des titres, non un texte hébreu exploitable ; je ne prétends donc pas avoir achevé cette comparaison en ligne.
Tehilat Hachem, Merkos L’Inyonei ’Hinoukh, 1953, p.180–182 (comparaison historique seulement) · Consulté ; mes traductions et paraphrases
Retsé : rétablis le service
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| רְצֵה יְיָ אֱלֹהֵינוּ בְּעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל וְלִתְפִלָּתָם שְׁעֵה, | Agrée, Hachem notre D.ieu, Ton peuple Israël et prête attention à sa prière ; |
| וְהָשֵׁב הָעֲבוֹדָה לִדְבִיר בֵּיתֶךָ, | et rétablis le service dans le sanctuaire intérieur de Ta Maison ; |
| וְאִשֵּׁי יִשְׂרָאֵל וּתְפִלָּתָם בְּאַהֲבָה תְקַבֵּל בְּרָצוֹן, | et reçois avec amour et bienveillance les offrandes consumées d’Israël et sa prière ; |
| וּתְהִי לְרָצוֹן תָּמִיד עֲבוֹדַת יִשְׂרָאֵל עַמֶּךָ: | et que le service d’Israël Ton peuple soit toujours agréé. |
| וְתֶחֱזֶינָה עֵינֵינוּ בְּשׁוּבְךָ לְצִיּוֹן בְּרַחֲמִים. | Et que nos yeux contemplent Ton retour à Sion avec miséricorde. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, הַמַּחֲזִיר שְׁכִינָתוֹ לְצִיּוֹן: | Béni sois-Tu, Hachem, qui ramènes Ta Chekhina à Sion. |
L’encart Yaalé veyavo se place entre les quatrième et cinquième lignes aux jours concernés ; il n’est pas reproduit ici. Ce Retsé est la bénédiction du service, non le Retsé vimnou’haténou de la leçon 22.
Modim : la reconnaissance
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ, שָׁאַתָּה הוּא יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ לְעוֹלָם וָעֶד, | Nous Te reconnaissons et Te remercions, car Tu es Hachem notre D.ieu et D.ieu de nos pères pour toujours, à jamais ; |
| צוּר חַיֵּינוּ, מָגֵן יִשְׁעֵנוּ, אַתָּה הוּא לְדוֹר וָדוֹר, | le Rocher de notre vie, le Bouclier de notre salut, Tu l’es de génération en génération. |
| נוֹדֶה לְּךָ וּנְסַפֵּר תְּהִלָּתֶךָ, | Nous Te remercierons et raconterons Ta louange, |
| עַל חַיֵּינוּ הַמְּסוּרִים בְּיָדֶךָ, וְעַל נִשְׁמוֹתֵינוּ הַפְּקוּדוֹת לָךְ, | pour nos vies confiées à Ta main, et pour nos âmes déposées auprès de Toi, |
| וְעַל נִסֶּיךָ שֶׁבְּכָל יוֹם עִמָּנוּ, | et pour Tes miracles qui nous accompagnent chaque jour, |
| וְעַל נִפְלְאוֹתֶיךָ וְטוֹבוֹתֶיךָ שֶׁבְּכָל עֵת, עֶרֶב וָבֹקֶר וְצָהֳרָיִם, | et pour Tes merveilles et Tes bienfaits à tout moment, soir, matin et midi. |
| הַטּוֹב, כִּי לֹא כָלוּ רַחֲמֶיךָ, וְהַמְרַחֵם, כִּי לֹא תַמּוּ חֲסָדֶיךָ, כִּי מֵעוֹלָם קִוִּינוּ לָךְ: | Toi qui es bon, car Tes miséricordes ne se sont pas épuisées ; Toi qui es miséricordieux, car Tes bontés n’ont pas cessé ; car depuis toujours nous espérons en Toi. |
| וְעַל כֻּלָּם יִתְבָּרֵךְ וְיִתְרוֹמָם וְיִתְנַשֵּׂא שִׁמְךָ מַלְכֵּנוּ תָּמִיד לְעוֹלָם וָעֶד: | Et pour tout cela, que Ton Nom, notre Roi, soit béni, exalté et élevé toujours, à jamais. |
| וְכָל הַחַיִּים יוֹדוּךָ סֶּלָה, וִיהַלְלוּ שִׁמְךָ הַגָּדוֹל לְעוֹלָם כִּי טוֹב, | Et tous les vivants Te remercieront à jamais et loueront Ton grand Nom pour toujours, car Tu es bon, |
| הָאֵל יְשׁוּעָתֵנוּ וְעֶזְרָתֵנוּ סֶלָה, הָאֵל הַטּוֹב. | D.ieu de notre salut et de notre aide à jamais, D.ieu qui es bon. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, הַטּוֹב שִׁמְךָ וּלְךָ נָאֶה לְהוֹדוֹת: | Béni sois-Tu, Hachem ; Ton Nom est bon et il convient de Te remercier. |
À ’Hanoucca, l’encart Al hanissim précède Veal koulam. L’encart Oukhetov des Dix Jours de Techouva suit Veal koulam. Aucun n’est reproduit. L’ouverture imprime שָׁאַתָּה et non שֶׁאַתָּה ; נוֹדֶה לְּךָ a un daguech dans le ל.
Modim derabanan : la réponse de l’assemblée
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| מוֹדִים אֲנַחְנוּ לָךְ, שָׁאַתָּה הוּא יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, | Nous Te reconnaissons et Te remercions, car Tu es Hachem notre D.ieu et D.ieu de nos pères, |
| אֱלֹהֵי כָּל בָּשָׂר, יוֹצְרֵנוּ, יוֹצֵר בְּרֵאשִׁית, | D.ieu de toute chair, notre Créateur, Auteur de la création ; |
| בְּרָכוֹת וְהוֹדָאוֹת לְשִׁמְךָ הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ, | bénédictions et remerciements à Ton Nom grand et saint, |
| עַל שֶׁהֶחֱיִיתָנוּ וְקִיַּמְתָּנוּ, כֵּן תְּחַיֵּנוּ וּתְקַיְּמֵנוּ, | car Tu nous as fait vivre et nous as maintenus ; ainsi, fais-nous vivre et maintiens-nous, |
| וְתֶאֱסוֹף גָּלֻיּוֹתֵינוּ לְחַצְרוֹת קָדְשֶׁךָ, | et rassemble nos exilés dans les cours de Ta sainteté, |
| וְנָשׁוּב אֵלֶיךָ לִשְׁמוֹר חֻקֶּיךָ, וְלַעֲשׂוֹת רְצוֹנֶךָ, וּלְעָבְדְּךָ בְּלֵבָב שָׁלֵם, | et nous reviendrons à Toi, pour garder Tes décrets, accomplir Ta volonté et Te servir d’un cœur entier, |
| עַל שֶׁאָנוּ מוֹדִים לָךְ, בָּרוּךְ אֵל הַהוֹדָאוֹת: | car nous Te remercions ; béni soit D.ieu des actions de grâce. |
Ce texte figure dans un encart distinct pour l’assemblée pendant le Modim du ’hazan. Ce n’est PAS un paragraphe supplémentaire de la Amida silencieuse. Je garde la conclusion בָּרוּךְ אֵל הַהוֹדָאוֹת telle qu’imprimée, sans ajouter la formule habituelle.
Sim chalom : paix et bénédiction
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| שִׂים שָׁלוֹם, טוֹבָה וּבְרָכָה, חַיִּים חֵן וָחֶסֶד וְרַחֲמִים, עָלֵינוּ וְעַל כָּל יִשְׂרָאֵל עַמֶּךָ. | Accorde paix, bien et bénédiction, vie, grâce, bonté et miséricorde, à nous et à tout Israël Ton peuple. |
| בָּרְכֵנוּ אָבִינוּ כֻּלָּנוּ כְּאֶחָד בְּאוֹר פָּנֶיךָ, | Bénis-nous, notre Père, tous comme un, par la lumière de Ta face ; |
| כִּי בְאוֹר פָּנֶיךָ נָתַתָּ לָּנוּ יְיָ אֱלֹהֵינוּ תּוֹרַת חַיִּים וְאַהֲבַת חֶסֶד, וּצְדָקָה וּבְרָכָה וְרַחֲמִים וְחַיִּים וְשָׁלוֹם, | car par la lumière de Ta face Tu nous as donné, Hachem notre D.ieu, une Torah de vie et l’amour de la bonté, la justice, la bénédiction, la miséricorde, la vie et la paix. |
| וְטוֹב בְּעֵינֶיךָ לְבָרֵךְ אֶת עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל בְּכָל עֵת וּבְכָל שָׁעָה בִּשְׁלוֹמֶךָ. | Et qu’il soit bon à Tes yeux de bénir Ton peuple Israël à tout moment et à toute heure par Ta paix. |
| בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ, הַמְבָרֵךְ אֶת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בַּשָּׁלוֹם: | Béni sois-Tu, Hachem, qui bénis Ton peuple Israël par la paix. |
Le passage de la bénédiction sacerdotale du ’hazan, imprimé entre Modim et Sim chalom, n’est pas reproduit ici : je renvoie à la leçon 6 pour Birkat kohanim. L’encart Ouvesséfer ’hayim des Dix Jours de Techouva avant la conclusion est hors du texte de cette leçon. Noter בְּאוֹר à la deuxième ligne, mais בְאוֹר sans daguech après כִּי à la troisième, selon l’impression.
Yiheyou leratson
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ, יְיָ צוּרִי וְגוֹאֲלִי: | Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréées devant Toi, Hachem, mon Rocher et mon Libérateur. |
Notre siddour imprime ce verset avant Elokaï netsor, puis à sa fin. Je garde les deux occurrences.
Elokaï netsor : mes paroles, mon cœur, mon âme
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| אֱלֹהַי, נְצֹר לְשׁוֹנִי מֵרָע, וּשְׂפָתַי מִדַּבֵּר מִרְמָה, | Mon D.ieu, préserve ma langue du mal et mes lèvres de dire la tromperie ; |
| וְלִמְקַלְלַי נַפְשִׁי תִדּוֹם, וְנַפְשִׁי כֶּעָפָר לַכֹּל תִּהְיֶה. | et que mon âme se taise devant ceux qui me maudissent, et que mon âme soit comme la poussière pour tous. |
| פְּתַח לִבִּי בְּתוֹרָתֶךָ, וּבְמִצְוֹתֶיךָ תִּרְדּוֹף נַפְשִׁי, | Ouvre mon cœur à Ta Torah, et que mon âme poursuive Tes mitsvot. |
| וְכָל הַחוֹשְׁבִים עָלַי רָעָה, מְהֵרָה הָפֵר עֲצָתָם וְקַלְקֵל מַחֲשַׁבְתָּם. | Et tous ceux qui projettent du mal contre moi : annule vite leur conseil et déjoue leur dessein. |
| יִהְיוּ כְּמֹץ לִפְנֵי רוּחַ וּמַלְאַךְ יְיָ דֹּחֶה. | Qu’ils soient comme la balle devant le vent, qu’un ange d’Hachem les repousse. |
| לְמַעַן יֵחָלְצוּן יְדִידֶיךָ, הוֹשִׁיעָה יְמִינְךָ וַעֲנֵנִי. | Afin que Tes bien-aimés soient délivrés, sauve par Ta droite et réponds-moi. |
| עֲשֵׂה לְמַעַן שְׁמֶךָ, עֲשֵׂה לְמַעַן יְמִינֶךָ, עֲשֵׂה לְמַעַן תּוֹרָתֶךָ, עֲשֵׂה לְמַעַן קְדֻשָּׁתֶךָ. | Agis pour Ton Nom, agis pour Ta droite, agis pour Ta Torah, agis pour Ta sainteté. |
| יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ, יְיָ צוּרִי וְגוֹאֲלִי: | Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréées devant Toi, Hachem, mon Rocher et mon Libérateur. |
Je suis l’orthographe et les voyelles de notre siddour, dont כְּמֹץ avec un daguech dans le כ, דֹּחֶה sans vav, la forme יֵחָלְצוּן et le singulier מַחֲשַׁבְתָּם. Le texte plus long de Berakhot 17a est une source de cette prière, non un remplacement de notre noussa’h.
Ossé chalom
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| עֹשֶׂה שָׁלוֹם בִּמְרוֹמָיו, הוּא יַעֲשֶׂה שָׁלוֹם עָלֵינוּ וְעַל כָּל יִשְׂרָאֵל, וְאִמְרוּ אָמֵן: | Celui qui fait la paix dans Ses hauteurs, qu’Il fasse la paix sur nous et sur tout Israël ; et dites : Amen. |
La variante saisonnière imprimée est הַשָּׁלוֹם, « la paix », de Roch Hachana à Yom Kippour. Pour les questions pratiques de pas, d’inclinaisons, de réponses ou d’ajouts, je m’adresse à mon rav.
La demande de reconstruction
| Hébreu | Sens |
|---|---|
| יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ, יְיָ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, | Que telle soit Ta volonté, Hachem notre D.ieu et D.ieu de nos pères, |
| שֶׁיִּבָּנֶה בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בִּמְהֵרָה בְיָמֵינוּ, וְתֵן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתֶךָ: | que le Beit Hamikdach soit reconstruit rapidement de nos jours, et donne-nous notre part dans Ta Torah. |
C’est la demande de reconstruction de la p.217. Elle revient à l’aspiration au service avec laquelle Retsé a commencé.
Retsé : agrément et retour
Je distingue préfixes, lettres écrites de la racine et terminaisons. Les mots déjà appris sont rappelés plutôt que réexpliqués.
| רְצֵה | = | רְצֵה |
| retsé agrée | agréer |
| וְהָשֵׁב | = | שֵׁב | + | הָ | + | וְ |
| vehachev et rétablis | revenir | impératif hif’il | et |
| הָעֲבוֹדָה | = | ◌ה | + | עֲבוֹדָ | + | הָ |
| haavoda le service | nom féminin | servir | le, la, les |
| וְתֶחֱזֶינָה | = | ◌נָה | + | חֱזֶי | + | תֶ | + | וְ |
| vete’hézéna et qu’ils contemplent | elles | contempler | futur féminin pluriel | et |
| עֵינֵינוּ | = | ◌ינוּ | + | עֵינֵ |
| énénou nos yeux | nos (nom duel/pluriel) | œil |
| הַמַּחֲזִיר | = | חֲזִיר | + | מַּ | + | הַ |
| hama’hazir qui ramènes | revenir | participe hif’il | le, la, les |
Modim : la famille de la reconnaissance
Je distingue préfixes, lettres écrites de la racine et terminaisons. Les mots déjà appris sont rappelés plutôt que réexpliqués.
| מוֹדִים | = | ◌ים | + | דִ | + | מוֹ |
| modim nous reconnaissons / remercions | pluriel | remercier / reconnaître | participe hif’il מוֹ |
| נוֹדֶה | = | וֹדֶה | + | נ |
| nodé nous remercierons | remercier | nous (futur) |
| הַמְּסוּרִים | = | ◌ים | + | מְּסוּרִ | + | הַ |
| hamessourim confiés | pluriel | confier | le, la, les |
| הַפְּקוּדוֹת | = | ◌וֹת | + | פְּקוּד | + | הַ |
| hapekoudot déposées | féminin pluriel | déposer / confier | le, la, les |
| נִסֶּיךָ | = | ◌יךָ | + | נִסֶּ |
| nissékha Tes miracles | Tes (nom pluriel) | miracle |
| קִוִּינוּ | = | ◌נוּ | + | קִוִּי |
| kivinou nous avons espéré | nous (passé) | espérer |
| לְהוֹדוֹת | = | ◌וֹת | + | ד | + | הוֹ | + | לְ |
| lehodot remercier | terminaison d’infinitif | remercier | הוֹ du hif’il | infinitif |
| וְהוֹדָאוֹת | = | ◌וֹת | + | דָא | + | הוֹ | + | וְ |
| vehodaot et actions de grâce | pluriel de הוֹדָאָה | remercier / reconnaître | début de nom הוֹ | et |
Vie, service et bénédiction
Je distingue préfixes, lettres écrites de la racine et terminaisons. Les mots déjà appris sont rappelés plutôt que réexpliqués.
| שֶׁהֶחֱיִיתָנוּ | = | ◌נוּ | + | ◌תָ | + | חֱיִי | + | הֶ | + | שֶׁ |
| chehé’hiyitanou que Tu nous as fait vivre | nous / notre | Tu (passé) | vivre | passé hif’il | que |
| וְתֶאֱסוֹף | = | אֱסוֹף | + | תֶ | + | וְ |
| veteessof et rassemble | rassembler | Tu (futur) | et |
| וְנָשׁוּב | = | שׁוּב | + | נָ | + | וְ |
| venachouv et nous reviendrons | revenir | nous (futur) | et |
| וּלְעָבְדְּךָ | = | ◌ךָ | + | עָבְדְּ | + | לְ | + | וּ |
| ouleovdekha et Te servir | Ton / Toi | servir | infinitif | et |
| בְּלֵבָב | = | לֵבָב | + | בְּ |
| belevav d’un cœur | cœur | avec |
| בָּרְכֵנוּ | = | ◌נוּ | + | בָּרְכֵ |
| barekhénou bénis-nous | nous / notre | bénir |
| כְּאֶחָד | = | אֶחָד | + | כְּ |
| keé’had comme un | un | comme |
| הַמְבָרֵךְ | = | בָרֵךְ | + | מְ | + | הַ |
| hamevarekh qui bénis | bénir | participe pi’el | le, la, les |
Elokaï netsor : préserver, se taire, poursuivre
Je distingue préfixes, lettres écrites de la racine et terminaisons. Les mots déjà appris sont rappelés plutôt que réexpliqués.
| נְצֹר | = | נְצֹר |
| netsor préserve | préserver |
| לְשׁוֹנִי | = | ◌י | + | לְשׁוֹנִ |
| lechoni ma langue | ma | langue |
| מִדַּבֵּר | = | דַּבֵּר | + | מִ |
| midaber de parler | parler | de (מִן) |
| תִדּוֹם | = | דּוֹם | + | תִ |
| tidom qu’elle se taise | se taire | elle (futur) |
| תִּרְדּוֹף | = | רְדּוֹף | + | תִּ |
| tirdof qu’elle poursuive | poursuivre | elle (futur) |
| הָפֵר | = | פֵר | + | הָ |
| hafer annule | annuler | impératif hif’il |
| וְקַלְקֵל | = | קַלְקֵל | + | וְ |
| vekalkel et déjoue | gâter / déjouer | et |
| אִמְרֵי | = | ◌י | + | אִמְרֵ |
| imré les paroles de | pluriel construit | dire / parole |
| וְגוֹאֲלִי | = | ◌י | + | גוֹאֲלִ | + | וְ |
| vegoali et mon Libérateur | mon | libérer | et |
- Leçon 1 §G2 · Les lettres cachées de la racine : le youd, le vav et le hé peuvent changer de forme ou tomber ; un daguech peut marquer une lettre fondue
- Leçon 1 §G4 · Les pronoms : isolés et attachés : ani je, Ato Tu ; terminaisons -i mon/moi, -’ho/-è’ho ton, -éinou notre, -o/-ov son
- Leçon 1 §G6 · Les adjectifs, et les phrases sans « est » : l’adjectif suit son nom et s’accorde avec lui ; placé en tête, il forme une phrase sans mot pour « est »
- Leçon 1 §G7 · Les schèmes verbaux (binyanim) et le hif’il : une racine devient verbe par un schème ; le hif’il signifie « faire faire » et se reconnaît à hè- (passé) ou ma-/mo- (présent)
- Leçon 2 §G10 · L’état construit : « X de Y » : deux noms côte à côte signifient « X de Y » ; l’article va sur le second ; le féminin -a devient -at
- Leçon 2 §G11 · Le pi’el : la lettre du milieu redoublée : le pi’el redouble la lettre médiane de la racine par un daguech ; passé ki-, présent me-
- Leçon 2 §G13 · Le participe passif : boroukh : le schème kotouv (kamats, puis ou avant la dernière lettre) signifie « -é » : boroukh béni
- Leçon 3 §G17 · Des mots qui servent de noms : « les aveugles », « Celui qui » : un adjectif ou un participe peut s’employer seul comme nom ; avec ha- devant, un participe signifie « Celui qui … »
- Leçon 4 §G23 · L’infinitif : « faire » : l’infinitif nomme l’action elle-même et prend en général le- : la’assoss faire, la’amod se tenir, lehav’hin distinguer, lehiskayém survivre
- Leçon 6 §G33 · Nommer une action : les noms tirés des schèmes verbaux : chaque schème verbal a son nom d’action : pi’el kibboud honorer, bikkour visiter ; hif’il ha’hnosso faire entrer (ha’hnossat à l’état construit) ; kal netilo prendre ; aussi talmoud, guemilout
- Leçon 9 §G44 · Les racines creuses : quand la lettre du milieu est un vav (אוֹר, מֵאִיר, טוּבוֹ) : dans les racines comme א־ו־ר (lumière) et ט־ו־ב (bon), le ו du milieu est une voyelle, pas une vraie lettre : or lumière, mé’ir éclaire (hif’il, §G16), mo’or un luminaire (מ devant, §G28), tov bon, touvo Sa bonté
- Leçon 10 §G48 · Les racines qui finissent par un hé (עֹשֶׂה, פּוֹדֶה, הָיָה) : quand une racine finit par ה, le participe finit en -è (עֹשֶׂה ossé, פּוֹדֶה podé), le passé « il » finit en -o (הָיָה hoyo), et devant une terminaison le ה tombe (מַעֲשֶׂה → מַעֲשֵׂי)
- Leçon 20 §G80 · « Aimer » et « Le servir » : לְאַהֲבָה et לְעָבְדוֹ : לְאַהֲבָה emploie la forme nominale אַהֲבָה, et non l’infinitif simple לֶאֱהֹב, tandis que לְעָבְדוֹ est un infinitif avec la terminaison ־וֹ, « Le »
- Leçon 21 §G86 · Des titres au présent : participes du kal et du pi’el : Les deux premières bénédictions décrivent Hachem par des participes (§G15) : kal גּוֹמֵל, זוֹכֵר, סוֹמֵךְ, רוֹפֵא, קוֹנֵה ; pi’el, avec מְ, מְכַלְכֵּל, מְחַיֶּה, מְקַיֵּם ; leurs objets sont souvent aussi des participes : נוֹפְלִים, חוֹלִים, אֲסוּרִים
- Leçon 21 §G88 · Demander : le futur comme demande, « souviens-Toi de nous », et « ils Te louent » : Une demande peut être un futur (תִּפְתָּח, « ouvre » ; יַגִּיד, « dira ») ou un impératif avec une terminaison (זָכְרֵנוּ, וְכָתְבֵנוּ, « souviens-Toi de nous », « inscris-nous ») ; et une terminaison sur un verbe au futur est son objet (יְהַלְלוּךָ, « ils Te louent »)
- Leçon 22 §G91 · Demander le Chabbat : impératifs du kal, du pi’el et du hif’il, avec ־ֵנוּ : Retsé est une chaîne d’impératifs dits comme des demandes (§G31, §G88) : kal רְצֵה et וְתֵן ; pi’el קַדְּשֵׁנוּ, שַׂבְּעֵנוּ, וְשַׂמֵּחַ, וְטַהֵר (lettre du milieu redoublée ; un ח final prend un pata’h lu avant lui) ; hif’il וְהַנְחִילֵנוּ (הַ … ־ִי־) ; avec ־ֵנוּ, « nous »
Une famille, plusieurs formes. Je connais déjà le hif’il (§G7) et les racines faibles (§G2). Je rencontre ici la famille י־ד־ה de façon concentrée. Dans le contexte de Modim, elle signifie remercier et reconnaître. Cela ne veut pas dire que chaque forme en tout contexte se traduit par le même mot français.
Ceux qui parlent. מוֹדִים est un participe hif’il masculin pluriel : avec אֲנַחְנוּ, « nous reconnaissons / remercions ». Ce n’est pas un passé avec une terminaison « nous ». נוֹדֶה est le futur de la première personne du pluriel : le נ initial signifie « nous », ce n’est pas celui du nif’al. La racine faible ne présente pas un י distinct dans chaque forme. Je reconnais la famille par ses formes, non par une règle exigeant que chaque lettre de racine reste visible.
Infinitif ou nom ? לְהוֹדוֹת est l’infinitif « remercier », avec לְ (§G23). Le ות appartient à cet infinitif faible ; il ne fait pas un nom pluriel. הוֹדָאוֹת est le nom pluriel « actions de grâce », de הוֹדָאָה. Son א relève de la formation du nom, non d’une nouvelle racine י־ד־א. Dans בָּרוּךְ אֵל הַהוֹדָאוֹת, le nom porte l’article ; dans וּלְךָ נָאֶה לְהוֹדוֹת, l’infinitif complète « il convient ».
| מוֹדִים | modim | reconnaissants / remerciant | participe pluriel avec אֲנַחְנוּ |
| נוֹדֶה | nodé | nous remercierons | נ = nous |
| לְהוֹדוֹת | lehodot | remercier | infinitif, non un nom pluriel |
| הוֹדָאוֹת | hodaot | actions de grâce | nom pluriel |
D’abord le sujet. עֵינֵינוּ, « nos yeux », est grammaticalement féminin et duel/pluriel. Le verbe וְתֶחֱזֶינָה a donc le schème du futur féminin pluriel ת … נָה. Racine ח־ז־ה ; le ה final de la racine n’est pas écrit comme un ה distinct ici (§G48). La terminaison נָה marque le sujet ; ce n’est pas la particule de prière נָא de רְצֵה נָא.
Une âme, trois verbes. נֶפֶשׁ est féminin ; נַפְשִׁי signifie « mon âme ». Ainsi תִדּוֹם, « qu’elle se taise », תִּהְיֶה, « qu’elle soit », et תִּרְדּוֹף, « qu’elle poursuive », sont au féminin singulier. Le ת ne signifie pas que je m’adresse à mon âme comme à « Toi » ; la phrase dit ce que mon âme doit faire. תִדּוֹם vient de la racine redoublée ד־מ־ם ; je garde l’absence de daguech dans ד après נַפְשִׁי selon le siddour.
Tout ת ne signifie pas « elle ». Dans וְתֶאֱסוֹף, « et rassemble », je m’adresse à D.ieu : ת marque la deuxième personne du masculin singulier. Le contexte, le nom associé et la terminaison disent qui agit. Je ne traduis pas le préfixe avant de lire la phrase. Ce sont des demandes exprimées au futur, comme dans §G88.
| וְתֶחֱזֶינָה עֵינֵינוּ | vete’hézéna énénou | et que nos yeux contemplent | féminin pluriel |
| נַפְשִׁי תִדּוֹם | nafchi tidom | que mon âme se taise | féminin singulier |
| תִּרְדּוֹף נַפְשִׁי | tirdof nafchi | que mon âme poursuive | le même sujet, maintenant actif |
| וְתֶאֱסוֹף | veteessof | et rassemble | deuxième personne masculin singulier |
Lire l’expression. וּשְׂפָתַי מִדַּבֵּר מִרְמָה demande que mes lèvres soient préservées « de dire la tromperie ». L’infinitif peut suivre מִן, « de », non seulement לְ (§G23). Ici, l’infinitif דַּבֵּר se joint à מִן : son נ s’assimile au ד suivant et se représente par le daguech (§G2). La forme écrite commence donc par מִדַּ, non מִנְדַ.
Deux points, deux explications. Dans מִדַּבֵּר, le daguech du ד représente l’assimilation du נ de מִן. Celui du ב appartient au schème pi’el lui-même (§G11). Les deux sont des daguech de redoublement, mais leur origine diffère. Je ne réduis pas celui du ד à une simple marque de prononciation dure/douce et je ne prends pas מ pour un préfixe de participe.
Comparer sans remplacer. דִּבֵּר signifie « il a parlé », un passé. לְדַבֵּר signifie « parler », infinitif avec לְ. מִדַּבֵּר signifie ici « de parler ». Contexte et voyelles comptent : la suite non vocalisée מדבר peut appartenir à différents mots. Je garde la prière vocalisée et laisse la phrase identifier la forme.
| מִדַּבֵּר מִרְמָה | midaber mirma | de dire la tromperie | מִן + infinitif pi’el |
| דִּבֵּר | diber | il a parlé | forme de comparaison, non une ligne de prière |
| לְדַבֵּר | ledaber | parler | forme de comparaison avec לְ |
Une proposition de but. לְמַעַן יֵחָלְצוּן יְדִידֶיךָ signifie « afin que Tes bien-aimés soient délivrés ». L’expression est suivie d’un verbe et de son sujet ; elle vise un résultat souhaité. יֵחָלְצוּן porte la terminaison plurielle וּן, forme biblique ; je ne prends pas son נ final pour la particule נָא.
Pour un nom. עֲשֵׂה לְמַעַן שְׁמֶךָ demande « agis pour Ton Nom ». Les quatre compléments sont Ton Nom, Ta droite, Ta Torah et Ta sainteté. לְמַעַן est une expression relationnelle entière ; ce n’est pas la même unité grammaticale que le préfixe d’une seule lettre לְ dans לְשִׁמְךָ, « à Ton Nom ». J’apprends l’expression comme une unité plutôt que de traduire séparément chaque lettre écrite.
Une comparaison familière. בַּעֲבוּר peut aussi exprimer « pour / en raison de ». Je l’ai rencontré dans la leçon 19 : וּבַעֲבוּר אֲבוֹתֵינוּ, « et pour nos pères ». Il ne figure pas dans le texte principal reproduit ici. Je compare les sens sans importer le mot ni un autre noussa’h dans cette prière.
| לְמַעַן יֵחָלְצוּן יְדִידֶיךָ | lemaan yé’haltsoun yedidékha | afin que Tes bien-aimés soient délivrés | but + proposition |
| לְמַעַן שְׁמֶךָ | lemaan chemékha | pour Ton Nom | motif + nom |
| וּבַעֲבוּר אֲבוֹתֵינוּ | ouvaavour avoténou | pour nos pères | rappel de la leçon 19 |
Pas toujours une lettre de racine. שֶׁ est un préfixe de liaison, « que / qui / car ». Dans שֶׁבְּכָל יוֹם עִמָּנוּ, il commence une proposition décrivant les miracles : « qui sont avec nous chaque jour ». À l’intérieur, בְּ signifie « dans » et כָל « chaque ». Il n’y a pas de verbe « sont » exprimé (§G6). Je distingue la grammaire avant d’inventer une racine ש־ב־כ.
Une voyelle imprimée compte. Les deux textes de Modim commencent par שָׁאַתָּה, avec kamats sous ש, selon notre siddour. C’est toujours le ש de liaison avec אַתָּה, « Tu » ; je ne le normalise pas en שֶׁאַתָּה. Dans cette phrase ma traduction « car Tu es… » fait ressortir la raison de la reconnaissance.
עַל suivi d’une proposition. עַל שֶׁהֶחֱיִיתָנוּ nomme la raison du remerciement : « car Tu nous as fait vivre ». עַל שֶׁאָנוּ מוֹדִים לָךְ peut se rendre par « car nous Te remercions » : la capacité même de remercier devient un motif de gratitude. אָנוּ signifie « nous », comme אֲנַחְנוּ ; c’est un pronom entier, non la terminaison verbale נוּ. Dans la demande de reconstruction, שֶׁיִּבָּנֶה commence ce que je demande, « que soit reconstruit ». Le même préfixe de liaison fonctionne dans différentes structures.
| שָׁאַתָּה | chaata | car Tu es | kamats, selon l’impression |
| שֶׁבְּכָל יוֹם עִמָּנוּ | chebekhol yom imanou | qui sont avec nous chaque jour | proposition relative |
| עַל שֶׁהֶחֱיִיתָנוּ | al chehé’hiyitanou | car Tu nous as fait vivre | raison de remercier |
| שֶׁיִּבָּנֶה | cheyibané | que soit reconstruit | proposition exprimant l’événement demandé |
Petits mots à reconnaître
| Mot | Translittération | Sens | Racine | Grammaire |
|---|---|---|---|---|
| עַל | al | pour, sur | — | Modim : le motif du remerciement. Elokaï netsor : « contre moi », עָלַי. |
| סֶּלָה | séla | à jamais | — | Selon la traduction retenue ici dans וְכָל הַחַיִּים יוֹדוּךָ סֶּלָה. |
| כֵּן | ken | ainsi | — | Modim derabanan : comme Tu nous as fait vivre, ainsi maintiens-nous. |
| תָּמִיד | tamid | toujours | — | Retsé et Veal koulam : un agrément et une louange durables. |
| מְהֵרָה | mehera | vite | — | Un adverbe, devant הָפֵר ; non le mot pour demain. |
| לְמַעַן | lemaan | afin que ; pour | — | But ou motif ; voir §G97. |
| ר־צ־ה ratson · agrément, bienveillance Retsé : רְצֵה, puis בְּרָצוֹן et לְרָצוֹן ; les versets finaux demandent aussi l’agrément. | שָׁלוֹם chalom · paix Sim chalom ; Ossé chalom ; et le cœur entier, שָׁלֵם, dans Modim derabanan. |
| תּוֹרָה tora · Torah, enseignement Sim chalom : Torah de vie. Elokaï netsor : ouvre mon cœur. Demande de reconstruction : notre part. | חַיִּים ’hayim · vie Modim remercie pour nos vies ; la réponse remercie pour la vie ; Sim chalom demande la vie. |
- Où se terminait la leçon 22 et quelles sont les trois bénédictions finales étudiées ici ?
- Comment Rabbi ’Hanina décrit-il les dernières bénédictions dans Berakhot 34a ? Que signifie pour moi prendre congé dans la gratitude ?
- Quel ordre Meguila 18a donne-t-elle pour avoda, hodaa, Birkat kohanim et Sim chalom ?
- En quoi le Retsé de cette leçon diffère-t-il du Retsé vimnou’haténou de la leçon 22 ? Quelle racine relie רְצֵה, בְּרָצוֹן et לְרָצוֹן ?
- Quels mots de Modim présentent nos vies et nos âmes comme confiées ? De quels dons quotidiens est-ce que je remercie D.ieu ?
- Pourquoi Modim derabanan est-il une réponse distincte ? Que conclut Rav Pappa dans Sota 40a ?
- Quelle partie d’Elokaï netsor vient de la prière de Mar fils de Ravina ? Pourquoi ne dois-je pas remplacer notre siddour par tout le texte de la Guemara ?
- Pourquoi notre texte imprime-t-il Yiheyou leratson deux fois ? Quelle est la part de la bouche et celle du cœur ?
- Dans Iguéret Hakodech 12, comment le ’hessed et la guevoura s’unissent-ils ? Quel lien exact avec Sim chalom le Rabbi fait-il dans la note 5 ?
- Distinguez מוֹדִים, נוֹדֶה, לְהוֹדוֹת et הוֹדָאוֹת : participe, futur, infinitif ou nom ? → voir §G94
- Pourquoi וְתֶחֱזֶינָה finit-il par נָה ? Quel est le sujet de תִדּוֹם et de תִּרְדּוֹף ? Pourquoi וְתֶאֱסוֹף est-il différent ? → voir §G95
- Expliquez les deux daguech de מִדַּבֵּר. En quoi ce mot diffère-t-il de דִּבֵּר et de לְדַבֵּר ? → voir §G96
- Traduisez לְמַעַן devant יֵחָלְצוּן et devant שְׁמֶךָ. Nommez les quatre choses pour lesquelles je demande « agis ». → voir §G97
- Quel est le rôle de עַל שֶׁ־ dans Modim derabanan ? Quelle voyelle notre siddour imprime-t-il dans שָׁאַתָּה ? Nommez les encarts omis afin de ne pas prendre cette leçon pour un texte complet de prière. → voir §G98
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