Table de Chabbat

Parachat Béréchit

פרשת בראשית
Vendredi 9 – samedi 10 octobre 2026
29 Tichri 5787◆כ״ט תשרי תשפ״ז
Torah : Béréchit 1,1 – 6,8 · Haftara : Chmouel I 20,18–42 (Ma’har ’Hodech)
Chabbat Mévarkhim ’Hechvan · Roch ’Hodech ’Hechvan : dimanche–lundi 11–12 oct. · Molad : dimanche 9 h 43 + 2 ’halakim

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Compilé par le Rabbin Haim Tebeka
Sources : Chabad.org · Rav Haïm Dynovisz (ravdynovisz.tv / YouTube) · Rabbi YY Jacobson · Rabbi Manis Friedman · Rabbi Reuven Wolf (cours sur YouTube)

Chaque année, quand nous ramenons le rouleau de la Torah à son premier verset, j’ai l’impression qu’on nous remet les plans du monde avant que la construction ne commence. Je n’avais pas de réflexion personnelle à ajouter à cette feuille. Mon rôle a été de lire attentivement nos maîtres, de vérifier leurs faits et leurs sources, et d’ajouter une courte note sous un point chaque fois que quelque chose demandait une correction. Ce que je peux vous offrir ici, c’est le fil que j’ai trouvé entre eux : pourquoi Hachem a voulu ce monde physique, avec son obscurité et ses luttes, et ce qu’Il attend de nous dans ce monde.

Voici notre paracha en bref. En six jours, Hachem crée le monde, de la lumière jusqu’à l’homme, « mâle et femelle » à l’image divine, et le septième jour Il se repose et le sanctifie. Adam est placé dans le Gan Éden avec un seul commandement : ne pas manger de l’Èts HaDaat, l’Arbre de la connaissance. Il nomme les animaux, et ’Hava est bâtie à partir de son côté. Le Na’hach persuade ’Hava de manger, Adam mange lui aussi, et ils sont chassés du Jardin. Caïn tue Abel, et Chet naît. Dix générations plus tard, la méchanceté s’est répandue, mais « Noa’h trouva grâce aux yeux de D.ieu ».

Le Rabbi part d’une énigme : pourquoi la lumière fut-elle créée le premier jour, avant qu’il y ait quoi que ce soit à voir ? Sa réponse est celle de l’architecte. Un bâtisseur fixe d’abord le but, et seulement ensuite il pose les briques ; et le but du monde est une « demeure dans le monde d’en bas », où la dissimulation d’Hachem devient présence révélée. « Puisque la lumière était ainsi le but de la création, et que le but est la première chose que l’on fixe dans l’ordre d’un ouvrage, la lumière fut créée le premier jour. » Puis la lumière est cachée, et elle agit discrètement à chaque étape : « Tant qu’un bâtiment est en construction, sa forme finale n’apparaît pas, sauf dans l’esprit de l’architecte. » Chacun de nous est un petit monde ; chaque matin, quand nous nous réveillons comme une création nouvelle, nous pouvons donc fixer le but en premier. Et l’obscurité n’est pas seulement à éviter. Le but, c’est de changer « l’obscurité elle-même en lumière, par un engagement actif pour le bien ».

Le Rabbi revenait au tout premier commentaire de Rachi sur la Torah plus qu’à aucun autre : pourquoi la Torah commence-t-elle par la création et non par la première mitsva ? Sa leçon profonde, enseigne-t-il, est que toute notre vie quotidienne doit devenir sainteté. Quand des Juifs demandaient aux Rabbis la permission de s’installer en Terre sainte, la réponse était : « Faites ici Erets Israël. » Rabbi Manis Friedman, par un tout autre chemin, arrive au même endroit. Après quarante ans de manne dans le désert, devenir agriculteurs, soldats et dirigeants « leur semblait un péché ». Alors, avant les mitsvot du monde physique, Hachem révèle dans le premier verset qu’Il a aussi créé la terre, et Rabbi Friedman Lui prête ces mots : « ce qui Me sert le mieux, c’est le service humain… quand tu manges d’une manière divine, quand tu cultives la terre d’une manière divine, quand tu diriges une entreprise d’une manière divine, c’est cela Me servir ». En les plaçant côte à côte, j’ai vu que la lecture de Rabbi Friedman rejoint celle du Rabbi : le premier Rachi parle de transformer la vie matérielle en « Erets Israël ».

Rabbi YY Jacobson nous fait entrer dans le foyer. Hachem dit : « Je lui ferai une aide contre lui », et Rabbi Jacobson, à la suite du Torah Or de l’Admour Hazaken et du Netsiv, enseigne que la différence est elle-même l’aide. Une épouse aide « par le fait même qu’elle est différente de lui, qu’elle n’est pas identique à lui, qu’elle a ses propres points de vue, sa propre personnalité ». Sans cette tension, chacun reste « fixé sur sa propre orbite ». Puis il monte jusqu’en haut. Hachem aussi a choisi de créer un monde qui Le cache et même s’oppose à Lui, parce que Son plaisir le plus profond vient lorsqu’une personne « brise l’écorce de sa matérialité » et trouve l’étincelle divine en elle.

Le Rav Haïm Dynovisz lit les deux arbres comme l’âme et le corps. L’Èts HaHaïm est la néchama, l’Èts HaDaat est le corps, et la faute est le moment où ils furent arrachés l’un à l’autre : « la faute a séparé l’âme du corps ». Leur réunion complète viendra avec la résurrection des morts. D’ici là, dit-il, « notre vrai travail à nous et c’est pas évident, c’est d’être dans l’action », comme Yaakov, qui apprit à agir dans le monde.

Rabbi Reuven Wolf, qui enseigne le maamar de l’Admour Hazaken sur les nouveaux cieux et la nouvelle terre, explique pourquoi nous seuls pouvons accomplir ce travail. Si beau que soit le Gan Éden, il ne contient qu’un « rayon » de la lumière d’Hachem. Les âmes peuvent en jouir, mais non l’augmenter : « quand nous sommes de purs êtres spirituels… nous pouvons percevoir les lumières du Gan Éden, mais nous ne pouvons pas les augmenter ». Ici-bas, les obstacles poussent l’âme jusqu’à ce qu’un amour infini jaillisse : « quand l’énergie est produite par un obstacle, elle est un million de fois supérieure à l’énergie produite par soi-même ». Comme l’eau de source qui s’est frayé un chemin à travers la terre, le service qui force la résistance est le plus pur de tous.

Ainsi nos maîtres se rejoignent. Le Rabbi nous dit que le but est venu en premier, et que l’obscurité est là pour être changée en lumière. Le Rabbi et Rabbi Friedman nous disent que le champ, la boutique et la table de la cuisine sont les lieux où Hachem veut être servi. Rabbi Jacobson montre que même les frictions d’un couple, et la dissimulation du monde lui-même, peuvent être l’aide dont nous avons besoin. Le Rav Dynovisz nous demande de réunir l’âme et le corps par l’action, et Rabbi Wolf montre que les obstacles sont le carburant. Ce monde physique, avec toutes ses luttes, n’est pas une erreur à fuir. C’est le chantier de la demeure d’Hachem.

Et le plan contient déjà sa fin. Le Rabbi enseigne que « l’esprit de D.ieu planait sur les eaux », c’est « l’esprit du Machia’h » : le but est inscrit dès le départ. Avant une mission dangereuse, le Tséma’h Tsédek écrivit sur la tombe de sa mère : « Je sais que D.ieu trouvera un moyen de sauver Son peuple. Puisse-t-Il vouloir que j’aie le mérite de prendre part à leur délivrance. » Et le Rabbi ajoute : « La seule question est de savoir si nous y prendrons une part active ou non. » Le Rav Dynovisz va jusqu’à dire que même le Na’hach fera téchouva à la fin, puisque נחש et משיח ont la même valeur numérique. Alors que nous recommençons la Torah depuis son premier mot, puissions-nous choisir cette part active, que chaque matin s’ouvre sur son propre « Que la lumière soit », et puissions-nous voir bientôt la lumière cachée du premier jour briller ouvertement, quand viendra le Machia’h, très bientôt.

Les citations de sources anglaises sont données en traduction libre.

— Haïm
Où les trouver : le Rabbi sur Chabad.org, aid/110297, aid/4727660, aid/4729012, aid/2314952 · Rav Haïm Dynovisz, youtu.be/vM0Ozt4eEgw et youtu.be/Kl8OiOSmaZs · Rabbi YY Jacobson, youtu.be/xamwaBoAtuk · Rabbi Manis Friedman, youtu.be/HM8WpaI8k2U · Rabbi Reuven Wolf, youtu.be/WAYHb4qzK8w. Chaque point ci-dessous porte sa propre source.
À table : Rabbi Friedman dit qu’Hachem est le mieux servi dans les parties ordinaires de la vie. Quelle partie ordinaire de votre semaine, le travail, les repas ou le budget, pourriez-vous transformer en un petit « Erets Israël », et comment ?
1Enseignements de la ’Hassidout — le Rabbi
Enseignements du Rabbi de Loubavitch tels que publiés sur Chabad.org (quatre pages, lues en entier). Les citations sont reprises des pages anglaises de Chabad.org et données ici en traduction libre ; les références sont données exactement comme sur les pages.

Pourquoi la lumière fut-elle créée en premier ? (Torah Studies ; LS X p. 7–12, § 1–3)

Le Rabbi part d’une énigme. La lumière n’est utile que lorsqu’il y a quelque chose à voir. Si elle n’était qu’une préparation aux créations suivantes, elle serait venue juste avant les plantes ou les animaux, et non le premier jour. Les Sages compliquent encore la question : ils disent que la lumière première fut aussitôt « cachée pour les justes dans le monde à venir » (’Haguiga 12a). Le Zohar ajoute que אור (lumière) et רז (secret) ont la même valeur numérique, ce qui associe la révélation à la dissimulation.

Le Rabbi répond par l’image du Midrach : D.ieu, tel un architecte, « regardait dans la Torah » comme dans Son plan. Un bâtisseur fixe d’abord le but, et seulement ensuite il pose les briques. Le but du monde est une « demeure dans les mondes inférieurs », où la dissimulation de D.ieu (l’obscurité) se change en présence révélée (la lumière).

« Puisque la lumière était ainsi le but de la création, et que le but est la première chose que l’on fixe dans l’ordre d’un ouvrage, la lumière fut créée le premier jour. » (traduction libre)
Source« Torah Studies: Bereishit », adaptation par le rabbin Jonathan Sacks des enseignements du Rabbi de Loubavitch (Kehot), Chabad.org · référence de la page : Likouté Si’hot vol. X p. 7–12 ; Torah Studies ; LS X p. 7–12, § 1–3 · chabad.org/…/aid/110297

Une lumière cachée traverse chaque jour de la création (§4–5)

Chacun des jours suivants se termine par « et D.ieu vit que c’était bien », et ce « bien » fait écho à la lumière (« D.ieu vit la lumière, qu’elle était bonne »). Un but agit de deux façons : ouvertement au départ, et discrètement à chaque étape, en orientant le travail vers le plan. Voilà pourquoi la lumière est un « secret » : la forme finale d’un bâtiment n’est visible que de l’architecte tant qu’il n’est pas achevé. Après 6 000 ans de service humain, la lumière brillera de nouveau comme au premier jour. Où est-elle cachée en attendant ? Dans la Torah, qui sert de plans aux bâtisseurs.

« Tant qu’un bâtiment est en construction, sa forme finale n’apparaît pas, sauf dans l’esprit de l’architecte. » (traduction libre)
Source« Torah Studies: Bereishit », adaptation par le rabbin Jonathan Sacks des enseignements du Rabbi de Loubavitch (Kehot), Chabad.org · référence de la page : Likouté Si’hot vol. X p. 7–12 ; § 4–5 · chabad.org/…/aid/110297

Tu es un petit monde : commence chaque journée par « Que la lumière soit » (§6–7)

Chaque personne est un monde en miniature, et le même ordre s’applique donc à nous. D’abord, fixer le but au réveil, quand nous sommes une « nouvelle créature ». Ensuite, laisser ce but façonner discrètement chaque acte en l’accordant à la Torah. L’obscurité a, elle aussi, un but : elle n’existe pas seulement pour être évitée, mais pour être transformée. À celui qui désespère, le premier mot de la Torah répond : Béréchit, « pour » Israël et pour la Torah, tous deux appelés « commencement ».

« Non pas seulement en chassant l’obscurité (le mal) en s’abstenant de fauter, mais en changeant l’obscurité elle-même en lumière, par un engagement actif pour le bien. » (traduction libre)
À table : Nommez une « obscurité » de votre semaine : une habitude, un conflit, une frustration. À quoi ressemblerait le fait de la changer en lumière, plutôt que de simplement l’éviter ?
Source« Torah Studies: Bereishit », adaptation par le rabbin Jonathan Sacks des enseignements du Rabbi de Loubavitch (Kehot), Chabad.org · référence de la page : Likouté Si’hot vol. X p. 7–12 ; § 6–7 · chabad.org/…/aid/110297

Le premier commentaire de Rachi contient « le vin de la Torah » : faire ici Erets Israël (LS 10, Béréchit 1, § 1–3)

De 5725 à 5749, le Rabbi expliqua un Rachi à chaque farbrenguen de Chabbat. Le commentaire d’ouverture de Rachi (« Pourquoi la Torah a-t-elle commencé par “Au commencement” ? … “Il a fait connaître à Son peuple la force de Ses œuvres, pour leur donner l’héritage des nations” ») est celui qu’il évoqua le plus souvent. Comme Rachi n’a écrit aucune préface, cette ouverture donne le thème de tout le commentaire.

La leçon simple : ne pas se laisser ébranler quand le monde qualifie la Torah d’« illogique ». La leçon profonde : Erets Israël a un équivalent spirituel, une vie menée pleinement selon la Torah et les mitsvot, et la conquête de la Terre en a un aussi. Cela signifie faire de toute son activité quotidienne de la sainteté (« que toutes tes actions soient pour le Ciel » ; « connais-Le dans toutes tes voies »), jusqu’à « voler » du temps au repas et au sommeil pour la Torah. Lorsque des Juifs demandaient aux Rabbis la permission de s’installer en Terre sainte, voici ce qui sous-tendait leur réponse :

« Faites ici Erets Israël. » (traduction libre)
« … conquérir les manières d’agir du monde, en les arrachant aux normes qui prévalent parmi les nations, et les transformer en Erets Israël. » (traduction libre)
SourceLe Rabbi, « Bereishis: Making Eretz Yisrael Our Spiritual Inheritance », Likouté Si’hot vol. 10, Béréchit 1, p. 1 et suiv. (Chabbat Béréchit 5731 [1970]) ; trad. anglaise E. Touger et S. B. Wineberg, Chabad.org · LS 10, Béréchit 1, § 1–3 · chabad.org/…/aid/4727660

L’erreur des explorateurs et le reproche des nations (§4–7)

Comment les explorateurs, qui étaient « vertueux » lorsqu’ils furent choisis, ont-ils pu dire que même « le Maître ne peut retirer Ses biens » ? Le Rabbi y lit un argument spirituel. D.ieu a fait la nature, nous a ordonné de prendre soin de notre santé et a dit « ne comptez pas sur les miracles ». Donc, raisonnaient-ils, les choses matérielles sont Ses « biens » et ne peuvent être pleinement changées en sainteté. Mieux valait rester dans le « désert », où l’on sert D.ieu sans s’engager dans le monde.

C’est une grave erreur. La raison même pour laquelle le monde matériel existe, c’est qu’il devienne la demeure de D.ieu. Le reproche des nations, « Vous êtes des voleurs », découle de la même idée : dans les affaires du monde, « il faut suivre les normes qui prévalent dans le monde en général ». Le Rabbi répond à partir de la formulation précise du verset. Savoir que le monde est « Ses œuvres » ne suffit pas. Ce qui compte, c’est que « la force de Ses œuvres », leur but intérieur, a été « transmise » (higuid) à Son peuple. Higuid signifie « communiquer », et pas seulement « dire ».

« D.ieu a transmis et communiqué la force — la motivation intérieure de Ses œuvres — à Son peuple. » (traduction libre)
À table : Où agissons-nous comme si le travail, l’argent ou la nourriture étaient « en dehors » de notre judaïsme ? Que signifierait, dans ce domaine, « faire ici Erets Israël » ?
SourceLe Rabbi, « Bereishis: Making Eretz Yisrael Our Spiritual Inheritance », Likouté Si’hot vol. 10, Béréchit 1, p. 1 et suiv. (Chabbat Béréchit 5731 [1970]) ; trad. anglaise E. Touger et S. B. Wineberg, Chabad.org · §4–7 · chabad.org/…/aid/4727660

Le nom des animaux : ce que les anges ne pouvaient pas faire (LS 15, Béréchit 3, § 1–5)

Le Midrach rapporte que D.ieu présenta les animaux aux anges, qui ne purent les nommer. Adam dit : « Celui-ci est un bœuf ; celui-là, un âne. » Pourtant les anges connaissaient la source spirituelle de chaque créature : le bœuf vient de la « face de bœuf » du Char de Yé’hezkel. Pourquoi donc ne pouvaient-ils pas le nommer ?

Le Rabbi explique qu’un animal physique « ne peut en rien être comparé à sa source spirituelle ». Connaître la source n’est pas la même chose que relier les deux. Vayikra, « il appela », signifie aussi « il fit venir ». Adam fit descendre la source de chaque créature dans son être physique. Un ange ne peut pas vivre dans le monde matériel tout en restant attaché à la Divinité ; c’est pourquoi les néfilim « tombèrent ». L’homme, fait d’éléments « supérieurs et inférieurs », le peut.

« Adam appela le nom — la source spirituelle — de la créature, et permit ainsi à cette source de se manifester dans l’être physique créé à partir d’elle. » (traduction libre)
« … les noms de toutes les créatures, tels que tout le monde les emploie (même les enfants et les gens simples), exprimeraient les lettres qui représentent leur source spirituelle. » (traduction libre)
SourceLe Rabbi, « Bereishis: Giving a Name Defining a Purpose », Likouté Si’hot vol. 15, Béréchit 3, p. 13 et suiv. (Sim’hat Torah 5732 [1971]) ; trad. anglaise Touger et Wineberg, Chabad.org · LS 15, Béréchit 3, § 1–5 · chabad.org/…/aid/4729012

D’Adam au Sinaï, et l’animal qui est en nous (LS 15, Béréchit 3, § 6–10)

Le fait qu’Adam ait nommé les créatures fut un premier pas. Au Sinaï, le décret qui séparait le « supérieur » de l’« inférieur » fut levé, et la Divinité transcendante (Havaya) devint « Elokékha », ta force. Pour nous : avant le Chema, nous rappelons à l’âme animale que sa source, les anges, sert D.ieu « dans un grand tumulte ». C’est l’accomplissement d’Adam qui donne sa force à ce rappel. Mais le but ultime est que la soumission du monde vienne de lui-même.

Le Rabbi conclut avec le Rabbi Maharach. Les animaux proviennent du monde élevé du Tohou, c’est pourquoi « un jeune enfant les mènera ». בהמה (« animal ») se lit בה מ״ה, « Ma [le bitoul] est en lui », alors que אדם ne fait qu’égaler מ״ה (45) en guématria. La résistance apparente du monde est donc, à sa racine, un bitoul profond qui attend de servir.

« Au contraire, le monde se tiendra dans un bitoul total et servira les Juifs, leur permettant d’en faire une demeure éternelle pour l’Essence de D.ieu. » (traduction libre)
SourceLe Rabbi, « Bereishis: Giving a Name Defining a Purpose », Likouté Si’hot vol. 15, Béréchit 3, p. 13 et suiv. (Sim’hat Torah 5732 [1971]) ; trad. anglaise Touger et Wineberg, Chabad.org · LS 15, Béréchit 3, § 6–10 · chabad.org/…/aid/4729012

Le libre arbitre, la téchouva, et prendre part au plan (Keeping In Touch)

Avant Adam, le monde obéissait à D.ieu « par la force ». L’homme fut créé pour reconnaître D.ieu de sa propre initiative, ce qui signifie qu’il peut échouer. Pourquoi D.ieu permet-Il la faute ? « Pour offrir une occasion de téchouva. » Adam passa la plus grande partie de sa vie à réparer sa faute. « L’esprit de D.ieu planait sur les eaux », c’est « l’esprit du Machia’h » : le but est inscrit dès le départ, et notre seul choix est de nous y joindre ou non. La page s’ouvre sur le mot que le Tséma’h Tsédek déposa sur la tombe de sa mère avant une mission dangereuse à Moscou :

« Je sais que D.ieu trouvera un moyen de sauver Son peuple. Puisse-t-Il vouloir que j’aie le mérite de prendre part à leur délivrance. » (traduction libre)
« La seule question est de savoir si nous y prendrons une part active ou non. » (traduction libre)
À table : Si vous nommiez une chose de votre vie selon son véritable but, comme l’a fait Adam, quel nom lui donneriez-vous ?
Note Sur cette section : Rachi sur 12,6 (cité dans les notes de la si’ha) considère que la Terre était la part de Chem et fut prise plus tard par les Cananéens.
Note Sur cette section : La guématria du Zohar, אור = רז = 207, est exacte.
Note Sur cette section : Les notes de la si’ha reconnaissent que les « 600 000 lettres » (acronyme de ישראל) diffèrent des 304 805 lettres d’un rouleau de la Torah, et l’expliquent par les âmes-racines (LS 20 p. 419). La page le dit elle-même.
Note Sur cette section : La date : la page donne Chabbat Béréchit 5731 comme « [1970] », ce qui concorde (octobre 1970).
Source« Keeping In Touch, Vol. 3: Bereishis », d’après les enseignements du Rabbi (Sichos in English), Chabad.org · la page ne cite pas de si’ha précise ; Keeping In Touch · chabad.org/…/aid/2314952
2Rav Haïm Dynovisz — I. « Le secret de la première paracha »
Enregistré le 24 octobre 2022 (cours du lundi ; selon la description), mis en ligne le 16 octobre 2025 · 1:01:29 — youtu.be/vM0Ozt4eEgw. Résumé à partir des sous-titres automatiques français ; les citations en français sont reprises telles quelles des sous-titres, erreurs de reconnaissance vocale comprises (p. ex. « masiar » = Machia’h) ; minutages approximatifs (±30 s). Ses opinions, telles qu’il les exprime.

Les deux arbres : l’âme et le corps ; la faute comme leur séparation (00:00–03:46)

Il commence en disant que la paracha est entièrement codée : « toute la Torah est codée et surtout la parchat beréchite ». Citant le Zohar et le Ari zal, il explique que le plan était qu’Adam et ’Hava mangent de l’Èts HaHaïm pendant les trois repas de Chabbat. Cela leur aurait donné la force de manger de l’Èts HaDaat et de changer son mal en bien : « l’arbre de la connaissance serait devenu l’arbre du bien ». L’Èts HaHaïm est la néchama, et l’Èts HaDaat est le corps, y compris l’intellect, qui peut lui aussi servir le mal. La mort n’est rien d’autre que la séparation de l’âme et du corps : « la faute a séparé l’âme du corps ». Leur réunion définitive viendra avec la résurrection des morts.

SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~00:00–03:46 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

La femme comme Bina et vie intérieure ; « Béréchit » = bayit (maison) (03:46–09:43)

Il compare l’homme et la femme :

  • La femme est Bina, la 8e séfira, au-dessus des sept de la nature. Elle détient donc davantage de force surnaturelle : « une femme authentique a beaucoup plus de force surnaturelle que l’homme ». Elle transforme la « graine » de l’homme en enfant. Comme le dit le Talmud, elle « porte la circoncision en elle », et la circoncision au huitième jour renvoie elle aussi à Bina.
  • L’homme représente le monde extérieur. Pendant des millénaires, l’homme sortait travailler tandis que la femme restait « clouée à la maison avec ses gosses ».

Il lit בראשית comme bayit + réchit : l’histoire commence au foyer, et « La maison de l’homme c’est sa femme ». Toute la tâche du mari est d’« entrer dans le monde intérieur de sa femme » et d’en tirer la bénédiction ; elle est « la couronne de l’homme ».

SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~03:46–09:43 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

Le « décodage » du Ari zal : une lecture sexuelle de la faute (09:43–13:56)

Pour adultes, et central dans le cours

Les arbres sont « des codes ». Dans la version du Ari zal, Hachem dit au couple : « Hashem a dit à Adam et Ève, vous unirez uniquement pendant shabbat ». Pendant Chabbat, le mari aurait atteint le monde intérieur de sa femme, et ensemble ils auraient vaincu le mal. Adam ne put attendre et s’unit à elle le jour même de sa création, « Pour le plaisir, uniquement, pour l’extériorité ». Puis il s’endormit. ’Hava, choquée (« Tu as fait ton truc et tu t’endormes »), rencontra le Na’hach, « un homme d’une beauté inimaginable », qui la séduisit, la caressa et lui dit « je t’aime ». Il plaisante : « Elle est tombée dans les pommes », et lance aux hommes : « Ne ronflez pas après l’union. Interdit. » Il conclut que ’Hava « Elle est pas si à blâmer que ça ». Il ajoute que la forme humaine du Na’hach montre qu’il existait déjà des créatures de forme humaine avant les enfants d’Adama.

Note a Le Na’hach comme un homme d’une grande beauté : des midrachim (Béréchit Rabba 18–19, Sota 9b) décrivent le Na’hach comme se tenant debout et convoitant ’Hava. Aucune source n’a été trouvée pour « un homme d’une beauté inimaginable » en ces termes. Y voir la preuve d’êtres humanoïdes antérieurs à Adam est sa propre déduction. L’enseignement « s’unir uniquement pendant Chabbat » attribué au Ari zal n’a pas été vérifié.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~09:43–13:56 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

Après la faute : la domination masculine comme malédiction ; les 130 ans (13:56–16:33)

Il lit « tu domineras ta femme » comme une punitiona. Les hommes croient régner, mais « C’est la femme qui est audessus de l’homme », ce que le Machia’h révélera. Adam et ’Hava se séparèrent pendant 130 ans : 100 représente Kéter (la femme) et 30 Mal’hout (l’homme, qui est roi grâce à elle) ; le Na’hach a donc brisé l’union de Kéter et de Mal’hout. Depuis, « l’homme écrasait complètement sa femme » pendant des millénaires, « même chez nous ».

Note a « Tu domineras ta femme » : Béréchit 3,16 s’adresse à la femme (« il dominera sur toi ») et n’est pas dit à Adam. Erouvin 18b mentionne bien la séparation d’Adam pendant 130 ans.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~13:56–16:33 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

Frères en guerre : Caïn et Abel, Yaakov et Essav, Yehouda et Yossef ; les remarques sur les jeunes femmes (16:33–23:54)

Une fois l’âme et le corps séparés, le corps devient « le monde laïque » et l’âme une spiritualité coupée du monde. Caïn représentait la laïcité totale et Abel une spiritualité déconnectée. « Abel passait son temps à critiquer Caï » au lieu de l’aider à revenir ; ainsi, dit-il en citant le Ari zal, le responsable du meurtre d’Abel « c’est Abel lui-même »a. Dans un échange avec l’assistance, il dit que la femme est tombée plus bas que l’homme : des jeunes femmes vont « en moitié nu dans la rue » pour séduire les hommes, parce que les hommes sont devenus des animaux. Yaakov, lui aussi, fut d’abord purement spirituel, jusqu’à ce qu’il apprenne à agir dans le monde : Léa = Bina, Ra’hel = Mal’hout. Yehouda vendant Yossef est un autre cas du mal qui pénètre le bien. Il ajoute : « On n’est pas le peuple élu hein, on est le peuple choisi », puisque chacune des 70 nations a sa propre mission.

Note a Abel cause de sa propre mort : aucune source vérifiée n’a été trouvée chez le Ari zal.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~16:33–23:54 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

« Le mal est entré dans le bien, et le bien est entré dans le mal » (23:54–28:08)

Sa thèse : « Le mal est rentré dans le bien et le bien est rentré dans le mal ». Ses exemples :

  • Eliézer, le « roch yéchiva » d’Avraham, était le fils de Nimroda.
  • Des fils de nazis qui se sont convertis et sont devenus rabbins à Bayit Végan et près de Tibériade.
  • Rabbi Akiva descendait de Sisséra, Ruth venait de Moav, et un sage descendait de Néron.
  • Des descendants d’Haman ont enseigné la Torah à Bné Brak.

Lorsqu’une personne de l’assistance objecte que, collectivement, il y a davantage de mal dans le bien que de bien dans le mal, il en convient.

Note a Eliézer fils de Nimrod : une tradition midrachique (associée aux Pirké déRabbi Eliézer) non vérifiée ici. Il dit aussi qu’Eliézer proposa sa fille à « Abraham » et amena Rivka « pour Abraham » ; le midrach dit : pour Its’hak.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~23:54–28:08 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

Digression politico-historique : l’Allemagne, Hitler, Amalek, l’Ukraine, l’Iran (28:08–34:34)

Presque chaque point appelle une note
  • Le cimetière de 14-18 : dans un cimetière près de Lille, il a vu une stèle non juive à côté d’un Maguen David, ce qu’il prend pour la preuve d’une fraternité judéo-allemande. L’Allemagne, dit-il, fut la première à émanciper les Juifsa.
  • Hitler : Hitler était autrichien, né là « pour détruire tout le projet de Hertzel »b.
  • Amalek : « Tous les grands nazis étaient Amalek » ; « Amalek s’est reproduit dans deux pays, l’Iran et l’Allemagne ».
  • L’Ukraine : « les plus grands assassins de juifs, c’est les Ukrainiens »c. L’Europe soutient l’Ukraine parce qu’elle prépare la guerre de Gog.
  • Biden et l’Iran : Biden aide l’Iran à obtenir la bombed.
  • Avoda Zara : le Talmud (Avoda Zara) dit que la guerre de Gog sera une alliance de l’Occident avec la Persee.
  • Des infiltrés au gouvernement : le gouvernement d’Israël compte des « infiltrés » qui se font passer pour juifs.
  • Pourquoi Hachem a choisi les Juifs : « Si je réussis avec eux, je réussis avec tout le monde ».
Note a L’émancipation : la France fut la première en Europe à émanciper ses Juifs (1791). L’émancipation complète dans toute l’Allemagne date de 1871.
Note b Herzl : né à Pest, en Hongrie (1860), même s’il vécut à Vienne. Hitler arriva au pouvoir en 1933, environ 15 ans après la Première Guerre mondiale, et non 10.
Note c L’Ukraine : la Choah fut planifiée et exécutée par l’Allemagne nazie. Des collaborateurs locaux, dont des auxiliaires et des gardiens de camp ukrainiens, y prirent part, mais « plus que tout autre pays » et « tous les tueurs dans les camps étaient ukrainiens » contredisent les faits historiques établis.
Note d Biden et l’Iran : une affirmation politique sans fondement établi.
Note e Avoda Zara sur Gog : il n’a pas été possible de vérifier qu’Avoda Zara décrit Gog comme une alliance de l’Occident et de la Perse. Avoda Zara 2b traite des nations venant réclamer leur récompense dans les temps futurs.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~28:08–34:34 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

L’Allemagne = les Guirgachites ; « 9 millions » (34:34–47:09)

Les Allemands : ils descendent des Guirgachites cananéens, et c’est pourquoi, dit-il, les Français disent « cousin germain »a. Leur haine cachée a produit les nazis, qui ont tué — « C’est pas 6 millions, c’est 9 millions »b.

Note a « Cousin germain » : l’identification des Allemands aux Guirgachites (citant des commentateurs d’Ovadia) n’a pas été vérifiée.
Note b Le bilan de la Choah : environ 6 millions est le chiffre établi, notamment par Yad Vachem. L’affirmation des « 9 millions » est fausse.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~34:34–47:09 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

Le « vav de l’union » ; juger la personne, non les idées (47:09–57:51)

  • Le vav de l’union : le vav (comme « et ») relie les mondes supérieurs et inférieurs, l’âme et le corps, l’homme et la femme, et bientôt Israël et les 70 nations. Amalek, dit-il, s’oppose à cette unité.
  • Amalek et le Nom : Amalek a réduit le Nom divin à י-ה, comme pour dire à Hachem « Reste en haut et fous la paix », tout comme Nimrod l’a fait avec Babel.
  • L’éthique : respecter toute personne bonne, quelles que soient ses idées : « Regarde l’homme. Si c’est un homme bien ».
  • Ses élèves non juifs : « des dizaines de milliers », dont des milliers mangent cachère ou sont circoncis.
  • Une étymologie : « British » viendrait de « Brit ich »a.
Note a « Brit ich » : un jeu de mots qu’il propose ; il n’a pas pu être vérifié.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~47:09–57:51 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw

Conclusion : l’action ; le bon côté d’Essav devient le Machia’h ; le Na’hach fait téchouva (57:51–01:01:29)

« notre vrai travail à nous et c’est pas évident, c’est d’être dans l’action », comme Yaakov, qui prit « les mains de Essav » (il l’a dit plus tôt, vers 00:21:16). Le bon côté d’Essav (qui eut le courage de tuer Nimrod) s’est réincarné en David, et David dans le Machia’h : « Le masiar c’est une réincarnation du bon côté de » Essav. Même un homme mauvais a de bons côtés ; son exemple est Trump, « un sacré coureur de Jupon » mais un grand ami d’Israël. La chaîne va du Na’hach → Caïn → Essav → le Machia’h ; נחש et משיח ont la même valeur numérique, et « le serpent fera tchouva et deviendra le masiar ».

Note Sur cette section : Exact dans le cours A : les descendants d’Haman à Bné Brak (Guittin 57b), Rabbi Meïr descendant de Néron (Guittin 56a), les femmes considérées comme circoncises (Avoda Zara 27a), et la visite de Merkel en Israël en 2021.
Note Sur cette section : Attribution erronée : le miracle du fleuve qui se fend, qu’il attribue à Rabbi Akiva, appartient à Rabbi Pin’has ben Yaïr (’Houlin 7a).
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit – Le secret de la première paracha », YouTube (Archives 260) · enregistré le 24 oct. 2022 ; mis en ligne le 16 oct. 2025 ; ~57:51–01:01:29 · youtu.be/vM0Ozt4eEgw
3Rav Haïm Dynovisz — II. « Le Nom Divin – La faute d’Adam »
Deuxième cours, résumé. Enregistré le 23 septembre 2009 (selon la description), mis en ligne le 19 octobre 2022 · 1:18:57 — youtu.be/Kl8OiOSmaZs. Résumé à partir des sous-titres automatiques français ; les citations en français sont reprises telles quelles des sous-titres, erreurs de reconnaissance vocale comprises (p. ex. « masiar » = Machia’h) ; minutages approximatifs (±30 s). Ses opinions, telles qu’il les exprime.

Le Nom divin apparaît dans l’histoire, non dans la création ; Béria et Assia ; l’étudiant de yéchiva et le soldat (01:37–29:31)

Le Tétragramme apparaît pour la première fois en entier en Béréchit 2,4, là où commencent les toldot (l’histoire). C’est pourquoi le premier commandement nomme le D.ieu de la sortie d’Égypte : « nous ne sommes pas intéressés par le D.ieu créateur nous sommes intéressés par le D.ieu acteur ». Le verset inverse « le ciel et la terre » en « la terre et le ciel ». Béria voit d’en haut (le ciel d’abord) et Assia d’en bas (la terre d’abord), et il dit que cela tranche une controverse entre Beit Chamaï et Beit Hillela. Cela enseigne aussi qu’aux yeux d’Hachem, il n’y a pas de différence entre l’étudiant de yéchiva et le soldat. Et puisque le Nom apparaît dans la moitié d’Assia : « le véritable but de l’histoire c’est de révéler D.ieu sur un champ de bataille ». Plus encore : « les soldats moraux sont beaucoup plus haut en vérité que le plus grand des maîtres de la Torah ». Israël est « la seule armée au monde qui se met en danger » pour épargner les civils, ce qu’il voit comme un signe de la génération de la délivranceb.

Note a Chamaï et Hillel : la controverse sur ce qui fut créé en premier, le ciel ou la terre, est authentique (’Haguiga 12a). Les « trois ans » relèvent d’une autre controverse entre Chamaï et Hillel (Erouvin 13b).
Note b L’armée d’Israël : l’affirmation « la seule armée qui… » relève d’un plaidoyer politique contesté. Ses affirmations sur les boucliers humains palestiniens et les « cameramen payés » ne sont pas étayées telles quelles. La remarque de Tommy Lapid n’a pas été vérifiée.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit 10 – Le Nom Divin – La faute d’Adam – La puissance de la femme », YouTube (Archives 260) · enregistré le 23 sept. 2009 ; mis en ligne le 19 oct. 2022 ; ~01:37–29:31 · youtu.be/Kl8OiOSmaZs

Icha = èch + hé : la femme est le feu de la création (30:04–43:05)

L’homme fut fait de terre, d’eau et de souffle ; l’élément manquant, le feu, arrive avec la femme. אשה est « le feu du hé », la lettre par laquelle ce monde fut créé. L’eau et le souffle apparaissent dans le récit de la création, mais pas le mot אש ; sa vraie place est la femme : « la femme brûle plus que le feu lui-même ». C’est pourquoi tout le monde court après les femmes, et pourquoi la délivrance dépend des femmes juives. L’homme ne devient « ich » que par elle : « tant que tu n’es pas avec une femme tu n’es pas encore riche [ich] ». Hachem attendit que Moché se marie pour lui parler : « D.ieu attend son mariage pour se révéler à lui »a.

Note a Le mariage de Moché et la révélation : Chemot 2,23 place « de nombreux jours » entre le mariage de Moché et le buisson ardent. « Moché avait 81 ans » et « le lendemain du mariage » n’ont pas été vérifiés.
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit 10 – Le Nom Divin – La faute d’Adam – La puissance de la femme », YouTube (Archives 260) · enregistré le 23 sept. 2009 ; mis en ligne le 19 oct. 2022 ; ~30:04–43:05 · youtu.be/Kl8OiOSmaZs

Le youd qui tempère le feu ; Adam comme paillasson (43:05–52:38)

Provocateur

Dans איש, le youd sépare l’aleph du chin, car le rôle de l’homme est de tempérer le feu féminin en s’enracinant dans la lumière la plus haute, invisible. Avant la faute, « la femme était complètement au dessus de l’homme » : « ouvre la bouche ». Adam était « une serpillière totale ». Aujourd’hui, un homme vulgaire cède aux femmes interdites parce que « le grand feu aspire le petit feu ». Pourtant, on l’appelle la faute d’Adam : « c’est la faute de Adam si tu avais été un homme ça serait pas arrivé », comme un officier qui répond de ses troupes.

SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit 10 – Le Nom Divin – La faute d’Adam – La puissance de la femme », YouTube (Archives 260) · enregistré le 23 sept. 2009 ; mis en ligne le 19 oct. 2022 ; ~43:05–52:38 · youtu.be/Kl8OiOSmaZs

La nudité = des lettres manquantes ; le Na’hach détient le vav-hé (52:38–01:18:57)

L’homme a le youd et la femme le hé ; ainsi « il leur manquait deux » lettres, le vav et le hé final : le « vêtement » d’Hachem, Hachem tel qu’Il agit dans l’histoire. C’est le vrai sens de « ils étaient nus ». Le Na’hach est introduit par וְהַנָּחָשׁ, qui commence par vav-hé : « les deux dernières lettres du nom divin se trouve sur le serpent ». Il voulait le youd-hé, et il persuada ’Hava qu’elle pourrait gagner le vav-hé (valeur 11, la « couronne »). Au lieu de cela, ils perdirent même le youd et le hé. Ainsi, lui n’est plus ich mais Adam, et elle n’est plus icha mais ’Hava (« nous avons perdu le vav-hé »)a. Amalek est l’héritier du Na’hach, qui coupe le Nom en deux. Il conclut : « la force libératrice n’est autre que la force destructrice » une fois réparée ; ainsi le Na’hach deviendra le Machia’h.

Note a ’Hava : Béréchit 3,20 explique lui-même le nom comme « mère de tout vivant ». חוה est une forme ancienne apparentée à חיה ; ce n’est donc pas un mot « sans racine ». Petites erreurs : « 6500 ans… 5760 » (l’année, en 2009, était 5770). La guématria Na’hach = Machia’h est exacte (358).
SourceRav ’Haïm Dynovisz, « 01 Béréchit 10 – Le Nom Divin – La faute d’Adam – La puissance de la femme », YouTube (Archives 260) · enregistré le 23 sept. 2009 ; mis en ligne le 19 oct. 2022 ; ~52:38–01:18:57 · youtu.be/Kl8OiOSmaZs
4Rabbi YY Jacobson
« When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis » (chaîne de Rabbi YY Jacobson ; 39:44). Mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée (la dédicace suggère l’automne 2009 — simple déduction). Thème, d’après la description : « Les bienfaits de l’opposition : comment deux mots de la Genèse — “une aide contre lui” — saisissent l’essence des relations entre l’homme et la femme. » — youtu.be/xamwaBoAtuk. Résumé à partir des sous-titres automatiques anglais de YouTube ; les citations, prononcées en anglais, sont données ici en traduction libre ([sic] signale les erreurs de transcription évidentes) et n’ont pas été vérifiées sur l’audio ; minutages approximatifs.

L’énigme d’« ézer kénegdo » (~03:32–06:25)

Rabbi Jacobson part de Béréchit 2,18 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; Je lui ferai une aide contre lui. » Comment une même femme peut-elle être les deux ? « Si elle est une aide, elle n’est pas contre lui ; si elle est contre lui, elle n’est pas une aide. » Rachi résout la difficulté en distinguant deux cas : si le mari le mérite, elle l’aide ; sinon, elle s’oppose à lui. Rabbi Jacobson y voit « une explication difficile dans le verset », car le verset décrit une seule épouse qui est les deux à la fois.

« comment la même femme peut-elle être un ézer kénegdo ? Si elle est une aide, elle n’est pas contre lui » (~04:44) (traduction libre)
SourceRabbi YY Jacobson, « When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis », YouTube · mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée ; ~03:32–06:25 · youtu.be/xamwaBoAtuk

L’Admour Hazaken et le Netsiv : la différence EST l’aide (~06:25–09:46)

Il propose une autre lecture, enracinée dans le Torah Or de l’Admour Hazaken et développée concrètement par le Netsiv dans le Haamek Davar. La plus grande aide d’une épouse vient à travers sa différence : son propre regard, sa personnalité et son caractère créent une tension qui rend la croissance possible. Sans elle, « ils resteraient dans la même forme », car chaque personne est « fixée sur sa propre orbite ».

« par le fait même qu’elle est différente de lui, qu’elle n’est pas identique à lui, qu’elle a ses propres points de vue, sa propre personnalité » (~08:38) (traduction libre)
SourceRabbi YY Jacobson, « When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis », YouTube · mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée ; ~06:25–09:46 · youtu.be/xamwaBoAtuk

Ce qui se passe dans les foyers où elle cesse d’être en désaccord (~10:23–13:36)

Non sans quelques plaisanteries (« quand je suis seul dans la forêt… ai-je encore tort ? »), il décrit un schéma courant. Un mari fait taire à grands cris le désaccord de sa femme, et elle, soit crie à son tour, soit « apprend à se taire ». Certaines épouses vont plus loin et refoulent leurs propres opinions et sentiments. Le grand perdant est le mari, qui « reste coincé dans son propre paradigme », aussi brillant soit-il, car « il n’existe pas d’être humain parfait ».

Il ajoute une nuance : il ne s’agit pas d’une « injonction biblique faite à chaque femme d’être en désaccord avec son mari 100 % du temps », ni d’une permission de critiquer sans respect. Ce qui est mauvais, c’est un foyer où « sa femme doit toujours être d’accord avec son opinion ».

« qui y perd le plus ? le mari » (~12:31) (traduction libre)
SourceRabbi YY Jacobson, « When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis », YouTube · mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée ; ~10:23–13:36 · youtu.be/xamwaBoAtuk

L’exemple du Netsiv : le mari en colère (~14:45–17:30)

D’après le Haamek Davar : quand un mari emporté est en pleine colère, une épouse qui l’approuve et « jette de l’huile sur le feu » semble être un ézer, mais elle est en réalité kénegdo, contre son véritable intérêt. Une épouse qui le calme semble être kénegdo, et elle est en réalité l’ézer. « Quand on est en colère, on est ivre de sa colère. » Il cite ici le conseil d’un maître, qu’il ne nomme pas : attendre « 61 minutes » avant d’agir sous l’effet de la colère.

« au début, il peut se fâcher contre elle : pourquoi n’es-tu pas d’accord avec moi ?… mais plus tard il comprendra qu’en étant contre lui, en n’étant pas d’accord, elle l’aide en réalité » (~16:59) (traduction libre)
SourceRabbi YY Jacobson, « When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis », YouTube · mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée ; ~14:45–17:30 · youtu.be/xamwaBoAtuk

Deux bénédictions du mariage : la joie qui jaillit de la mariée (~18:00–20:38)

L’Admour Hazaken compare deux des Chéva Brakhot. L’une se termine par « qui réjouit le marié et la mariée » : la joie part de lui et passe à elle. La dernière se termine par « qui réjouit le marié avec la mariée » : c’est elle la source. Parfois, le mari « n’atteindrait pas cet état » par lui-même, et sa femme, « de manière délicate, sage et habile », l’y amène.

« de sa joie, de sa clarté de vision, lui aussi peut grandir » (~20:06) (traduction libre)
SourceRabbi YY Jacobson, « When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis », YouTube · mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée ; ~18:00–20:38 · youtu.be/xamwaBoAtuk

Garder l’équilibre : être bon et être un mentch (~20:38–21:39)

Comment empêcher le « contre lui » d’écraser l’« aide » ? Certains conjoints pensent que « se disputer est toujours une mitsva ». Sa réponse générale : être mûr et bon, être un vrai mentch, et savoir « se réjouir du bonheur et de la réussite de l’autre ».

SourceRabbi YY Jacobson, « When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis », YouTube · mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée ; ~20:38–21:39 · youtu.be/xamwaBoAtuk

« Deux au début, un à la fin » : le Talmud et les téfilines (~21:39–30:45)

Le Talmud (Brakhot 61a) : Hachem pensa d’abord à créer deux (l’homme et la femme), puis créa un seul Adam, puis les sépara. Rabbi Jacobson suit le rabbin Moché Avigdor Amiel (rabbin d’Anvers, puis grand-rabbin de Tel-Aviv), qui y lit un modèle pour le mariage. Au début de toute décision, il y a deux personnes, chacune libre de « pousser son conjoint à grandir… à s’approfondir… à s’affiner ». À la fin, le couple trouve « une seule ligne de conduite unifiée ».

Les téfilines : les téfilines de la tête ont quatre compartiments séparés, tandis que les téfilines du bras contiennent les quatre mêmes passages sur un seul parchemin, dans un seul boîtier. Au niveau de la tête (l’analyse), la différence est saine. Au niveau du bras (l’action : le budget, les enfants, les vacances, le restaurant), il faut un seul chemin.

Il met en garde contre deux mauvaises réactions : s’effondrer (« tu as toujours raison… j’ai toujours tort ») et intimider (« c’est moi le chef »). « Les deux attitudes sont destructrices. »

« au niveau de l’analyse, non seulement la diversité n’est pas négative, mais elle est constructive, elle est positive » (~28:04) (traduction libre)
« quand on en vient à la pratique, à la mise en œuvre, là il faut l’unité » (~30:13) (traduction libre)
À table : Dans votre foyer, qu’est-ce qui relève des « téfilines de la tête » (où l’on peut sans danger être en désaccord), et qu’est-ce qui relève des « téfilines du bras » (où il faut aboutir à une seule décision) ?
SourceRabbi YY Jacobson, « When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis », YouTube · mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée ; ~21:39–30:45 · youtu.be/xamwaBoAtuk

L’« aide contre Lui » d’Hachem Lui-même (~30:45–37:11)

Au niveau mystique (Torah Or), Hachem était « seul » avant la création. Il a choisi de créer un monde qui Le cache et même s’oppose à Lui, avec des êtres humains capables de « Le nier… de L’ignorer ». Pourquoi ? Parce que Son plaisir le plus profond vient lorsqu’une personne « brise l’écorce de sa matérialité » et trouve l’étincelle divine. C’est pourquoi le verset emploie les deux noms : Havaya (la révélation) et Elokim (la dissimulation). C’est aussi pourquoi le premier Juif né s’appelle Its’hak, « rire » : Sarah dit « Elokim m’a fait un rire », une joie née de la dissimulation.

« le plaisir et l’aide les plus profonds de D.ieu viennent précisément de cette opposition à Lui » (~32:52) (traduction libre)
« alors la prochaine fois que ta femme n’est pas d’accord avec toi, ou la prochaine fois que tu n’es pas d’accord avec D.ieu… ne te décourage pas et ne déprime pas : au contraire, c’est une occasion » (~36:38) (traduction libre)
À table : Quand le désaccord de quelqu’un s’est-il révélé être l’aide dont vous aviez besoin ?
Note Sur cette section : Il appelle Rachi « le grand savant français du XIIe siècle ». Rachi vécut de 1040 à 1105 : il appartient donc au XIe siècle.
Note Sur cette section : Il dit que le Netsiv « est décédé en l’an 5652 [les sous-titres portent “tough flesh noon days”] 1892 ». Les sources habituelles donnent août 1893 (Av 5653).
Note Sur cette section : « Talmud écrit il y a 1 700 ans » : le Talmud de Babylone fut clos vers 500 de l’ère commune, il y a environ 1 500 ans. Approximatif.
Note Sur cette section : Les « 61 minutes » avant d’agir sous l’effet de la colère sont attribuées à un maître non nommé et ne sont pas sourcées. Elles n’ont pas été vérifiées.
Note Sur cette section : La lecture mystique se trouve dans le Torah Or, comme il le dit. Le passage lui-même n’a pas été consulté.
SourceRabbi YY Jacobson, « When Your Spouse Disagrees With You – Parsha Bereishis », YouTube · mis en ligne le 28 mai 2018 ; date d’enregistrement non indiquée ; ~30:45–37:11 · youtu.be/xamwaBoAtuk
5Rabbi Manis Friedman
« Creation of the world, a breakdown – Bible Studies (Bereishit) » (chaîne de Rabbi Manis Friedman ; 27:17). Mis en ligne le 21 octobre 2022, le vendredi précédant Chabbat Béréchit 5783 ; 1re partie d’une série hebdomadaire de 52, tirée de ses conversations « VIP ». Un exposé court, d’où une section courte. — youtu.be/HM8WpaI8k2U. Résumé à partir des sous-titres automatiques anglais de YouTube ; les citations, prononcées en anglais, sont données ici en traduction libre ([sic] signale les erreurs de transcription évidentes) et n’ont pas été vérifiées sur l’audio ; minutages approximatifs.

En guise d’annonce : Hachem ne veut pas d’un « service céleste » (~00:00)

La vidéo s’ouvre sur sa conclusion, dans la bouche d’Hachem : « D.ieu dit donc : au commencement J’ai créé le ciel et la terre ; Me servir ne se limite pas au ciel. » (traduction libre)

SourceRabbi Manis Friedman, « Creation of the world, a breakdown – Bible Studies (Bereishit) », YouTube · mis en ligne le 21 oct. 2022 ; ~00:00 · youtu.be/HM8WpaI8k2U

Dans la Torah, les premiers mots « devraient tout dire » (~00:36–01:48)

Bien des livres ont des introductions sans importance, mais la Torah n’est pas comme eux. « C’est D.ieu qui parle » : aucun mot n’est du « remplissage ». Les premiers mots devraient « raconter toute l’histoire ».

« dans la Torah, les premiers mots devraient tout dire » (~00:36) (traduction libre)
SourceRabbi Manis Friedman, « Creation of the world, a breakdown – Bible Studies (Bereishit) », YouTube · mis en ligne le 21 oct. 2022 ; ~00:36–01:48 · youtu.be/HM8WpaI8k2U

La question de Rachi : pourquoi ne pas commencer par les mitsvot ? (~01:48–04:45)

Rachi demande pourquoi la Torah, livre de mitsvot, s’ouvre sur la création et sur tout un livre de généalogies (Adam, Noa’h, les Patriarches, Yossef) au lieu de commencer par la première mitsva. Rabbi Friedman souligne que la question elle-même enseigne quelque chose : « aucune partie de la Torah ne peut être écartée comme introductive ou secondaire ».

SourceRabbi Manis Friedman, « Creation of the world, a breakdown – Bible Studies (Bereishit) », YouTube · mis en ligne le 21 oct. 2022 ; ~01:48–04:45 · youtu.be/HM8WpaI8k2U

La réponse de Rachi, et pourquoi Rabbi Friedman la trouve « tirée par les cheveux » (~04:45–11:35)

Rachi, citant le Midrach, dit que cette ouverture permet à Israël de répondre à l’accusation d’avoir volé la Terre : Hachem a fait la terre et la donne à qui Il veut. Rabbi Friedman objecte : est-ce « vraiment notre plus gros problème ? … Je crois que nous avons des problèmes plus sérieux ». Historiquement, dit-il, après le Maboul (le Déluge) la Terre revint à Chem ; les Cananéens, descendants de ’Ham, la prirent, et les descendants de Chem (les « Sémites ») la reprirent. Et la conquête est la façon dont les terres ont toujours changé de mains.

« quel pays au monde n’a pas été pris à un autre pays ? » (~09:55) (traduction libre)
« comme c’est tiré par les cheveux : tout un livre, juste pour pouvoir dire que D.ieu nous a donné la terre » (~07:27) (traduction libre)
SourceRabbi Manis Friedman, « Creation of the world, a breakdown – Bible Studies (Bereishit) », YouTube · mis en ligne le 21 oct. 2022 ; ~04:45–11:35 · youtu.be/HM8WpaI8k2U

Plus profondément : « vous n’êtes pas chez vous », où que les Juifs aillent (~11:35–15:02)

En Espagne, en Europe de l’Est, à Babylone et même en Israël, les Juifs ont entendu « ce n’est pas votre place ». Rabbi Friedman y lit un message inconscient : « vous êtes une nation céleste, alors que faites-vous sur terre ? » Il y voit, « en un sens… un compliment ».

SourceRabbi Manis Friedman, « Creation of the world, a breakdown – Bible Studies (Bereishit) », YouTube · mis en ligne le 21 oct. 2022 ; ~11:35–15:02 · youtu.be/HM8WpaI8k2U

La tribu de Lévi, et la question que les Juifs se posent à eux-mêmes (~15:02–21:59)

Lévi ne reçut pas de terre, car sa vie était « purement spirituelle ». Le peuple juif tout entier est-il une nation de Lévites ? La vraie question ne vient pas des antisémites : ce sont les Juifs qui se la posent. Pourquoi des balances justes, si nous ne sommes pas faits pour le commerce ? Pourquoi des lois agricoles comme la gerbe oubliée ? Pourquoi même manger ? « Nous devrions jeûner… être ascètes. » Il y voit une contradiction ressentie entre « notre mission spirituelle et notre vie terrestre ».

« en vérité, la question ne vient pas des antisémites : c’est une question que les Juifs se posent à eux-mêmes en permanence » (~16:35) (traduction libre)
SourceRabbi Manis Friedman, « Creation of the world, a breakdown – Bible Studies (Bereishit) », YouTube · mis en ligne le 21 oct. 2022 ; ~15:02–21:59 · youtu.be/HM8WpaI8k2U

Du désert aux champs, et la réponse d’Hachem dans le premier verset (~21:59–26:00)

Pendant 40 ans dans le désert, les Juifs menèrent une « existence céleste » : la manne, l’eau miraculeuse, des vêtements qui ne s’usaient jamais. Puis on leur demanda de devenir soldats, agriculteurs et dirigeants politiques, et « cela leur semblait un péché ». Alors, avant de donner des mitsvot qui touchent au monde physique, Hachem révèle le secret dans le premier verset : Il est aussi le Créateur de la terre, et c’est le service terrestre qu’Il désire.

« Le service céleste ne M’attire pas vraiment ; ce qui Me sert le mieux, c’est le service humain… quand tu manges d’une manière divine, quand tu cultives la terre d’une manière divine, quand tu diriges une entreprise d’une manière divine, c’est cela Me servir » (~24:18–24:51) (traduction libre)
« maintenant tu sais tout ; le reste n’est que détails » (~25:26) (traduction libre)
À table : Quelle partie de votre semaine vous semble la moins « spirituelle » ? À quoi ressemblerait le fait de la vivre « d’une manière divine » ?
Note Sur cette section : « Nulle part dans la Bible D.ieu ne condamne la conquête d’une terre » (~09:55–10:27) est sa propre affirmation et va à l’encontre de plusieurs versets. Amos 1,13 condamne Ammon pour des atrocités commises « afin d’élargir leur frontière ». Dévarim 2,5, 9 et 19 interdisent à Israël de prendre les terres d’Édom, de Moav et d’Ammon, car Hachem leur a donné ces terres.
Note Sur cette section : Le récit selon lequel la Terre était à Chem, puis fut prise par Canaan (’Ham), suit Rachi sur Béréchit 12,6 et le Midrach.
Note Sur cette section : Les sous-titres portent « Rashi quotes from the parliament » (~04:45). Il s’agit presque certainement d’une erreur pour « Midrash ». La source de Rachi est le Midrach (Yalkout Chimoni / Tan’houma), citant Rabbi Its’hak.
SourceRabbi Manis Friedman, « Creation of the world, a breakdown – Bible Studies (Bereishit) », YouTube · mis en ligne le 21 oct. 2022 ; ~21:59–26:00 · youtu.be/HM8WpaI8k2U
6Rabbi Reuven Wolf
« Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth » (Rabbi Reuven Wolf à Maayon Yisroel ; 2:02:11). Mis en ligne le 13 octobre 2023 ; enseigné la semaine de Chabbat Béréchit 5784, quelques jours après le 7 octobre. Texte : le maamar de l’Admour Hazaken Ki Kaacher HaChamayim Ha’Hadachim, Likouté Torah, Chir HaChirim 48d, avec les notes du Tséma’h Tsédek. Un cours de Kabbale long et technique : le fil principal est résumé et la partie centrale, très dense (~47:00–1:30:00), est omise. — youtu.be/WAYHb4qzK8w. Résumé à partir des sous-titres automatiques anglais de YouTube ; les citations, prononcées en anglais, sont données ici en traduction libre ([sic] signale les erreurs de transcription évidentes) et n’ont pas été vérifiées sur l’audio ; minutages approximatifs.

Pourquoi étudier « un nouveau ciel et une nouvelle terre » cette semaine (~00:35–03:31)

Il commence par demander à la classe de « nous libérer de tout ce qui nous a bombardés cette semaine » et d’« aller visiter le Gan Éden ». Il dit que le maamar fut prononcé en 1804, le vendredi soir de Parachat Kora’h. Il suppose que c’était Chabbat Roch ’Hodech, où la haftara est Yéchayahou 66, qui contient le verset « les nouveaux cieux et la nouvelle terre ».

« J’ai le cœur lourd, mais beaucoup de lumière entre dans mon esprit ; j’espère que cette lumière intense qui entre dans l’esprit purifiera l’obscurité du cœur » (~05:51) (traduction libre)
SourceRabbi Reuven Wolf, « Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth », YouTube (Maayon Yisroel) · mis en ligne le 13 oct. 2023 ; ~00:35–03:31 · youtu.be/WAYHb4qzK8w

Les deux bornes : « Le ciel est Mon trône » et « les nouveaux cieux » (~04:04–15:05)

Le premier maamar du Torah Or ne s’ouvre pas sur « Au commencement D.ieu créa ». Il s’ouvre sur Yéchayahou 66,1 : « Le ciel est Mon trône et la terre Mon marchepied. » Le dernier maamar du Likouté Torah porte sur Yéchayahou 66,22, les « nouveaux cieux ». Rabbi Wolf lit toute la ’Hassidout, et toute l’histoire, comme encadrées par ces deux versets :

  • Hachem a créé un monde qui ne contient qu’un « rayon » de Lui-même.
  • Les êtres humains y font entrer Hachem Lui-même, jusqu’à ce que les cieux deviennent Son trône : un trône est l’endroit où la personne elle-même s’assied.
  • Puis, au septième millénaire, Hachem « fait un petit réaménagement ».

Il présente cela comme « ma propre petite idée ».

« le ciel et la terre que D.ieu a créés ne contiennent qu’une infime parcelle de divinité ; puis D.ieu a chargé l’être humain de faire entrer D.ieu dans le monde » (~10:12) (traduction libre)
« maintenant Hachem dit : maintenant que Je suis ici, laissez-Moi vous montrer ce que Je peux faire » (~12:53) (traduction libre)
SourceRabbi Reuven Wolf, « Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth », YouTube (Maayon Yisroel) · mis en ligne le 13 oct. 2023 ; ~04:04–15:05 · youtu.be/WAYHb4qzK8w

La tâche d’Adam : « travailler et garder le jardin », même à distance (~18:57–21:36)

« Pour le travailler et le garder » (Béréchit 2,15) désigne les 248 mitsvot positives et les 365 négatives. Le renvoi d’Adam n’a pas mis fin à sa tâche. « Il a été licencié ? Non. » Nous continuons de travailler le jardin « à distance », en l’arrosant depuis ce monde inférieur, et les âmes en goûtent les fruits « après 120 ans ».

« il continue de travailler le jardin, mais il le travaille à distance » (~20:31) (traduction libre)
SourceRabbi Reuven Wolf, « Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth », YouTube (Maayon Yisroel) · mis en ligne le 13 oct. 2023 ; ~18:57–21:36 · youtu.be/WAYHb4qzK8w

Le Gan Éden n’a qu’un « rayon » ; seules les âmes dans un corps peuvent apporter davantage (~22:46–30:26)

Aussi merveilleux qu’il soit, le Gan Éden ne brille que d’un rayon de Mal’hout, la « toute dernière extrémité » d’Hachem, selon son expression. Quelque chose de plus fort « électrocuterait » les âmes créées. Les âmes au ciel peuvent jouir de cette lumière, mais non l’augmenter. L’amélioration consiste à faire entrer Hachem Lui-même : « Il s’assied sur les cieux », et Ses « pieds » descendent jusqu’à la terre physique.

« quand nous sommes de purs êtres spirituels… nous pouvons percevoir les lumières du Gan Éden, mais nous ne pouvons pas les augmenter » (~28:50) (traduction libre)
SourceRabbi Reuven Wolf, « Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth », YouTube (Maayon Yisroel) · mis en ligne le 13 oct. 2023 ; ~22:46–30:26 · youtu.be/WAYHb4qzK8w

Combattre la « peau du serpent », et la « très bonne idée » de ’Hava (~30:26–34:37)

Les âmes dans un corps sont beaucoup plus faibles, mais elles peuvent faire une chose que le ciel ne peut pas : maîtriser un corps empoisonné par le serpent. Rabbi Wolf ajoute ici une lecture provocante qui lui est propre. ’Hava voulait que le travail soit plus puissant ; elle choisit donc de « fauter un petit peu » pour rendre le corps plus bas. « À la fin, c’était vraiment bien », car « plus l’obscurité est grande, plus la lumière est grande ».

« elle a eu une très bonne idée ; elle a dit : pour que notre travail soit vraiment puissant, il faut fauter un petit peu » (~33:34) (traduction libre)
« comme nous le savons, à la fin, c’était vraiment bien qu’ils aient f[auté] » (~34:05) (traduction libre)
SourceRabbi Reuven Wolf, « Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth », YouTube (Maayon Yisroel) · mis en ligne le 13 oct. 2023 ; ~30:26–34:37 · youtu.be/WAYHb4qzK8w

Le carburant des obstacles : la « lave » de l’âme (~34:37–41:13)

Au ciel, l’amour d’une âme est alimenté par sa compréhension, qui est finie ; elle ne peut donc attirer qu’un « rayon » fini. Sur terre, les obstacles « piquent l’âme… jusqu’à ce qu’elle perce », et un amour infini « se répand ». C’est pourquoi le baal téchouva se tient plus haut que le tsaddik, et « il n’est pas nécessaire de fauter pour être baal téchouva » : être loin d’Hachem suffit. Il le relie à ce que vivait Israël cette semaine-là.

« quand l’énergie est produite par un obstacle, elle est un million de fois supérieure à l’énergie produite par soi-même » (~37:48) (traduction libre)
« au ciel, on est poussé à servir D.ieu parce qu’on est proche de Lui, mais… sur terre, on est attiré vers le service d’Hachem parce qu’on est loin de Lui » (~40:05) (traduction libre)
SourceRabbi Reuven Wolf, « Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth », YouTube (Maayon Yisroel) · mis en ligne le 13 oct. 2023 ; ~34:37–41:13 · youtu.be/WAYHb4qzK8w

« Mieux vaut une heure de téchouva dans ce monde » (~43:51–47:14)

Il s’appuie sur Avot 4,17 [référence ajoutée] (« mieux vaut une heure de repentir et de bonnes actions dans ce monde que toute la vie du monde à venir ») et sur la phrase « Tu es saint et Ton Nom est saint ». Le Gan Éden vit du Nom d’Hachem (des rayons). Nos actions font entrer « Toi-même » dans le Nom. Il évoque aussi les longues notes du Tséma’h Tsédek sur les mitsvot et les korbanot. Après avoir résumé la partie dense, il reconnaît : « tel que l’Admour Hazaken l’a dit, rien de tout cela n’y était », c’est-à-dire que ces couches kabbalistiques viennent des notes.

« qui peut seulement imaginer combien de téchouva et de bonnes actions ont été accomplies dans ce monde cette semaine » (~46:31) (traduction libre)
SourceRabbi Reuven Wolf, « Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth », YouTube (Maayon Yisroel) · mis en ligne le 13 oct. 2023 ; ~43:51–47:14 · youtu.be/WAYHb4qzK8w

L’eau de source, le barrage, et la clé de la compassion (~1:33:10–2:01:31)

Hachem « ne se réveille pas pour une petite tape ». L’atteindre demande une aspiration infinie, et celle-ci ne jaillit que face à un blocage. Rabbi Wolf donne deux images :

  • L’eau de source : après une plaisanterie sur le prix de l’essence en Californie et l’eau Fiji, il soutient que l’eau la plus pure et la plus vive est celle qui s’est frayé un chemin à travers la terre.
  • Le barrage : bloquez un fleuve, et il jaillit avec bien plus de force.

Il dit que la prière, « une échelle posée sur la terre dont le sommet atteint le ciel », est faite pour produire ce « ravissement » (« de tout ton méod »). La clé pratique, que l’Admour Hazaken développe ensuite, est la compassion pour sa propre âme : « on arrive à un point où l’on a pitié de sa propre âme ». Il conclut sur l’unité juive après le 7 octobre.

« l’eau la plus pure, la plus rafraîchissante, c’est l’eau qui a percé à travers l’obscurité » (~1:39:12) (traduction libre)
« si tu t’en prends à l’un d’entre nous, tu t’en prends à chaque Juif » (~1:59:22) (traduction libre)
À table : Où, dans votre vie, un obstacle a-t-il fait jaillir plus de force que la facilité ne l’a jamais fait ?
Note Sur cette section : Le prix de l’essence (~1:36:30–1:37:04) : les sous-titres portent « 7,99 $… le gallon » et « nous payons déjà 7 $ euh 696 ». La moyenne californienne à la mi-octobre 2023 était d’environ 6 $ le gallon. Les prix locaux variaient : détail mineur.
Note Sur cette section : « 1804, vendredi soir de Parachat Kora’h » (~02:23) : cette date n’a pas été vérifiée. Son explication par Roch ’Hodech et la haftara est sa propre supposition (« je suppose »).
Note Sur cette section : La remarque de Bennett (~1:59:55) : « Naftali Bennett a dit… ils ont réveillé un lion » est une remarque d’actualité de cette semaine-là. Elle n’a pas été vérifiée.
Note Sur cette section : La « très bonne idée » de ’Hava et « c’était vraiment bien qu’ils aient fauté » : il présente cela comme une interprétation ’hassidique sans en nommer la source. Ce n’est ni le sens simple du texte ni la lecture habituelle. À présenter comme son opinion.
Note Sur cette section : « Avot 4,17 » : le cours cite l’enseignement mais pas la référence. La référence a été ajoutée (il s’agit d’Avot 4,17).
SourceRabbi Reuven Wolf, « Bereishis – A Brighter World with a New Heaven and a New Earth », YouTube (Maayon Yisroel) · mis en ligne le 13 oct. 2023 ; ~1:33:10–2:01:31 · youtu.be/WAYHb4qzK8w
Gut Shabbos ! Chabbat Chalom !
Ces notes sont destinées à l’étude et à la discussion à la table du Chabbat. Pour toute question halakhique pratique, veuillez consulter votre rav.